NON-MARXISME  

Axiomatique - INM, 2000 - 76 - Les axiomes non-marxistes, sans être des thèses, sont plutôt des hypothèses mais qui ne donnent pas lieu à une synthèse anhypothétique. - Ce sont des fonctions transcendantales stables ou des sujets-Etrangers théoriques qui possèdent comme constante la dernière-instance, comme argument la variabilité de la pensée-monde, comme fonction proprement dite la théorie non-marxiste en tant qu'elle existe-Etrangère au marxisme. - 77 - Enfin cette axiomatique uni-verselle ou univoque est un invariant des marxismes passés et à venir, des paléo- et des néo-marxismes qui sont pour lui des symptômes permettant son interprétation en fonction des conjonctures. - Le non-marxisme permet alors la traduction d'un marxisme dans l'autre (...). - Il ne s'agit surtout pas de prétendre l'abstraire de ces ajouts philosophiques ou scientifiques, ou de faire abstraction de ceux-ci et de les éliminer. - Ce que nous avons appelé sa "paupérisation" ne consiste donc pas à l'appauvrir quantitativement, mais à rejeter tous ses axiomes (matérialistes, dialectiques, historiques, politiques, etc.) dans la sphère des symptomes dont le non-marxisme a besoin et des modèles nécessaires à son interprétation "conjoncturelle". - 106 - Le non-marxisme est une nouvelle pratique de l'abstraction axiomatique plutôt que dialectique et logique ou que structuraliste. par exemple, le "procès" est la forme philosophique de l'immanence, la coïncidence dialectique en devenir de l'immanence et de la transcendance, tout ce que la DDI ne pouvait qu'éliminer au nom de l'immanence radicale de l'infrastructure et de la transcendance en-immanence. Aussi la DDI peut-elle être dite "sans-procès" aussi bien que "sans-sujet" et "sans-objet" - c'est une question- d'abstraction axiomatique et non plus métaphysique. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Capitalisme - INM, 2000 - 8 - Si Marx met dans les conditions du capitalisme la contractualité principalement, mais pas le tout ou l'idée de la philosophie, l'objet réellement universel du NM sera le capitalisme plus l'ensemble, structuré en "essence", de ses conditions philosophiques, c'est-à-dire le capitalisme "universel" en un sens radical du terme, la synthèse du capitalisme et de l'essence de la philosophie sous l'égide, l'un et l'autre, du "Monde". - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Conjoncture - INM, 2000 - 8 - La conjoncture du NM, c'est le concept M de la conjoncture plus l'échec du M et de son concept de conjoncture dans sa lutte avec le capitalisme et ses conditions philosophiques. - 17 - C'est en cela que son échec supposé cesse d'être une simple supposition arbitraire pour acquérir la réalité d'une conjoncture universelle. C'est donc notre conception de la conjoncture, comme historique et plus largement comme cette conjoncture qu'est l'"histoire" elle-même, que nous devons transformer pour une conjoncture-monde ou qui ait la forme du Monde. - 18 - La conjoncture du NM, c'est, sous une forme restreinte, la combinaison, irréductible à l'un de ses termes, du M et de son échec ; et sous une autre forme, la combinaison tout aussi irréductible à l'un de ses termes, du capitalisme et de la philosophie dans le concept de capital-monde ou encore de pensée-monde dont la fameuse "histoire" n'est plus que l'un des modes. - 143 - Une conjoncture, c'est une manière non empiriste mais expérimentale de prendre l'objet d'une discipline de type historique. C'est d'abord un mode ou une espèce de la double articulation philosophique. Plutôt qu'une détermination intra-temporelle, c'est une structure de mixte, nœud ou chiasme parfois, où il y va nécessairement de la philosophie elle-même, de son essence invariante dans toute détermination particulière. - Autrement dit, sur ce point de la conjoncture comme sur toute chose, passer de la philosophie à la non-philosophie signifie passer de la con-joncture à l'uni-joncture de dernière-instance, telle qu'elle détermine l'archi-joncture comme identité transcendantale de et pour la conjoncture. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Marxisme - INM, 2000 - 21 - (...) Le NM se présente ainsi comme une répétition émergente du M (en fonction du Réel-de-dernière-instance), rigoureuse (selon une forme d'ordre conclue de sa seule cause réelle) et universelle (non particulière comme une philosophie ou régionale comme une science, mais valant de la science et de la philosophie en tant qu'elles appartiennent toutes deux à la pensée-monde). - 22 - Il s'agit de lever ses limitations scientifiques (trop d'empirisme), philosophiques (la coupure matérialiste, l'ambition illusoire de produire un "homme nouveau", l'Idée du prolétariat comme sujet de l'histoire, etc.), politique (son ultime co-appartenance à la pensée-monde donc au capitalisme). Le M reste abstrait par manque d'universalité, de réalité, de radicalité, plutôt que par mauvaise adaptation aux avatars des sociétés et aux devenirs de l'histoire. Il n'est pas abstrait par une mauvaise philosophie qui l'éloignerait de l'histoire, mais par trop de philosophie qui le plonge dans l'histoire. - 35 - Arracher le M à la métaphysique est une illusion tant qu'il n'est pas arraché à la suffisance philosophique elle-même, croyance au Réel et désir de Réel. - Mais ce qui est encore plus radical que la refonte, c'est le changement de terrain (...). Plus encore: c'est l'être-donné (du) terrain plutôt que la donation d'un nouveau terrain. Et c'est d'autre part l'acquisition axiomatique d'un nouvel objet, la pensée-monde comme unification du capitalisme et de la philosophie. 35 - (...) Depuis l'autre terrain du réel radical, forclos à la théorie, il est possible d'identifier dans le fatras des catégories hétéroclites de la tradition marxiste (...) la droiture d'une intention théorique rigoureuse d'unification intime de la science et de la philosophie, l'invention d'un nouveau genre de pensée. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Matérialisme - INM, 2000 - 10 - Qu'est-ce que le NM peut exiger du matérialisme ? D'être le symptôme et le modèle d'une instance qui universalise de manière immanente la matière. - 11 - Ainsi faut-il d'une part traiter la position matérialiste comme le modèle d'une instance universelle, d'une "matière" non-positionnelle et encore moins positionnelle (de) soi ; comme le symptôme d'une immanence réelle où ne peut atteindre la matière qui reste découpée sur la positionnalité philosophique. Cette immanence ne peut davantage être celle qui spécifie l'individu, sa vie organique et sa "force de travail". c'est celle de l'Identité en chair et en os, telle quelle, définie par l'immanence radicale plutôt que celle de l'Unité (dialectique, des contradictions). Traiter d'autre part la "conscience" ou la superstructure comme le symptôme ou le modèle d'une instance plus universelle qui est le capital dans la totalité de son fonctionnement philosophique, le mixte économico-philosophique qui concentre toute la transcendance et l'"aliénation" possible. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Monde - INM, 2000 - 8 - Qu'il s'agisse de l'histoire, de la société, du mode de production capitaliste, du monde "moderne", etc., le M suppose toujours, lorsqu'il le découpe ou l'identifie, une certaine universalité de son objet. Mais de quel type d'universalité s'agit-il ? De celui que donne une doctrine philosophique. - Sur ce modèle en universalisant radicalement ce geste, l'universalité NM devient la théorie du Monde tout court, ce que son modèle a toujours prétendu être avec un concept évidemment trop étroit du Monde. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Réel - INM, 2000 - 37 - Il s'agit au fond de défaire le Principe de marxisme suffisant non pas par l'histoire, le capital et la philosophie ensemble, mais, au contraire, par une conception non-suffisante (...) de la base réelle ou de l'infrastructure, non-suffisance ontologique qui ne contredit pas son être-forclos à la structure, au contraire. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Sujet - INM, 2000 - 115 - (...) Il reste à faire une invention non-marxiste du sujet, ou du sujet non-marxiste, sujet pour la pensée-monde plutôt que sujet de l'histoire. L'infrastructure pointait déjà chez Marx vers le sujet mais elle est plus que sujet - Ego réel. C'est de là qu'elle peut déterminer un sujet. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Symptôme - INM, 2000 - 7 - On refusera donc de demander si le M a "réellement" échoué ou non. Mais il y a un symptôme d'échec dont l'universalité seule nous importe et donc il faut rendre compte, expliquer en quoi c'est un symptôme et pas seulement un fait. Le NM devra pouvoir l'inclure dans son objet. - 31 - Le concept fondamental de la syntaxe qui nous sert de symptôme est celui de la matière et de son immanence, propre au Matérialisme Historique, tandis que le concept de Réel qui nous sert de symptôme est celui de la matière et de son immanence, propre au Matérialisme Dialectique. De notre point de vue, MH et MD sont indissociables ainsi que l'exige une compréhension complète de la structure de la philosophie (...). - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Théorie unifiée - INM, 2000 - 9 - En fonction de la mutation proposée ici de son objet, le capitalisme philosophiquement universel, le NM exige pour sa connaissance plus qu'une simple synthèse de la science et de la philosophie, leur véritable identité universelle. - On appelle Théorie unifiée (du M) et non pas unitaire, l'unification des moyens et des forces théoriques et philosophiques par une identité réelle comme cause-par-immanence, plutôt que par les opérations transcendantes de la philosophie.- Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME

 

Uni(-)versalisation - INM, 2000 - 142 - Qu'il s'agisse de l'« histoire » dans son universalité, ou de tel stade du mode de production capitaliste, cet objet doit perdre sa forme temporelle abstraite dérivée de la temporalité métaphysique et en acquérir ainsi une autre, justement uni(-)verselle. N'importe laquelle de ces formes (événement, phase, continuité, époque, conjoncture, etc.) est utilisable mais à une double condition: 1. qu'elle soit transformée une première fois à l'état de décision ou de forme-philosophie universelle, invariante et auto-englobante, comme nous l'avons fait précédemment pour d'autres concepts théoriques, qu'elle reçoive donc une portée historico-systématique et ceci selon la double articulation du discours philosophique; 2. que sous cette forme elle soit traitée non comme concept constitutif - sinon de la pensée-monde elle-même -, mais comme objet-matériau aux propriétés à la fois régionales (histoire, économie) et fondamentales (la forme-philosophie). Autrement dit l'« histoire» par exemple au sens bourgeois-marxiste, sens intra-philosophique qui s'ignore le plus souvent comme tel, n'est plus un objet du non-marxisme. Ce qui l'est, c'est l'histoire-monde, le capital-monde, l'idéologie-monde, étant admis que la forme « monde » reçoit son sens phénoménal de cette uni(-)versalisation, et d'abord comme Décision philosophique à double articulation ou double transcendance. - 143 - Pensée-monde, forme-philosophie, capital-monde, histoire-monde, etc., ce ne sont plus des concepts forgés par la philosophie et sous son autorité, mais des symboles formalisés « non-conceptuels », des aspects uni-latéraux, qui désignent la philosophie elle-même, l'histoire, le capital, etc. en leur identité-de-dernière-instance. - Retour : LEXIQUE LARUELLE > NON-MARXISME