PHILOSOPHIE

Attitude naturelle - IE 1990 - 10 - La Krisis husserlienne est sans doute l'ultime travail de forte envergure qui, au XXè siècle, perpétue dans une admirable et totale naïveté l'attitude naturelle au philosophique. Concevons ici "attitude naturelle" dans la signification que lui confère Husserl lorsqu'il caractérise le "cela va de soi" apparent de la croyance en l'originalité des jugements dans le monde. - Il va de l'attitude naturelle à la philosophie se prenant pour objet de s'exprimer ainsi : l'essence du philosophique est à la fois d'exister tout en (se) légitimant. Il y a là attitude naturelle dans la mesure où cette acceptation de l'essence renvoie fermement à celle de eidos dans la langue grecque naturelle. Car eidos est 1) la forme existante et 2) le caractère connaissant et méthodique que confère la forme. L'essence de la langue grecque naturelle existe et légitime. Le philosophique en son essence charrie naïvement cette riche ambiguïté. Husserl est le dernier philosophe à philosopher vraiment naïvement, quitte à s'y désespérer humainement. Retour :  VALDINOCI > PHILOSOPHIE

Conversion - IE 1990 - 62 - Socrate veut apparemment couper la passion, briser l'affect inhérent au Dialogue ; à la limite ce pilotage compromettra - surtout dans les Dialogues dits métaphysiques - la conversation même. Alors, et quand elle existe vraiment, la conversation est une succession de retournements passionnels de situation, où chacun pose sa perspective et désire l'imposer en tant que proto-position. Et on ne peut guère échapper à l'interprétation nietzschéenne selon qui Socrate lui-même est l'homme théorique qui, tout en s'en défendant, pose à son tour - mais dans la déshérence froide et non plus chaude - sa propre thèse passionnelle. Dans les conversations effectives, on dira donc en général que la conversation est affectée par la conversion protopositionnelle, qui est prise dans un régime d'affects.- Aristote veut purifier la dialogique platonicienne, tout en conservant le noyau platonicien protopositionnel. Aristote réfère le préfixe "proto" à ce qu'on appellera après lui une métaphysique, et fait travailler le radical "position" dans une Analytique générale. - Au vrai, Aristote effectue une expérience conceptuelle pour exorciser les retournements conversifs de situation humaine dans les Dialogues. La connaissance expérimentale que fait Aristote à propos de Platon, est à son tour à expérimenter. - 64 - L'affect invisible de philosophie n'est décelable que dans son effet (effect, si l'on relie effet à affect), effet grec. Autrement dit, il se produit une effectuation intrinsèque de la philosophie dans le grec. A cette condition seulement, le discours philosophique, abstraitement retiré de son sol (Grund, Boden) grec, peut paraître pur et principiel. - 1) Etant donné l'efficace principielle de la conversion, on peut dire sans crainte qu'une fonction de conversion se soustrait par essence aux conceptualisations philosophiques. - Telle est la conséquence lucide tirée de la généralisation du concept husserlien d'idéalisation.- Certains religieux, de fait, sont des laïcs employés à des fins de domesticité. On les nomme : convers. Les concepts philosophiques, de même, sont à laïciser en culture. Ils réclament leur culturalisation. Ainsi un concept, en philosophie, est un convers qui effectue le grec. - 65 - Les pilosophies, quand elles sont dûment assumées, relèvent de droit d'une politique grecque. Elles sont médiatisées par ce logos qu'elles engendrent. Elles ne sont pas principes d'elles-mêmes. - 2) malgré leur statut d'effectuation du grec, les discours philosophiques, qui assurent donc ce dépassement d'eux-mêmes en tant que discours, ont tendance également à "persévérer dans leur être". Le statut de l'affect est ambigu : moteur d'émotion, il est aussi conservatoire de soi-même. Retour : VALDINOCI  > PHILOSOPHIE 

