PHILOSOPHIE

Autonomie - LU, 2004 - 37 - La philosophie se donne elle-même comme autonomie absolue. Celle-ci se révélera être la même hallucination réelle et illusion "transcendantale " que la suffisance ou la prétention philosophique sur le Réel. Elle est en effet donnée aussi selon-l'Un comme une autonomie seulement relative. Elle conserve l'autonomie de sa réalité comme occasion et donc matériau de la non-philosophie. Cette autonomie est relative en tant que limitée par rapport à la croyance spontanée de la philosophie et relative en un sens plus positif en tant qu'elle est maintenant légitimée transcendantalement par le Réel qui entérine la consistance structurale de la philosophie, sa quasi-matérialité. - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Désir - l'utopie, 2005 - 167 - Son problème tient à ce que l'on appellera une spécularité de fond qui a trois effets. Le premier est un tout-fonctionnement ou un tout-englobant immanent qui empêche la quasi-objectivation de l'examen théorique. - Le second est une pratique de hiérarchie et de domination, de surmontement et de maîtrise de soi et des autres (...). La seule pratique de la philosophie, dans la mesure où il y en a une, n'est pas théorique mais politique (...). - Le troisième est une certaine stérilité liée à l'autocontemplation et à l'idéalité qu'elle suppose, un idéalisme et un théoricisme qui font système (...). - On peut ainsi faire une lecture quasi analytique de la philosophie. Nous sommes fascinés et prisonniers de la foi philosophique au moins à l'égal, mais le principe est le même, que par l'attitude naturelle selon Husserl. - C'est la force du désir philosophique comme jouissance du Réel compris comme l'Absolu, de se justifier lui-même, et la philosophie est experte entre toutes en matière de légitimation. - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Existence - LU, 2004 - 36 - L'existence de la philosophie ou l'affect du Monde, et sa contingence réelle. La vision-en-Un donne la philosophie si il y a en a une. Or la philosophie se donne elle-même sur le mode de l'auto-position /donation /réflexion /nomination, d'une conscience de soi élargie ou d'un cogito universel. Elle est au mieux existence et se donne dans le sentiment ou l'affect de son existence (je sais, je sens que je philosophe) ; qu'elle prend toutefois pour le Réel lui-même et pas seulement pour sa propre réalité. Et l'existence ne peut engendrer sa propre connaissance, celle qui est sans cercle vicieux. - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Illusion - LU, 2004 - 89-91 / résumé - la philosophie comme hallucination et illusion transcendantale : un principe d'auto-dissolution du Monde qu'elle a confondu avec le Réel - ce mécanisme d'auto-dissolution n'est rien d'autre que la dialectique avec son principe invariant, selon lequel le Deux et le Un se déterminent réciproquement - la pulsion auto-dissolvante de la philosophie se manifeste dans la communication médiatique - la philosophie voudrait changer le Monde, mais ne parvient qu'à "faire-Monde" toujours davantage - sauver ce simulacre qu'est devenu la philosophie-Monde en lui reconnaissant une teneur de-dernière-instance, telle est le dernier service que peut lui rendre la non-philosophie - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Opinion - LU, 2004 - 88-89 / résumé - les deux symptômes de la pensée-philosophie sont 1° un devenir-opinion effréné (sophistique et communication) et 2° la conflictualité des systèmes, sans doute parce que ces derniers conservent la structure d'opinion sur laquelle repose toute philosophie, soit la structure d'une décision indécidable à 2/3 ou 3/2 termes - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Philosophabilité - LU, 2004 - 80-82 / résumé - l'apparence transcendantale dans sa plus grande universalité et dans sa plus grande prétention, c'est la philosophabilité, et si les autres savoirs y participent bon gré ou mal gré, le discours "philosophique" en est de fait et de droit le titulaire désigné (le seul qui prenne en charge consciemment la question du Réel) - le point de vue