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un site de Didier Moulinier |
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Antinomie (1996)
Suite à Descartes qui le premier concéda au Sujet une
autonomie principielle, la philosophie moderne et contemporaine s'est
constituée dans sa quasi-totalité comme une vaste "antinomie du sujet
philosophique", voire comme sa "dialectique transcendantale" généralisée.
S'affrontent (et souvent se mélangent selon des modalités variées et
complexes) une théorie du sujet à tendance scientifique, objectivante
ou disséminatrice (jusqu'à Lacan, Althusser), et une philosophie du sujet
mettant plutôt en exergue l'immanence de l'Ego (comme Husserl, Henry).
En réalité les philosophies post-cartésiennes ne parviennent
à penser ni l'Ego ni le sujet dans leur identité respective (réelle puis
transcendantale), car l'Ego se trouve toujours en position d'objet (sa
priorité n'est alors que supposée) par rapport à un sujet qui le vise en le
prédéterminant de sa structure (réflexive, noético-noématique, etc.). L'Ego
reste ignoré dans son identité et son immanence de réel tant que sa nature
amphibologique reproduit la confusion de l'être et de la pensée, voire plus
généralement celle de l'Ego et de la philosophie (fût-elle de style
égologique). L'amphibologie de l'Ego et du sujet constitue la Modernité
même, le principe d'une auto-référence devant sans cesse répondre
d'elle-même. Elle devient désormais l'objet d'une théorie unifiée. |