La Non-Philosophie

un site de  Didier Moulinier

Non-christianisme

 

 

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Christ futur - Christianisme - Foi - Gnose - Homme-en-personne - Mystique - Non-religion - Rébellion

 

 

 

 

 

Christ futur (2002)

 

Face à l'impuissance du christianisme officiel (théologique et pratique) à assumer les questions, à entendre les plaintes des victimes humaines, la non-théologie et le non-christianisme présument en-dernière-réponse l'homme-comme-Christ-Futur.

 

 

Christianisme (2002)

 

Comme tout système organisé, le christianisme est constitué par une ligne de partage (d'ailleurs mouvante) entre une orthodoxie unique, censément détentrice de la vérité, et des hérésies multiples, à la fois en-dehors et au-dedans du système.
Le "Principe d'Eglise Suffisante" s'applique au christianisme en tant que régi par une faction dominante (l'"Eglise") ayant décidé de la dissidence des autres (les hérésies).
Le non-christianisme va plutôt remodéliser le christianisme à partir de sa variante hérétique (utilisée comme occasion), et réaliser ainsi en-l'Homme la théorie unifiée du christianisme et de l'hérésie (plutôt que l'unité supposée de l'orthodoxie et de l'hérésie dans le-christianisme).
Les trois sources du christianisme futur sont prélevées dans le-christianisme historique : 1) le primat du savoir sur la foi, d'après la gnose, redéfini en-l'Homme ; 2) l'expérience hérétique en général de la séparation d'avec le Monde ; 3) la notion orthodoxe de salut christique, radicalisée dans le sujet-Christ.
Les trois sources du christianisme futur dessinent un programme de recherche pour établir : 1) la primauté de l'Homme-en-personne, 2) unilatéraliser le-monde et suspendre le Principe d'Eglise Suffisante, 3) "humaniser" le monde en la figure du Christ Futur non-chrétien.

 

 

Foi (2002)

 

En tant qu'objet de donation (surnaturelle), ou extase et attente auto-affectée de la Vie-en-Christ, la foi chrétienne se meut à l'intérieur d'un Principe de Foi Suffisante. De ce point de vue, le Christ-Futur constitue la dernière identité (humaine) de l'Attente en Christ, encore affectée de transcendance dans le cadre de la foi chrétienne.

La modélisation de la foi chrétienne fait ressortir sa structure décisionnelle, qu'elle transforme en union-en-Christ ou donation de la vie-en-Christ. Elle met en exergue sa structure générale de transcendance extatico-verticale (meta et epekeina) et, par clonage, procède à la dualysation de ses formes philosophico-religieuses.
Grâce à cette universalisation, la non-religion extrait l'identité ultime de la foi à l'aune de la dernière identité humaine.

 

 

Gnose (2002)

 

Problème gnostique : que faire du Monde, que faire de Dieu, étant donné leur compromission ?
Le christianisme s'arrache au Monde et la gnose historique se retranche du Monde, mais le salut du Monde (et de Dieu) passe par le seul salut humain. Que faire donc du christianisme ? Comment se défaire de la "foi en la foi" pour acquérir l'intelligence de la foi ?

 

"Le-christianisme" désigne un agrégat unitaire qui doit être transformé et universalisé en un "non christianisme".
Il ne s'agit pas d'une nouvelle interprétation, mais d'un nouvel usage du christianisme à partir d'une expérience purement humaine.

 

Comme toujours en non-philosophie, il s'agit d'associer sans-synthèse et sans-mélange la science et la philosophie de telle sorte qu'une représentation théorique du christianisme s'en dégage, un modèle plutôt qu'une objectivation ou une essence, extérieur aux anciennes combinaisons de la raison et de la foi.

 

Pour éviter la christianisation du modèle lui-même, réactiver la-gnose sera le moyen d'universaliser le-christianisme dans une optique non-chrétienne, dans une posture unifiée de foi et de savoir (identiques en-dernière-identité, c'est-à-dire hors système). La modélisation non-chrétienne combine sans les mélanger la foi-qui-unit chrétienne et le savoir-qui-sépare gnostique. Dans tous les cas, la modélisation porte sur la pensée-Monde, lieu de toute transcendance, transformé en un organon de détermination du salut.

"Foi et savoir" est donc le topos le plus général résumant l'opposition du christianisme et de la gnose, vidés de leurs contenus dogmatiques.

Les mélanges et les ambiguïtés congénitales de la foi et du savoir s'expliquent par leur soumission à une transcendance elle-même complexe, que la modélisation non-chrétienne universalise sur un mode non-thétique (non-décision et non-position (de) soi).

