Unité
Unité (1996)
La téléologie la plus constante de la philosophie, c'est la
volonté d'unifier et de synthétiser. L'invariant sous-jacent à toutes les
synthèses philosophiques demeure le cercle ou la détermination réciproque :
par exemple la philosophie est censée co-déterminer la science, etc. Dans
les hiérarchies mises en place par la philosophie, celle-ci occupe toujours
la position dominante. En l'occurrence, la philosophie doit concilier sa
prétention à dominer la science et son besoin d'accueillir les data
scientifiques, synonymes de finitude.
La décision philosophique consiste à diviser pour rassembler et à ne
concevoir la différence que dans la simultanéité ; elle se structure comme
dyade hiérarchique ou auto-positionnelle, toujours en état de survol par
rapport à elle-même. La philosophie assoit sa dernière légitimité en
s'exceptant partiellement des synthèses autoritaires effectuées par ses
soins. Il y a au coeur de la démarche synthétique de la philosophie un
impensé proprement irrationnel, une identité supposée et donc
inintelligible, qui l'incite à se développer comme technologie aveugle
(certes de type transcendantal).
La décision philosophique est une matrice à 2/3 termes, puisqu'elle inclut à
la fois la Dyade et l'Un, mais en redoublant l'un ou l'autre de ces termes
de façon à ce qu'il assume aussi l'unité de la matrice : ce procédé
proprement unitaire caractérise l'auto-position (auto-donation,
etc.), le rapport-à-soi, ou si l'on veut la subjectivité fondamentale de la
philosophie.