- CF-0.1.0. / le Triptyque,
avertissement
-
- CF-0.1.1. / trois ouvrages coordonnés
: une hérétique (Le Christ futur, une leçon d'hérésie), une
mystique (Théorèmes mystiques), une érotique (Principia amoris,
la science des amants) /
- CF-0.1.2. / le genre de ces ouvrages
: le philosophico-religieux - un style théorique et une méthode
transcendantale qui les distinguent des projets classiques de
"philosophie du christianisme"
- CF-0.1.3. / la nécessité d'un
glossaire des concepts "non-philosophiques" librement empruntés à la
philosophie
-
- CF-0.2.0. / glossaire
raisonné des règles d'écriture (vocabulaire et syntaxe) de la
non-philosophie
-
- CF-0.2.1. / formation des noms
premiers en général : noms premiers, matériau (de la non-philosophie),
abstraction axiomatisante
- CF-0.2.2. / noms premiers pour le
Réel : réel, immanence, un, identité, homme-en-personne (homme-en-homme,
les humains)
- CF-0.2.3. / noms premiers pour la
philosophie - 1. vocabulaire : philosophie, décision philosophique - 2.
syntaxe - suffisance - auto-englobant - La-philosophie - monde
- CF-0.2.4. / noms premiers pour la
non-philosophie - 1. noms pour la philosophie - 2. noms spécifiques pour
la causalité du Réel : détermination-en-dernière-identité, condition
négative, donné-sans-donation, unilatéralité, clone, symptôme, dualyse -
3. noms du sujet de la non-philosophie : sujet, sujet-Etranger (sujet-Christ,
Christ-futur)
CF-1.0.0.
/ LE CHRISTIANISME FUTUR
CF-1.1.0. / concepts
fondamentaux de la science non-chrétienne
- CF-1.1.1. / l'impuissance du
christianisme officiel (théologique et pratique) à assumer les
questions, à entendre les plaintes des victimes humaines - la
non-théologie et le non-christianisme présument en-dernière-réponse l'homme-comme-Christ-Futur
- CF-1.1.2. / le non-christianisme, qui
n'est pas un dogme, se constitue comme théorie pratique de la rébellion,
en s'appuyant sur la dualité de la gnose et du christianisme historiques
- il reprend l'idée d'une lutte hérétique immanente, hors la confusion
grecque de la lutte et de l'agôn - il y a un Sujet-en-lutte (le
Christ-Futur) dont la détermination-en-dernière-identité ou réelle est
l'Homme-en-personne, hors la confusion philosophique du sujet et de
l'homme - finalement on peut distinguer 3 postures : 1) le parti du
christianisme (et de la religion en général) à la solde du "Principe
d'Eglise Suffisante", 2) la prise de position religieuse ou
confessionnelle, à l'intérieur du christianisme institutionnalisé (mais
pas forcément "officiel"), 3) la prise de parti pour (et non
dans) un christianisme considéré dans son universalité et son identité
radicales, soit justement le "non-christianisme" comme théorie-pratique
et non plus comme foi-confession
- CF-1.1.3. / la science hérétique ou
non-chrétienne se veut transcendantale et non empirique ou historique -
ce n'est pas l'étude de la religion mais le sujet-organon capable
de l'expliquer sur des bases réelles, et donc aussi une théorie pour
la religion
CF-1.2.0. / pour
introduire la lutte-comme-première. agôn, rébellion et lutte
- CF-1.2.1. / il existe dans le monde
un Principe de Rébellion Suffisante, faisant cercle avec la Maîtrise,
stipulant qu'on a toujours de bonnes raisons de se rebeller - mais la
rébellion la plus universelle est "à cause sans raison" parce que cette
cause est immanente
- CF-1.2.2. / le mal n'est pas la cause
réelle de la lutte humaine mais son occasion ou sa conjoncture - le
marxisme et la gnose justifient la lutte par l'aliénation de l'homme,
mais il s'agit d'une lutte elle-même aliénée qui méconnait l'essence
inaliénable de l'homme
- CF-1.2.3. / si le phénomène du mal
était une cause première et suffisante de la révolte, pourquoi se
révolter plutôt que fuir ? - la rébellion comme forme universelle de
notre rapport au monde ne se réduit pas à un réflexe de défense contre
les agressions de ce dernier
- CF-1.2.4. / qu'elle soit de défense
ou d'attaque, au service des forts ou au service des faibles, la lutte a
toujours été pensée comme agôn (dirigée contre quelque chose)
mais jamais comme telle
- CF-1.2.5. / trois conditions pour
sortir des cercles vicieux philosophiques de l'auto-défense et de l'auto-maîtrise
: lutter pour et contre la philosophie (forme du Monde), lutter (pour et
contre) plutôt que se rebeller (contre), soumettre unilatéralement le
pour et le contre à l'indifférente cause humaine
- CF-1.2.5. / la cause qui détermine
transcendantalement la rébellion comme forme a priori de notre rapport
au Monde (sans devoir au Monde ses motifs) n'est pas elle-même du Monde
- CF-1.2.6. / l'Homme-en-personne
détermine unilatéralement le Sujet comme existant-en-lutte, et les
raisons mondaines de la rébellion n'interviennent qu'à titre de causes
occasionnelles - la gnose et le marxisme font la théorie de la rébellion
sur des bases encore transcendantes cherchant à donner "raison" à la
rébellion
- CF-1.2.7. / dualyser la rébellion
revient à combiner une première dualité, en l'occurrence religieuse et
philosophique, essentiellement mondaine, avec la détermination humaine
en-dernière-identité qui seule transforme la révolte en
lutte-de-l'Etranger
CF-1.3.0. / terreur
et théorie
- CF-1.3.1. / le théorisme
gnostique contre la culture et la dénonciation nietzschéene du
thérrorisme, deux éléments du théoricisme philosophique
- CF-1.3.2. / la possibilité d'un mal
conjoncturel comme le terrorisme appartient à la logique interne de la
philosophie
- CF-1.3.3. / le théoricisme est un
nihilisme découlant de la structure spéculaire propre à l'auto-position
philosophique et à la transcendance en général
- CF-1.3.4. / guerre et philosophie
sont des modes plus doux et plus supportables de la terreur
originelle, et la théorie au sens philosophique est une
représentation policée du théoricisme spéculaire - ces
représentations excluent en principe le purisme terroriste,
irréfléchi et aveugle, si ce n'est sous une forme encore typiquement
philosophique : le thérrorisme
- CF-1.3.5. / la rigueur théorique
de la non-philosophie, expression d'un savoir indocte (la Vision-en-Un),
fait face à terreur théoriciste avec ses croyances et ses savoirs
transcendants
- CF-1.3.6. / la non-philosophie est
aussi une pratique de lutte unilatérale qui abandonne à la philosophie
la guerre et ses armes bifaciales (tournées à la fois contre l'autre et
contre soi) - elle fait face au praticisme (pour qui la pratique
est une fin universelle) au moyen d'axiomes et de théorèmes
irréversibles plutôt qu'absolus (tournés vers la philosophie seulement)
- CF-1.3.7. / théoricisme et terreur,
fondés sur la pureté spéculaire et la haine de l'homme, ont donné
respectivement la philosophie et la guerre, dont le principe est le
cercle vicieux
- CF-1.3.8. / l'auto-spécularité
philosophique est en manque de Réel, c'est pourquoi la religion
(monothéiste) lui est co-constitutive
- CF-1.3.9. / le monothéisme concentre
parfois l'unité spéculaire dans une forme de transcendance pure ou
intégriste à laquelle s'identifient les croyants - l'excès divin se fait
absence du côté juif et s'applique comme terreur négative sur des
individus en manque d'identité (mais aussi corollairement comme
terrorisme d'Etat), tandis qu'il se manifeste comme présence étouffante
et excès d'identité côté islamique, entraînant plutôt un terrorisme
actif aux plans individuel et sectaire (mais un pacifisme d'Etat).
