Axiomes - Découverte -
Démocratie - Discipline
-
Dualité unilatérale - Expérience -
Interprétation -
Métalangage -
Non-euclidien -
Philosophie - Philosophies I, II, III
- Problème - Science transcendantale
- Théorie -
Un - Unilatéralité
Axiomes (de
la Non-philosophie) (1996)
Le premier axiome ou "nom premier" de la Non-philosophie est
l'immanence radicale du réel, telle que celui-ci n'inclut aucune
parcelle de transcendance (émanation, réflexivité, etc.). Dans son être pur
phénoménal, l'Un réel est un "Donné-sans-donation" qui ne donne ou n'unifie
rien, en lui ou hors de lui.
Le second axiome substitue au paradigme du mixte le système de la "double
autonomie", qui à côté de l'autonomie radicale de l'Un postule l'autonomie
relative de la transcendance, ou de la philosophie par rapport à la
non-philosophie. Cette syntaxe qui seule peut accompagner l'immanence
radicale, se nomme dualité elle-même unilatérale (ou
détermination-en-dernière-instance) : elle place, "à côté" de l'Un, un Deux
irréductible dans lequel l'Un n'intervient pas (d'où son autonomie). A
défaut de reconnaître cette double autonomie, l'Un serait obligé de composer
avec la transcendance, fût-ce en la niant (problème des philosophies
de l'immanence).
Le troisième axiome définit la non-philosophie, d'une part comme
science-en-Un (ou à-cause de l'Un) transcendantale, d'autre part comme
théorie unifiée (et non science, de ce point de vue), identiquement
théorique (et) pragmatique, de la philosophie et de la science (son matériau
objet).
Le quatrième précise l'action de la non-philosophie sur la philosophie : 1)
l'extraction et la destitution du "principe de philosophie suffisante", 2)
la mise à plat de toutes les décisions philosophiques possibles, comme étant
équivalentes au regard du Réel, 3) la reconnaissance d'une "identité" de la
philosophie, comme a priori désignant un champ d'expériences nouvelles, 4)
l'usage théorique de l'identité de la philosophie et de n'importe quelle
autre science ou discipline régionale.
Axiomes (de
la Non-philosophie)
(2004)
Les trois axiomes de base de la non-philosophie sont : 1) le
Réel radicalement immanent, 2) sa causalité uni-latérale ou la détermination
en-dernière-instance, 3) la pensée-Monde (philosophie + expérience) comme
objet de cette causalité.
Une résistance philosophique s'exerce, soit par une exploitation
insuffisante de ces axiomes, soit par des interprétations divergentes, des
bifurcations - en particulier celle qui voit dans les trois axiomes un
simple système formel ouvert à diverses interprétations, donc autant de
non-philosophies possibles.
Il y a une multiplicité qui équivaut à une fausse liberté régressive (vers
la philosophie) et une multiplicité libératrice selon la rigueur
non-philosophique.
Découverte (1996)
Le statut de la découverte en non-philosophie s'oppose à celui de la
décision en philosophie : il ne s'agit plus de perpétuer une tradition
jusqu'à un accomplissement qui serait la "mort de la philosophie", mais bien
d'inventer un nouvel usage de la philosophie. Cette invention suppose une
triple découverte : 1) l'Un comme immanence radicale, 2) la
détermination-en-dernière instance ou la causalité propre de l'Un, 3) un
organon de pensée (plutôt que la "pensée" problématisante et subjectivante)
adéquate au Réel par hypothèses ou par axiomes (plutôt que par thèses).
Démocratie (1996)
La "mort de la philosophie" est l'affect principal de toute philosophie dans
son rapport à tout autre, soit la guerre de tous contre tous ; il s'agit
désormais d'introduire la démocratie dans la pensée, d'unilatéraliser la loi
du conflit qui prévaut entre philosophies et entre celle-ci et les sciences.
Il y a un type de multitudes qui ne dépend que de l'identité réelle, un
respect des minorités fondé sur la mise à distance (unilatéralisation) des
autorités sans retournement violent : justement parce qu'il y a un ordre
minimal (priorité...), non dominateur (...sans primauté), qui préserve à
jamais l'identité.
