IDENTITE
Cause - EE, 2000 - 259 - S'il faut une causalité "occasionnelle" pour que l'Identité devienne cause à son tour, elle n'est donc pas ce que la philosophie appelle une cause première et positive. Ce n'est qu'une cause "négative, étant donné sa non-suffisance et le dual qu'elle implique (sans le présupposer...). S'agit-il alors d'une nouvelle forme de "manque" agissant comme cause ? La non-suffisance de l'Un n'est pas l'Un-comme-manque, l'Un radical ne manque de rien, surtout pas de l'Etre, de la pensée et du Monde ; ni n'est tissé d'un manque quasiment antérieur à lui. Il n'est qu'in-suffisant dès qu'il s'agit de penser, et précisément parce qu'il est de lui-même forclos à la pensée. Autrement dit le Réel n'acquiert le statut de cause que par la donation ou l'apport d'une occasion, qui lui permet d'agir mais-en-dernière-instance. - L'Etranger est sans pourquoi mais non sans cause et d'avoir une cause-sans-raison explique qu'il n'a de raisons dans le Monde que multiples et contingentes. Retour : LEXIQUE LARUELLE > IDENTITE
Etranger - EE, 2000 - 252 - Au-delà de la donation "civile", sociale, politique, sexuelle, etc. d'identité, peut-on reconnaître une donation philosophique d'identité ? - 253 - Reconnaître, c'est donner / retirer : l'identité est supposée objet de reconnaissance, d'intégration, d'accueil. - Mais l'identité peut-elle se donner, se tranférer (...) à Autrui, et l'Etranger est-il le thème d'une reconnaissance philosophique ou bien l'objet d'une véritable "théorie" qui suppose son autonomie au moins relative ? - 254 - L'identité réelle n'accueille ni ne reconnaît, elle peut tout au plus être-donnée dans l'exacte mesure où elle est elle-même sans donation. - L'identité réelle n'est pas agie ou active, elle est condition négative du clonage qui produit l'existence du sujet. - L'Etranger reçoit une identité de sujet elle-même-sans-donation, plut^to qu'il ne produit l'auto-donation d'une identité. Il est l'objet d'une théorie avec laquelle il se confond ou qu'il performe, mais seulement en-dernière-instance plutôt qu'il ne prend le masque de la philosophie. Enfin il manifeste un univers plutôt qu'un monde particulier, c'est un être d'utopie plutôt qu'un être de voisinage. Tout ce qu'il peut faire lui-même comme Etranger non-philosophe, c'est d'user de celui-ci (qui n'est jamais seulement un homme mais un mixte d'humanité et de chose, un humanoïde) pour se constituer sur la base de sa cause réelle (...). - 255 - Notre hypothèse principale, c'est que l'identité n'est pas seulement une propriété ou un attribut, mais qu'elle existe "en chair et en os" indépendamment de son usage d'attribut. - 257 - L'identité est inaliénable, irreprésentable, on ne peut l'objectiver, la survoler - elle nous constitue - mais c'est à partir d'elle que nous pouvons nous manifester le Monde. - L'Etranger n'est pas la limitation de l'Identité, mais sa conséquence, son témoin, on dira son clone. - Il suffit de montrer que, si l'Identité qui n'est qu'identité peut déterminer quelque instance autre qu'elle-même, c'est celle de l'Etranger. - Contre la philosophie et sa pulsion logique, l'Identité n'est certes pas pensable et il faut renoncer à vouloir la penser. En revanche elle peut être présupposée comme simplement réelle si, tout impensable qu'elle soit, il est possible de la faire déterminer en-dernière-instance des jeux d'écriture ou de langage d'un nouveau genre. - 258 - Etendue au problème de l'Etranger, cette possibilité signifie que s'il n'y a pas de donation de l'Identité, il y a une donation de l'Etranger selon l'Identité. - Elle est ce qui détermine l'Etranger radical, le plus étranger mais en même temps le plus ordinaire puisque c'est l'homme même comme sujet. L'Etranger n'est pas l'autre du sujet, il est le sujet par excellence. Ainsi la théorie du sujet se réalise comme théorie de l'Etranger. L'Identité n'est pas un produit de synthèse (de l'industrie culturelle ou sociale) ni elle-même un facteur de synthèse. C'est dire que s'il y a identité de l'Etranger, cette formule ne pas se comprendre sur le modèle de l'attribution ou de l'appropriation. - Ni l'Identité ne s'aliène dans l'Etranger, ni celui-ci ne s'approprie celle-là. On dira que l'identité (de) l'Etranger est "en-dernière-instance". Retour : LEXIQUE LARUELLE > IDENTITE
Universalité - LU, 2004 - 93 / résumé - l'Identité indivise du Tout se définit comme le clone (et non comme l'unité) des mélanges philosophiques, de même que la non-philosophie se définit comme la théorie unifiée de la philosophie et d'un savoir ou d'une pratique - pour cela il faut se donner l'Identité et son uni-versalité, pas une fausse Identité découlant d'une forme d'universalité - l'Identité uni-verselle détermine d'ailleurs l'universalité transcendante de la philosophie - Retour : LEXIQUE LARUELLE > IDENTITE