- CF-1.3.10. / il y a bien un critère
de partage entre, d'une part, la pensée non-philosophique qui laisse l'homme-en-Homme
et le réel en-Réel et, d'autre part, la pensée philosophico-religieuse
qui martyrise l'humain et hallucine le Réel - c'est le radical
immanent de l'une, précédant toute dualité, qui fait la force du
sujet-en-lutte, et c'est l'absolu transcendant de l'autre, unité
spéculaire, qui cause la menace de tous les terrorismes
- CF-1.3.11. / suprême arrogance : non
seulement le théoriciste hallucine le réel mais encore vous hallucine
prisonnier de sa vision du réel
- CF-1.3.12. / le théoricisme aime
faire "table rase", parfois à la manière terroriste en coupant
l'intelligence, parfois en s'adossant à l'intelligence (réduction
logique, doute, révolution) - la non-philosophie le fait en s'adossant
au réel de l'en-passé et en se tournant vers le sujet-futur
CF-1.4.0. / appel
des noms premiers
- CF-1.4.1. / le nom premier de l'Homme-en-Homme
ou en-Personne autorise, en son nom, l'appel de tous les autres
- CF-1.4.2. / on appelle le "Monde",
comme étant la représentation unique du visible et de l'invisible, du
monde et de l'extra-monde
- CF-1.4.3. / on appelle les "Vivants",
comme étant les humains révélés par leurs conditions de victimes et
d'assassinés, parce que ce sont des hommes
- CF-1.4.4. / on appelle les "sujets-Christs",
comme étant les clones de l'Homme-en-Homme luttant avec le Monde et ses
représentations
- CF-1.4.5. / on appelle les
"Hérétiques", comme étant les vivants révélés par leur persécution et
déterminés sous la forme du Christ Futur
CF-1.5.0.
/ les assassinés et les persécutés
- CF-1.5.1. / être Vivant c'est être
persécuté par un Monde qui veut donner la vie et surtout la mort mais
n'admet pas la Vie comme le donné réel
- CF-1.5.2. / les Vivants (ou les
Inconsistants) sont les assassinés du Monde et sont ainsi révélés comme
Hommes-en-personne
CF-1.6.0. / de la
vie au Vécu-sans-vie
- CF-1.6.1. / comme universel
philosophique, "La-vie" ne peut exprimer autre chose qu'une forme de
subjectivité mondaine, donc une fausse immanence
- CF-1.6.2. / le christianisme a opposé
une vie mondaine et une vie céleste, propre à l'homme sauvé, mais cette
dernière immanence reste prise dans la forme transcendante d'une extase
ou d'une attente
- CF-1.6.3. / la gnose historique
préserve plus radicalement la vie dans l'immanence du savoir (plutôt que
de la foi), mais en projetant extérieurement l'attente (de l'autre vie)
dans la transcendance chrétienne, elle en conserve la mythologie
- CF-1.6.4. / le non-christianisme
réduit tout élément de transcendance et ne garde de la vie que l"être-en-vie"
ou le "vivant", ou encore le "Vécu-sans-vie" sans consistance
ontologique (immanence réelle et non transcendantale) - elle est ce
déterminé hors-monde qui cause le sujet-Christ transcendantal
vivant-pour-le-Monde
CF-1.7.0 ./ l'Homme-en-personne.
critique de la Trinité
- CF-1.7.1. / les trois personnes de la
trinité chrétienne trouvent leur contenu phénoménal dans l'en-Personne,
vidé de toute connotation anthropologique, logique (système de la
décision philosophique 2/3-3/2) ou ontologique
- CF-1.7.2. / l'Homme n'est pas à part
dans la création mais hors création - il est la cause réelle (plutôt que
première: distinction primauté/priorité) capable de cloner un Fils
immortel (hors-monde et donc crucifié par celui-ci)
- CF-1.7.3. / les trois instance "en-Personne"
sont 1) l'Homme incréé, 2) le Fils comme Christ Futur ou sujet, 3)
l'Amour Saint (contre l'Esprit narcissique philosophique)
- CF-1.7.4. / ce sont des symboles
non-conceptuels en rupture avec l'anthropo-théo-logie chrétienne (ou
même gnostique) inspirée de la grecque, formant un organon de libération
plutôt qu'un système
CF-1.8.0.
/ non-consistance de l'Homme-en-personne
- CF-1.8.1. / étant inconsistant, l'Homme-en-personne,
peut être désigné par des symboles indifférents qui sont des concepts
dualysés
- CF-1.8.2. / sans consistance se dit
de la radicale Identité humaine, immanente en-Un et non en-soi - l'Homme
n'a pas d'essence religieuse, mais peut pratiquer un rapport religieux
au Monde via un Fils cloné à partir de l'homme-monde et du Dieu-monde
- CF-1.8.3. / le savoir indocte que
possède l'Homme fait de lui un être im-monde et plus qu'absurde
- CF-1.8.4. / contrairement à
l'intransigeance gnostique, le non-christianisme prône l'assistance au
Monde à partir du sujet-Christ séparé du Monde
CF-1.9.0. / pour une
théorie unifiée du christianisme et de l'hérésie
- CF-1.9.1. / comme tout système
organisé, le christianisme est constitué par une ligne de partage
(d'ailleurs mouvante) entre une orthodoxie unique, censément détentrice
de la vérité, et des hérésies multiples, à la fois en-dehors et
au-dedans du système
- CF-1.9.2. / le "Principe d'Eglise
Suffisante" s'applique au christianisme en tant que régi par une faction
dominante (l'"Eglise") ayant décidé de la dissidence des autres (les
hérésies)
- CF-1.9.3. / le non-christianisme va
plutôt remodéliser le christianisme à partir de sa variante hérétique
(utilisée comme occasion), et réaliser ainsi en-l'Homme la théorie
unifiée du christianisme et de l'hérésie (plutôt que l'unité
supposée de l'orthodoxie et de l'hérésie dans le-christianisme)
- CF-1.9.4. / l'Etre-Temps extatique
n'est plus déterminant en-l'Homme qui, en tant que Passé (ou Vécu)
radical, unilatéralise le-temps mondain dans ses trois dimensions au
moyen d'un sujet-Christ-Futur directement déterminé par lui
CF-1.10.0 / les
trois sources du christianisme futur
- CF-1.10.1 / les trois sources du
christianisme futur sont prélevées dans le-christianisme historique. -
1) le primat du savoir sur la foi, d'après la gnose, redéfini en-l'Homme
- 2) l'expérience hérétique en général de la séparation d'avec le Monde
- 3) la notion orthodoxe de salut christique, radicalisée dans le
sujet-Christ
- CF-1.10.2. / les trois sources du
christianisme futur dessinent un programme de recherche pour établir 1)
la primauté de l'Homme-en-personne, 2) unilatéraliser le-monde et
suspendre le Principe d'Eglise Suffisante, 3) "humaniser" le monde en la
figure du Christ Futur non-chrétien
CF-2.0.0.
/ POUR INTRODUIRE LA PHILOSOPHIE A L'HERESIE
CF-2.1.0. /
l'universalité de la question hérétique
- CF-2.1.1. / l'hérésie et la gnose
considérées comme occasions historiques du non-christianisme
- CF-2.1.2. / à côté de la Shoah qui
fut le crime inexpiable contre l'altérité d'un peuple, un crime
qui a fait trébucher l'histoire, une seconde persécution universelle,
mais oubliée celle-ci car transhistorique et peut-être anhistorique, fut
perpétrée contre ceux qui revendiquèrent simplement et de tout temps
leur identité : ce sont les hérétiques
- CF-2.1.3. / la signification
universelle de la Shoah pour l'humanité ne fait pas de doute, mais
encore faut-il pouvoir arbitrer la guerre entre les différentes
conceptions de l'universel - la philosophie et ses catégories, par
exemple, ne semblent pas comprendre l'affect du malheur et le sentiment
d'unicité des juifs, qui revendiquent un universel "autre" ou
particulier - seul le point de vue de l'hérésie permet de reconnaître la
pluralité des universels en fonction de l'Identité et de l'universel qui
lui appartient
- CF-2.1.4. / les hérétiques sont
assassinés parce que ce sont des hommes qui, comme tels,
affirment une identité non-négociable - philosophes, théologiens et
historiens ne sont pas prêts de reconnaître cet homicide par excellence
(le crime de l'Homme-Un), eux qui statuent sur la définition
juridico-morale du "crime contre l'humanité"
- CF-2.1.5. / on se souvient du crime
contre les hérétiques comme le criminel se souvient de son acte,
mémoire-symptôme qui entretient bonne et mauvaise conscience
indissolublement au nom du Grand Conformisme - mieux qu'un inconscient
collectif, ce crime hors-mémoire relève pourtant d'un savoir indocte
commun à tous les hommes - c'est le savoir de la victime (humaine),
davantage que la conscience non pacifiée de l'otage (juif)
CF-2.2.0. / la
révélation hérétique
- CF-2.2.1. / "hypothèse des hommes
assassinés" : parce qu'il est sans-consistance, l'homme est cette
victime ou cet Assassiné dont la pensée hérétique fait son terme
premier, et qui offre le seul point de vue réellement humain sur
l'histoire (dite "universelle")
- CF-2.2.2. / les hérétiques sont
d'autant plus "mis à la question" par les Eglises et les théologiens
qu'ils refusent d'être questionnables ou "mis en question" en tant
qu'hommes - il n'y pas de "question hérétique" comme il y a une
"question juive", parce que les hérétiques apportent la réponse à cette
dernière et permettent de l'universaliser sans la "réviser"
- CF-2.2.3. / l'appropriation de type
herméneutique de l'hérésie et de la gnose s'apparenterait par principe à
une "révision"
- CF-2.2.4. / le non-christianisme
n'entend pas réviser, guider, ou nier les interprétations théologiques
de la gnose hérétique, mais doit les utiliser à titre de matériaux pour
une pensée rien-qu'humaine, comme elle utilise d'ailleurs la gnose
historique elle-même qui ne présente aucun intérêt immédiatement "non-philosophique"
CF-2.3.0. /
l'hérésie comme identité radicale
- CF-2.3.1. / au sens religieux,
l'hérésie est une négation performative, symptôme d'une identité
immédiate
- CF-2.3.2. / en philosophie, l'hérésie
n'a même pas été reçue à la dignité d'un concept, d'où la
"disponibilité" de ce terme
- CF-2.3.3. / assimilée au mal absolu
par les églises, l'hérésie ne peut être comprise théologiquement
- CF-2.3.4. / de même que l'hérésie
religieuse a été investie par le dualisme gnostique, elle est fécondée
cette fois par une théorie de l'Un radical, non-métaphysique et humaine
CF-2.4.0.