L'opposition entre foi et savoir est transformée par la modélisation en dualité unilatérale, de sorte que la foi se dit maintenant de la complexité philosophico-religieuse (foi et savoir comme procédures occasionnelles de salut) se tenant face au savoir gnostique comme identité humaine (savoir indocte).

 

On ne peut exploiter la gnose qu'en la réduisant à des structures de philosophabilité (les déterminations formelles du savoir), combinables avec les éléments propres au christianisme (les déterminations de la foi). L'utiliser comme support unique de la modélisation non-philosophiques, ce serait lui accorder une autonomie et une forme suffisante d'unilatéralité, assignable au pire des théoricismes mêlé à l'esprit religieux le moins dégrossi.

 

Les sectes font partie de cet objet complexe qu'est le christianisme et doivent être modélisées avec lui ; elles reconduisent toutes à des états de fait et interprètent l'unilatéralité comme exclusion.
Les religions officielles sont au même titre que les sectes des instruments mondains d'exploitation et d'aliénation de l'Homme. Lutter sur deux fronts, c'est substituer à la causalité historico-mondaine la causalité par Identité humaine.

 

 

Homme-en-personne (2002)

 

La forclusion de l'Homme est vécue dans la religion sous la forme d'une forclusion de l'Homme à Dieu, et son immanence en-Homme sous la forme d'une attente-en-Christ ; de même l'immanence divine est entachée de transcendance de part le sacrifice nécessaire du Fils, répondant à l'exposition des humains au Monde tant dénoncée par les gnostiques.

Or l'Unité en-Christ comme la Séparation gnostiques sont vécues plus radicalement en-Homme en tant que Vécu-sans-vie. L'Homme a vaincu la mort et n'a plus besoin de salut, mais il peut le donner au Monde et au Dieu-Monde. Ce n'est pas l'Homme qui a besoin de salut, mais l-homme philosophique et religieux, le Monde.

La non-religion n'admet de primauté que celle de l'Homme-en-Homme et ne détermine la priorité des décisions philosophiques, séparations gnostiques etc., qu'en fonction de celle-ci. On ne justifie pas extérieurement la foi et le savoir non-chrétien par l'homme, et au-delà Dieu-le-Monde, mais l'homme intérieurement ou en-dernière-humanité comme Juste-en-personne.

Rappel des trois instances : 1) l'Homme-en-Homme comme instance réelle et déterminante, 2) les postures chrétiennes et gnostiques comme instances mondaines, déterminées respectivement par l'Attente et la Séparation, 2) l'hérésie non-chrétienne comme instance théorique et détermination par clonage du sujet-non-chrétien ("Fils de l'Homme").

 

 

Mystique (2002)

 

Le non-christianisme radicalise et donne la primauté à l'élément mystique, a priori indifférent aux particularismes religieux, ce qui lui permet notamment de se constituer comme théorie unifiée de la foi judéo-chrétienne et du savoir gnostico-chrétien. Bien entendu, son indifférence à la religion découle de la non-consistance de l'Homme-en-personne.
Outre son habituelle indifférence aux dogmes, la mystique fournit le matériau le plus concentré et le plus coïncidant des éléments chrétiens, gnostiques et philosophiques nécessaires à la modélisation non-religieuse.
A partir du matériau mystique chrétien, comme essence de l'expérience religion-monde, il sera possible de formuler des "théorèmes mystiques" plus théoriques que théoricistes, comme vécu radical de salut.

 

 

Non-religion (2002)

 

La non-religion se dit de toute théorie unifiée en-dernière-identité de la philosophie avec un matériau religieux (par exemple chrétien) lui-même préalablement divisé, modélisé et universalisé au moyen d'un tiers limitrophe (par exemple la gnose).
L'universalité non-religieuse, destinée à suspendre la suffisance des religions particulières, exclut tout synchrétisme et tout "dialogue" anarchique "entre" les religions ; elle procède plutôt en radicalisant l'identité d'une religion donnée.

 

 

Rébellion (2002)

 

Le non-christianisme, qui n'est pas un dogme, se constitue comme théorie pratique de la rébellion, en s'appuyant sur la dualité de la gnose et du christianisme historiques. Il reprend l'idée d'une lutte hérétique immanente, hors la confusion grecque de la lutte et de l'agôn : il y a un Sujet-en-lutte (le Christ-Futur) dont la détermination-en-dernière-identité ou réelle est l'Homme-en-personne, hors la confusion philosophique du sujet et de l'homme.

 


 

 

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