La Non-Philosophie

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Christ futur

 

 

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Assistance - Clonage - Futur - Gnose - Mystique - Non-Christianisme

 

 

 

 

Assistance  (2007)

 

Le sujet est cloné pour faire face au Monde et pour lui porter assistance, non pas sur le mode d’un face-à-face réciproque et duel mais sur le mode d’un en-face indivi-duel, propriété qu’il tient du sans-face de l’Homme-en-personne et grâce auquel il ne peut se tourner que vers le Monde.

La messianité du sujet est donnée par la nudité, la non-intentionnalité radicale de l’Homme-en-personne.

Cette structure unifaciale du sujet change le statut de la messianité : l’assistance pratique pour un nouvel usage du Monde remplace la recherche d’une béatitude ou l’annonce d’une parousie.

L’enjeu est de délivrer le Monde de son hallucination de la jouissance de Dieu comme du réel et de rendre la créature étrangère pour Dieu, c’est-à-dire pour son propre usage du Dieu-Monde.

 

 

Clonage  (2007)

 

L'Homme peut cloner un fils, non pour se sauver lui-même mais pour sauver le Monde. Le Christ Futur est ainsi le Fils de l'Homme, c'est-à-dire le sujet donné-en-Homme, plutôt que donné-en-Monde.

Le clonage en général représente un démenti de la production réciproque et un effet de la détermination-en-dernière-instance. Déterminé en-dernière-humanéité, cloné à partir de ses figures historico-mondaines, le sujet-Christ ne reforme pas avec l’Homme ni même avec Dieu une unité vicieuse ou circulaire. Dans la mystique non-chrétienne, l’axiome de la convertibilité de l’Homme et de Dieu (et en soubassement celle de l’Homme et du Monde) n’a plus cours.

Le sujet-Christ ne se fait pas lui-même Un, il reçoit son unition mystique de l’Homme comme Uni-sans-unition (présupposé-Un). Dépourvu de transcendance, incapable de mimesis, l’Homme ne « sort » pas de son Vision-en-Un ; c’est pourquoi le clonage du sujet-Christ comme Fils de l’Homme a valeur de Mission auprès du Monde.

 

 

Futur  (2002)

 

L'Homme-en-personne se distingue par son refus du Monde et du temps, si ce n'est qu'il fait corps avec le Temps-en-personne, soit ce passé radical hors du temps et hors du Monde qui définit tout humain comme vécu individual. Mais par ailleurs, l'homme est également accaparé par le présent, soumis  corps et âme à la loi du temps. Le christianisme futur offre à l'homme une nouvelle expérience du temps : la possibilité d'émerger comme sujet-Futur ou sujet-Christ. La venue du Messie n'est plus projetée à la Fin des Temps, le Messie arrive littéralement (du) Futur en clonant le temps-Monde pour se manifester, tout en assumant prioritairement la primauté radicale de l'Homme sur le Monde.

C'est en ce sens que la Dernière Bonne Nouvelle ne peut finalement que s'annoncer elle-même, elle est dernière en tant que performation pure (après il n'y a plus rien), Prophétie en-personne et pratique messianique étant rigoureusement identiques.

C'est pourquoi il faut interpréter cette Dernière Bonne Nouvelle et la proclamation d'un Christ Futur comme un ultimatum, tout le contraire d'une attente extasiée ; clairement cela signifie une mise en demeure pour la pensée (notamment philosophique), au nom de l'Homme-en-personne, d’avoir à porter assistance au Monde et pas seulement de lui donner à espérer…

La foi dans le Futur et dans le Christ ne peut être qu'une pratique du Futur, à cause du Monde et à l'occasion du présent certes, mais surtout en fonction du temps réel humain qu'est le passé radical, hors de la Loi du temps et du Monde.

 

 

Gnose  (2000)

 

Pour opérer la généralisation non-religieuse du christianisme, voire son universalisation hérétique plutôt que catholique, le non-christianisme utilise entre autres matériaux celui de l'hérésie gnostique, laquelle fait valoir une triple primauté quasi non-religieuse : celle du savoir sur la foi, celle de la séparation hérétique sur l’unité ecclésiale, et surtout celle de l’Homme sur le divin. La gnose historique fait une première expérience, quoique incomplète et donc potentiellement vicieuse, de la dualité unilatérale. Allergique au Monde plutôt que réellement séparé, le gnostique cède bien souvent à une triple tentation, respectivement : théoriciste, sectaire, angélique. Ainsi préparé le matériau chrétien s'avère lui-même double, et le non-christianisme peut célébrer l'identité en-dernière-instance, l'identité humaine du christianisme et de la gnose, de la religion et de l'hérésie.

C'est cette ultime Bonne Nouvelle qu'annonce le Christ Futur en tant que Fils de l'Homme.

 

 

Mystique  (2000)

 

La généralisation/radicalisation de la foi chrétienne et du savoir gnostique, dans le cadre d’un programme non-religieux, implique la primauté de l’élément mystique sur la tradition externe et sur toute conjoncture religieuse. Toutefois un « non-christianisme » impose de prendre en considération, prioritairement, la mystique chrétienne. Par rapport à la théologie rationnelle, la mystique est comme en situation d’hérésie interne. Du point de vue non-chrétien, le matériau mystique condense (ou convertit) idéalement les données de la foi religieuse et celles de la spéculation philosophique, ainsi que leur contestation gnostique.

 

 

Non-Christianisme  (2007)

 

Le Christ Futur est le sujet d'une science hérétique et « non-chrétienne » du christianisme, un organon pour une explication et une pratique nouvelles du phénomène religieux chrétien. Le non-christianisme défend et illustre un christianisme recentré sur son identité humaine radicale, condition pour qu’il cesse enfin d'être une religion-monde, autoritaire et suffisante.

Le non-christianisme réclame une cause occasionale et une cause nécessaire. La première, conjoncturelle, pourrait être indifféremment la persistance du christianisme ou au contraire son déclin, voire son éradication. La seconde, cause nécessaire mais non suffisante (justement puisqu'une cause occasionale est requise) n'est autre que l'Homme-en-personne, l'être a-religieux et non-métaphysique par excellence.

L'occasion d'un Christ Futur n’est autre que le Christ-monde comme synthèse du Christ et de l'Anté-Christ, paire infernale à laquelle on substitue la dualité unilatérale du Christ Futur et du Christ-monde.

Le Christ Futur est un nom possible du sujet en lutte contre l’Eglise – l’ancienne, idéologique, comme la nouvelle, économique -, c'est-à-dire la forme-monde en général.

 

 

 

 

02/12/07

 

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