/ la gnose contre la philosophie
- CF-2.4.1. / la gnose ne part pas de
questions métaphysiques posées sur l'Etre mais plutôt de l'Homme comme
unique solution apportée aux questions
- CF-2.4.2. / la gnose historique a
posé pour la philosophie la question de l'Eon, de l'en-Un, pour
tenter de rompre avec la généralité de l'Etre et l'autorité des Essences
- même si elle pratique encore le couplage unitaire (de l'Un et de
l'Etre, mais en faveur de l'Un), elle déborde l'affect judaïque de
l'Autre autant que la révolution chrétienne du sujet
- CF-2.4.3. / en tant qu'hérétique, la
gnose fait valoir autant son esprit de séparation que son désir
d'identité, et, même si elle confond encore l'Identité avec l'Unité,
elle se sépare en droit de la philosophie qui réconcilie dialectiquement
l'Autre et le Même, Dieu et les Hommes, et semble ainsi "récupérer" la
gnose (Hegel)
- CF-2.4.4. / la pensée de la Vie, qui
sous-tend la gnose, sera l'occasion d'une modélisation du christianisme
(plutôt que d'une rupture naïve), et de son Dieu en tant qu'Etre
(métaphysique) aussi bien que Vie (mystique), mais sous la guise du
Vécu-sans-vie et de l'Homme-en-personne
CF-2.5.0. / sauver
la gnose
- CF-2.5.1. / la gnose, qui rêve d'une
extériorité absolue au Monde, doit être encore sauvée de la
transcendance
- CF-2.5.2. / la gnose doit abandonner
son approche métaphysique de l'Un et sa conception mondaine de l'Homme
(comme prisonnier du Monde) pour accéder à une pensée transcendantale
réelle (non idéaliste, mais "à cause" du réel) et déterminée par l'Homme
- CF-2.5.3. / l'hérésie non-chrétienne
ne se propose pas d'inverser l'hérésie historique, comme l'immanence
réelle n'est pas simplement l'inverse de la transcendance idéaliste - la
logique en-Un implique une détermination unilatérale et non spéculaire
- CF-2.5.4. / face au salut chrétien,
qui se présente comme l'envers unitaire de la création (d'ailleurs
manquée, selon les gnostiques), la gnose non-chrétienne cherche plutôt à
sauver ensemble le Dieu créateur et le Christ sauveur, par la "grâce" de
l'Homme et de son clone, le sujet-Christ Futur
CF-2.6.0. / le
mauvais théoricien
- CF-2.6.1. / les nouveaux gnostiques
ne rejettent pas le monde, comme les anciens, ni ne cherchent à "se"
connaître, comme les philosophes, mais sur la base du savoir indocte
humain, disposent de moyens "scientifiques" pour connaître (c'est-à-dire
modéliser) cette forme-monde qu'est justement la philosophie
- CF-2.6.2. / le mauvais théoricien
qu'est le philosophe entérine l'oeuvre ratée du mauvais démiurge - le
nouveau gnostique propose une axiomatique transcendantale sur la "foi"
(non-croyante) du savoir immanent de l'Homme
CF-2.7.0.
/ le réel hérétique ou séparé
- CF-2.7.1. / "réveillez-vous!", c'est
l'injonction du philosophe qui exprime sa foi en lui-même - "je (suis)
un Eveillé donc j'éveille", c'est le théorème du gnostique (non-philosophe)
qui exprime son savoir (du) réel
- CF-2.7.2. / parce que l'Un-en-Un (au
sens non-philosophique) est l'oublié radical, il exclut l'oubli ou le
retrait (au sens de l'oubli de l'Etre en philosophie)
- CF-2.7.3. / la philosophie n'a oublié
l'Un que parce qu'elle est incapable de réellement l'oublier - les
hérétiques qui ont épousé sa cause, depuis toujours perdue, se situent
comme lui hors mémoire et hors refoulement, à tout jamais exterminés
- CF-2.6.4. / si l'hérésie connaît une
forme de décision, elle n'a plus rien à voir avec la décision
philosophique, car 1) c'est une décision sans séparation, performée
selon l'identité et la radicalité, 2) qui connaît un séparé précédant
toute séparation ou transcendance, 3) qui est unilatérale plutôt que
réversible, 4) qui distingue le radical immanent de l'absolu
transcendant, 5) c'est une pensée pour la philosophie-Monde et 6)
non pour quêter un réel philosophable
CF-2.8.0. / les
aventures de la séparation
- CF-2.8.1. / selon l'ordre dérivé de
l'Un, l'hérésie se distingue d'abord par l'indifférence au Monde, puis
par le "rejet" transcendantal (ou unilatéralisant) de celui-ci
- CF-2.8.2. / l'Un(-de-l'Un)
philosophique, par sa structure spéculaire, n'est jamais totalement
séparé du Monde, tandis que l'Un-en-Un reste en-lui-même, sans la
moindre identité à soi ni même séparation d'avec le monde
- CF-2.8.3. / les hérétiques furent
persécutés, non en tant que séparés, mais en tant que
sectaires accusés de sécession par l'Eglise - or ce n'est pas
l'hérétique qui se sépare, mais bien l'immanence qui sépare,
tandis que la transcendance, se séparant, veut unifier le Monde
- CF-2.8.4. / les énoncés hérétiques
empruntent le langage philosophique mais 1) en le privant de sa
prétention à définir le réel, 2) en le dualysant, c'est-à-dire en
transformant ses thèses et ses dogmes en axiomes et en théorèmes
non-philosophiques
- CF-2.8.5. / la non-consistance du
Vécu humain, voilà ce qu'est l'hérésie, et l'impossibilité de négocier
l'être-séparé de l'homme en termes de principes philosophiques ou
théologiques
CF-2.9.0. / décision
hérétique et décision philosophique
- CF-2.9.1. / le choix de
l'unilatéralité au sens de la séparation réintroduit l'hérésie dans le
camp de la décision et du système philosophique
- CF-2.9.2. / le choix de l'unité ou de
la division dans l'unité caractérise la philosophie - il faut faire le
choix de l'Identité sans division (même si la division et l'identité
sont... identiques "en-dernière-identité") et pour cela accorder à
l'Identité la plus grande universalité, sans la rabattre sur la
singularité - ainsi délivrons-nous l'hérésie du sectarisme
- CF-2.9.3. / on ne "choisit" pas
vraiment l'hérésie puisqu'il n'est pas question de prendre "parti" -
d'autre part, en l'absence de raison suffisante, elle relève de la
nécessité du Réel
- CF-2.9.4. / les motifs et les raisons
de l'hérésie sont déterminés en-dernière-identité par l'hérésie
elle-même (l'être-homme), bien qu'ils servent de déterminants
occasionnels pour celle-ci - l'impératif hérétique relève d'un performé
minoritaire, réel et non subjectif, tel que la partie peut déterminer le
tout en-dernière-identité
CF-2.10.0. / hérésie
et différence
- CF-2.10.1. / la Différence reste le
paradigme philosophique universel, soit comme inclusion disjonctive
(chez les anciens) soit comme disjonction unitive (c'est le retrait, la
différance ou le différend des modernes) - qu'elle soit fondée en raison
ou bien réputée impossible, la décision comporte une unilatéralité
seulement restreinte, laissant tôt ou tard le philosophe émerger en
sauveur (et en catastrophe)
- CF-2.10.2. / la décision hérétique
possède une autonomie radicale par rapport à ses motifs, d'autant mieux
qu'elle admet une cause nécessaire mais non contraignante (le réel
n'étant ni une volonté ni un automaton)
- CF-2.10.3. / l'Indécidé est la cause
réelle de la décision hérétique, tandis que l'indécidable constitue le
prolongement logique de la décision philosophique
- Cf-2.10.4. / l'unilatéralité
hérétique a la structure de l'Autre que, tandis que
l'unilatéralité philosophique (et religieuse) est celle de l'Autre de
- CF-2.10.5. / l'unilatéralité
hérétique détermine les singularités, tandis qu'en philosophie elles
s'échappent de l'unité... et y retournent
- CF-2.10.6. / Identité et
unilatéralité préservent l'hérésie de tout monisme et de tout dualisme
métaphysiques : elles ne s'opposent pas puisque la seconde est
strictement ordonnée à la première - tandis que la philosophie les
sépare abstraitement et les réunit sous la guise d'une transcendance
ultime
- CF-2.10.7. / étant unilatérale,
(non-)partisane d'un seul bord, l'hérésie ne fait pas un Tout du Monde
et des arrière-Mondes - c'est pourquoi elle destitue les totalité
autoritaires
CF-2.11.0.
