|
-
- Une biographie de l'homme ordinaire
- Des Autorités et des Minorités
-
- par François Laruelle
-
- Aubier (coll. "analyse et raisons"),
1985
|
 |
Table des matières analytique

INTRODUCTION - Une science rigoureuse de l'homme
1) Des Sciences de l'homme à la science des hommes
Cinq théorèmes humains. Les Sciences de l'homme ne sont pas des sciences et
n'ont pas l'homme pour objet. Des sciences hétéroclites, non spécifiques,
non fondées théoriquement et dépourvues d'humanité. Critique de la
différence ou du parallélisme anthropo-Iogique. L'essence de l'homme est «
théorique» mais n'est pas anthropo-Iogique.
2) L'homme comme individu fini ou ordinaire
L'homme n'est pas visible dans l'horizon des présupposés ontologiques grecs.
L'homme est distinct réellement du Monde et du Tout. L'homme comme
expérience transcendantale finie de l'Un. Le sujet fini, sans prédicats
universels ou autoritaires. Les Solitudes humaines. L'homme hors (de)
question.
3) De la philosophie à la théorie: la science de l'homme ordinaire
Les caractères de la science des hommes et ce qui la distingue de la
philosophie : 1) naïve et non pas réflexive; 2) réelle ou absolue et non pas
hypothétique; 3) d'essence théorique et non pas pratique ou technique; 4)
descriptive et non pas constructive; 5) humaine plutôt qu'anthropologique.
4) Le sens positif et scientifique de la naïveté transcendantale
Penser en dehors de toute représentation ou ob-jectivation. Les individus
finis sont absolument invisibles à la philosophie unitaire, mais pensables.
Le champ unitaire et ses deux paramètres. L'homme hors-champ et son essence
radicalement immanente et non-positionnelle (de) soi. Le minoritaire n'est
pas le micro-. Aucun « exemple» des minorités. La science rigoureuse de
l'invisible. Contre les fantasmes du philocentrisme.
5) Pour une critique de la Raison (politique, etc.)
L'homme ordinaire et sa précession sur les « nouvelles logiques ». Une
version politique possible des minorités. Critique du concept
étatico-minoritaire de l'individu. Les critères transcendantaux et réels des
minorités. De l'hypothèse étatique sur les minorités à l'hypothèse
minoritaire sur l'Etat. L'oubli et le non-oubli politiques de l'essence de
l'Etat.
CHAPITRE 1 - Qui sont les minorités ?
6) Les deux sources de la pensée minoritaire
L'étatico-minoritaire ou les minorités effectives comme« différence ». Le
minoritaire proprement dit ou l'individu réel avant le Monde et l'Etat.
Comment les minorités déterminent• en dernière instance les Autorités. La
détermination en dernière instance: causalité irréversible ou uni-latérale
de l'individu. L'Un plutôt que l'Être: fondement réel de l'individu
minoritaire.
7) Comment penser les individus?
Les individus ne sont pas des modes de la transcendance, de l'au-delà (du
pouvoir), des marges ou des résidus; ni l'Autre de l'histoire. L'individu
n'est pas au-delà du Monde, c'est le Monde qui est au-delà de l'individu.
Les minorités ne tombent pas sous les sciences humaines et sociales. Les
conditions d'une pensée radicale des individus (le terme, objet d'expérience
immédiate avant toute relation; réel ou irréfléchi plutôt que résidu de
l'extériorité). L'apriori de l'individu et du multiple. Les deux critères de
l'individu (son essence ou l'Un; sa causalité comme unilatéralisation du
Monde).
8) Théorie de l'uni-latéralité
L'uni-latéralité réelle n'est pas une « différence» ou une asymétrie
logique, une relation en général, mais précède toute relation (de
prédication, de pouvoir, etc.). Uni-latéral: un seul côté, une asymétrie
primitive induite par l'Un. L'Un n'est pas unilatéral mais affecte le Monde
d'unilatéralité ou le détermine en dernière instance. L'uni-latéral : forme
d'ordre spécifique du réel et non-philosophique. L'uni,latéral et les formes
d'ordre unitaires: le relationnel, le transversal, le différentiai, le
logocentrique. La causalité spécifique de l'homme ordinaire ou fini.