non-philosophique utilisera à son tour les savoirs régionaux et les pratiques, mais dans un autre type de relation (non-aliénant) avec la philosophabilité générale - c'est le Réel "lui-même" qui donne uni-latéralement ou qui détermine la forme d'une langue-symptôme - la philosophie est ce qui opère le passage des doctrines ou des savoirs particuliers à la philosophabilité universelle du Monde - elle possède une structure cogitative universelle, c'est-à-dire qu'elle réduit aussi bien toute tentative de métalangage : elle est toujours la mieux placée pour parler d'elle-même, elle parle toujours en premier et en dernier, même (d'autant plus) lorsqu'elle accorde la parole aux autres discours : elle est auto(/hétéro)-décisionnelle - le "cogito" n'est qu'une forme réduite de cette subjectivité universelle de la philosophie - elle est auto-spéculaire et pas seulement spéculative (posant un objet à refléter), mais elle est mondaine (c'est la forme-Monde) et pas seulement idéale ou abstraite - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Postulat - EE, 2000 - 259 - Nous n'ajoutons rien à la philosophie elle-même, sans lui soustraire davantage un postulat. Nous modifions plutôt le style théorique des postulats. Si nous soustrayons quelque chose à la philosophie en vue de formaliser et d'universaliser la pensée, c'est la forme-système des postulats. Notre manière d'être "non-euclidien" est transcendantale et porte sur la conception des axiomes plutôt que sur leur nombre. Nous maintenons des axiomes relatifs au donné et d'autres relatifs à la donation, mais sans reconstituer un système soit philosophique du donné et de la donation, soit logico-formel. Il faut toujours deux termes pour penser (le réel et la pensée et donc l'expérience) mais il n'est pas nécessaire d'enfermer le Réel dans le cercle d'un Même. - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Réel - LU, 2004 - 83-84 / résumé -  la domination de la philosophie sur les savoirs fait symptôme d'une prétention plus vaste de la philosophie sur le Tout de l'expérience, soit sur ce qu'elle appelle le Réel - le Réel, auquel prétend la philosophie, est cela même qui peut déterminer en-dernière-instance l'échelle des prétentions et des apparences de la philosophie, sur les savoirs et sur elle-même - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Symptôme - LU, 2004 - 79 / résumé - le Réel est certes indifférent à la langue-matériau, mais celle-ci n'est pas indifféremment philosophique, religieuse, artistique, etc. - cette indifférence "donatrice" concerne le Réel, mais étant uni-latérale et radicale, elle n'a pas d'existence en soi ou absolue - dire que la philosophie est le langage-symptôme du Réel n'est pas une décision arbitraire - d'une part c'est une constatation puisque ce langage précisément prétend dire le Réel, d'autre part son traitement comme symptôme est déjà l'effet d'une détermination en-dernière-instance d'ordre non-philosophique - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE

Ultimatum - LU, 2004 - 54-55 / résumé - si la philosophie est globalement ennemie d'elle-même (toute philosophie prenant à partie une autre philosophie), la non-philosophie crée le concept de "la-philosophie" en tant qu'unique et indivisible, ce qui ne revient pas à une généralité ou à une totalisation justement parce que la forme même et les instruments de la lutte ne sont plus les mêmes - la philosophie est "forcée" de se rassembler autour du Nom-de-l'Homme qui est aussi son Futur, de trouver son identité (nommée philosophabilité ou pensée-Monde) en fonction de ce seuil à la fois premier et dernier-pour-elle - cette "fin des temps philosophiques" ou cet ultimatum tranche avec l'éternelle "fin de la philosophie" qui est l'autre nom de la guerre civile, puisqu'elle la force à un traité de paix avec elle-même et avec les sciences - contrairement à la fin toujours continuée de la philosophie, la fin comprise comme ultimatum du Nom-de-l'Homme correspond à un commencement radical... qui continuera et transformera la première sous forme de matériau - Retour : LEXIQUE LARUELLEPHILOSOPHIE