KRISIS
Dialectique - IE 1990 - 34 - La dialectique est l'ultime subterfuge pour intégrer l'inévitable modélisation dans la forme de la "science philosophique". - Hegel, dans les textes qu'on connaît, tente d'établir que l'automodélisation de la philosophie est celle-là même du grec, c'est-à-dire le passage de son en soi à son pour soi. - Chacun sait toutefois que la pertinence de l'automodélisation est tributaire d'une adéquation : celle de la pensée philosophique hegelienne au réel. Même si Hegel dépasse l'idéalisme naïf et transcendantal au nom d'un "idéalisme objectif" il n'en demeure pas moins que la dialectique n'intègre pas le réel de la Nature. La pensée de Hegel, ici, ne se laisse pas inciser - à l'instar de ce qui se passe par contre dans la Krisis scientifique - par les distinctions du réel. Hegel excise le réel, l'incision est repoussée en faveur d'une décision, qui est violence faite au réel. l'intériorisation dans l'Essence (cette catégorie hegelienne fondamentale) oublie le domaine d'incise, ou l'Interne. Retour : VALDINOCI > KRISIS
Europe - IE 1990 - 14 - Comment respecter, dans Krisis 2, cette Krisis essentielle en qui la vérité du réel est de s'enfoncer au lieu de se poser en thèses, ou d'inciser sans exciser ? Il faut revenir sur la compatibilité - organisée par Husserl dans Krisis 1 - de la ratio cognoscendi et de la ratio existendi. Le réel véridique, en Krisis, se refuse au compromis esquissé au nom de la ratio. Une séparation distinctive, ou Krisis, pulvérise les êtres de raison. Car le réel n'est pas l'être. L'enfoncement est incontournable, de sorte que la Rückfrage, en définitive, sertie dans la spiritualité dont se revêt Krisis 1, est tout entière rejetée sur l'un des versants de la Krisis dissociative. Ce versant est le gréco-philosophique dans la culture grecque, que Husserl désire religieusement préserver. - 15 - Dans une volonté "scientifique" qui respecte le réel de Krisis, il faut dire sans crainte que l'humanité européenne, ou europe plus simplement, est l'Autre du grec. "Europe" dont nous parlons ne doit pas être confondu avec les occurrences culturelles, économicosociales et politiques de l'européen grécisé, précisément de nos jours. Europe est l'Autre versant comme en creux radical de Krisis ; europe est l'origine univoque et réelle (non pas temporelle) des nécessités culturelles et relatives de l'enfoncement, repérées à propos de l'élucidation de la Rückfrage. Europe est réellement l'effondré absolu, l'instance par qui est brisé le fond, celui-ci fût-il sol ou fondement (Grund) aux yeux des philosophes dans le grec. Alors que le versant grec est horizon de ratio, ou tentative de mise à plat, le versant européen est l'effondré réel indéfectible. - 16 - Cette distinction s'appelle : Krisis. Retour : VALDINOCI > KRISIS
Géométral - IE 1990 - 83 - Krisis 2 devra, par sa structure même d'ouvrage, former le géométral en qui se rassemblent les lignes de perte des chapitres qui suivent. Krisis 2 doit échapper à la loi idéalisante du point de vue et de la perspective. C'est dire que Krisis 2 sera analectique et appositif ou ne sera pas. - On sait que le géométral géométrique représente des dimensions relatives exactes, sans effet de perspective. Ici, et dans le cas géométral sémantique, chaque chapitre est apposé à un déterminant absolu : en l'occurrence, les chapitres sont pour chacun apposés à l'apposant formé par le bloc paradigmatique originaire : "chapitre 1 + chapitre 2". Chaque chapitre est un dimensional, qui ne découle pas logologiquement de sa mise en perspective par un chapitre précédant (...). - Le géométral géométrique est une épure physique et dimensionnelle externe, prenant rang dans l'espace. Par contre, le géométral sémantique - le nôtre - s'inscrit dans le dimensional interne. Retour : VALDINOCI > KRISIS
Rétroréférence - IE 1990 - 84 - L'introduction du travail procédait de l'idée d'essence, qui est dans le grec critère épistémologique et existence. - 85 - Ce "et" conjonctif fait difficulté. Il a fallu bâtir le concept d'une relation interne affranchie des cadres husserliens, ce ui a conduit à réédifier complémentairement le concept husserlien de rétroréférence. Pour l'instant, et dans les chapitres 1 et 2, formant le déterminant d'apposition auquel seront apposés les chapitre 3, 4 et 5, notre théorisation a fixé la référence de toute Kritik implantée dans la Krisishumanoeuropéenne. - La suranalyse comme Kritik est critère du réel qui s'inspire immédiatement, sans logologique, du réel lui-même. - Pour ce qui va suivre ensuite