NON-ETHIQUE
Conjoncture - EE, 2000 - 117 - Si l'éthique prétend légiférer pour tels actes factuels de la vie, une non-éthique réellement première le fait pour une conjoncture et ne le fait pas sans prétendre aussi l'expliquer. Une conjoncture est une figure hétérogène et singulière, inséparablement théorique-et-pratique, factuel-et-philosophique, qui témoigne d'une émergence et fait nouveauté. - 118 - La non-philosophie, sans à proprement parler dépasser la conjoncture - au contraire, elle va au devant d'elle, ne la relève ni n'en dissout la réalité, elle lui reconnaît son autonomie relative qu'elle enregistre pour son compte. Parce que la non-philosophie n'est plus co-déterminée dans son essence par la conjoncture, elle peut reconnaître la consistance de celle-ci. C'est ici celle du rassemblement du mal comme tel, la découverte de son identité et d'abord de son symptôme. La philosophie ne peut fournir d'explication éthique parc exemple de ce que l'afefct juif de l'être-persécuté lui oppose, et celui-ci ne peut se penser - penser sans substituer l'éthique à la pensée - ni penser la philosophie. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Droits de l'Homme - EE, 2000 - 113 - La notion de "crime contre l'humanité" reste pour l'instant juridique et mal accueillie par l'éthique, transcendante à l'homme de toute façon et sans fondement en celui-ci, tant que nous n'avons pas posé de la manière adéquate l'identité humaine (du) mal. La non-éthique peut se dire la seule "éthique dans les limites de la seule humanité". L'homme, rendu à l'état de cause pour l'éthique et de la non-éthique, n'est donc en rien l'homme des "droits de l'homme", droits qui ne peuvent être élucidés et surtout pratiquement réalisés ou performés, plutôt que faire l'objet d'une nouvelle doctrine, que si au préalable l'essence de l'homme, certes, plutôt qu'élucidée à la manière d'une présupposition (cercle vicieux ou pétition de principe réciproque de l'homme et de ses droits), est posée comme terme premier d'une non-éthique et d'une "non-juridique" des droits humains. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Ethique - EE, 2000 - 26 - "Non-éthique" désigne en général le projet d'une pensée pour l'éthique en fonction de sa cause réelle, le malheur radical comme être-forclos de l'homme à toute éthique mais capable d'en déterminer une d'un nouveau style ; de manière plus spécifique : les structures aprioriques extraites de l'éthique philosophique sous cette condition. - "Ethique première" désigne la position et la place de la non-éthique par rapport à l'éthique philosophique : comme a priori, transcendantale et uni-verselle ou valant même pour celle-ci. - "Ethico-philosophique" ou "Différence étho-logique" désignent la forme mixte, inséparablement philosophique ou philosophable, des phénomènes dits ordinairement "moraux", qui sont donc aussi éthiques et dont sont extraits les a priori non-éthiques. - "Etho-techno-logie" désigne la forme contemporaine intensifiée de la "Différence étho-logique" et dont relèvent par exemple les décisions techno-éthiques produites par le corps social et sa réflexion sur les conduites réglées. - "Théorie unifiée de l'éthique" désigne la non-éthique en tant qu'elle vaut identiquement de la morale empirique et des éthiques gréco-philosophique et judaïque, qu'elle est leur "unification" par identité-sans-synthèse ou en-dernière-instance, plutôt que leur synthèse unitaire. - "Ethique de l'Etranger" désigne la non-éthique en tant qu'elle est la seule éthique possible dont le sujet soit l'homme défini comme sans-consistance ou existant-Etranger (et prochain). L'homme n'existe-tel-qu'un Etranger ou n'est sujet-tel-qu'un-Prochain que par le malheur radical. - "Etranger" désigne le sujet le plus général, celui de la théorie unifiée de la science et de la philosophie, la non-philosophie ; l'"autre-Etranger" ou encore le "Prochain" désignent le mode éthique ou plutôt non-éthique de ce sujet. - 99 - Une théorie de l'éthique est possible précisément parce qu'une