HERESIE 

Crime contre l'humanité - CF, 2002 - 51 - Quant à l'hérésie et au crime dont elle a été l'objet constant, il est significatif que le temps de la repentance ne soit pas encore venu. Peut-être est-il impossible et ne viendra-t-il jamais pour ce crime dont le type de singularité - l'identité - excède la généralité juridique du "crime contre l'humanité" ou, plus exactement, en révèle la cause. - 52 - Précisément, il y a un passé si radical, si hors-mémoire comme on dira, le crime a atteint si profondément l'homme qu'il est devenu un inconscient évident ou mieux encore un savoir indocte de l'homme moderne et qu'il le définit peut-être plus profondément que l'exercice de la mémoire. Si l'affect juif est celui d l''être-otage, l'affect de l'hérétique est celui de l'être-victime. - Ce que nous révèlent les hérétiques, c'est que l'homme est de manière ultime cet être, le seul, qui supporte le crime et que définit la possibilité d'être assassiné plutôt que simplement persécuté et otage, exterminé comme "homme" plutôt que comme "juif". Pourquoi ultime ? Parce que l'homme est sans-consistance, il est par principe, à la différence des autres étants, assassinable, il est même l'Assassiné comme terme premier de la pensée hérétique et de la lutte qui la performe. - 53 - Mais supposons un instant qu'ils ne soient "mis à la question" que parce qu'ils refusent dans leur être le plus intime d'être justement "en question" et l'objet d'une question par définition interminable. Pour les hérétiques, être mis-à-la-question par une autorité qui les présuppose questionnables à merci, c'est un misérable cercle vicieux et c'est le cercle du crime et de la violence. - Peut-être faut-il alors commencer par changer de posture de pensée et se donner d'autres termes initiaux, parler de problème plutôt que de question, et de problème soluble depuis l'humaine victime comme étant "hors-de-question". - Ces nouvelles conditions, théoriques et humaines du même geste, nous donnent l'espoir de pouvoir universaliser, sans la réviser, la question de la Shoa. - 76 - Universaliser comme ici la Shoa, pour revenir à elle, n'est donc surtout pas la généraliser en extension ou ne compréhension, la réduire aux autres crimes de l'histoire, ou en faire un prétexte. La généralisation est révisionniste et parfois négationniste, elle a pour effet de niveler et d'indifférencier les crimes, de noyer leur identité et pas seulement leur singularité dans des généralités de conscience, de culture, d'histoire, d'idéologie. De ce point de vue d'ailleurs l'extermination des hérétiques n'a rien à envier à d'autres et même se signale de manière théoriquement intéressante par son caractère historiquement, politiquement et théologiquement systématique. - Mais surtout la vindicte anti-hérétique a inventé la solution initiale, l'extermination quasi immédiate (...). - 77 - Il n'est pas sûr que l'on puisse faire mieux et plus intelligent dans le crime contre l'humanité. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Décision - CF, 2002 - 67 - Le grand principe de la philosophie à son commencement comme dans sa maturité, c'ets la division et l'unité de l'Absolu, l'identité de la différence et de l'identité (...). Dans l'hérésie, la division est sans unité mais non sans identité, la différence et l'identité sont identiques mais justement en celle-ci "en-dernière-identité", sans former de synthèse ou de système, sans nouvelle identité supérieure, ré-identification ou ré-affirmation. - Toutes ces confusions se concentrent dans l'Absolu philosophique et religieux, la grand adversaire de la radicalité hérétique. - Etrangement on aura confondu l'identité avec la singularité, le choix unilatéral avec la décision bilatérale, et l'hérésie avec le parti pris et l'esprit sectaire, comme si l'identité était dépourvue d'universalité et celle-ci réconciliable seulement avec la singularité. - 68 - Mais il y a une universalité