A la tradition hiérarchisante, qui pose un mythique réel philosophique, on
préfère la traduction non-philosophique ou transcendantale des philosophies,
désormais équivalentes (et relativement autonomes) car tenues à égale
distance du seul Réel non traduisible.
La réflexivité philosophique, considérée dans son autonomie relative plutôt
que dans sa suffisance, a besoin d'une pensée transcendantale qui sans se
mélanger à elle puisse la traiter dans son identité, et par-là
reconnaisse l'existence et la validité relative de chaque philosophie. Le
philosophe s'identifie à l'homme qu'il prétend éduquer, mais c'est plutôt le
sujet de la pensée non-philosophique (la force de pensée) qui peut éduquer
la philosophie en fonction de l'identité humaine.
Discipline
(2004)
La non-philosophie : une doctrine ouverte aux libres
interprétations ou une discipline anonyme et contraignante ?
Elle est plutôt unification en-dernière-instance d'une discipline et d'une
oeuvre, d'une théorie et d'une pratique. Ses règles sont rigides ou
invariantes lorsqu'elles dérivent de la logique ou d'une science à contenu
positif ; elles sont ludiques lorsqu'elles découlent des doctrines
philosophiques, combinant le primat de l'invariance et celui de la variation
; enfin les règles sont dites rigoureuses ou unilatérales en mode mixte,
soit invariantes négativement (sans contenu empirique), lorsqu'elles
déterminent en-dernière-instance le contenu contingent des précédentes
règles. Au 3è sens, la discipline comprise négativement impose de se
soumettre au moins à la règle de l'unilatéralité.
Si une part d'interprétation paraît intrinsèquement liée à la composante
philosophico-transcendantale de la théorie unifiée, elle est d'une part
contrebalancée par sa composante scientifique et d'autre part dualysée par
la théorie comme telle qui interdit toute interprétation a priori des
axiomes.
La pomme de discorde, c'est le traitement de la résistance philosophique,
qui donne lieu à toutes sortes de rétorsions.
Rappelons que la non-philosophie distingue une cause (le Réel), une essence
(l'identité transcendantale du sujet comme clone), puis des aspects qui sont
le contenu du sujet transformé en a priori du matériau du Monde. Les
non-philosophes peuvent se dire au pluriel seulement en fonction des aspects
qu'ils choisissent. La pluralité des effectuations de la non-philosophie
selon le matériau, compatible avec son identité interne, ne signifie pas une
pluralité d'interprétations ou même de non-philosophies. Même si elles ont
une apparence théorique objective, les scissions intra-non-philosophiques
ont une cause spécifiquement philosophique.
Toute manière de caractériser la non-philosophie par division ou par choix
doit être invalidée.
Dualité unilatérale
(1996)
La nouvelle matrice n'est plus la Décision philosophique,
celle du 2/3 circulaire ou celle du 1 métaphysique qui revient à 1/2, mais
celle du 1-en-1 immanent accompagné du 2-en-1 qui forme la dualité unilatérale.
Il y a donc trois termes, pour peu qu'un terme=X venu de la transcendance
s'ajoute au Réel lui-même, par l'intermédiaire d'un clone transcendantal de
celui, car l'Un ne compte dans aucune relation, sauf à répondre
"fictivement" à la transcendance, et uniquement pour elle, sous la
forme d'une Identité transcendantale. Cette causalité non-dialectique (ou
causalité réelle) peut également être nommée "Détermination-en-dernière-instance",
dans la mesure où le Réel ne s'aliène pas dans X qui est pourtant déterminé
par le Réel, mais pas directement, en-dernière-instance seulement -
parce que l'Identité ne s'aliène jamais dans la dualité, et parce que l'Un
et le Deux font à jamais deux, précisément, on parlera de "dualité
unilatérale" (la dualité n'est jamais du côté de l'Un, qui n'est d'ailleurs
pas un côté, par contre il y a bien une Identité (de) la dualité elle-même).