dans les chapitre 3 à 4, on peut dire que la loi de rétroréférence husserlienne (...) est radicalement inversée. Il faut prendre cette expression hors de tout contexte idéalisateur, contexte qui laisse supposer que l'inversion est dans l'espace, et dit l'acte symétrique de l'extraversion. Non : inverser, c'est "verser dans l'interne dimensional". - Selon Husserl, la rétroréférence se dit des lois d'objets dans une discipline, lesquelles valent en retour pour ce qui touche l'organisation discursive de la discipline elle-même. - Fonder en in-versant, ce sera accepter l'idée non-husserlienne que des lois du discours disciplinaire aux lois d'objets contenues dans ce discours, la conséquence est bonne. - L'objectivité pure est reine. Et l'europanalyse n'idéalise pas ses objets par une théorie de la constitution. - 86 - La rétroréférence husserlienne, ainsi, est in-versée et pleinement généralisée. Ou : rétroréférer de l'européen au gréco-philosophique signifie placer en dernière instance ce dernier en l'écumène. Dans ces chapitres 3 à 5, la fondation (fundus) de la philosophie est nécessairement relative : elle est science, en tant qu'appliquée au faktum greco-philosophique qui s'est historiquement dessiné. - Le chapitre 3 recherchera alors l'invariant philosophique relatif de première instance (...), tandis que les chapitres 4 et 5 établiront les limites de la variation philosophique, en distinguant alors le philosophique du grec.- Cependant l'inversion, qui est la structure du versus (version) philosophique dans l'In, n'affranchit pas encore suffisamment la rétroréférence de ses limitations husserliennes. En effet il faut élaborer une science pure de la philosophie, et pas seulement une science appliquée. - Le premier paradigme (chapitre 1 et chapitre 2) concernait l'essence de la science ; le second (chapitre 6) concernera la philosophie et une approche de sa fondation absolue par l'instinct de science. Mais le premier paradigme n'est pas ici conçu comme déterminant le second. Le premier paradigme ne détermine appositivement que la succession des chapitre 3, 4 et 5, où s'explicite à chaque fois une fondation relative de la philosophie. - 87 è Ceci veut dire qu'une rétroréférence dûment affranchie de Husserl retournera en premier lieu de la fondation relative de l'objet "philosophie" à sa condition : le discours absolu d'encadrement européen. Mais alors, "philosophie" ne rétroagit pas sur "europe", qui est absolu. Aussi est-il exigé d'abandonner le vocable de rétroréférence et de lui préférer proréférence (chapitre 6). La proréférence, le progrès de discours, se fait dans l'analecte même. Loin d'être formel au sens abstrait et logicomathématique, le discours comme Kritik est progrès de pensée, ou suranalyse réelle. Retour : VALDINOCI > KRISIS
Science - IE 1990 - 32 - Constatons d'abord que le grec est le témoin vertigineux de la progression de la connaissance dans les sciences. Les sciences pensent le réel, en effet, et ne se contentent pas de la calculer comme l'annonce Heidegger. - 33 - Il y a crise grecque, ineptie, parce que la pensée-science a affaire avec la pensée philosophie. - Par essence, la pensée-philosophie ne produit pas des connaissances, mais s'attache à fixer le droit qui gouverne la pensée. Bien entendu il y a une crise pathologique parce que la pensée-philosophie prend les rênes et se subordonne la pensée-science, fût-ce dans l'esprit même des savants. Ainsi il est temps d'inverser les rôles et de procéder de la Krisis. - La science, qui n'est pas le scientisme, est affectée d'une Krisis constitutive. La pensée scientifique doit (a) saisir les distinctions du réel (krino). A cette fin (b), plutôt que de réifier le réel, alors imaginaire, la pensée se laisse inciser par les distinctions du réel qu'elle re-produit ainsi. Voilà une Krisis positive. - La science est ouverte ; elle est une incise, ou théorisation en l'homme des distinctions du réel. Incise en l'interne non psychologique, ni culturel. Chaque science est un approfondissement continu, en l'interne humain, par reproduction en incise des discontinuités du réel. - La Krisis interne de chaque science est une progression, c'est-à-dire une ouverture, ou une séparation pertinente qui fait chemin. En d'autres termes, la science ainsi définie par sa Krisis respecte le relief du réel : incise absolue, elle n'excise d'aucune manière les continents du réel. - 36 - Une science n'est pas d'abord thèse sur le réel, mais disposition interne de l'esprit (theoria) acceptant l'incise du réel. Retour : VALDINOCI > KRISIS