Institution - ESAV - 2001 - 12 - Le choix de l'échec. Les décisions institutionnelles sanctionnent ce qui est parvenu à maturité : elles touchent à la problématisation de la philosophie. Mais (la) les sphilosophies... qu'est-ce que c'est ? Ce sont des tentatives d'Ecriture Sainte, systématisée, et rudement sécularisée, ou invoquant le dialogue libérateur. Il y va n'est-ce pas du respect du demos ! Les mises en concept sont déterminantes, concepts chargés d'une "traversée des apparences". Voilà que vibre la Reine de sciences... défaite depuis longtemps par manque de rentabilité, précisément, éco-conceptuelle. - 14 - Un choix ascendant : finie la structure d'ordre aristotélicienne-galiléenne-einsteinienne. Ne monnayons plus. D'autres questions fondamentales, problèmes ré-emblématisés, brisent la différence enfant/adulte. Une arêtè, une virtu bourgeonnent déjà... débâtissant les êtres-de-la-peur. C'en est fait de la (des) philosophies, survivant comme telles institutionnellement.  - La vie vive est ascendantale, une cathédrale sans Nietzsche. Retour : VALDINOCI  > PHILOSOPHIE 

 Proréférence - IE 1990 - 177 - L'idée à former est l'apposition de la philosophie au theoros, idée qui livre l'essence de la philosophie.- a) L'apposition de la philosophie au theoros s'effectue en l'interne, dans le réel Un d'interne. - 178 - Ecrivons en ce sens que le réel (de la philosophie) est proréférent absolument, et non rétroréférent à la philosophie : le réel ne fait pas partie de ces lois d'objets dans la philosophie qui rétroréfèrent à la philosophie, et rétroagissent surtout sur les lois de formation de son discours. Le proréférence implique un progrès de pensée, avec une allée vers un paradigme de référence non saisissable par un discours prédicatif. Si l'on veut la philosophie rétrofère à europe, mais analectiquement et non prédicativement : les lois philosophiques sont apposées à leur préexistence de droit en europe, elle ne rétroagissent pas sur europe. - b) Nous connaissons déjà une instance proréférentielle : le theoros, qui est l'avancée empathique correspondant donc à la protophore. Le theoros est la protophore travaillée par la structure d'Einfühlung européenne. Il n'y a pas de rapport quand on va analectiquement de theoros à philosophie, de même qu'il n'y en a pas de europe à philosophie. L'apposition est aussi bien une trouée absolue, innocente de toute passerelle prédicative. Pour dégager la structure appositive, il faut repérer ce qui fait trouée dans la philosophie en tant que réel, réel de la philosophie mais non pas dans la philosophie. - Fait réel une instance qui relaiera celle du theoros et dont la preuve est épreuve. 179 - Ce qui s'éprouve en ce siècle est l'Einfühlung universelle et réelle de la trouée ; de sorte que cesse de se pratiquer la philsophie vraie, ou systématique. Le rest est bribes. Au nom de la trouée par le réel, la pratique du philosophique est pulvérisée. - c) Alors le XXè siècle que nous évoquons ici, dont l'essence ne ressortit plus au calendrier (...) est la trouée même comme réel. - Philosophie est appsoée à XXè siècle européen. Il y a donc deux XXè siècles : celui de la culture, historique, et le XXè siècle comme le réel (de la philosophie). lls sont distincts absoluments. Ce XXè siècle est la proréférence reherchée, tandis que la XXè siècle culturel lui est apposé. - En résumé, la philosophie est fondée par essence dans un dimensional proréférentiel : le XXè siècle réel, compris lui-même en le dimensional européen. Et le nerf de la preuve comme "éprouver dans le prouver" ressortit au theoros empathique.  Retour : VALDINOCI > PHILOSOPHIE 

