BIOTECHNOLOGIE
Homme - EE, 2000 - 366 - L'indivision de l'homme ne doit pas être conçue de manière abstraite et métaphysique, comme une indivision ou une immanence "radicale" mais donnée dans la pensée de manière en réalité transcendante et quasi intuitive, succédant à la structure du vieux sujet philosophique. Si elle est conçue de cette manière, si donc l'homme en général est seulement immanence unitaire malgré son dualisme : ou bien il est impossible de jamais le diviser, ou bien cette division de lui est techno-science et tombe hors de son essence ou, pire encore, contredit et entame cette essence. Cette antinomie, dressée contre la biotechnologie, est inévitable tant que l'identité humaine, indivisible, n'est pas conçue comme dualité uni-latérale ou dernière-instance seulement et qui "prolonge" son indivision, mais non sa séparation, dans le sujet-Etranger lui-même par clonage, et dans l'éthique-monde autant que dans la bioéthique. - 367 - Si le corps humain est dit intégralement et simplement "subjectif", il devient impossible de la diviser. Il faut qu'il ne soit ni un pur objet sans âme, un corps-objet, ni un corps radicalement humain de part en part, pour éviter l'antinomie de la biotechnologie et du purisme transcendantal (éthique). Dans les deux cas incriminés l'éthique est impossible (...). - Si la conception techno-philosophique du corps permet des divisions antinomiques insolubles éthiquement, des identités en soi ou des différences opposées, la conception non-éthique autorise des activités de séparation, des activités (her)éthiques qui respectent les identités-de-dernière-instance. L'homme peut et doit être séparé, autant qu'il ne peut être divisé dans son identité, voilà une interprétation plus libre, à vraie dire une "uni-lation" complète du champ de la biotechnologie. - 368 - L'être séparé exercé par la non-éthique empêche le mixte bio-technologique de se poser lui-même comme suffisant et d'aboutir à une antinomie. Au lieu de refuser purement et simplement la biotechnologie au nom d'une conception métaphysique unitaire de la vie et du "radicalement subjectif", il faut ordonner ce mixte à l'être-séparé de l'Etranger ; à une nouvelle conception de l'identité qui exclut, sans arrière-synthèse et l'objet et le sujet purs. Retour : LEXIQUE LARUELLE > BIOTECHNOLOGIE