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un site de Didier Moulinier |
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Christ futur - Christianisme - Foi - Gnose - Homme-en-personne - Mystique - Non-religion - Rébellion
Christ futur (2002)
Face à l'impuissance du christianisme officiel (théologique et pratique) à assumer les questions, à entendre les plaintes des victimes humaines, la non-théologie et le non-christianisme présument en-dernière-réponse l'homme-comme-Christ-Futur.
Christianisme (2002)
Comme tout système organisé, le christianisme est constitué
par une ligne de partage (d'ailleurs mouvante) entre une orthodoxie unique,
censément détentrice de la vérité, et des hérésies multiples, à la fois
en-dehors et au-dedans du système.
Foi (2002)
En tant qu'objet de donation (surnaturelle), ou extase et
attente auto-affectée de la Vie-en-Christ, la foi chrétienne se meut à
l'intérieur d'un Principe de Foi Suffisante. De ce point de vue, le
Christ-Futur constitue la dernière identité (humaine) de l'Attente en
Christ, encore affectée de transcendance dans le cadre de la foi chrétienne.
Gnose (2002)
Problème gnostique : que faire du Monde, que faire de Dieu,
étant donné leur compromission ?
"Le-christianisme" désigne un agrégat unitaire qui doit être
transformé et universalisé en un "non christianisme".
Comme toujours en non-philosophie, il s'agit d'associer sans-synthèse et sans-mélange la science et la philosophie de telle sorte qu'une représentation théorique du christianisme s'en dégage, un modèle plutôt qu'une objectivation ou une essence, extérieur aux anciennes combinaisons de la raison et de la foi.
Pour éviter la christianisation du modèle lui-même, réactiver la-gnose sera le moyen d'universaliser le-christianisme dans une optique non-chrétienne, dans une posture unifiée de foi et de savoir (identiques en-dernière-identité, c'est-à-dire hors système). La modélisation non-chrétienne combine sans les mélanger la foi-qui-unit chrétienne et le savoir-qui-sépare gnostique. Dans tous les cas, la modélisation porte sur la pensée-Monde, lieu de toute transcendance, transformé en un organon de détermination du salut. "Foi et savoir" est donc le topos le plus général résumant l'opposition du christianisme et de la gnose, vidés de leurs contenus dogmatiques. Les mélanges et les ambiguïtés congénitales de la foi et du savoir s'expliquent par leur soumission à une transcendance elle-même complexe, que la modélisation non-chrétienne universalise sur un mode non-thétique (non-décision et non-position (de) soi). L'opposition entre foi et savoir est transformée par la modélisation en dualité unilatérale, de sorte que la foi se dit maintenant de la complexité philosophico-religieuse (foi et savoir comme procédures occasionnelles de salut) se tenant face au savoir gnostique comme identité humaine (savoir indocte).
On ne peut exploiter la gnose qu'en la réduisant à des structures de philosophabilité (les déterminations formelles du savoir), combinables avec les éléments propres au christianisme (les déterminations de la foi). L'utiliser comme support unique de la modélisation non-philosophiques, ce serait lui accorder une autonomie et une forme suffisante d'unilatéralité, assignable au pire des théoricismes mêlé à l'esprit religieux le moins dégrossi.
Les sectes font partie de cet objet complexe
qu'est le christianisme et doivent être modélisées avec lui ; elles
reconduisent toutes à des états de fait et interprètent l'unilatéralité
comme exclusion.
Homme-en-personne (2002)
La forclusion de l'Homme est vécue dans la
religion sous la forme d'une forclusion de l'Homme à Dieu, et son immanence
en-Homme sous la forme d'une attente-en-Christ ; de même l'immanence divine
est entachée de transcendance de part le sacrifice nécessaire du Fils,
répondant à l'exposition des humains au Monde tant dénoncée par les
gnostiques.
Mystique (2002)
Le non-christianisme radicalise et donne la
primauté à l'élément mystique, a priori indifférent aux particularismes
religieux, ce qui lui permet notamment de se constituer comme théorie
unifiée de la foi judéo-chrétienne et du savoir gnostico-chrétien. Bien
entendu, son indifférence à la religion découle de la non-consistance de l'Homme-en-personne.
Non-religion (2002)
La non-religion se dit de toute théorie unifiée
en-dernière-identité de la philosophie avec un matériau religieux (par
exemple chrétien) lui-même préalablement divisé, modélisé et universalisé au
moyen d'un tiers limitrophe (par exemple la gnose).
Rébellion (2002)
Le non-christianisme, qui n'est pas un dogme, se constitue comme théorie pratique de la rébellion, en s'appuyant sur la dualité de la gnose et du christianisme historiques. Il reprend l'idée d'une lutte hérétique immanente, hors la confusion grecque de la lutte et de l'agôn : il y a un Sujet-en-lutte (le Christ-Futur) dont la détermination-en-dernière-identité ou réelle est l'Homme-en-personne, hors la confusion philosophique du sujet et de l'homme.
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