/ dualyse. critique. déconstruction
- CF-2.11.1. / les effets critiques
voire destructifs de l'hérésie sur la philosophie relèvent du clonage,
et non du dépassement ou de la déconstruction - ils déterminent enfin la
philosophie dans son identité
- CF-2.11.2. / la force de l'hérésie
réside dans sa non-consistance même, son abstraction sans concept, qui
font office de causes nécessaires mais non suffisantes
CF-2.12.0. / de
l'élection judaïque à l'hérésie
- CF-2.12.1. / l'élection judaïque du
moi par l'Autre relève d'une transcendance hyperbolique qui ne fait que
repousser aux limites du rationnel la convertibilité propre au logos -
l'hétéronomie qui me fait otage se convertit en autonomie de la
responsabilité - il s'agit d'une hérésie dans les limites de la simple
philosophie, qui ne fait pas encore de moi un élu-sans-élection ou un
converti-sans-conversion
- CF-2.12.2. / l'Autre absolu des juifs
se veut autrement-qu'être et rupture du continuum universel, mais ne
parvient pas à l'Un-sans-Etre des hérétiques et son propre mode
d'universalité
- CF-2.12.3. / il ne s'agit pas de
généraliser ou de banaliser la Shoah en y "associant" les crimes commis
contre les hérétiques (ce serait le pire des révisionnismes), mais
d'admettre la systématicité et l'immédiateté de ces derniers crimes
comme étant la "solution initiale" adoptée par tous les pouvoirs, et
dont la "solution finale" constituerait la plus grande extension
historique
CF-2.13.0. / les
deux sources de l'hérésie
- CF-2.13.1. / l'hérésie ne peut pas se
confondre en droit avec les hérésies historico-religieuses, sectes ou
confessions formées par dissidence, qui présentent encore des raisons
plus ou moins avouables et postulent toutes le Principe d'Eglise
Suffisante
- CF-2.13.2. / on ne distingue pas
seulement l'identité hérétique et la micro-unité sectaire pour
"protéger" la première de la seconde, mais pour distinguer l'identité
sans principe et sans essence de la première de son mélange avec
la seconde, qui n'est précisément que mélange et confusion dogmatique
- CF-2.13.3. / l'hérétique ne tient pas
son indivi-dualité d'une sécession d'avec le religieux ou même l'hérético-religieux,
mais plutôt de la cause humaine immanente et sans-essence
CF-2.14.0.
/ la catégorie du sectaire ou de l'hérético-religieux
- CF-2.14.1. / procédant d'une fausse
indivi-dualité et générant une mauvaise universalité, le sectaire
s'identifie à un principe transcendant personnalisé qui ne fait que
reproduire le principe d'autorité clérical
- CF-2.14.2. / l'histoire a condamné
les hérésies parce que celles-ci se sont condamnées à l'histoire, en
devenant des mico-religions ou en se faisant tout simplement exterminer
- les multitudes hérétiques sont d'ordre transcendantal et non
historique
- CF-2.14.3. / ne pas seulement
distinguer le sectaire de l'hérétique, mais dualyser le mixte
hérético-religieux dans son ensemble, à titre de symptôme général de
l'hérésie
CF-2.15.0. / église,
secte, suréglise. le principe d'église suffisante
- CF-2.15.1. / il est difficile de
distinguer précisément le sectaire du religieux proprement dit tant
leurs procédés aliénants et leurs complicités (avec l'argent, le sexe et
le pouvoir) se ressemblent et s'échangent, tant leur soumission à
l'histoire équivaut aujourd'hui à leur généralisation planétaire
- CF-2.15.1. / la distinction des
sectes et des églises garde quelque pertinence : autant l'église se veut
fédérative et relativement ouverte, autant la secte se veut exclusive et
fermée sur elle-même - mais cette différence (exposition/retrait)
s'efface derrière un but commun qui consiste à servir de base au
Principe d'Eglise Suffisante
- CF-2.15.2. / les églises ne sont
jamais que des sectes qui ont "réussi" leur séparation unitaire, et les
sectes des églises manquées en séparation continuée - les deux facteurs
réunis constituent la "suréglise" (incarnée idéalement par l'Eglise
romaine, dans sa volonté d'universalité et d'unicité), qui n'est autre
que le principe d'exploitation totalitaire des sujets humains
- CF-2.15.3. / les sectes vivent sur
des dogmes éculés et nourrissent le fantasme d'une totalité perdue,
tandis que l'hérésie est déterminée par le séparé ou le vécu humain
radical et tournée seulement vers le futur des sujets
CF-2.16.0. / pour
une église-sujet ou organon. contre le Principe de Sacrement Suffisant
- CF-2.16.1. / le Monde est le lieu
d'une confusion tendancielle des églises et des sectes, le lit d'une
injustice que les "intellectuels" ne suffisent plus à dénoncer - le
"programme" hérétique est d'universaliser la lutte avec la seule arme
théorique de la "dualité unilatérale"
- CF-2.16.2. / l'Eglise-sujet ou
organon est le concept d'une Eglise dualysée, aussi bien sous sa face
dogmatique unitaire que sous ses aspect le plus déliquescents
- CF-2.16.3. / le sacrement organon (ou
baptême du sujet) s'affranchit de la suffisance divine, et ne s'effectue
par "par la grâce" de l'Homme-en-personne - l'église-sujet qui donne ce
"sacrement" n'est plus elle-même sacralisée ni instrumentalisée
CF-2.17. 0. / la
dualité hérétique contre le dualisme
- CF-2.17.1. / le dualisme
métaphysico-religieux repose sur le principe d'une Unité transcendante
qui résorbe toujours la Dualité (elle-aussi transcendante), même quand
celle-ci fait l'objet d'une position apparemment prioritaire
- CF-2.17.2. / la dualité unilatérale
n'engendre aucun dualisme, car elle signifie la dualité du Sans-principe
(Un) comme premier par immanence avec le Principe même de priorité par
transcendance ou exclusion, c'est-à-dire le couple Un-Deux, d'où
émergent toutes les positions philosophiques y compris le dualisme
- CF-2.17.3. / la Vision-en-Un n'est
pas un monisme qui expliquerait le Monde par division ou émanation, ou
qui viserait sa résorption - elle détermine du Monde comme étant la
division même et programme le clonage du sujet-Christ à partir de ce
Monde
- CF-2.17.4. / il n'y a pas de mal
absolu ou pur (comme dans le dualisme), mais un mal-mélange (nommé
"Etre" en philosophie, soit le mixte de l'immanence et de la
transcendance) où l'Homme puise (par clonage) l'occasion de son
existence comme sujet-Christ - en "face", il n'y a pas d'Unité si
absolue qu'on devrait la dire du "Non-Etre", seulement l'Un immanent ou
inhérent(à) soi, de sorte que c'est plutôt l'Etre qui doit être dit
"non(-Un)" (ou "(non-)Un" en tant qu'affecté aussi par l'unilatéralité)
- CF-2.17.5. / la Vision-en-Un, en se
détachant du Principe des principes (l'obsession d'être "premier" et
"directeur") détermine aussi bien le monisme que le dualisme, dans leurs
versions religieuses comme dans leurs versions philosophiques
CF-2.18.0.