9) L'essence de l'Un ou du sujet fini
L'oubli de l'essence de l'Un n'est pas l'oubli de l'Être. L'expérience (de)
l'indivision précède celle de la division ou de la transcendance. Elle est
donnée (à) soi sur le mode non-positionnel (de) soi, dans une expérience
irréfléchie. La distinction de l'Un et de l'Unité: l'Un ne se divise pas en
deux ni ne synthétise un divers. Le réel n'est pas dialectique mais
détermine en dernière instance la dialectique. L'Un est l'élément du
mystique et fonde une « mystique ordinaire ».
10) Les minorités et les Autorités
La minorité: expérience transcendantale irréfléchie, contenu phénoménal réel
des universaux techno-politiques. L'individual et l'individuel. L'individual
et le relationnel. Contre l'équation: minoritaire = relatif, minoritaire =
différent. Les individus sont invisibles dans l'horizon unitaire.
lndénombrables et inqualifiables politiquement ou ontologiquement. Ils
refusent d'être comptabilisés dans le calcul révolutionnaire.
CHAPITRE II - Qui sont les Autorités ?
11) Les individus et le Monde
Le sujet fni, sans ob-jets, est la critique réelle de la Révolution
copernicienne. L'expérience contingente du Monde et des Autorités. L'Un ne
nie pas le Monde mais le laisse affecter l'homme depuis son unilatéralité.
La dénégation autoritaire de l'Un. L'expérience de l'être-éloigné-dans-Le-monde
et ce qui la distingue de l'être-au-monde.
12) La science absolue du Monde ou des Autorités
Le mystique et son effet, le Tel quel, précèdent 1'« existence» ou l'Être
unitaires. Les individus sont la science absolue du Monde et des Autorités
parce qu'ils ne les objectivent pas. La science absolue des Touts et des
Mixtes tels quels.
13) De l'Autorité comme causalité individuelle
L'autorité: concept politique et concept ontologique. Les Autorités,
structures aprioriques de toute expérience dans le Monde. Du concept
ontologique à l'expérience individuale. Causalité individuelle ou
universelle, causalité individuale ou finie. L'autorité: forme transcendante
de la causalité humaine. Ses deux formes complémentaires. Le mixte
autoritaire précède ses termes et n'est pas engendré par l'Un qu'il
accompagne comme « second principe ». Les Autorités, mode irréductible et
non-déficient de la réalité. L'Un ne s'aliène pas dans le Monde: l'autonomie
de celui-ci.
CHAPITRE III - Mystique ordinaire
Section 1 - L'Illusion unitaire
14) La possibilité d'une illusion unitaire
Le dual, ordre de donation successive de l'Un, du Monde et du (non-)Un,
n'est pas une nouvelle unité. Falsification unitaire et dénégation de l'Un
par le Monde. Les deux aspects de l'Illusion unitaire ou de la résistance
autoritaire aux individus.
15) La nature transcendantale de l'Illusion unitaire
Mécanisme unitaire et sens transcendantal de l'illusion. La confusion du
réel et du logico-réel. La positivité du mixte: inengendrable depuis l'Un et
antérieur à ses composants. Le dual contre l'expérience unitaire de la
chute. La loi du réel: ni aliénation, ni procession, ni topologie, mais
détermination en dernière instance.
16) De l'illusion comme hallucination
Le type de réalité de l'illusion par rapport au Monde et à l'Un. Comment
l'oubli de l'Un se distingue de l'oubli de l'Être. Le contenu de l'illusion:
la croyance que l'Un est objet d'oubli ou de refoulement réel comme un
inconscient. La résistance unitaire : hallucination et magie plutôt que
symptôme.
Section II - Topique finie
17) Le sujet fini et la critique de la Révolution copernicienne
L'homme fini sans vis-à-vis ou voisinage. Le Monde n'est pas un ob-jet ni
une objectivation. La dualysation comme destruction de la Révolution
copernicienne. Pensée irréversible ou réelle, pensée circulaire ou
philosophique.
