CIVILISATION

Culture - ESAV 2001 - 48 > 67 - Une distinction s'impose entre la culture européenne colonisatrice, fruit de l'expansion du kosmos gréco-occidental, et la civilisation judéo-chrétienne réelle. La première se fonde sur une philosophie dissimulant le réel à proportion qu'elle répand ses pseudo-lumières ; la seconde, loin d'être l'héritage ou la tradition que l'on croit, s'insinue et progresse réellement en sensibilité malgré sa régression culturelle programmée. En elle se loge le sacré réel dépouillé de toute enveloppe religieuse, et cependant porté par un katholicos communiant dans l'Amour. La culture des Lumières, cette hallucination collective, n'a fait que retarder proprement le règne néo-testamentaire, l'édification d'une Ecclesia (Eglise) authentique. Ce retard est un fait de culture positif à sa manière, qui ne saurait être comblé ; d'ailleurs, la méthode europanalytique ne procède nullement d'une Archè originaire et ne prône pas un retour à la tradition. Procédant tout autrement, méthodiquement, elle s'engage à donner de la religio civilisatrice une version réelle qui soit d'emblée en avance de soi vers soi. A l'échelle sociale, la précompréhension du profane par le sacré est constitutive d'une relatio qui est immunité, amour, et non simplement fantasme communautaire ou politique. L'idéal démo-démonocratique est imbu de fanatisme physico-mathématique ; et ce n'est pas revenir à la métaphysique que d'écarter une philosophie globalement épistémologique, basée sur un Theos-sujet dont on ne peut nier l'origine théologique. Retour : VALDINOCI > CIVILISATION

Union sacrée - ESAV 2001 - 74 > 95 - Comment fonder une communauté immune, hors espace-temps, qui soit Union sacrée originée en chaque solitude d'homme ? Comment accéder de nouveau à l'Ecriture, sans toucher à celle-ci, sans interprétation superflue ? Il y va d'un tact, d'un toucher qu'interdit de fait la démonologie démocratique instituée. Un bain immunitaire immense fonde toute communauté ultérieure (en dehors de toute initiation sectaire, bien sûr), tandis que le sacrifice est la première régression symbolique vers une "adculturation" généralisée. La pensée mystagogique réelle se babélise en théo-mysto-logie, mais inversement ne cesse ne faire incise, de s'infiltrer via une mystique certes encore acculturée. L'europanalyse, constituée ici, se veut précisément autolyse ou création mystagogique de soi, par rétrocession du Soi culturel au soi individuel. Ce n'est pas une théorie de la passion, voire de la passivité (comme chez M. Henry), car celles-ci ne sont que retours effectifs, ou actions réversives, à partir de l'affect mystagogique interne. En l'union sacrée, un ressac civilisateur se produit à chaque mise à sac culturelle, une sorte d"instinct de mort" intrinsèquement analytique. S'ouvre la voie d'une europe religieuse ou sacrée comme recueillement de l'homme immun : d'abord recueillement du soi réel dans le Soi culturel (résolution en moi de la réduction au Soi), puis expansion du don et accueil de la compassion universelle, dans un échange qui n'est plus d'ordre symbolique mais aisthesique. Retour : VALDINOCI > CIVILISATION