Expérience
(1996)
La non-philosophie se présente comme une expérience de
l'immanence radicale ou phénoménale, et traite, non pas directement ou
objectivement l'expérience elle-même, mais toute transcendance et toute
auto-position en fonction de cette expérience réelle. Celle-ci, dans le
domaine de la pensée, ne peut donc plus être posée qu'axiomatiquement ou
nommée selon des termes "premiers" qui ne contiennent (ou n'expriment) pas
l'expérience (à la différence des thèses ou des concepts philosophiques).
Interprétation
(2004)
On ne doit pas confondre le plan des effectuations de la non-philosophie,
toutes légitimes en fonction de ses différents matériaux, et celui de ses
interprétations philosophiques, qui entendent remettre en question les
axiomes alors qu’il s’agit simplement, à chaque fois, de les reformuler
selon la nature du matériau.
Le fond de ces interprétations qui se voudraient divergentes, c’est le
parricide, lequel n’est pas réitérable en non-philosophie.
Il faut défendre l’hérésie et l’utopie non-philosophiques contre toutes les
interprétations précipitées, et préconiser la rigueur de la vision-en-Homme
– en particulier ses aspects de « discipline » et de « lutte » ne doivent
pas être caricaturés ni traités séparément.
Métalangage
(2004)
La non-philosophie n'est pas le méta-langage de la
philosophie, c'est plutôt la philosophie qui serait un métalangage mais
déterminé-en-dernière-instance pour la non-philosophie. En ce sens, les
règles et le matériau métalinguistique s'auto-affectent au Réel
déterminant près qui les unifie
L'évaluation des pratiques non-philosophiques peut s'effectuer en termes de
Vérité (Vrai-sans-vérité) quant à ses principes réels, ou de Justice (Juste-sans-justice)
et d'ajustement quant à ses effets sur le matériau.
La constitution historique de la non-philosophie est soumise au même
principe d'auto-affection par le matériau, à sa
détermination-en-dernière-instance près, ce qui devrait relativiser les
tentations de type herméneutique en ce domaine.
Non-euclidien
(1996)
"Généralisation non-euclidienne de la philosophie" est une
métaphore pouvant désigner - d'ailleurs imparfaitement - le projet
non-philosophique, lequel fait de la décision philosophique un simple cas ou
un simple modèle d'une pensée plus universelle.
Philosophie
(1996)
La non-philosophie ne prétend pas succéder à la philosophie, la dépasser ou
la déplacer, mais simplement suspendre son autorité et sa suffisance en
l'utilisant autrement avec de nouveaux moyens théoriques.
L'identité théorique et pragmatique de la philosophie ne saurait être
reconnue par celle-ci. Elle ne fait pas l'objet d'un questionnement infini
mais constitue un problème soluble pour la non-philosophie.
La critique la plus radicale de la suffisance philosophique n'émane pas du
point de vue de l'Autre ou de la Différence, toujours monnayable avec l'Etre
ou le Même, mais du point de vue du Réel comme Un ou Immanence radicale.
L'expérience du Réel comme Vision-en-Un détermine une pensée, une force (de)
pensée, introduit à une pragmatique (d'essence théorique) de la philosophie
- soit une discipline autonome avec ses règles universelles, ses objets
(globalement la philosophie), et ses fins.
La non-philosophie est dépourvue de finalité pour elle-même, et encore moins
pour le Réel ; elle vaut juste pour la philosophie qu'elle parvient à
généraliser par-delà ses illusions sur soi-même et sa forclusion du Réel. La
non-philosophie n'est en rien une critique "supérieure" ou une
méta-philosophie, une revanche ou un dépassement : plutôt une théorie et une
pragmatique pour la philosophie.
Philosophies I, II, III
(1996)
Philosophies I, II et III correspondent en même temps à la découverte en
trois phases de la non-philosophie et aux trois faces constitutives de la
philosophie elle-même.
Philosophie I reste sous l'autorité du principe de philosophie suffisante
tout en apportant, dans un style nietzschéen, des premiers éléments de
non-philosophie (l'individu, l'expérience transcendantale de la pensée...).