18) La « chora » au sens transcendantal
Le (non-)Un : é-loignement ou indifférence sans proximité; place primitive
et unique qui em-place le Monde. L'extériorité ou la « chora » en leur
contenu phénoménal réel et comme corrélat de l'Un. La chora : sans
ouverture, distance ou jection ; sans horizon ; comme site non-positionnel.
19) Critique de la topologie (logique des places et logique des forces)
L'oubli dialectique et topologique de la place primitive et de son essence.
La place unitaire comme continuum topologique et positionnel. L'amphibologie
topo-logique occidentale. La logique des places et son complément : la
logique des forces. Place finie et force infinie. La confusion de la force
et du réel. Critique de la distance topologique: le Monde n'est pas le grand
Voisin de l'homme. L'é-loignement irréversible ou l'uni-latéralité du Monde.
20) Le contenu phénoménal de l'uni-latéralité
Latéralité et positionnalité. Le contenu phénoménal de l'uni-latéralisation:
écarter d'un revers-de-main ; opposer une fin de non-recevoir à l'affection
par le Monde. Passivité sans réception. Le vrai dehors-sans-dedans: celui
que détermine en dernière instance l'Un. La finitude comme rasoir d'Occam.
L'humaine philosophie et l'ordinaire comme ordre irréversible.
Irréversibilité et éloignement. L'ordinaire et les principes de la raison.
Section III: La détermination en dernière instance et le (non-)Un
21) Penser le (non-)Un
La vérité transcendantale du (non-)Un, contenu de la détermination en
dernière instance. Le (non-)Un comme donnée immédiate excluant la
transcendance. Le dual, élément du (non- )Un.
22) La causalité de la « dernière instance» ou de la finitude
Ni cause absente ni cause présente. L'exclusion des quatre causes
métaphysiques et de la causalité de l'Autre. La causalité spécifique de la
finitude. La suffisance et la non-aliénation (dans l'action) comme ce qui
détermine en dernière instance.
23) Déduction transcendantale du (non- )Un ou de la « chora »
Le (non-)Un est exigé par la finitude de l'Un pour déterminer le Monde. Le
nondu(non-)Un : indifférence ou défense a priori. Positivité du non-.
Indifférence non pas passive mais par passivité.
Section IV : Critique réelle et critique philosophique
24) L'affect de la critique réelle
La critique réelle: passage du réel à l'illusion. Ce qui la distingue de la
critique philosophique: comme unilatéralisation plutôt que comme limitation.
L'affect de la critique est l'affect de la « chora». Le sens transcendantal
et réel du dual. Le dual comme élément non-unitaire de la critique. Le dual
et le Monde « en soi ».
25) La positivité de la critique réelle
La critique réelle n'est pas une opération philosophique (réduction, néantir,
limitation, destruction). Ni une opération de l'Autre. Indifférence a priori
de l'Un et contingence du Monde. Son em-placement tel quel. Le symptôme,
concept unitaire. Du symptôme à l'hallucination. La critique réelle élimine
le ressentiment de la philosophie unitaire contre le Monde. Elle n'a pas
d'enjeux: le réel n'est pas un enjeu.
Section V: La science du Monde et des Autorités
26) La réalité d'une science absolument subjective du Monde
L'idée de « science absolue ». La philosophie n'est que science
relative-absolue, le sujet fini est science absolue du Monde. Le Monde n'est
pas un ob-jet. La philosophie a des ob-jets, la science n'en a pas ou n'est
pas une partie' de ses objets. Elle exclut le cercle unitaire. La science
absolue est contemplation de l'en soi. Elle exclut la temporalité.
27) La science absolue des mixtes ou des « postdicats »
Le contenu de la science : le Tel quel plutôt que le Comme tel. Le Monde
unilatéralisé ou la contingence de l'en-trop. De l'anté-prédicatif au «
postdicatif » :
Monde, Langage, etc. comme « postdicats ». La science absolue des mixtes,
des totalités et des universels. Science absolue et relativité. La science
absolue appartient à l'homme ordinaire plutôt qu'au philosophe.
28) Critique de la Déduction transcendantale unitaire
L'opération unitaire de la Déduction est une supposition du réel, une
auto-exigence du mixte logico-réel. Caractère illusoire du problème de la
représentation et de sa forme juridico-rationnelle. L'essence impensée de
l'Unité transcendantale. Le droit réel de la Déduction. Mystique et
pragmatique comme contenu réel de la Déduction.