/ penser "fiction"
- CF-2.18.1. / la théorie unifié du
christianisme et de l'hérésie s'effectue de manière quasi-conceptuelle
en utilisant les matériaux symboliques et conceptuels comme de simples
outils
- CF-2.18.2. / la théorie hérétique
mérite le titre de "fiction" dans la mesure où, de son point de vue,
toute performation théorique le cède en-dernière-identité au performé
réel, et parce qu'elle réutilise par clonage les éléments conceptuels et
mythologiques du philosophico-religieux
- CF-2.18.3. / l'hérésie est une
théorie déterminée par un savoir indocte, produisant une connaissance à
partir de n'importe quel matériau philosophico-mondain
- CF-2.18.4. / même si les matériaux de
pensée sont divers et finalement secondaires pour les deux, il faut
distinguer le syncrétisme des hérésies historiques et le "fictionnel" de
l'hérésie universelle et non-philosophique - seule celle-ci allie la
rigueur d'une science, la généralité d'une philosophie et la liberté
d'une fiction
- CF-2.18.5. / il ne s'agit pas de
ressusciter la foi hérétique, mais d'en autoriser le plein usage au
moyen d'une conceptualisation adéquate
CF-2.19.0. / de
l'utopie comme ascèse et résistance
- CF-2.19.1. / si les hérésies
religieuses se voulaient utopiques et n'étaient qu'imaginaires,
l'hérésie non-philosophie est l'utopie du Réel en tant qu'Homme-en-personne
non-représentable, Vécu-sans-vie capable de changer la vie
- CF-2-19.2. / l'utopie ne consiste pas
à réveiller des hérésies imaginaires, ni à prend la place de la
philosophie et de la religion, mais à revendiquer la non-place de l'Homme-en-personne
par la résistance du sujet-Christ dans le Monde
- CF-2.19.3. / l'hérésie n'est pas un
espoir révolutionnaire, un point de vue sur le monde ou une volonté
ascétique et nihiliste, mais une pauvreté d'esprit et une pensée rien-qu'humaine,
l'ascèse immanente d'être-homme seule capable de donner le Monde
CF-3.0.0.
/ LE PASSE FORCLOS A LA MEMOIRE
CF-3.1.0. la
suffisance de la mémoire et l'ultimation hérétique
- CF-3.1.1. / l'oubli ne saurait
expliquer à lui seul le déni de justice dont souffrent les hérétiques,
et à l'inverse exiger un devoir de mémoire ou se complaire dans la
compassion les réduirait à un objet de la mémoire, qui les
réhabiliterait autant que leurs bourreaux - il ne suffit pas de rappeler
ce qu'on leur a fait, il faut se souvenir de ce qu'ils furent
- CF-3.1.2. / c'est en qu'Hommes que
les hérétiques furent victimes, et non en tant qu'hérétiques que
certains hommes furent persécutés - la justice demeure la meilleure
auto-défense des criminels lorsqu'elle fait mine d'oublier l'Homme et
son vécu insolvable par le seul jugement et la mémoire des actes commis
CF-3.2.0. /le temps
hérétique. du passé-en-mémoire à la mémoire-en-passé
- CF-3.2.1. / la Shoah, crime bien
réel, fonctionne aussi comme symptôme des insuffisances de la mémoire
- CF-3.2.2. / les concepts attachés à
la Shoah et à sa mémoire, servent aussi comme termes premiers dans une
axiomatique hérétique
- CF-3.2.3. / en philosophie, on a
toujours considéré le passé comme représentable ou comme un élément
immanent à la représentation : philosophable plutôt que réel
- CF-3.2.4. / le passé (en-passé, ou
en-identité) est immanent en tant que réel et non en tant que mémoire -
il ne peut donc être oublié puisque forclos à la mémoire - globalement
il n'est plus une dimension subjective
- CF-3.2.5. / le passé réel assume une
fonction de sujet futur en clonant la mémoire mondaine
- CF-3.2.6. / la temporalité
philosophique est le symptôme du temps futur inextatique que le passé
inconsistant détermine en-dernière-identité
- CF-3.2.7. / cloner la mémoire comme
futur, voilà qui préserverait notre rapport à la Shoah de tout
conformisme et radicaliserait la critique du révisionnisme
- CF-3.2.8. / le temps-sujet futur fait
exister le passé radical, non en le représentant spéculairement, mais
pragmatiquement en reprenant le "travail de mémoire" et en faisant
exister autrement la mémoire-Monde (de l'Histoire, du Mythe, etc.)
- CF-3.2.9. / l'idéologie victimaire
est historiciste (sous-ensemble du théoricisme) et verse dans une forme
de révisionnisme, voire de négationnisme à l'égard du passé radical
CF-3.3.0.
/ le révisionnisme 1. la mémoire et l'oubli
- CF-3.3.1. / la philosophie donne la
primauté comme la priorité à la mémoire sur le passé, faisant indûment
de celui-ci un objet de celle-là
- CF-3.3.2. / le devoir de mémoire
lui-même a été révisé "chrétiennement" en une quête herméneutique ou une
obsession historique réduisant les victimes à leur témoignage
- CF-3.3.3. / la philosophie est
révisionniste par idéalisme, la représentation du crime dans la mémoire
prolongeant la victimisation et entérinant l'oubli de la victime
- CF-3.3.4. / seule l'hérésie donne à
penser l'histoire selon le crime (et non l'inverse), un crime
im-mémorial dont le savoir indocte détermine de nouvelles formes de
mémoire ou d'oubli
- CF-3.3.5. / l'hérésie est moins un
mode de pensée disparu qu'un "pensé" en-passé valable universellement
pour tout homme (hérétique, juif, etc.), un réel anhistorique valant
comme condition universelle négative de l'histoire - l'être-humain-en-personne
ne peut être honoré que par une dette radicale, précédant de toujours la
mémoire "due" aux persécutés
CF-3.4.0. / le
révisionnisme 2. le tribunal de l'histoire
- CF-3.4.1. / la victime met en cause
le savoir supposé objectif de l'historien et, au-delà, la commune
définition de l'homme comme sujet historique - elle détermine
l'existence d'un sujet-Futur pour-le-Monde et non dans le Monde
historique
- CF-3.4.2. / l'anti-historicisme
théorique n'a évidement rien à voir avec le post-historicisme
révisionniste, lequel n'est jamais qu'un symptôme du tout-historique
moderne - il faut aller plus loin et considérer l'histoire comme le
symptôme de la science transcendantale des humains, et identifier le
révisionnisme avec le Principe d'Histoire Suffisante qui veut attribuer
à tout malheur humain une raison historique suffisante
- CF-3.4.3. / l'Eglise cherche à
ramener les hérétiques au rang de schismatiques, postulant leur rupture
avec une unité première (la sienne) - de la même manière des historiens
assimilent les génocides à des réflexes défensifs de la part d'Etats se
sentant menacés dans leur unité, mais ce lien supposé entre criminels et
victimes doit être lui-même décalé et assimilé globalement au
système-génocide, véritable symptôme de la forclusion de l'Homme-en-personne
- CF-3.4.4. / l'hérésie nous fait
refuser la loi philosophique du ressentiment qui est celle de la
conscience légitimante par laquelle le criminel possède une seconde fois
sa victime, la faisant participer à la faute et à son effacement
CF-3.5.0. / le
révisionnisme 3. rendre justice. qui sont les Justes ?