Philosophie II marque la naissance de la non-philosophie avec la
subordination de la décision non-philosophique à la Vision-en-Un, sa cause
immanente, mais subordonne aussi la philosophie à la pensée scientifique.
Philosophie III se libère de cette conception encore "scientifique" du Réel
et affirme la forclusion radicale de celui-ci. Philosophie III affirme (et
suspend) le tout de la suffisance philosophique (science comprise). Ce n'est
plus la pensée, notamment scientifique, qui détermine le "non-" de la
non-philosophie mais le seul Réel - les théories scientifiques peuvent
maintenant servir de matériau, comme n'importe quelle philosophie, à la
non-philosophie.
Les deux nouveautés de philosophie III : 1) la distinction radicale de l'Un
et de la pensée, ou du Réel et du transcendantal, ou encore de l'Ego et du
sujet, grâce au concept de force (de) pensée comme organon
transcendantal du Réel ; 2) à l'affinité supposée de l'Un et de la science,
la non-philosophie substitue désormais le concept de théorie unifiée,
qui signifie une égalité de-dernière-instance entre d'une part la
philosophie et la science, très généralement, et d'autre part entre la
philosophie et chacune des sciences ou des pratiques qui la composent.
Ne dépendant que du seul Réel (sans "faire Un" avec lui : elle se distingue
des "philosophies de l'immanence", comme l'europanalyse) la non-philosophie
peut d'autant mieux accorder à la philosophie une autonomie relative, et se
fait moins critique à son encontre.
Philosophie III apporte trois autres concepts fondamentaux : 1) le Réel
clairement distingué du transcendantal, et de leur confusion dans la "Vie"
ou l'"auto-affection" ; 2) un concept de "résistance philosophique"
renouvelé, sur la base de la forclusion du Réel imposée par lui-même, et
par-là une autonomie plus grande de la non-philosophie (hors polémique
définitivement) ; 3) le concept de "clonage transcendantal" qui reprend et
améliore l'ancien concept de "reflet non-thétique".
Avec les Principes la non-philosophie est désormais accomplie,
gommant certaines abstractions excessives des étapes antérieures (comme le
thème des trois a priori constitutifs de la "Transcendance non-thétique").
Problème (de la non-philosophie)
(2004)
Les deux problèmes de la non-philosophie sont, d’une part le statut
inélucidé de l’Un en son autonomie radicale, d’autre part celui de la
philosophie comme théorie/pratique inachevée, marquée par une dualité
constitutive.
Sur le premier point, on dira que la philosophie se contente d’une
exploitation ontologique de l’Un. Or il faut penser selon l’Un et non le
prendre pour un objet plus ou moins voisin de l’Etre, puis penser ce
non-rapport à l’Etre et à la pensée depuis cette cause immanente (Un-en-Un),
tout en se servant matériellement de la philosophie.
Sur le second point, la philosophie est réglée par un Principe de
philosophabilité suffisante qui peut se décliner comme prétention à
l’autonomie absolue (auto-position, auto-donation, etc.), comme domination
par rapport aux sciences et disciplines régionales, ou comme
co-détermination du Réel globalement confondu avec l’Etre. En conséquence,
la philosophie ne peut être une pensée rigoureuse d’elle-même et ne connaît
pour toute immanence que celle de la conscience, de l’auto-réflexion et
d’une subjectivité élargie au Monde. L’objectif est d’élaborer, avec l’aide
de la philosophie et de la science, mais sur la base d’une pensée de l’Un,
une connaissance théorique rigoureuse de l’existence philosophique.
Voici le principe générale de la solution : c'est la même chose de poser
l'Un comme Réel non-philosophable et d'en faire la condition d'une
connaissance théorique de la philosophie.
Deux transformations s'imposent. 1) Celle des usages traditionnels de l'Un
(comme absolu ou transcendantal) en Vision-en-Un, ou Un-en-Un. 2) Celle de
l'usage auto-référentiel et suffisant (théoriciste) de la théorie en un
usage pratique, pratique théorique admettant par définition un présupposé
irréductible.