théorie-du-malheur ou de l'identité (du) mal est devenue maintenant impossible. La malheur radical est la cause et l'objet d'une découverte qui s'opère sous la forme transcendantale et axiomatique d'une non-éthique modifiant notre rappprt à l'éthique. - La non-éthique n'a donc pas à décider de l'existence des éthiques (...). Elle doute seulement de la pertinence de leur prétention à légiférer pratiquement de manière rien-qu'humaine (...). - C'est le problème de leur légitimité, mais rapportée à l'homme comme à leur cause réelle. La non-éthique mesure cette légitimité par une question qui n'est ni du comment (comment est possible l'éthique?) , ni du pourquoi (pourquoi l'éthique plutôt que rien, que pas d'éthique du tout?) mais du en-quoi ou selon-quoi (les éthiques sont-elles en-réel ou en-homme, selon-l'homme ?). - 324 - Les trois sources de la non-éthique, ses trois matériaux plutôt sont donc le grec, le juif et le chrétien. Le régime grec de la pensée nous a appris la donation et la manifestation de l'identité, l'éthique comme Monde. Le régime juif nous a appris non pas la donation mais la séparation de l'identité comme Autre, l'éthique comme séparation. Le régime chrétien nous a appris l'universalité de l'identité, l'éthique universelle. Or ces trois aspects de retrouvent, en quelque sorte concentrés et intrinsèquement unis dans la vision-en-malheur comme un-identité, uni-latéralité et uni-versalité. C'est pourquoi elle est la matrice qui unifie en-dernière-instance ces trois sources dans une non-éthique, c'est-à-dire une pensée non-grecque, un non-judaïsme, en fin un non-christianisme. - 325 - La non-éthique inclut, à leur clonage près, le souci grec pour le Monde, sans livrer l'homme à celui-ci, à la transcendance infinie de Dieu. Elle unifie sans synthèse la hauteur de l'"Hautre" et l'homme ordinaire dans un Prochain-sans-humanisme. - 326 - La non-éthique est uni-verselle de droit, enracinée dans le malheur comme vision-en-Un plutôt que dans le Monde, suffisamment uni-verselle plutôt que générale pour valoir de l'éthico-philosophique et le réduire à l'état à la fois de matériau, de champ d'expériences et de modèles. - L'"éthique universelle" est un contresens qui fait consensus, comme toute illusion philo-centrique et mondaine. Elle est fondée sur la double ignorance de la particularité de la philosophie et de l'être-universel spécifique de l'homme-tel-que-sans-consistance. Elle n'est que générale et ne véhicule que les platitudes de la généralité éthique et du sens commun. - 339 - Il y a éthique lorsque 1. la philosophie veut dépasser par l'epekeina l'anonymat de l'Etre, voire e Dieu vers l'homme en tant qu'Un indivis, c'est l'altérité ontique ou super-ontologique; 2. il s'agit cependant de l'homme transcendant, de l'homme-qui-est et qui devra donc être défendu de l'investissement de cette altérité par l'Etre; 3. il s'agit de l'homme-qui-est comme une singularité ou une unicité en cours, nullement comme une identité. - La non-éthique exclut à la fois 1. l'éthique dans le cadre de la philosophie commune de style "grec" car alors son autonomie n'est qu'apparente, au mieux est-elle epekeina, pour le reste elle se dissout dans la philosophie ou le Monde; 2 l'immanence radicale posée comme une nouvelle thèse, celle de la réalité de l'homme et de son corps, pas comme une nouvelle hypothèse sur le Réel du sujet-Etranger humain ; elle exclut alors aussi bien la science que l'éthique et vire à l'ontologie phénoménologique; 3. la solution judaïque, trop absolue dans l'hétéronomie de l'éthique pour tolérer l'autonomie de la pratique éthique. - 340 - Non-éthique, c'est la sorte de décision pour devenir un autre-Etranger. Etranger, nous le devenons sans raisons spécialement éthiques, plutôt hérétiquement par un choix déterminé-en-dernière-instance par le Sans-Choix du malheur. Autre-Etranger nous ne pouvons le devenir qu'avec d'autres moyens nécessaires pour nous libérer de l'éthique-monde et pas seulement de la pensée-monde. Nous sommes alors "dans" l'éthique-monde sans "en-être", refusant non pas de s'engager éthiquement mais refusant de croire que cet engagement fasse autre chose que nous cacher notre condition de solitude. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Ethique de l'Etranger - EE, 2000 - 115 - Le malheur radical est tel que, comme solitude (de) l'identité humaine ou du Seul, il détermine en-dernière-instance l'homme tel qu'un Etranger et la non-éthique telle qu'une éthique (de) l'Etranger. - 116 - Cette solitude qui n'est pas au-monde comme un retrait ou une soustraction, signifie la structure non-extatique du malheur (...). - La solitude du malheur - seul plutôt que solitaire - signifie qu'il est donné une-seule-fois-tel-que-Seul, non pas une-fois-pour-toutes ou plusieurs-fois-en-une mais une-fois-chaque-fois... - "le malheur isole", sans doute, mais parce que si radicalement donné qu'il est irrecevable dans un simple affect. Ce n'est pas le malheur qui isole ou l'isolement qui signifie le malheur. - 117 - C'est en-solitude ou tel que Seul que l'homme aborde le Monde et qu'alors il se manifeste comme multitude radicale des humains. Le Seul existe (comme) multitude des Etrangers. - Précisément son être (de) malheur et de non-consistance détermine un certain rapport de solitude du seul au Monde, rapport qui s'ajoute à lui à la manière d'un clone. - L'Etranger n'est plus seulement le Seul en son identité mais la solitude où existe le Seul. Le clone est ici le type de "double" - strictement unilatéral, ne dédoublant ni ne multipliant spéculairement le Seul - que le Seul est capable de tolérer "à côté" de lui ou comme étant "en" lui ou mieux encore selon lui mais où lui, le Seul, a l'existence comme Etranger. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Ethique négative - EE, 2000 - 109 - L'être-forclos signifie une indifférence positive ou réelle qui ne se mesure pas à ce qu'elle indifférencie comme le ferait encore une indifférence transcendantale. Ce n'est jamais celle d'un absolu, qu'il s'agisse d'une unité ontologique ou substantielle ou d'une altérité définitive et supposée irréductible à l'Etre et au Logos. - 110 - L'aspect axiomatique de la non-éthique (aspect théorique seulement, ce n'est pas une axiomatique) ne doit donc pas être confondu avec une hénologie négative ou une éthique négative. L'abstraction du "sans" ou du "non" n'est nullement ici le procédé ultra-métaphysique illustré par la théologie négative, le malheur radical n'étant pas impensable plutôt que pensable par le logos philosophique, mais forclos à toute pensée et pourtant susceptible de cloner celle-ci. - Les opérateurs comme le sans, le non, le hors-de-, le (de), etc. sont ceux d'une abstraction formalisante, nullement ceux d'une auto-négation du logos devant l'Un transcendant et ineffable. Il s'agirait plutôt du suspens de la totalité du Logos, auto-négation comprise. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Ethique première - EE, 2000 - 105- Nous entendons la Raison pratique en son sens le plus large, couvrant tout l'essai d'éthique philosophique en tant que celle-ci est structurée pour partie comme une métaphysique des moeurs. Cette universalisation procède de certaines déterminations et spécifications kantiennes (la distinction du pratique et du théorique) mais elle ne s'y réduit pas. Un enon-éthique, son matériau aussi élargi, n'en sera que plus universelle et vaudra de l'éthique et du mal ensemble. Mais plus radicalement une non-éthique est universelle par sa cause, et première au sens restreint que nous donnons maintenant à la priorité comme distincte de la primauté propre à la cause. - 106 - L'Idée d'une éthique première reçoit un premier sens à l'intérieur de la métaphysique des moeurs comme horizon universel de toute éthique, où elle peut désigner tantôt sa branche spéciale (la cause morale de l'étant moral ou des moeurs), tantôt et de manière plus moderne sa branche générale (l'être-commun ou la moralité des moeurs). - 107 - L'éthique première était en réalité l'Idée d'un système du Réel (de la cause de l'étant moral) et de l'éthique se déterminant réciproquement, chaque fois selon des rapports mixtes de priorité et de primauté, diversement équilibrés. Mais le malheur met de l'ordre dans cette confusion si peu morale. Il reste titulaire de la primauté sur l'éthique, mais sans la priorité qui le ré-introduirait dans l'ordre de la pensée, lui ferait perdre son autonomie en même temps que l'éthique perdrait la sienne. Quand à la non-éthique, elle perd la primauté et ne garde que la priorité par rapport à l'éthique-monde. C'est la véritable éthique qui n'est que première sans reconstituer une métaphysique et prétendre au Réel. La non-éthique n'est première qu'autant qu'elle renonce à une primauté, source de toute illusion transcendantale. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Etho-techno-logie - EE, 2000 - 196 - La source de radicalité de l'éthique est dans la posture de soumission au Réel et se distingue d'emblée de la volonté constitutive et transformatrice de la philosophie. Mais ce refus de l'activisme étho-techno-logique ne signifie pas une passivité ou une inertie, au contraire. La non-éthique n'est pas faite pour transformer le Sans-essence de l'homme - c'est une illusion - mais pour transformer d'une manière non-technologique ce qui prétendait transformer technologiquement l'homme en général et pour mettre la technologie au service, non pas de nouveaux buts philosophiques, mais de la seule essence du sujet-Etranger. Retour : TUYAU > LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Hérésie - EE, 2000 - Toute la non-éthique se rassemble dans l'investissement "éthique" du principe d'hérésie ou d'uni-latéralité qui tient à la vision-en-Un comme être-forclos ou séparé. - Si l'éthique est toujours une décision plus ou moins indécidable mais finalement bilatérale, la non-éthique est une séparation, une hairesis, une hérésie séparant l'Un sans le diviser en lui-même. Etant uni-latéralité, essence positive du Sans-essence, qui n'est pas abstraite du Tout ni son démembrement, l'hérésie est principe plus ancien encore que tous les principes, ou plus intempestif, d'être sans-consistance, que les causes premières et dernières. Le carrefour est ici : allons-nous continuer à inscrire le choix et la décision dans un ethos, médiatisé de techno-logos, comme l'Un dans le Même selon la philosophie, ou bien réveillera-t-on dans le choix l'essence uni-latérale ou séparée du Prochain comme Etranger (à) l'éthique ? - 323 - Dans le judaïsme, je suis choisi comme celui précisément auquel le hoix est refusé. Dans l'hérésie positive, je suis celui qui, en-dernière-instance, choisit de n'avoir pas eu besoin de choisir (...). - Contre les mélanges d'étho-techno-logos, faisons valoir ce qui sépare l'Autrui non pas de lui-même mais de ses formes mixtes. L'hairesis est le choix, l'élection devenus immanents, non-suffisants plutôt qu'absolus ou qu'obtenus par identification/division. - Le choix est en-Un-en-dernière-instance, c'est l'identité de l'élection s'exerçant sur le mode d'existence du Prochain. > LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Homme - EE, 2000 - 25 - La non-éthique trouve sa cause-de-dernière instance dans l'homme comme malheur radical; son sujet dans l'homme comme "Etranger" et son mode d'"autre-Etranger" ou de "Prochain" (le malheur ou la solitude condamne l'homme à exister-comme-Etranger) ; son objet empirique dans les mixtes éthico-philosophiques. - 368 - La Loi aurait dû servir de matériau pour l'organon humain de la force (de) loi, donc sans rapport direct à l'homme même en son non consistance, et assurer ainsi sa défense a priori. L'éthique philosophique, constituée pour des raisons transcendantes étrangères à l'home-comme-malheur, ne défend l'homme qu'après-coup, a posteriori, de manière toujours réactive et vicieuse. La non-éthique est une défense a priori de l'homme-comme-Etranger. Une défense a priori n'est pas nécessairement stérile, sauf à comprendre métaphysiquement l'a priori. - 369 - La non-éthique infère des a priori réels en-dernière-instance, donc purement transcendantaux, identiquement formels et matériels qui sont la critique positive et réelle de l'éthique philosophique. Elle se borne à user de l'éthique de manière adéquate à l'homme, elle ne légifère pas à son tour entre les actes ou les intentions, entre la forme et la matière, la légalité et la moralité. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Morale - EE, 2000 - 218 - La Métaphysique des Moeurs introduit le but, la fin, la destination, la "vision morale du monde" dans l'éthique elle-même. Si celle-ci veut être intrinsèquement morale et ne plus être définie par des fins étrangères, elle doit être définie comme un pouvoir immanent appartenant en-dernière-instance à l'homme, déterminé par celui-ci et déterminant ses actes mais non son essence. - 219 - C'est donc ce caractère pratique qu'il faut arracher au contexte de la volonté et de la téléologie sous la forme d'un noyau d'uni-latéralité ou de pratique uni-verselle dont la volonté est le symptôme et le modèle. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Non - EE, 2000 - 210 - Déterminer le non-, c'est l'arracher à la Loi des lois, la transcendance. L'Idée d'une pratique non-éthique pourrait sans doute ne pas être absolument neuve, mais ce qui l'est c'est l'expérience immanente d'un non- transcendantal, l'identité-selon-le-malheur, sans être le malheur lui-même. Il n'y a pas d'au-delà de l'éthique mais un en-deça de malheur et de solitude, autre chose encore qu'un anté-éthique, qu'un anté-prédicatif de la Loi ou des valeurs. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Non-gnostique - EE, 2000 - 114 - Le malheur radical est tel, qu'irréductible aux oppositions philosophiques et aux dualités principielles, il détermine une éthique non-gnostique. - 115 - L'éthique première sort alors du couple maudit du Bien et du Mal et, plutôt que de le distendre comme le fait par exmeple Kant de part et d'autre de la Raison pratique et à ses extrêmités, plutôt que s'opposer philosophiquement et rationnellement au manichéisme, elle se donne les moyens de réalité et de rigueur de penser un manichéisme réduit, une dualité non-principielle. Sans doute le malheur radical a-t-il quelque apparence de l'une de ces abstractions ou de ces entités que la gnose a psychologisées. Mais nous l'entendons maintenant et la faisons "fonctionner" comme le contenu phénoménal de la gnose transcendante et philosophico-religieuse, quel que soit le type de philosophie et de religion qui se sont intriquées pour donner celle-ci. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Pratique - EE, 2000 - 344 - Le sujet de la non-éthique - l'autre-Etranger ou le Prochain - est sujet pour l'éthique, en vue de l'usage de celle-ci. - Le style reste ici théorique même s'il devient pratique nécessairement par sa cause-de-dernière-instance - performé en-denrière-instance, agir (-en) pensant et réciproquement (au langage-support près) - c'est-à-dire par sa structure d'uni-latéralité qui est le noyau de la "pratique". - 345 - Le performé-de-dernière-instance est le contenu réel, phénoménal, dont la raison pratique, le pouvoir de déterminer par soi seule la volonté est un modèle particulier. La découverte de l'Evangile, de Rousseau puis de Kant, à savoir que la Raison était pratique autant que théorique, nous ne pouvons que l'arracher à l'éthique et la déplacer vers le Réel (de) l'Un. - La pratique en son uni-versalité n'est pas une transcendance ou une hétérogénéité hyperbolique comme l'éthique, mais cause uni-latérale pour la transcendance éthique elle-même. - La non-éthique s'exprime en des injonctions uni-verselles en-dernière-instance, qui se confondent avec l'existence du Prochain et qui s'adressent à l'homme-selon-le-monde. Ce n'est pas une axiomatique seulement théorique portant sur des objets éthiques. - L'expression de théorie unifiée de l'éthique et de la philosophie doit se comprendre avec toutes ces déterminations comme une pratique unifiée (pratique se déduit de