CHAPITRE IV - Pragmatique ordinaire
Section 1 : Pragmatique ordinaire
29) La pragmatique comme critique réelle de la philosophie
La critique pragmatique de la philosophie Suppose une expérience
non-philosophique de la pragmatique comme finie ou réelle. Les « jeux de
langage », critique vicieuse et honteuse de la philosophie. Le pragmatique
unitaire : résiduel et substitutif. Dissocier le mixte logico-pragmatique,
dissoudre l'image langière de l'usage et de l'ordinaire, les reconduire à
leurs structures individuales ou finies.
30) L'usage comme apriori de la pragmatique
L'usage, a priori concret de la pragmatique; l'ordinaire, a priori concret
de la philosophie. L'usage, réel plutôt que possible, exclut le langage, la
transcendance des règles et de leur « application» (la surjectivation) et
les modèles de production du sens logico-Iangagier. L'essence de l'usage:
impensée de la philosophie pragmatique. La vérité transcendantale de 1'«
ordinaire» ou du réel-fini.
31) Pragmatique philosophique et pragmatique réelle
Distinction réelle de l'usage et du Monde. L'usage fini ou inaliénable : une
causalité individuale ou immanente. Subjectivité non-copernicienne de
l'agir. Les quatre « extensions» du concept de performativité.
Section II: L'essence de la causalité pragmatique
32) Du mystique au pragmatique
La causalité pragmatique, concept acquis a priori à partir du sujet fini.
L'ordre subjectif: l'essence précède l'existant, l'existant précède
l'existence. La pragmatique, reconnaissance de la réalité du Monde.
33) La finitude de la pragmatique
Distinction de l'autonomie (unitaire) et de la finitude. Stérilité effective
de la pragmatique finie qui ne transforme pas une matière première. Briser
le parallélisme pragmateia/pragmata. L'usage non-positionnel (de) soi et ses
données immanentes: ni continu Iii aliéné dans le Monde. Falsification
unitaire de l' opérativité (obscurité, inconscient). Interprétation positive
de l'obscurité pratique comme irréfléchie.
34) L'essence de la pragmatique : 1) La pulsion finie
L'agir n'est pas une scission, il atteint le Monde sans transcender vers lui
comme vers un ob-jet. La pulsion non-thétique finie ou indivisible de
l'agir. Agito : j'agis, j'existe. Falsification unitaire de la pulsion en
inconscient. La pratique absolue: sans ob-jet, mais avec un matériau
occasionnel.
35) L'essence de la pragmatique: 2) La donation immédiate de l'Autre
Le corrélat réel de l'usage: non pas les pragmata, mais un Autre
non-thétique. Oubli unitaire de l'essence de l'Autre, sa réquisition
philosophique contre la philosophie. La donation immédiate de l'Autre et ses
données phénoménales. La pulsion révèle un Transcendant vers lequel elle ne
transcende pas.
36) L'essence de la pragmatique: 3) L'Autre, le Signal et le fondement
pragmatique de la communication
L'Autre: résistance a priori ou réelle et non a posteriori ou possible. L'Autre
fini ne limite pas le Monde, il ne procède ni par Renversement ni par
Déplacement, il uni-Iatéralise sur le mode du Support ou du Signal. Le
fondement pragmatique de la communication. Le système Sens/Signal : données
phénoménales réelles de toute communication possible. Le dual et le dualisme
: genèse de la dualité. La finitude des termes ou leur « autonomie» avant l'Unité-des-contraires.
L'Autre légitime partiellement l'Illusion unitaire.
37) Le sens et la science rigoureuse des structures unitaires du Monde
Briser le parallélisme du sens et de la signification logico-Iinguistique.
Le pragmatique et le symbolique. Le critère scientifique de l'unitaire et du
philosophique ne peut pas être unitaire ou philosophique. De l'unitaire à
1'« élargi» : le sens non-thétique comme critère élargi de l'unitaire. Les
Autorités, légitimées comme objet d'une science rigoureuse de l'homme.
03/04/2008