Le style de la non-philosophie : c'est la logique uni-latérale, qui consiste
à traiter toute chose par une dualité (de problèmes) et une identité (de
solution), sans revenir au système ternaire et synthétique de la
philosophie. L'identité et la dualité unilatérale confèrent à la
non-philosophie un aspect axiomatique (réel) et théorématique
(transcendantal). Mais "transcendantal" se dit en un sens nouveau, comme
rapport à la philosophie selon-le-Réel.
Tout énoncé non-philosophique contient un aspect axiome (du côté de l'être-déterminé
réel) et un aspect théorème (du côté de la détermination
en-dernière-instance ou transcendantale) ; les relations entre axiomes et
théorèmes sont réglées elles-mêmes par la détermination-en-dernière-instance,
selon des dualités unilatérales et non-réciproques.
Parler/penser selon l'Un ne reproduit pas le couple philosophique ou
dialectique de l'Un et de la pensée, comme si l'Un était un objet ou une
entité. Tout rapport (philosophique) devient déterminé par un non-rapport (non-philosophique),
lui-même déterminé par le sans-rapport du Réel.
Les huit critères distinctifs de la non-philosophie : 1) le caractère
d'abord réel de l'immanence, et seulement ensuite sa fonction
transcendantale ; 2) la rigueur qui consiste à traiter l'immanence par
l'immanence ; 3) l'être-déjà donné de la philosophie en-Un ; 4) l'Uni-latérité
ou l'Autre-que... comme structure de l'immanence réelle ; 5) la reprise du
concept marxiste de détermination-en-dernière-instance ; 6) la dualité
unilatérale de l'Homme et du sujet ; 7) la messianité humaine comme futur
immanent, la vocation à l'utopie et à la fiction ; 8) le sujet
non-philosophique comme théorie unifiée d'un aspect mathématique
(axiomatique) et d'un aspect philosophique ou oraculaire - la
non-philosophie, une mathématique humaine et une utopie pour l'Homme.
Science transcendantale
(1996)
La détermination-en-dernière-instance prend la forme d'un organon
transcendantal, ou "force (de) pensée" qui, en tant qu'inférée depuis l'Un
et appliquée à l'expérience philosophique (avec ses savoirs régionaux) comme
apport et matériau, constitue la non-philosophie. La non-philosophie est une
pensée transcendantale qui prend pour objet l'ensemble des savoirs,
régionaux et fondamentaux. Son Réel n'est plus celui du sens commun
philosophique (une "mêmeté supposée", plus ou moins objective), mais
l'identité radicale, de sorte que son objet à elle serait précisément le
sens commun philosophique, le bricolage philosophique et ses divers modes
(une "technologie transcendantale").
La non-philosophie ne prétend plus soumettre les savoirs régionaux à
l'autorité ou à la critique d'un savoir fondamental, elle se contente de
leur appliquer une réduction ou une formalisation transcendantale, et de les
généraliser, mais pas à la manière philosophique. La philosophie prétend
universaliser en mélangeant acquisition et formalisation, selon une méthode
empirico-transcendantale qui se révèle autoritaire et déficiente ("coups de
force" théoriques, etc.) ; la non-philosophie commence par distinguer l'a
priori (qu'elle applique aux savoirs-matériaux, locaux ou fondamentaux,
privés de toute réflexivité) et le transcendantal (la pensée pure), et
justifie ce dernier en-dernière-instance du seul Réel.
Toute philosophie peut valoir comme méta-philosophie pour une autre
philosophie, et annonce potentiellement la "mort de la philosophie". Sous la
raison de l'immanence plutôt que de la transcendance, comme discipline
minoritaire plutôt qu'autoritaire (donc ni méta-science, ni méta-philosophie),
la non-philosophie se réalise comme théorie unifiée (et non unitaire) de la
philosophie et des savoirs régionaux. Elle n'est pas non plus une science
positive de la philosophie, ni une science absolue, mais une théorie qui
s'appuie sur le seul organon transcendantal de la force (de) pensée.