- CF-3.5.1. / une victime n'a pas
seulement "droit" à la justice, elle est la justice en-personne, plus
exactement sa condition nécessaire mais non suffisante (elle ne
participe pas à la justification du crime qui la rendrait
co-responsable)
- CF-3.5.2. / la victime est plus
qu'impensable philosophiquement, mais la non-pensée de la victime
conditionne une pensée selon-la-victime - la victime ne demande pas
justice, mais ce silence ni stratégique ni accusateur est la condition
d'une justice selon-elle - ce silence ne renouvèle pas seulement le
langage d'une éthique du sujet selon l'Autre (cas des juifs), mais les
termes d'une mystique selon l'Homme
- CF-3.5.3. / le non-révisionnisme part
du principe que les malheurs ne se mesurent pas et ne se comparent pas
les uns aux autres, car il ne considère que leur identité - la Shoah
comme la persécution des hérétiques sont des Ultimatum lancés à la
philosophie pour qu'elle taise ses guerres intestines et qu'elle cesse
de justifier le crime - évidement cet Ultimatum n'espère pas être
"entendu", son effet est rigoureusement immanent
- CF-3.5.4. / la justice ne peut pas
être "rendue" aux Hommes puisque eux seuls peuvent la donner (et dans un
second temps, éventuellement, programmer sa reddition)
- CF-3.5.5. / pour juger les crimes
commis contre l'humain, le juste ne sera pas investi juridiquement
(selon des critères toujours discutables), ou philosophiquement par une
transcendance en-soi de la Justice (Platon), ou par l'appel à une
transcendance "très-Hautre" (Levinas), il ne peut être justifié
(-sans justification) qu'en tant qu'Homme-en-personne (seulement comme
condition nécessaire) ou en tant que sujet-Christ (par son action sur
la philosophie)
- CF-3.5.6. / l'Homme-en-personne est
le Juste-dernier qui clone un justifié-premier (le
sujet-Christ comme opérateur de justice), non en créant ex-nihilo la
justice mais à partir des moyens de la justice mondaine
CF-3.6.0. / l'homme,
cause et objet de la forclusion philosophique
- CF-3.6.1. / la logique du refoulement
inconscient ou de l'oubli de l'Etre ne s'applique pas à l'Un, qui n'est
pas déterminable par une tel "retour" des choses - nullement oublié ou
refoulé, il est en revanche halluciné et fait l'objet d'une forclusion
qu'il détermine lui-même - son être-forclos (à la philosophie) n'est
donc pas le résultat d'une forclusion mais mais plutôt d'une
non-séparation (de) soi - l'Homme-en-personne est cet inoubliable
forclos tandis que le sujet hérétique représente (d')après l'Homme les
conditions de l'oubli et de la mémoire
- CF-3.6.2. / l'Homme est im-monde et
c'est la raison pour laquelle le Monde fait tout pour l'oublier - mais
seul le sujet hérétique est oublié, l'Homme étant plutôt l'In-oubliable
radical
CF-4.0.0.
/ PERSECUTION ET REVELATION
CF-4.1.0. /
persécution et individuation
- CF-4.1.1. / deux manifestations
extrêmes de l'humain, différentes par nature : à l'hérésie appartient
l'Identité radicale et immnente avec le clonage qu'elle autorise, à la
Shoah se rapporte l'altérité absolue et transcendante avec la mémoire
qu'elle suppose
- CF-4.1.2. / les juifs ont conquis une
identité et une unilatéralité basées sur la transcendance absolue de
l'Autre, c'est pourquoi leur défense reste religieuse et obéit à une
logique encore sacrificielle, telle que la victime peut se transformer
et bourreau et la paix engendrer la guerre
- CF-4.1.3. / les hérétiques ont
arraché au Logos le nom de l'humain, ils ont prouvé que d'être
sans-essence et sans détermination valait d'être exterminé par un Monde
qui certes détruit et viole les valeurs de l'humanité (au nom de
l'humanité), mais radicalement ne peut que forclore et nier l'humain
comme tel
- CF-4.1.4. / l'Identité hérétique est
moins négociable, moins révisable encore que l'altérité juive car
elle ne revendique rien, pas même le respect de l'identité ou de la
différence
- CF-4.1.5. / le théoricisme
philosophique, en tant que maître du langage, détermine lui-même les
conditions de l'exploitation et de la révolte, de l'exclusion et du
malheur, du crime contre l'humanité et de la culpabilité - aucune
révolution politique, aucune subversion n'est capable de faire droit aux
victimes en tant que prémisses réelles sans les ramener à sa propre
pensée (de l'Humain, de l'Histoire, de la Révolution)
CF-4.2.0. / la
victime et l'intelligence du crime
- CF-4.2.1. / le droit de la victime,
inconnu de la philosophie
- CF-4.2.2. / le droit de la victime
n'est pas absolu mais radical, c'est-à-dire 1) insuffisant pour fixer
concrètement les condition mondaines de la réparation, mais 2)
nécessaire comme "point de vue" déterminant unilatéralement le
traitement juridique du crime, de l'enquête et de la peine
- CF-4.2.3. / la distinction entre la
culpabilité et la responsabilité doit être établie rigoureusement,
d'après la dualité unilatérale propre à l'humain, sous peine s'absoudre
le crime en généralisant tantôt l'une tantôt l'autre - la culpabilité se
dit de la causalité criminelle : c'est la victime qui incrimine l'agent
ou l'auteur, dont l'agression correspond à une hallucination de l'Homme-en-personne
dans le Monde et implique la tentative de l'éliminer - la responsabilité
se dit de la participation mondaine, de l'agent comme éventuellement de
la victime, mais celle-ci détermine d'abord en-dernière-cause l'identité
du crime
CF-4.3.0. /
catégories du crime
- CF-4.3.1. / les génocides perpétrés
par les totalitarismes (fussent-ils uniques en leur genre comme la
Shoah) demeurent historiques (on peut aussi parler du "crime généralisé"
dans le Monde), mais ils ne sont pas universels comme l'extermination
systématique et inapparente des hérétiques, crime transcendantal adressé
à l'Homme-en-personne
- CF-4.3.2. / on s'autorise à
généraliser le concept de totalitarisme car ses différentes formes
historiques ou politiques participent de la même pensée - elles sont
convertibles non seulement entre elles mais entre elles et les théories
révisionnistes qui les justifient a posteriori, l'ensemble étant dualysé
en bloc
- CF-4.3.3. / la fameuse "vigilance
intellectuelle" ne fait qu'ajouter au Grand Conformisme et paraît
surtout comique quand elle prétend définir et identifier les victimes -
penser "selon-la victime" est la seule forme de vigilance définie par la
victime elle-même, à l'endroit de ces discours particulièrement
- CF-4.3.4. / la pensée-monde ne
retient de l'Identité que l'identitaire, l'unitaire, le synchrétique,
etc. qui en sont des versions criminogènes
- CF-4.3.5. / le culte de la mémoire,
pas plus que le culte des morts, ne peut rendre justice aux victimes en
tant qu'humaines - seule la victime peut qualifier un acte comme
victimisant en y ajoutant les rituels sociaux qui le perpétuent au nom
du devoir de mémoire
CF-4.4.0. / contre
l'idéologie sacrificielle
- CF-4.4.1. / en religion, comme
ailleurs, on ne sacrifie jamais que des innocents (la raison suffisante
du sacrifice, c'est la religion elle-même, son acte auto-fondationnel) -
l'innocence d'être-humain condamne depuis toujours l'hérétique
- CF-4.4.2. / le concept de "victime
sacrificielle" est un pléonasme qui n'explique rien - au lieu du
sacrifice "originel" et de son cercle infernal, nous posons l'Homme-en-Homme
(a-social, a-religieux, etc.) comme victime-en-dernière-identité
CF-4.5.0.
