INTERDICTION 

Crime - EE, 2000 - 360 - Pourquoi l'interdiction prime-t-elle sur la prescription ? Déjà dans la forme le plus épurée de l'éthique-monde, la dimension éthique s'annonce comme l'appel de l'homme à l'homme (plutôt que de Dieu à l'homme, qui en est la face positive). Négative ou plutôt d'interdiction, l'éthique tient ce trait de sa structure même. Ce trait ne peut qu'être reçu par la non-éthique, à une transformation près. Elle est le clonage et l'uni-versalisation de l'étant réel, de l'Autre ontique, homme supérieur ou quasi-divin, en un-homme sans prétentions sur le Réel. - 361 - "Tu ne tueras point" n'a de sens ici que s'il est toujours possible de tuer mais s'il y a aussi un In-assassinable de dernière-instance (...). - Pour être réellement uni-verselle, l'interdiction de tuer doit venir non de Dieu ni de l'homme éthique, mais de l'humain dernier dans l'homme. Le crime comme volonté du crime commence et s'achève plus généralement avec la philosophie et l'éthique-monde parce qu'elles se donnent le droit d'attenter à l'essence de l'homme pourtant inaliénable. - Que la philosophie cède la place devant l'éthique est une ruse et le moindre des défauts d'une pensée qui est le système de l'exception et de l'élection. Retour : LEXIQUE LARUELLE > INTERDICTION