Pensée-Monde
Pensée-Monde
(1998)
Comme la philosophie est la forme pure et générale du Monde,
le Monde est l’objet immanent de la philosophie. « Pensée-monde » désigne
l’identité de ce mixte (et plus seulement ce mixte pensé depuis lui-même, de
manière intra-philosophique).
La philosophie a toujours eu une affinité spéciale avec le Monde comme sa
dimension originaire (les Grecs et Kant) jusqu’à se réciproquer avec lui
(Marx, le devenir-monde de la philosophie, le devenir-philosophie du Monde).
La distinction du Monde et de l’Un (ou de l’homme) est au cœur de la
non-philosophie. "Dual" ou "Dualité unilatérale" signifie qu’il n’existe pas
de réversibilité de la donation du Monde et du donné de l’Un, contrairement
au postulat de la pensée unitaire.
Le Monde est l’Autorité des Autorités alors que l’Un définit
l’ordre des Minorités ou des Etrangers. En ce sens, le Monde est
radicalement transcendant à l’essence-Un de l’homme, et nous ne sommes pas
au-monde.
La vision-en-Un manifeste la pensée-monde comme une sorte de forclusion du
Réel qui ne saurait oublier celui-ci mais seulement l’halluciner et du coup
halluciner son rapport de forclusion comme simple « oubli ».
Ainsi la non-philosophie échappe à la haine fascinée du Monde (la
philosophie) qu’elle prend « tel quel », lui reconnaissant un « droit
d’exister » au moins « occasionnal ».