ECRITURE

Inscription - AE 1999 - 55 > 57 - Suivant la définition même de l'Aushebung, l'é-criture inventive s'ôte de soi en creusant en soi et s'ef-fondre en in-scription vive. Toute écriture descriptive suppose une telle inscription préalable. De même la lecture vive suit un axe d'effondrement impressionnel, traversant en diagonale les masses expressionnelles apparentes. Alors écriture (interne) et lecture (externe, mais non extérieure) font résonance, en parfaite stéréonomie. Ecrivain et lecteur ne sont pas d'abord communicants mais immanents, engagés également dans l'écriture im-mense. Retour :  VALDINOCI > ECRITURE

  Invention - AE 1999 - 9 > 10 - On distingue la grammaire, qui règle les contacts entre les mots dans l'espace, et l'engrammatique qui est la science du contact-en-tact. Celle-ci renvoie les synthèses grammaticales à une épaisseur analytique réelle. L'écriture inscriptive ou la mystique de pensée ne sont nullement réflexives : l'ingénieux se remplit en se vidant, et plus précisément s'in-cline en se versant en arrière, selon un processus d'inspiration (Erhebung) qui comprend toujours les deux phases d'aspiration (Hebung) et d'expiration (Aushebung). Autrement dit l'écriture inventive procède cliniquement (anaklitos, c'est se reverser en arrière) et non prospectivement. Cette structuration reprend plus généralement les lois de différenciation stéréonomique qui caractérisent l'intégralisation, processus opposé l'intégration philosophique. Existe une intégrale de pensée en épaisseur faisant figure de zigzag, à l'opposé du cercle réflexif des philosophes et différent du trait des déconstructeurs. En l'occurrence l'oeuvre publiée de 1982 à 1994 forme un même zigzag d'écriture inventive, conciliant la profondeur engrammatique avec une nécessaire exigence communicationnelle. - Retour : VALDINOCI > ECRITURE

Lebenswelt - AE 1999 - 33 > 37 - Selon Husserl, dans la Lebenswelt (monde la vie) se synthétisent antéprédicativement les énoncés. Cependant, en un sens, ces synthèses passives demeurent temporalisées et donc associatrices, occultant un antéprédicatif de la pensée elle-même, un monde-de-vie de la pensée proprement irréductible (l'épochè au sens husserlien ne la regarde plus). La différence néotico-noématique est relativisée. D'ailleurs les pensées de Husserl ne sont pas seulement thématisantes ; elles pratiquent aussi l'auto-analyse (s'ôtent les unes les autres en se creusant) sans jamais se boucler en système. Un continuum auto-analytique est palpable, constitutif de l'écriture de Husserl, mais sans laisser émerger complètement l'essence interne ou affective de la pensée. Retour : VALDINOCI > ECRITURE