ANALECTE
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Apposition
- IE 1990 - 76 > 78 - Les sciences
offrent un exemple de langage analectique qui, sans se ruiner dans le
fragment spatialisé ou l'aphorisme, dépasse la dialectique
systématico-philosophique. Le langage de connaisance (co-naissance) n'a qu'une
épaisseur culturelle résiduelle ; transparent par nature, solidaire de son
objet, il s'article intimement au réel sur le mode de l'apposition. Ce
procédé assume également l'articulation externe des modèles et du réel
(apparemment extérieur) dans les formulations de la science. Délaissant les oppositions
critico-spéculatives, les sciences apposent ou juxtaposent
"simplement" un élément déterminant avec un élément déterminé.
Par exemple, dans ce qui ne saurait constituer un "système"
des sciences, les mathématiques forment l'instance déterminante à laquelle
se juxtaposent des sciences physiques qui sont autant d'interprétations de
cette première instance. Le concept d'analecte ainsi formé dépasse le sens
habituellement gréco-culturel des Analecta, d'après le mot "analectos"
qui signifie recueilli. Au regard de la dimension d'abord religieuse ou
néo-religieuse du recueillement, qui se veut accueil de/dans la transcendance,
l'analectique scientifique offre le principe d'une conversion ascendantale
ou à sens unique, qui est connaissance non idéalisée et non-grecque. Elle
fait droit à un mode d'"apparessence" interne ou réel, très
différent du processus d'"apparaissance" phénoménologique grec,
fondé sur la révélation théorique d'une lumière proposée à la perception
ou l'entendement. Mais les Analecta désignent aussi les paroles du
maître, recueillies et apposées les unes aux autres, dont le sens et la
présence incontournables tiennent au hiatus préservé entre les
morceaux choisis. Loin de se nouer en discours expressif, les lignes de
significations se perdent et retournent au creux du fundus ainsi
désigné. L'europanalyse est le discours analectique amplifiant et
généralisant l'énoncé-noyau appositif. Retour :
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