 Question en retour (Rückfrage) - IE 1990 - 11 - Avec la Rückfrage Husserl demeure dans l'attitude naturelle au philosophique bien qu'il l'autocritique par l'intervention de son origine, chez les grecs (Platon). L'origine étant chargée de susciter la transformation de l'état présent... - Krisis 2 reconceptualise la Rückgrage pour la relativiser. Notre origine méthodologique ets en Husserl lui-même, lui qui assume l'histoire du philosophique (...). - Ainsi Krisis 2 est tout occupée par la détermination (...) de l'essence réelle de philosophie (non pas l'essence comme eidétique naïve). Husserl occupe une place centrale dans notre itinéraire qui mène vers une phénoménologie pure. Il re-présente la scène historique de l'attitude naturelle à la philosophie. - 12 - Une remarque : avec la Rückfrage, Husserl abandonne l'idéal de Ideen 1, qui est contemporain de l'époché phénoménologie. Par le truchement de la réduction, Husserl proposait de faire de la phénoménologie "une science fondamentale" (Ideen 1, trad. p.3). Désormais il est question de restituer l'essence de l'humanité philosophique, qui ressortit à la spiritualité. L'essence de l'humanité spirituelle va s'avérer parfaitement congruente avec la structure de la question en retour ; effectivement en l'humanité vers qui il est fait question retour, on retrouve déjà la ratio cognoscendi et la ration existendi. - 13 - Krisis 2 se doit de préserver une ratio existendi qui ne se dépouille pas de la ratio cognoscendi. Retour : VALDINOCI > PHILOSOPHIE 

Réflexion - IE 1990 - 93 - Avec Aristote, nous avons saisi déjà  que les propositions philosophiques sont décidées au coeur d'une protoposition comme conversion idéalisante. Cette dernière est l'essence pratique de la philosophie. Qu'en est-il de son essence théorique désormais ? - Dans la Métaphysique, l'être est certes évoqué intrinsèquement par les catégories, parce que tout discours porte d'abord sur l'être. Mais les catégories n'enferment pas si facilement la science de l'être en tant qu'être. Les catégories in-voquent autant qu'elles év-voquent. Elles sont engagées - et non dégagées vraiment - dans la catégorie première de "substance". L'Ousia est toujours invoquée malgré les évocations de choses particulières. Invocation et évocation ou engagement et dégagement, fonctionnent en miroir réflexif. Autre élément : la théorie de la définition, qui est à la fois logique et ontologique. "Ontologie" exprime à nouveau le registre réflexif, où "onto" et "logie" s'appellent réflexivement. - Ainsi la variation du philosophique aristotélicien en lui-même aboutit à exciser l'invariant de la réflexion. - 95 - On comprend bien pourquoi tout philosophe lie la philosophie à l'histoire de la philosophie. la philosophie fait contact -tendanciellement réflexif - avec soi par le biais de la forme du continuum historicophilosophique. - L'esprit suranalyique réclame de passer de l'excision philosophique à l'incision qui inverse (reverse dans l'In) la réflexion philosophique. Retour : VALDINOCI  > PHILOSOPHIE

Theoros - IE 1990 - 176 - Le concept de theoros - qui transforme le célèbre "spectateur désintéressé" de Husserl, et qui converge avec theoria - signale le dépassement des deux sortes de psoe, la pose d'un thème excisant et la pose esthétique comme sens extérieurement raccordé à la sensibilité pathique. le theoros dont provient le théoricien, est un seuil, un point de perte. - On dit du theoros qu'il est instance (in-stare), ou qu'il se tient unement en l'In, c'est-à-dire s'enfonce dans l'identité du dimensional interne. - 177 - Le theoros est instance empathique. Le theoros est donc la protophore elle-même, mais en tant qu'elle est engagée dans la problématique intersubjective révisée. Cette caractérisation retentit sur l'accès à une fondation absolue de la philosophie. - Si les concepts philosophiques fonctionnement pour nombre d'entre eux - dont les plus décisifs - comme des métaphores, il est facile d'admettre conséquemment que ces procédures métaphoriques sont à apposer à des protophores. - En définitive le discours philosophique, lui-même, en qui s'organisent les métaphoriques, doit être compris en tant qu'apposé au theoros. Retour : VALDINOCI > PHILOSOPHIE