Monde -
Non-philosophie - Philosophie-fiction
- Pratique
Monde
(2004)
Jusqu'à présent les utopies imaginaires n'ont fait qu'imiter
l'histoire monde, par scission ou déplacement des frontières.
L'utopie hérétique est une intention vide puisant sa dernière force dans l'Homme-en-homme,
bien qu'elle utilise des moyens mondains transformés, justement en tant
qu'utopie de transformation et non d'imitation.
Non-philosophie
( 2004)
L'immanence dont est capable la philosophie ne relativise que
la transcendance thématique, tandis que la non-philosophie, loin de
thématiser le Réel, pense en-Réel ou pense utopiquement le Réel comme un
futur affectant le monde et le sujet. Ce non-lieu ou ce plan opératoire que
suppose la non-philosophie est vide de connaissance, mais c'est à partir de
lui qu'un sujet peut penser et connaître.
N'ayant aucun contenu, le présupposé n'engendre rien à partir de lui-même,
il détermine juste la structure des pratiques engendrées par le monde.
L'unilatéralité comme futur (l'"Autre que") radicalise le non-lieu de
l'objet réel et du métalangage scientifiques. La non-philosophie pose le
non-lieu axiomatiquement, comme identique à l'en-Homme, et non
spéculativement comme la négation (s'auto-posant) elle-même.
Philosophie-fiction
(2004)
La philosophie, soi-disant chasseuse d’utopie, est
elle-même une utopie du passé qui se consacre surtout à sa propre survie en
entretenant le mythe increvable de sa propre mort. Elle insiste sur son mode
propre qui est le harcèlement dans la pensée, le harcèlement pour se
conformer à la production et à l’histoire.
Cette utopie trop mondaine et pas assez humaine, la non-philosophie veut la
porter au rang de philosophie-fiction rigoureuse, consistant à fabriquer des
utopies avec le matériel philosophique existant, mais des utopies négatives
dépourvues de toute détermination positive.
Les énoncés non-philosophiques conjoignent un aspect d’axiome (mathématique)
et un aspect d’oracle (philosophique). Leur style général est celui de la
radicalité, c’est-à-dire les conditions minimales d’une pensée à la fois
rigoureuse et féconde.
Aux utopies-mondes, la non-philosophie substitue des clones unilatéraux, les
utopies-univers, dont le but est l’inversion radicale de la philosophabilité
et de la forme-monde en général.
C’est donc l’Homme qui, en tant que titulaire d’un futur a-temporel, peut
déterminer ces utopies ; et c’est le clone transcendantal qui en assume la
mise en œuvre discursive.
Pratique
(2004)
La non-philosophie est une pensée à présupposé (et non à présupposition) de
type "pratique transcendantale".
Le terrain de la pensée doit être double mais en-Un : spéculatif et
pratique, ce dernier étant réellement déterminant. Or une pratique ne
"fait" pas "monde", c'est pourquoi elle caractérise le Réel humain comme
u-topie radicale.
Les philosophies n'ont proposé que des versions imaginaires (sociales et
politiques, artistiques) de l'utopie, soumises aux indéterminations de
l'altérité. Tandis que la non-philosophie en fait un usage de "table rase"
strictement négatif.
La vocation de l'utopie est de venir unilatéralement au monde, non d'être
décalquée du monde.