IMMANENCE
Causalité - INM, 2000 - 41 - C'est dans la DDI comme causalité du Réel-Un plutôt que de l'Etre, que s'unifient les deux aspects de la causalité et du Réel-sans-Etre. Il faut cesser, au nom de la causalité réelle, de projeter celle-ci dans la transcendance ; et cesser, au nom de l'immanence, de réduire elle-ci à une immanence seulement transcendantale pour ensuite la projeter comme prétenduement réelle sous la forme de l'auto-génération de la Vie (M. Henry). La DDI est une causalité à la fois réelle, universelle, immanente et hétérogène ou critique et, à ces titres, elle ne rentre pas dans les quatre formes de la causalité de l'Etre (fin, matière, forme, efficience). - Retour : LEXIQUE LARUELLE > IMMANENCE
Malheur radical - 2000, EE, 2000 - 226 - Le malheur radical n'est pas un contenu extérieur ou un attribut de l'immanence de l'Un, mais celle-ci même sous l'angle de sa nomination éthique. Les aspects intrinsèques du malheur sont trois, sans toutefois jamais reformer une synthèse. Chacun suffit à le définir puisqu'il se conclut chaque fois de son immanence. - 1. L'être-donné-sans-donation, le donné sans le pli du donné et de la donation, ou encore l'un-identité (l'uni-dentité).- 227 - 2. L'être-séparé-sans-séparation, qui n'est pas l'effet d'une division d'un tout ou d'une identité englobante, ou encore l'uni-latéralité immanente et sans transcendance. Elle est donc telle que l'Un ne constitue pas un côté opposé à l'autre ou au Monde, mais telle aussi qu'elle affectera de cette uni-latéralité la transcendance spécifique et autonome du Monde. - 3. L'uni-versalité, le fait de pouvoir donner sur les modes précédents, donc, sans-donation et uni-latéralement, non seulement l'Un lui-même mais tout X objet par ailleurs d'une donation et qui ne peut jouir, sauf hallucination, que d'une autonomie relative. - Si l'immanence est effectivement radical, alors le maheur est donné de part en part, introuvable dans quelqu'autre instance, transcendance ou Monde. Mais - c'est son uni-versalité - toute instance transcendante lui est nécessairement accessible ou mieux encore n'a pas à être reçue par lui pour être donnée en-lui sur son mode de sans-donation. - 228 - L'Un (du) malheur, dans son immanence même, sans passer par le moyen d'une quelconque transcendance, est "ouverte" ou disponible par définition axiomatique, plus qu'a priori, pour le Monde qu'il donne sur son mode à lui. - Et de même tout X donné-en-malheur est lui aussi séparé (en-dernière-instance) (du) Monde, même s'il a fait l'objet d'une donation en mode-de-Monde. - L'homme n'est pas "être (de) malheur" parce qu'il est séparé du Monde, mais cet être-séparé peut se dire comme malheur à la condition de penser celui-ci comme radical et forclos. Retour : LEXIQUE LARUELLE > IMMANENCE
Non-marxisme - INM, 2000 - 40 - Dans la philosophie, marxisme compris, l'immanence est un objectif, une proclamation, un objet, jamais une manière de penser ou un style. - 41 - Pour construire le non-marxisme, il faut une identité réelle plus immanente encore que celle de Spinoza, une cause sans Tout et à plus forte raison sans synthèse ni même expression ; et une causalité propre de cette identité plutôt que la médiation d'une aliénation par le Monde ou le capitalisme. - 42 - Le primat n'est pas de la matière sur la conscience, mais de l'Un réel sur la dyade matière/conscience, être/vie, mais aussi pratique/théorie (...). On fait ici passer le marxisme et son matérialisme du terrain de la transcendance, de la représentation capitaliste et philosophique, sur celui de l'immanence radicale (comme Michel Henry, contrairement à Spinoza), mais réelle et non transcendantale (comme Spinoza, contrairement à Michel Henry). - Retour : LEXIQUE LARUELLE > IMMANENCE
Non-Philosophie - LU, 2004 - 47 - La gageure de la non-philosophie (...), ce n'est pas de faire une doctrine supplémentaire de l'immanence, c'est de la penser sur le mode même de l'immanence. - Ce qui n'est possible (...) que si la dualité de transcendance propre au penser est enracinée dans un identité qui n'est pas un Tout et laisse son autonomie relative à la transcendance. - C'est le caractère pratique de la théorie non-philosophique, pratique ou plus exactement performé, la pratique étant plutôt saisissable comme dualité unilatérale. - 48 - Si nous devons la penser (l'immanence) selon son propre mode en-dernière-instance, alors c'est elle qui détermine la pensée et le langage chargé de la dire. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > IMMANENCE
Philosophie - INM, 2000 - 43 - L'immanence proposée par les philosophes répond toujours à des modèles, donc quelque peu transcendants, et n'est jamais suffisamment radicale pour déterminer une pensée selon l'immanence ou le Réel-de-dernière-instance. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > IMMANENCE