CHRISTIANISME FUTUR 

Lutte - CF, 2002 - 16 - Nous définissons une lutte immanente pour un christianisme évidemment assez peu "chrétien", qui soit une pratique théorique plutôt qu'une doctrine et un dogme. - Parce qu'il y a une cause réelle de la lutte qui n'est pas elle-même en-lutte, l'Homme-en-personne comme identité radicale, il y a un sujet-en-lutte. "L-homme" des philosophes et du sens commun est une généralité qui nivelle une dualité spéciale, une indivi-dualité par quoi il est cause ou identité déterminant le sujet-en-lutte avec le Monde, christianisme, gnose et judaïsme compris. - Au commencement il y a la Lutte mais l'Homme-en-personne est encore autre chose que cette essence du sujet. Il est détermination-en-dernière-identité de la lutte et, comme tel, il n'est pas pas au commencement, pas plus qu'à la fin, de l'histoire. - 17 - Seul le sujet, celui que nous appelons le "Christ Futur", ne cesse de commencer et de finir dans l'immanence de son commencement (...). Retour : LEXIQUE LARUELLE > CHRISTIANISME FUTUR

Non-philosophie - CF, 2002 - 17 - On distinguerait ainsi très schématiquement trois postures : 1. Le "parti du christianisme" ou bien de "la-religion", de telle confession, qui regroupe les tenants et pratiquants d'une foi et de dogmes sous l'autorité du "Principe d'Eglise Suffisance" (...). 2. La prise de position religieuse ou confessionnelle, prise de position dans "le-christiansime" institutionnalisé comme Monde (...). 3. La prise de parti pour le christianisme, pour... et non pas dans. Elle conjugue une pratique, une théorie et une pragmatique destinées à faire valoir l'universalité et l'identité radicales, ici du christianisme (c'est le "non-christianisme") d'ailleurs que de "la-foi" et plus encore que de "l-église" et de sa théologie. - 18 - C'est l'esquisse d'un organon qui rende intelligible théoriquement et vécu humainement le phénomène religieux-chrétien. Il doit être capable de l'expliquer de manière évidemment "transcendantale" en un sens nouveau, et certainement pas de manière empirique, historique ou religieuse. Retour : LEXIQUE LARUELLE > CHRISTIANISME FUTUR

Théorie unifiée - CF, 2002 - 44 - A la différence des systèmes philosophiques qui sont partagés selon l'axe dominant (mais non unique) de la vérité et de l'apparence (...), une religion a pour différence principale ou dominante celle de l'orthodoxie (...) et de l'hérésie (...). Le christianisme surdétermine ces deux différences par celle de Dieu comme Christ et du Monde comme péché. - 45 - L'hérésie est habituellement déclarée "chrétienne" par une théologie et une Eglise devenues dominantes qui la jugent cependant contraire à leurs dogmes. Ce statut théorique ambigu est une forme de mélange quasi-philosophique, "le-christianisme" assurant l'unité idéale de l'Eglise dominante et de l'hérésie dans ce que plus tard nous appellerons la "sur-église". - Tel est le contenu phénoménal le plus général du Principe d'Eglise Suffisante. Cette structure a pour fonction de limiter la portée de l'hérésie en décidant autoritairement de sa nature, en la rejetant dans l'extériorité et l'altérité. - Nous pouvons en revanche faire de l'hérésie un autre usage, celui d'ingrédient d'une théorie unifiée (justement sans mélange théologique ou philosophique) du christianisme et de l'hérésie. - 46 - Cette "hérésie non-chrétienne" sera la modélisation destinée à rendre intelligibles le christianisme et sa foi, ce qui veut dire  :ne pas les répéter dans leur explication ou leur "intelligence". Comment transformer l'unité hiérarchique de l'orthodoxie et de l'hérésie de telle sorte qu'elles retrouvent un droit égal au sein d'une nouvelle pensée (...) ? - Le christianisme futur est la théorie d'un Christ hérétique qui unifie en-Homme, c'est-à-dire en-dernière-identité, hors de l'autorité dogmatique, des données christiques et hérétiques. - 47 - L'en-Homme est le passé radical qui détermine en-dernière-identité le chrétien et le gnostique, et tout homme-de-ce-Monde, comme Christ Futur. - Le christianisme futur possède finalement trois sources, mélangées dans "le-christianisme" au sens historique (...). - La première est l'expérience proprement gnostique de la définition de l'homme par le primat du savoir sur le foi, un savoir inenseigné ou indocte que nous devons radicaliser comme Homme-en-personne, Vécu-sans-vie ou encore comme le Réel. Le seconde est l'aspect hérétique plus général de séparation d'avec le Monde, ici étendu et universalisé au-delà de ses aspects chrétien et même gnostique. La troisième est l'aspect spécifiquement chrétien de salut universel, pour le Monde et pour tout homme, opéré en la personne du Christ que nous devrons aussi radicaliser en sujet-Christ. - 48 - Nous ne pratiquons pas n'importe quel athéisme, nous "croyons" suffisamment à Dieu, au Christ et plus encore à l'Enfer que ces ombres habitent pour en faire un exercice de pensée. Nous croyons à un Dieu qui a prétendu se substituer à l'Homme-en-personne et qui est en Enfer. A un Enfer dont l'autre nom est "le-Monde" dominé par le Principe d'Eglise Suffisante. Mais aussi à un Christ "non-chrétien" plutôt qu'un Anté-Christ. Retour : LEXIQUE LARUELLE > CHRISTIANISME FUTUR