La non-philosophie est la résolution réelle de l'antinomie de la science et
de la philosophie, non pas comme thèse philosophique sur l'essence du Réel,
mais par la simple hypothèse du Réel immanent, et par la constitution d'une
théorie-pragmatique transcendantale. La non-philosophie se veut
identiquement théorique et pratique, car elle ne se contente pas d'expliquer
ou de décrire le fonctionnement de la philosophie, elle modifie et relance
la connaissance même qu'on peut en avoir. Pour pouvoir transformer
l'expérience philosophique (son usage, pas sa nature ni même son histoire),
la non-philosophie doit rester une hypothèse non sanctionnable en retour par
l'expérience. En tant qu'organon universel de la pensée, elle remplit
cet office sans se figer en système clos.
Enfin, le recours à l'axiomatisation ne signifie pas (essentiellement) le
projet de rendre plus scientifique ou théorique la philosophie, il dépend
des conditions intrinsèques de la théorie unifiée, qui prescrit aussi bien
d'introduire la pragmatique au coeur de la science. L'axiomatique
transcendantale n'est donc rigoureusement qu'un aspect de la non-philosophie,
qui renouvèle certes le concept de mathesis transcendantalis, mais en
l'intégrant dans l'élément de l'identité réelle puis transcendantale.
Théorie
(2004)
L'usage non-philosophique du
concept de théorie, dans son rapport à celui de pratique et aussi bien
comme pratique théorique, doit être précisé.
Les problèmes sont 1) de concevoir une pratique non-herméneutique et
non-compréhensive, 2) de penser une nouvelle relation non-autoritaire entre
science et philosophie, 3) de rassembler ces rapports variés à l'aune de la
pratique, 4) d'anticiper les risques de "théorisme" et de "théoricisme", 5)
comme ceux du formalisme (disciplinaire) ou du réductionnisme (non-religieux,
non-poétique...).
La solution est 1) de poser le Réel=X comme déterminant en-dernière-instance
les rapports de la théorie et de la pratique, 2) de redéfinir la
pensée-Monde dans sa composition bipolaire en philosophabilté et en contenu
de pratiques et de savoirs, 3) de mobiliser toujours la philosophabilité (la
théorie au sens de la philosophie) accompagnée d'une pratique, notamment la
science.
Au total la non-philosophie se veut aussi bien une pratique, mais
transcendantale : c'est-à-dire 1) au sens où elle occupe le terrain
traditionnellement "théorique" de la philosophie, 2) au sens où elle inclut
l'activité proprement théorique de la science.
Toute pratique comprend un ternaire de procédures + un présupposé de
métalangage/objet réel. En tant que pratique transcendantale la
non-philosophie se définit elle-aussi par un ternaire (matériau + le Réel
comme identité transcendantale + le contenu a priori du matériau) et un par
un présupposé (le Réel radical).
La non-philosophie est-elle la pratique unifiée de la théorie et de la
pratique ? ou une théorie déterminée en-dernière-pratique ?
La non-philosophie n'est ni purement une pratique théorique ni une théorie
pratique, mais "une pensée future ou de-dernière-instance, déterminant un
sujet pour le (non-) rapport de la théorie et de la pratique". Qu'elle
favorise l'un ou l'autre terme, toute combinaison possible doit être vue
comme déterminée-en-Réel et donc également comme un état du matériau. Si la
théorie domine philosophiquement la pratique, la non-philosophie elle-même
est davantage une théorie du point de vue de son matériau (qu'elle "pratique
cependant"), mais elle est plutôt une pratique du point de vue de sa cause.
Un
(1996)
La science première n'est pas une pensée de l'Un, lequel est forclos
à la pensée, mais une pensée en-Un ou selon l'Un. La
non-philosophie n'est pas réductible à une théorie de la philosophie : elle
est aussi bien une pensée pour la science et une vision mystique en Un.
Unilatéralité
(2004)
La non-philosophie est un
dispositif théorique à double entrée, dont l'une est le Réel comme Autre-que,
et l'autre la philosophie comme occasion, mais aussi à double logique : l'uni-latéralité
par son aspect réel, la dualité unilatérale par son aspect
transcendantal (qui suppose justement la causalité occasionale). Ce
dispositif reste toutefois unilatéral, une dualité qui est une identité sans
reformer une unité comme en philosophie.