Ego - Uni-sexe
Ego
(1998)
L'Etranger désigne l'homme en tant que sujet existant (pas
seulement immanent-réel), en rapport occasionnal avec le Monde mais non "du"
Monde, clone d'Autrui mais non opposé à lui.
Pour la philosophie, l'Etranger reste un autre que moi, un alter ego face à
moi, foncièrement en manque ou en déficit d'identité, fût-il l'Autre homme
radical à la manière de Levinas ; mais jamais elle n'envisage que l'Homme ou
le moi puisse être l'Etranger lui-même...
Le sujet-Etranger n'existe dans sa fonction transcendantale (à partir de
cette occasion qu'est le Monde) que déterminé-en-dernière-instance par l'Ego
réel immanent.
On comprend dès lors que le Moi et l'Autre, l'Ego et l'Etranger ne sont pas
opposables, mais identiques en-dernière-instance. La démocratie, donnée
ainsi dans les conditions réelles de la pensée, forme une Cité
transcendantale Etrangère au Monde (= hérétique), quoi que clonée à partir
de ce Monde.
Uni-sexe
(1998)
L'érotique philosophique tend à sexualiser la dualité, en lui imposant la
forme dyadique de l'union des contraires, tandis que la psychanalyse promeut
l'érotique du rapport-sans-rapport ou l'érotique de la contradiction.
Au contraire l'Un est radicalement (non-)érotique. Comme Joui de part
en part, il échappe justement à l'arrière-monde de la jouissance.
La vision-en-Un n'ignore certes pas l'horizon du Deux et du Multiple. C'est
pourquoi elle s'apparaît comme Joui et détermine-en-dernière-instance la
"différence sexuelle", clonant à partir de celle-ci un non-érotisme qui
n'est pas la négation d'Eros mais la constitution de chaque humain en sujet
uni-sexe.
En ce sens tout sujet non-érotique est sexe-Etranger ou
existe-sexuellement-Etranger.
L'uni-sexe n'est pas l'indifférence marchande des sexes mais
le sexe en tant qu'il fait de chaque sujet un Etranger.