/ l'humain tel que postulé par le crime
- CF-4.5.1. / le concept hérétique de
l'humain est celui d'un être-hallucinable en-dernière-identité,
invisible et inconsistant
- CF-4.5.2. / l'Homme est plus
déterminant-en-dernière-identité pour l'hérésie que l'Etre n'est
fondamental pour la philosophie - l'être (on) de l'homme est
moins oublié par la philosophie que ne l'est son identité (eon)
CF-4.6.0. /
l'hypothèse des hommes assassinés
- CF-4.6.1. / l'"être-au-monde" et l'"être-à-la-mort"
sont des généralités ou des idéalités qui ne peuvent donner lieu qu'à
des antinomies - l'Homme-en-personne est incommensurable avec ces modes
d'apparition et de destinalité - "malheureusement" (au sens du malheur
radical) il ne révèle son identité qu'en tant que sujet persécuté et
exterminé
- CF-4.6.2. / ce n'est pas la mort qui
atteste l'humanité de l'homme, c'est le Réel, soit l'identité humaine,
qui donne la mort onto-biologique comme mondaine et inhumaine -
tandis que le crime contre les hérétiques, les immondes (par delà, ou
malgré, le sacrifice du Christ), révèle la mort comme non-humaine et
donc la Vie Nouvelle sur le mode du Vécu-sans-vie
- CF-4.6.3. / la naissance, aussi bien
que la mort, fait de l'Homme une victime du Monde, mais c'est seulement
parce qu'il est humain en-dernière-identité que l'Homme se dit persécuté
et assassiné
- CF-4.6.4. / l'Homme n'a pas à être
"sauvé" pas plus que le crime qui l'atteint (bien différent du "crime
contre l'humanité" consistant à assassiner des humains "pour ce qu'ils
sont" (différents) ou "parce qu'ils existent") ne peut être expié - le
Christ en croix fait bien figure de persécuté, mais seulement en tant
qu'humain désignant les ennemis, non pas du genre humain, mais de
l'homme en tant qu'il ne fait pas genre
CF-4.7.0. / logique
des deux persécutions
- CF-4.7.1. / la persécution adressée à
l'Autre et à la différence, comme l'antisémitisme, conserve une forme de
réciprocité à une transcendance absolue près
- CF-4.7.2. / la persécution adressée à
l'Un, à la revendication d'identité radicale, ne s'effectue plus dans le
Monde ou dans l'Histoire, car elle vise une altérité elle-même plus
radicale (l'Autre que) affectant jusqu'à la pensée-Monde - les
hérétiques ont perdu jusqu'au statut de "créatures" élues ou maudites et
ne sont victimes (du Monde) qu'à cause de leur humanité radicale
- CF-4.7.3. / il y a deux sortes de
persécution : l'une est absolue et s'effectue par identification du
bourreau ("inhumain") et de la victime ("déshumanisée"), l'autre est
radicale et s'explique par une identité humaine (la victime) seulement
hallucinable (par le bourreau)
CF-4.8.0. / les
incendiés et les brûlés
- CF-4.8.1. / contre les juifs, il y
eut l'extermination par incendie, le feu transcendant et technologique
dont les cendres demeurent pour raviver la mémoire - contre les
hérétiques, ce fut l'extermination par les bûchers, un feu immanent et
auto-consumant, anonyme et sans reste
- CF-4.8.2. / le feu symbolise l'auto-performation
du Monde quand on n'en retient que la manifestation extérieure, éclat de
lumière ou propagation énergétique
- CF-4.8.3. / en tant qu'instrumental,
le feu incendiaire prétend consommer absolument l'existence
physique et sociale (réduire les juifs à l'altérité absolue qu'ils
revendiquent), sans toutefois y parvenir, tandis que les victimes des
bûchers sont radicalement consumés à cause de leur savoir
(ramener les hérétiques à l'inexistence de l'Un) et d'autant mieux
oubliés
CF-4.9.0. / altérité
juive, altérité hérétique
CF-4.9.1. /
l'unilatéralité philosophique est toujours relative-absolue, jamais radicale
: soit la distance absolue de l'Autre vaut aussi comme Un (c'est l'autrement
qu'Etre de Levinas), mais a la structure d'une inversion appuyée sur
la transcendance relative du Monde, soit le retrait de l'Un vaut aussi comme
Autre (c'est la différence ontologique de Heidegger), mais a la structure
encore transcendante du tournant mi-réel mi-idéel, soit enfin ces
deux formes d'irréversibilité sont croisées, déconstruites et reconduites,
sous la forme d'un transcender réel absolu (dans la déconstruction) - seul
l'Autre que par immanence et subordonné à l'Un-en-Un échappe
réellement à la transcendance
CF-4.10.0. / le
dernier résistant
- CF-4.10.1. / les génocides de
l'Historie cachent un humanicide plus universel, et la victime
absolue juive n'est pas encore la Dernière Victime
- CF-4.10.2. / le dernier résistant est
en même temps la dernière victime, pas le justicier mais l'exterminé,
pas le vainqueur mais le vaincu radical faisant usage du vainqueur, pas
l'au-delà (du juif par exemple) mais l'en-Homme
- CF-4.10.3. / l'hérétique rompt le
cercle infernal de la maîtrise et de l'esclavage en résistant à
l'idéologie philosophique du "dépassement", dont l'effet est la
forclusion de l'Homme-en-personne
- CF-4.10.4. / le hors-Monde hérétique
n'est pas un Ciel ou une Terre promise mais l'en-Homme
CF-5.0.0.
/ LA DERNIERE PROPHETIE OU L'HOMME-MESSIE
CF-5.1.0. / la
réponse qui détermine les questions
- CF-5.1.1. / problème gnostique : que
faire du Monde, que faire de Dieu, étant donné leur compromission ?
- CF-5.1.2. / le christianisme
s'arrache au Monde et la gnose historique se retranche du Monde, mais le
salut du Monde (et de Dieu) passe par le seul salut humain
CF-5.2.0. / que
faire du christianisme ?
- CF-5.2.1. / "le-christianisme", un
agrégat unitaire qui doit être transformé et universalisé en un "non
christianisme"
- CF-5.2.2. / se défaire de la "foi en
la foi" pour acquérir l'intelligence de la foi
- CF-5.2.3. / non pas quelle nouvelle
interprétation, mais quel nouvel usage du christianisme à partir
d'une expérience purement humaine ?
- CF-5.2.4. / la foi du Christ Futur
est seulement d'ordre pratique
CF-5.3.0. / Nous,
les Sans-religion
- CF-5.3.1. / l'"avenir" incertain du
christianisme n'est pas le problème du non- christianisme, encore moins
celui du Christ Futur, tout au plus l'occasion de leur naissance
- CF-5.3.2. / pas plus que l'homme
n'est un animal métaphysique il n'a de consistance religieuse
- CF-5.3.3. / à cause de sa
non-consistance, tout homme se voit cloné en sujet pour-le-monde et
existe sous la forme d'un organon - le Messie chrétien était conçu dans
la transcendance pour sauver les hommes, le Christ Futur existe en
chaque homme pour sauver le Monde seulement
- CF-5.3.4. / l'hérésie est future
seulement de part sa structure minimale et unilatérale, sans but ni
téléologie, tournée vers le Monde,
CF-5.4.0. / chrétien
et hérétique
- CF-5.4.1. / à la dualité (mondaine et
dialectique) du Christ et de l'Anti-Christ, nous substituons celle du
Christ-Monde et du Christ Futur
- CF-5.4.2. / il faut que,
historiquement, hérésie et christianisme soient suffisamment hétérogènes
pour que le christianisme futur en prononce l'identité-sans-synthèse
CF-5.5.0. / la
Dernière Bonne Nouvelle
- CF-5.5.1. / les trois états humains :
le premier (sauf qu'il ne fait pas nombre : différence
primauté/priorité) l'identifie en-Homme avant le Monde, le second est
celui de son aliénation dans-le-Monde comme espérant, le troisième (vrai
premier) est celui de sa priorité sur le Monde où il émerge comme Christ
Futur
- CF-5.5.2. / les trois instances du
temps humain sont 1) le passé radical comme temps-en-personne, qui
correspond au savoir indocte de l'Homme, 2) le présent comme temps-Monde
(théo-)chronologique, 3) le futur qui n'est pas la "fin des temps" mais
clone du temps-Monde et émergence du sujet-Christ
- CF-5.5.3. / la Dernière Bonne
Nouvelle ou Dernier Futur n'est pas une attente extatique car elle étant
purement pragmatique, Christ-en-pratique et en-Personne, elle n'annonce
qu'elle même (quand on y pense on y est...)
CF-5.6.0. / le futur
comme ultimatum
- CF-5.6.1. / la nouvelle est bonne
parce que dernière, ultime parce que minimale
- CF-5.6.2. / la proclamation du Christ
futur s'entend comme un ultimatum fait par l'Homme (en tant qu'Ultimé
radical) à la pensée d'avoir à assister le Monde, plutôt que d'en
chercher le Sens et, faute de résultat, d'avoir à le détruire
- CF-5.6.3. / l'Annonce de la Dernière
Bonne Nouvelle n'est rien d'autre que la pratique du Futur-Christ, une
pratique "en temps réel" c'est-à-dire en-Homme
CF-5.7.0. / comment
vient le Christ ?
- CF-5.7.1. / qu'elle soit attente d'un
événement réel et résolutoire, comme chez les mystiques du désert, ou
bien plus intériorisée comme tension et imminence chez certains
philosophes, la venue du Christ est toujours conçu selon une temporalité
double, précisément comme un retour
- CF-5.7.2. / le temps cloné (Futur)
par le temps-cause (Passé) rabat le double temps de la temporalité et de
la temporalisation du côté du présent, invalide le doublet
historico-historial structuré comme une métaphysique
- CF-5.7.3. / les hérétiques
n'attendent pas le retour du Christ dans le temps pour produire
le Christ Futur, d'autant que c'est le Christ qui imite l'Homme et non
l'inverse
CF-5.8.0. / théorème
de l'assistance humaine
- CF-5.8.1. / contrairement à
l'assistance humanitaire (prise dans l'antithétique de la protection et
de l'assistance, dans l'amphibologie des dominants et des dominés),
s'impose une assistance humaine en-dernière-identité du Monde
- CF-5.8.2. / la défense et la
protection de l'homme-dans-le-monde est identique en-dernière-identité à
l'Homme-sans-défense et sans-protection - dépourvu en lui-même de force
et de faiblesse, l'Homme doit cloner les moyens de force offerts par le
Monde pour sauver ce même Monde
CF-6.0.0.