praxis et non d'éthique) (...), comme une unification d ela philosophie et de l'éthique par la pratique-de-dernière instance. - L'éthique ainsi enlevée à elle-même, en réalité à l'auto-position philosophique, peut être rendue effectivement aux humains et donner lieu à une pratique non-éthique. - Elle peut ainsi être enfin effectivement pratique et cesser d'être ce voeu à quoi aboutit l'éthico-philosophique qui est trop pur par auto-position ou bien par excès de la transcendance sur elle-même. - 350 - Peut-être trouvera-t-on que l'insertion des data éthico-philosphiques donnés a priori, dans un prcessus immanent, ne peut équivaloir à une véritable pratique transformatrice et que celle-ci devrait être plutôt une synthèse (Kant) qu'une identité. Mais c'est précisément l'identité en-dernière-instance "de" la transcendance, dans la FL, et elle seule comme immanente, qui peut libérer la charge d'hétérogénéité et l'autonomie relative de l'expérience, tandis que les procédés philosophiques (l'analyse, la synthèse, la dialectique, la différence), sont d"intériorisation de la transcendance dans l'immanence, d'absorption herméneutique, et dissolvent la résistance du matériau dans les simulacres et les apparences de l'auto-position. Cette identité - en-dernière-instance-seulement - du matériau préserve en quelque sorte son autonomie et la libère de la maîtrise philosophique. - 354 - Ou bien la pratique éthique est réellement éthique et plus inefficace qu'elle ne le croit, ou bien elle est efficace mais autant théorique et politique qu'éthique, c'est-à-dire technologique dans son traitement d'Autrui. - Seule la non-éthique réconcilie, mais justement en-dernière-instance seulement, le Monde nécessaire à un agir éthique et l'agir non-éthique qui est celui de l'Etranger, tout en court-circuitant la médiation technologique. C'est la performativité du Réel qui identité sans synthèse le dire et le faire, l'énonciation et l'énoncé dans l'autre-Etranger. - L'éthique sera "pure" au sens radical qui exclut le mélange dans l'essence et l'exige dans la matériau, pas au sens formel-absolu de Kant. Autrement dit il s'agit d'une théorie pure de la non-éthique pour l'éthique, plutôt que du concept monstrueux d'"éthique pure". Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Science - EE, 2000 - 202 - D'une manière générale le Réel ne relève plus, à aucun titre, de la structure et de l'histoire de la métaphysique et sa variante, la métaphysique des moeurs. En revanche le "seuil" du réel franchi, nous devons être kantien, c'est-à-dire maintenant autrement que kantien, ou non-kantien dans la position d'une force (de) véracité qui soit l'essence de la pensée pratique et la critique réelle de la Raison pratique. Et dans le traitement de l'objet éthique, nous devons être platonicien, c'est-à-dire maintenant autrement que platonicien ou non-platonicien, poser toute éthique philosophique comme une forme d'opinion et de sophistique sans rigueur ni objet, et élaborer une science des étants éthico-philosophiques. - 205 - Ayant suspendu la fondation unitaire de l'éthique ans une décision philosophique, la source autre qu'étho-techno-logique de l'éthique ne peut être que la pensée-science (la non-philosophie). La science, de son côté, n'y intervient pas par les connaissances locales transcendantes qu'elle produit et les investissements technologiques nouveaux du corps humain qu'elle rend possibles (...) mais par la posture d'immanence à l'égard du Réel, donc par sa capacité à déterminer en rigueur et en réalité l'éthique. - 206 - Le sujet non-éthique est de part en part science transcendantale comme clone ou reflet non-spéculaire et donc non-constitutif du Réel. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Théorie unifiée - EE, 2000 - 194 - On appelle "non-éthique" la théorie unifiée, non unitaire, de l'éthico-philosophique. Le mal étant l'ultime horizon obligé de toute fondation métaphysique de l'éthique, elle équivaut également à une théorie unifiée du mal (...). - La théorie unifiée est en priorité celle de la corrélation de l'éthique et du mal, elle use de ces corrélations comme d'un simple matériau. - 214 - L'équation (dite de "dernière-instance" ou "unifiée") éthique = philosophie. Cette équation n'est pas philosophique, les philosophies de l'éthique prenant celle-ci pour leur objet dans un rapport de hiérarchie (philosophie = sur-éthique) qui peut être renversé, l'éthique dominant la philosophie et décidant de ses fins et de sa destination (Kant, Fichte et Levinas sur des modes distincts). Ni philosophie de l'éthique ni éthique de la philosophie, mais leur identité telle qu'elle soit insoluble philosophiquement, introuvable dans la Métaphysique des Moeurs et ses mélanges. 215 - Il ne s'agit pas d'une identification réciproque ou réversible, ou bien d'une fusion vague de l'éthique et de la philosophie mais de leur démocratique entrée dans l'unique structure de la dualité uni-latérale. - 341 - L'éthique philosophique ou philosophable subit un double traitement qui change son statut théorique et sa fonction. - C'est l'idée d'une identité-de-dernière-instance des mixtes éthico-philosophiques, une théorie unifiée et non plus unitaire de la philosophie et de l'expérience morale. La non-éthique reste philosophique mais sans plus exercer sa législation et sa domination sur-éthiques, et l'expérience morale cesse d'être dominée et décidée philosophiquement dans son sens comme d'être une menace permanente de rébellion de la singularité et/ou de la généralité contre la philosophie. C'est l'introduction d'un rapport démocratique dans les relations de la philosophie et de l'éthique. - 342 - Ces mixtes perdent les privilèges revendiqués par la philosophie mais celle-ci, en même temps qu'elle est ainsi "réduite", est uni-versalisée sur un mode nouveau comme simple a priori de l'expérience éthique et comme conditionnant la donation occasionnale de ses phénomènes. - Seule la Force (de) Loi peut exiger ainsi que la philosophie vaille de manière aussi radicalement universelle et nécessaire de l'éthique, qu'elle y étende sa forme-décision ou mixte ; sele elle peut légitimer l'axiome "tout est virtuellement philosophable", en lui retirant évidemment son auto-justification philosophique (...). - 343 - Cette réduction uni-latéralisante de la philosophie à l'état d'a priori de la donation de sphénomènes comme indossolublement éthico-philosophiques est une nouvelle manière plus radicale, de comprendre l'axiome nietzschéen : "il n'y a pas de phénomènes moraux mais une interprétation morale des phénomènes". Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE
Transcendantal - EE, 2000 - 120 - Les hypothèses non-éthiques sont de type scientifique ou explicatif mais a priori et par conséquent transcendantal quant à l'instance qui les légitime. Et l'objet qu'elles se donnent à expliquer sont les mélanges des moeurs et de la moralité, leur "différence", à laquelle elles reconnaissent une autonomie relative dans l'exacte mesure où elles en suspendent la suffisance philosophique où elles risquent toujours de se dissoudre comme une nuée, un fantasme, une mauvaise illusion personnelle du philosophe. - 121 - La non-éthique n'est donc pas une éthique appliquée, fût-ce au sens où elle constituerait son objet dans les limites du sens qu'elle lui donnerait. Elle reçoit nécessairement son objet empirique (les faits éthico-moraux) et constitue à partir de lui un objet immanent, qui est l'identité non-éthique (de) l'éthique ou l'Etranger dont elle décrit les structures a priori. Pour n'être ni une science ni une philosophie des phénomènes dits moraux, elle est autant l'une que l'autre lorsqu'elle est saisie dans l'identité de sa cause. Mais on ne conclura pas qu'elle postule la rationalité philosophique et scientifique intégrale de l'éthique (ou la moralité intégrale de la philosophie, etc.). Elle doit recevoir ces données éthico-philosophiques comme un nouveau "continent" que la philosophie n'avait pas su explorer. Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-ETHIQUE