Culpabilité -
Homme-en-personne -
Totalitarisme
Culpabilité
(2002)
La distinction entre la culpabilité et la responsabilité doit être établie
rigoureusement, d'après la dualité unilatérale propre à l'humain, sous peine
d'absoudre le crime en généralisant tantôt l'une tantôt l'autre. La
culpabilité se dit de la causalité criminelle : c'est la victime qui
incrimine l'agent ou l'auteur, dont l'agression correspond à une
hallucination de l'Homme-en-personne dans le Monde et implique la tentative
de l'éliminer. La responsabilité se dit de la participation mondaine, de
l'agent comme éventuellement de la victime, mais celle-ci détermine d'abord
en-dernière-cause l'identité du crime.
Homme-en-personne
(2002)
Le concept hérétique de l'humain est celui d'un
être-hallucinable en-dernière-identité, invisible et inconsistant.
L'Homme est plus déterminant-en-dernière-identité pour l'hérésie que
l'Etre n'est fondamental pour la philosophie ; mais l'être (on) de
l'homme est moins oublié par la philosophie que ne l'est son identité (eon).
"Malheureusement" (au sens du malheur radical) il ne révèle son identité
qu'en tant que sujet persécuté et exterminé.
Ce n'est pas la mort qui atteste l'humanité de l'homme, c'est le Réel, soit
l'identité humaine, qui donne la mort onto-biologique comme mondaine
et inhumaine ; tandis que le crime contre les hérétiques, les immondes (par
delà, ou malgré, le sacrifice du Christ), révèle la mort comme non-humaine
et donc la Vie Nouvelle sur le mode du Vécu-sans-vie.
La naissance, aussi bien que la mort, fait de l'Homme une victime du Monde,
mais c'est seulement parce qu'il est humain en-dernière-identité que l'Homme
se dit persécuté et assassiné.
L'Homme n'a pas à être "sauvé" pas plus que le crime qui l'atteint (bien
différent du "crime contre l'humanité" consistant à assassiner des humains
"pour ce qu'ils sont" (différents) ou "parce qu'ils existent") ne peut être
expié.
Totalitarisme
(2002)
Les génocides perpétrés par les totalitarismes (fussent-ils
uniques en leur genre comme la Shoah) demeurent historiques (on peut aussi
parler du "crime généralisé" dans le Monde), mais ils ne sont pas universels
comme l'extermination systématique et inapparente des hérétiques, crime
transcendantal adressé à l'Homme-en-personne.
On s'autorise à généraliser le concept de totalitarisme car ses différentes
formes historiques ou politiques participent de la même pensée ; elles sont
convertibles non seulement entre elles mais entre elles et les théories
révisionnistes qui les justifient a posteriori, l'ensemble étant dualysé en
bloc.
La fameuse "vigilance intellectuelle" ne fait qu'ajouter au Grand
Conformisme et paraît surtout comique quand elle prétend définir et
identifier les victimes : penser "selon-la victime" est la seule forme de
vigilance définie par la victime elle-même, à l'endroit de ces discours
particulièrement.