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un site de Didier Moulinier |
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Auto-diction - Force (de) diction - Identité - Terme
Auto-diction (1998)
Le concept pleinement philosophique du dictionnaire implique qu'il y aille du dictionnaire lui-même dans son déploiement. L'identité proprement "technique" du dictionnaire, en mode philosophique, oscille entre le scientifique régional et le philosophique fondamental. Cette identité partagée vaut comme symptôme d'une "autre" identité, en mode non-philosophique.
Le langage-objet et le métalangage, le dict et le méta-dict sont reliées circulairement, en ce sens que les définitions d'objet peuvent fonctionner en même temps comme métalangage de l'ordre présidant apparemment à leur exposition.
Lorsque le dictionnaire se présente expressément comme "philosophique", il tombe sous le coup du "paradoxe de Voltaire", en ce sens qu'il ne possède pas de fait (dans le "rationnel") l'essence philosophique (le "raisonné") qu'il reçoit de droit. Lorsque c'est la dimension scientifique qui est mise en avant, le méta-dict philosophique est projeté dans chaque dict-objet scientifique à la manière positiviste (ce qui n'en fait pas pour autant un dictionnaire scientifique de la philosophie). Un dictionnaire "gödelien" sera positiviste dans le pire des cas et déconstruit dans le meilleur.
L'"auto-diction" peut désigner cette convertibilité philosophique du dit-objet et du méta-dict
Force (de) diction (1998)
A l'auto-diction, le dictionnaire non-philosophique substitue l'identité de-dernière-instance du dict-objet et du méta-dict, chaque terme premier se trouvant déterminé en-dernière-instance par cette identité. Cette "force (de) diction" ne se laisse pas elle-même déterminer par l'ordre lexical ou une quelconque articulation de type philosophique, dialectique ou différentielle - c'est l'identité-de-dernière-instance de l'identité réelle et de la pulsion de diction.
Le dictionnaire non-philosophique confère une universalité radicale et non-encyclopédique aux significations. Il peut être à la fois "non-philosophique" et "de non-philosophie", au-delà de toute contradiction performative : il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait.
Identité (1998)
Le dictionnaire est un dispositif qui produit de la signification en ramenant le pouvoir des mots à une "définition". La question de l'identité sous toutes ses formes (termes, définitions, etc.) travaille en profondeur tout dictionnaire. Mais les identités linguistiques ou sémantiques postulées par le dictionnaire occultent et refoulent son identité propre, restant à déterminée. Dans le pire des cas celle-ci est projetée sur la totalité encyclopédique, caricature de l'unité philosophique elle-même.
Terme (1998)
Il s'agit de substituer une théorie unifiée à la circularité unitaire de l'encyclopédie ; substituer une force (de) travail (ici de diction) à la capitalisation du savoir. Le dictionnaire non-philosophique vise une égalité-sans-hiérarchie des concepts, une équivalence "non-monétaire" ou leur valence non-philosophique. La non-philosophie utilise des symboles non-conceptuels qui sont autant d'identités déterminées en-dernière-instance par la non-suffisance du Réel. Elle parvient à fonder une égalité démocratique des termes, plutôt qu'une hiérarchie politique des concepts, qui soit l'ordre non-politique des sujets-Etrangers, un langage vraiment universel pour toutes les philosophies de ce Monde.
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