plus haute que la coïncidence des contraires, que la synthèse et le système, et un style plus radical que celui de la singularité. - Le choix "hairétique" est immanent ou sans raison, sans essence ou fondement toujours transcendants. - L'hérésie est le seul choix qui soit radicalement autonome par rapport à ses motifs et ses mobiles mais qui puisse les déterminer-en-dernière-identité et qui, dans cette mesure, en dépende occasionnellement. - 69 - L'impératif hérétique, s'il y en a un, n'est pas d'une performation à atteindre et quelque peu hétéronome mais d'un penser selon un Performé qui vaut "dernière-identité". - l'Homme comme Performé-sans-performation détermine toute décision comme non-décisionnelle (de) soi. - Notre conjoncture est celle du retour du problème de la décision dans la philosophie (Fichte/Heidegger/Derrida) et dans l'éthique. Toute la métaphysique depuis Héraclite jusqu'à Nietzsche se rassemble dans le concept de "Différence" (...). - Or le différence contient, elle aussi, une décision unilatérale. C'est une coupure qui est unité, une disjonction qui est aussi inclusive ou unitive, une déchirure qui rassemble, etc. - 70 - Même lorsqu'elle se déconstruit, la philosophie reste une arrière-pensée. - Contre les conceptions qui en font un mélange tissé dans l'Indécidable, il faut redonner à la décision sa force, son unilatéralité et son autonomie par rapport à ses "raisons". - L'hérésie est la décision non pas ne faveur de la singularité mais selon l'Identité, unilatérale puisqu'elle décide "en faveur", si l'on peut encore dire, de ce qui ne tolère pas pour son compte de décision et lui est forclos. - 71 - L'Indécidé est la cause plutôt que l'objet de la décision "hérétique". - 72 - C'est une pensée selon-l'Identité qu'elle ne quitte pas même lorsqu'elle parle de la transcendance, du multiple, de l'Etre ou de l'Autre. Mais cette pensée transie d'Identité est tout autant dualité unilatérale, sans que ces deux traits se recouvrent dans une synthèse ou un système. Si bien que l'Identité ne donne pas lieu à un monisme et que la dualité ne pas lieu à un dualisme (...). - 73 - Décidément l'hérétique est le seul penseur qui se passe non pas du Monde mais d'un arrière-monde. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Dualisme - CF, 2002 - 87 - Le dualisme a reçu dans l'histoire une forme métaphysico-religieuse. Il commence par reconnaître l'autorité supérieure du principe de l'Un et par le distinguer d'une second principe avec lequel il est mélangé. - Un axiome de cet essai est que la vraie dualité, celle qui est irréductible à l'Unité métaphysique, n'est pas le dualisme mais suppose que le "premier principe" soit l'Un tel que séparé par immanence de l'Etre et de toute forme d'unité. Il laisse être alors un "second principe" qui sera la possibilité autonome du mal ou du mélange. La dualité est bien celle "des principes", si ce n'est que l'Un n'est pas un principe, et que l'autre côté est par conséquent celui des principes, soit du Principe de Philosophie Suffisante. - 88 - L'hérésie non-chrétienne n'est ni de type syro-égyptien, plutôt moniste (le premier principe n'est pas ici à l'origine du second, la vision-en-Un n'engendre pas le Monde par émanation, division, etc.), ni tout à fait du type iranien et manichéen (les deux principes co-éternels ne se mélangent pas, mais le Monde est déjà tout le mélange possible et la vision-en-Un clone le sujet-Christ à partir du Monde sans se mélanger à lui). - Contre son interprétation religieuse, le mal-mélange est ici rendu à ce que la méta-physique en Occident a toujours considéré comme étant son principe supérieur, l'Etre, qui est justement une notion mixte, le mélange de la transcendance et de l'immanence. - 89 - Ce n'est pas l'Un qui doit être conçu comme non-Etre mais, puisque l'Un est l'Immanent-en-personne et donc le Séparé, c'est l'Etre ou le mal qui doit être conçu comme non(-Un) mais affecté de (non-)Un ou d'unilatéralité. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Feu - CF, 2002 - 134 - Le feu se consomme ou bien se consume sans reste, il est le performé par excellence qui peut seul "en finir" avec l'hérétique. On objectera que le feu mis au peuple juif ne permet pas d'en distinguer les hérétiques, si ce n'est que le peuple juif a été incendié par un feu transcendant et technologique et que les hérétiques sont brûlés dans un feu immanent et sans auteur. Dans un cas il reste des cendres qui sont notre mémoire vive d'être morte, des traces qui nous lient aux morts de nous en délier. Dans l'autre il y a consumation radicale, sans traces pour "allumer" notre mémoire. - 135 - Le feu est l'Autre contre l'Autre, c'est le grand révélateur de l'Etranger et le contre-acte phénoménologique qui le manifeste d'une lumière destructrice. C'est une opération de simulation ou de mimétique de l'altérité en général, de l'Etranger comme inassimilable. - C'est pourquoi l'histoire comme histoire de la philosophie est histoire de feu et commence de droit avec le feu grec et héréclitéen, avec lequel elle trace la première et définitive figure du Monde. - Brûler est un acte plus radical qu'absolu, car l'absolu consomme et ne peut donc tout consommer de l'empirique, ne peut se passer de traces, tandis que le réellement inconsommable, l'hérétique, est consumé et ne laisse pas de traces ainsi que l'exige l'hallucination. De là plusieurs types de victimes. On use du feu ou du gaz, c'est une technologie, contre les irréductibles par transcendance comme sont les juifs (...). Mais on brûle plus simplement les hérétiques, qui sont tels par immanence, celle du savoir en général, de la science, de la mystique, même de la philosophie et de la théologie, on les brûle au nom de leur savoir plutôt qu'au nom de leur "race" (...). Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Fiction - CF, 2002 - 90 - Les déterminations de l'hérésie dans ce qu'elle peut avoir d'universel ne sont plus de simples concepts philosophiques. -Ce sont des effets ultimement indoctes dans la sphère du christianisme, des outils-symboles. - 91 - C'est dans cette pratique que s'enracine la possibilité d'une fiction universelle à matériau philosophique et fondée sur le clonage plutôt que sur l'imagination. - 92 - Le rigueur de l'hérésie universelle est à sa manière à la fois celle d'une science par le respect des causes, des règles et des procédures, par la référence nécessaire aux données de l'expérience, celle d'une philosophie par le rapport au Monde que suppose le sujet-Christ transcendantal, enfin celle d'une fiction par la liberté des décisions, le travail sur le langage et l'imagination des formulations. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Judaïsme - CF, 2002 - 75 - Le choix hérétique ne remet pas seulement en cause le choix philosophique, mais aussi bien (...) l'élection judaïque du moi par l'Autre absolument Autre et son infini de séparation. - La responsabilité du moi pour l'Aure, qui paraît unilatérale, s'étend jusqu'à la responsabilité de l'Autre pour moi et en quelque sorte l'enveloppe, si bien que ce judaïsme, pourtant le plus extrême et rigoureux, rejette à sa périphérie la convertibilité du moi et de l'Autre mais ne peut l'éliminer de sa propre structure et la conserve comme constitutive quoique déplacée. Le "Très-Hautre" si l'on peut dire ne pouvait pas davantage sans sa lutte contre l'esprit grec de la convertibilité. Mon élection par Dieu est quelque peu malgré tout de ma responsabilité. - Le judaïsme oscille de l'autonomie à l'hétéronomie du choix sans pouvoir le concevoir certes non comme performativité, mais comme Performé-sasn-performation.- Le juif est hérétique dans la philosophie, pas hors d'elle.  > LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Persécution - CF, 2002 - 132 - Lorsqu'elle s'adresse à l'Autre, et par conséquent de manière privilégiée aux juifs, la persécution fait cercle vicieux avec la revendication de l'altérité, il y a identité, certes sans confusion, de la victime et du bourreau à une inversion près mais absolue ou hyperbolique. C'est que le judaïsme reste plus que jamais dans l'élément de la transcendance et de l'altérité mais absolues et non plus relatives-absolues comme le sont leurs formes grecques. - L'altérité même hyperbolique est un artefact que la trop simple conscience oppose au Même et sur lequel elle fonde son existence. - Dans son principe du moins ou sa cause, l'hérésie n'est pas une revendication d'altérité, et encore moins de particularité universelle (secte), mais d'autonomie radicale de l'Identité humaine. - 133 - Il y a nécessairement persécution parce qu'il y a encore altérité mais une altérité sans transcendance, l'Un-en-Un s'assumant comme Autre que... immanent et affectant pour cela même la structure de la pensé-monde. Mais la persécution anti-sémite est de manière dominante une persécution dans le Monde et dans l'histoire et qui épuise son sens, même le plus transcendant, dans l'histoire malgré tout. Dieu s'est condamné à l'impuissance et à la non-intervention, à une demande vaine d'intervention sans qu'il puisse y répondre parce qu'il a élu son peuple dans l'histoire, même si c'est à contre-histoire, le laissant à son désespoir et à ses souffrances, le liant à elles. En revanche l'hérétique est sans Dieu et n'a pas été élu par un Dieu, il n'est élu que par le crime et la vengeance dans lesquels il puise les symptômes, seulement les symptômes, de son "humainité" et de son altérité. - Il y a ainsi deux grands types de persécution. L'une est "absolue", elle se fait contre l'Autre lui-même absolu, auquel le persécuteur s'identifie (...). L'autre est "radicale", elle se fait contre l'Autre en tant qu'en-un ou qu'assumé par l'Homme-en-personne auquel le persécuteur ne peut s'identifier sinon par une hallucination. Il persécute justement parce que ses tentatives d'identification sont impossibles et sans réalité, purement spéculaires et donc inadaptées. - 134 - A cette rage de la destruction sans traces, l'hérétique ne peut opposer qu'une autre rage, froide et sans hallucination, toute défensive a priori. Le paradoxe qui anime l'holocauste - faire exister l'Autre comme Autre par sa destruction totale, le soutenir à l'existence en le consumant - se résout alors ainsi, il n'y a pas d'holo-causte des hérétiques.  > LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Shoah - CF, 2002 - 117 - Nous rangeons sous ces deux termes d'Identité radicale et d'Autre absolu; de clonage et de mémoire, ce qui rassemble et distingue l'expérience juive et son équivalent hérétique. - 118 - Les juifs ont conquis ce que les grecs ignoraient, le blocage absolu de la réversibilité, l'in-versibilité de l'Autre ou le rapport-sans-rapport, pour tout dire l'affect de l'unilatéralité, et ils nous l'ont transmis en héritage. Toutefois cette unilatéralité est celle de la transcendance et le risque est de voir la religion l'emporter une nouvelle fois sur l'humain. - Comment l'hérésie se pose-t-elle en rapport à cette expérience-limite ? - Le sujets-existant-Hérétiques ont été assassinés pour leur humanité, objet d'hallucination, plus que pour la race, objet d'apparence et d'illusion, pour leur être-humain forclos plus que pour une idéologie (...). - Les hérétiques ont fait de "humain" un nom plutôt qu'un adjectif, ils ont distingué le nom et l'attribut, le nom premier et l'essence. - Une radicalité du Réel plutôt que de l'Autre qui est toujours "révisable" par l'être, par sa puissance de dénégation et de magie. Le passé radical n'intrigue même pas dans le présent ou la conscience mais les transforme en un nouveau sujet, le Christ Futur.  > LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Séparation - CF, 2002 - 64 - L'en-Un n'est plus l'Un-Autre de la philosophie. - L'Un-en-Un n'est pas redoublement de soi (Un-de-l'Un), si séparation de soi ou division, il est séparé du Monde de manière immanente. Autrement dit, l'Un est instrinsèquement de l'ordre du choix ou de la décision, mais unilatérale et par immanence plutôt que par décision externe. - 65 - La séparation historique des hérétiques ou bien est le symptôme d'un être-séparé-sans-séparation, comme on vient de le voir, ou bien, mais c'est la même chose, est sa falsification par les Eglises qui rejettent l'être-séparé comme se séparant d'elles, interprétation mensongère qui se poursuit naturellement par le crime anti-hérétique. - L'immanence sépare, la transcendance englobe, mais les mélanges théo-philosophiques inversent ces effets, l'immanence englobe, la transcendance sépare. Retour :  LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Un - CF, 2002 - 62 - L'Un est l'Eveillé-en-Un. "Réveillez-vous!" est le mot d'ordre des philosophes transcendantaux (...), mais "Je (suis) un Eveillé donc J'éveille", c'est le théorème chrétiennement impossible, même après explications, des hérétiques qui éveillent la mystique elle-même. Le premier est le cri de la foi et l'ultime injonction du philosophe, le second est la première gnose non-religieuse. Deux thèses philosophqiuement contradictoires forment le paradoxe du savoir indocte. 1. L'Un-en-Un au sens radical ne se manifeste pas dans la métaphysique, n'intrigue pas dans la conscience et le présent, son "retrait" ou son "oubli" est radical (à la différence de celui de l'Etre). 2. Il ne se laisse jamais oublier, le donné-sans-donation exclut l'oubli. L'oubli de l'Un par la philosophie-monde est en-dernière-identité l'impossibilité radicale de l'oublier. L'hérésie est d'une part un modèle de pensée définitivement perdu (il n'y a pas de "question de l'hérésie", alors qu'il y a une "question juive"), une pensée désespérée et dont l'"holocauste" est consommé depuis longtemps et peut-être depuis toujours. C'est un hors-mémoire-occidental, une perte sans retour possible, un paradigme im-mémorial. D'autre part elle n'est si perdue que parce qu'elle est l'essence de non-consistance de la pensée. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Universalité - CF, 2002 - 50 - La Shoa a reposé de manière cruciale un problème sans doute ancien et que l'on avait espéré résolu par les moyens de la société civile et de la philosophie. Dans quelle mesure un événement réellement ou apparemment particulier, peu importe, c'est de toute façon un symptôme qui peut toujours être analysé et démembré dans des paramètres historiques relatifs, peut-il prétendre sans injustice à un sens universel et avoir une validité pour toute l'humanité ? - Car le problème est de la pluralité des universels et d'une puissance de la pensée qui admettrait leur pluralité, à l'origine conflictuelle, sans les relativiser l'un par rapport à l'autre, les arrachant plutôt à leur guerre. Or l'hérésie plus que le judaïsme peut être l'occasion de poser ce problème, la chance de libérer les universels de leur concurrence. La puissance plus haute que le système de l'universel et de la particularité qui lui appartient est celle de l'Identité et de l'universel qui lui appartient. Retour : LEXIQUE LARUELLE > HERESIE

Utopie - CF, 2002 - 92 - Les hérésies sont la recherche et la pratique d'une utopie, et l'hérésie radicale de l'Homme-en-personne est la découverte du Réel comme utopie déterminante. L'utopie n'est pas toujours un délire de l'imagination, elle peut être aussi une pauvreté radicale en représentations, plus profondément déterminer une imagination et une fiction qui changent la vie, qui exprime le Vécu-sans-vie tel qu'il détermine la vie. - 93 - L'hérésie est utopique, même pas une histoire "dans le ciel" plutôt que dans le Monde. Elle naît avec l'Homme-en-Homme comme ultime résistant sans-lieu (sans Monde) et sans-temps (le "passé radical"), résistant non-héroïque à l'héroïsme philosophique.