/ POUR LA SCIENCE NON-CHRETIENNE
CF-6.1.0. /
modéliser le christianisme plutôt que le fonder
- CF-6.1.1. / il s'agit d'associer
sans-synthèse et sans-mélange la science et la philosophie de telle
sorte qu'une représentation théorique du christianisme s'en dégage, un
modèle plutôt qu'une objectivation ou une essence, extérieur aux
anciennes combinaisons de la raison et de la foi
- CF-6.1.2. / pour éviter la
christianisation du modèle lui-même, réactiver la-gnose sera le moyen
d'universaliser le-christianisme dans une optique non-chrétienne, dans
une posture unifiée de foi et de savoir (identiques en-dernière-identité,
c'est-à-dire hors système)
CF-6.2.0. /
déterminer en-dernière-identité le modèle
- CF-6.2.1. / la gnose elle-même doit
être suspendue dans sa suffisance philosophique, en rappelant les termes
premiers tels que l'Homme-en-personne, la Vision-en-Un, etc, simplement
reformulés selon cet objet
- CF-6.2.2. / dans le travail
non-philosophique sur la gnose, l'abstraction et l'axiomatisation sont
des règles qui ne mettent pas en jeu le Réel mais un nouveau rapport au
Monde
- CF-6.2.3. / l'Homme-en-Homme est la
seule cause déterminante du salut non-chrétien, parce qu'il est sans
essence et sans consistance, plus encore que l'existence mondaine du
Christ
- CF-6.2.4. / la forclusion de l'Homme
est vécue dans la religion sous la forme d'une forclusion de l'Homme à
Dieu, et son immanence en-Homme sous la forme d'une attente-en-Christ -
de même l'immanence divine est entachée de transcendance de part le
sacrifice nécessaire du Fils, répondant à l'exposition des humains au
Monde tant dénoncée par les gnostiques
- CF-6.2.5. / l'Unité en-Christ comme
la Séparation gnostiques sont vécues plus radicalement en-Homme en tant
que Vécu-sans-vie - l'Homme a vaincu la mort et n'a plus besoin de
salut, mais il peut le donner au Monde et au Dieu-Monde
- CF-6.2.6. / rappel des trois
instances : 1) l'Homme-en-Homme comme instance réelle et déterminante,
2) les postures chrétiennes et gnostiques comme instances mondaines,
déterminées respectivement par l'Attente et la Séparation, 2) l'hérésie
non-chrétienne comme instance théorique et détermination par clonage du
sujet-non-chrétien ("Fils de l'Homme")
CF-6.3.0. / la
modélisation non-chrétienne
- CF-6.3.1. / la modélisation
non-chrétienne combine sans les mélanger la foi-qui-unit chrétienne et
le savoir-qui-sépare gnostique
- CF-6.3.2. / la modélisation porte sur
la pensée-Monde, lieu de toute transcendance, transformé en un organon
de détermination du salut
- CF-6.3.3. / la transformation
salutaire du Monde passe par la construction du modèle, puis par sa
reversion au réel au de l'Homme-en-personne - l'hérésie non-chrétienne,
pour être vraiment universelle, doit rester cette hypothèse faisant de
l'hérétique un sujet et du chrétien un hérétique
- CF-6.3.4. / on ne peut exploiter la
gnose qu'en la réduisant à des structures de philosophabilité (les
déterminations formelles du savoir), combinables avec les éléments
propres au christianisme (les déterminations de la foi) - l'utiliser
comme support unique de la modélisation non-philosophiques, ce serait
lui accorder une autonomie et une forme suffisante d'unilatéralité,
assignable au pire des théoricismes mêlé à l'esprit religieux le moins
dégrossi
CF-6.4.0. / la
complexité. lutter sur deux fronts
- CF-6.4.1. / les sectes font partie de
cet objet complexe qu'est le christianisme et doivent être modélisées
avec lui - elles reconduisent toutes à des états de fait et interprètent
l'unilatéralité comme exclusion
- CF-6.4.2. / les religions officielles
sont au même titre que les sectes des instruments mondains
d'exploitation et d'aliénation de l'Homme - lutter sur deux fronts,
c'est substituer à la causalité historico-mondaine la causalité par
Identité humaine
CF-6.5.0. / foi et
savoir, de la philosophie à la non-philosophie
- CF-6.5.1. / "foi et savoir" est le
topos le plus général résumant l'opposition du christianisme et de la
gnose, vidés de leurs contenus dogmatiques
- CF-6.5.2. / si elles s'appliquent
respectivement à la foi et au savoir, l'Unité et la Séparation restent
toutes deux unifiantes et séparantes, incarnant à tour de rôle
l'autorité et la suffisance philosophiques
- CF-6.5.3. / les mélanges et les
ambiguïtés congénitales de la foi et du savoir s'expliquent par leur
soumission à une transcendance elle-même complexe, que la modélisation
non-chrétienne universalise sur un mode non-thétique (non-décision et
non-position (de) soi)
- CF-6.5.4. / l'opposition entre foi et
savoir est transformée par la modélisation en dualité unilatérale, de
sorte que la foi se dit maintenant de la complexité
philosophico-religieuse (foi et savoir comme procédures occasionnelles
de salut) se tenant face au savoir gnostique comme identité
humaine (savoir indocte)
CF-6.6.0. / l'idée
de non-religion universelle
- CF-6.6.1. /la non-religion se dit de
toute théorie unifiée en-dernière-identité de la philosophie avec un
matériau religieux (par exemple chrétien) lui-même préalablement divisé,
modélisé et universalisé au moyen d'un tiers limitrophe (comme ici la
gnose)
- CF-6.6.2. / l'universalité
non-religieuse, destinée à suspendre la suffisance des religions
particulières, exclut tout synchrétisme et tout "dialogue" anarchique
"entre" les religions - elle procède plutôt en radicalisant l'identité
d'une religion donnée
CF-6.7.0. / du
principe de Foi Suffisante à la foi non-chrétienne
- CF-6.7.1. / le sujet-Christ est l'être-déterminé-en-dernière-identité,
c'est-à-dire le clone déjà non-chrétien du christianisme soumis à la
modélisation
- CF-6.7.2. / la modélisation de la foi
chrétienne fait ressortir sa structure décisionnelle, qu'elle transforme
en union-en-Christ ou donation de la vie-en-Christ
- CF-6.7.3. / en tant qu'objet de
donation (surnaturelle), ou extase et attente auto-affectée de la
Vie-en-Christ, la foi chrétienne se meut à l'intérieur d'un Principe de
Foi Suffisante
- CF-6.7.4. / le Christ-Futur constitue
la dernière identité (humaine) de l'Attente en Christ, encore affectée
de transcendance dans le cadre de la foi chrétienne
- CF-6.7.5. / la formalisation de la
foi fait ressortir sa structure générale de transcendance
extatico-verticale (meta et epekeina) et surtout inclut la
dualysation de ses formes philosophico-religieuses du point de vue de la
foi non-chrétienne - par clonage, la dualysation procède à son
universalisation et extrait l'identité ultime de la foi à l'aune de la
dernière identité humaine
CF-6.8.0. / du
Principe d'Hérésie Suffisante à l'hérésie non-gnostique
- CF-6.8.1. / il faut arracher une
posture non-gnostique à la gnose, elle-même distincte de ses formes
historico-philosophico-religieuses - 1) primat de l'Homme-en-Homme sur
Dieu et l'appareil onto-théo-logique - 2) primat de la séparation
hérétique sur l'Unité chrétienne, et surtout primat de l'être-séparé sur
toute séparation - 3) primat du savoir indocte sur la foi (chrétienne
sans sa forme-attente ou rationnelle dans sa forme-transcender)
- CF-6.8.2. / l'hérésie propose déjà
sous sa forme historique une expérience originale du Deux basée sur une
Séparation non-hiérarchisante et la revendication d'un savoir immanent -
la réjection gnostique du Monde est davantage qu'une distance
phénoménologique, elle est expérience d'un savoir indocte (certes non
encore théorique mais vécu en-solitude) de la non-consistance humaine -
par ailleurs la doctrine dualiste écrase la double articulation
onto-théologique du système philosophique avec son principe de double
transcendance (meta et epekeina) hiérarchisée
- CF-6.8.3. / comme la révélation n'est
pas donnée en Christ pour les hérétiques, elle est donnée par la
Séparation elle-même qui constitue son mode de transcendance propre et
qui conditionne à son tour un savoir - c'est en-cela que l'hérésie, si
elle n'admet pas le séparé-sans-séparation non-religieux, peut servir à
modéliser le christianisme et être clonée comme sujet-Christ
CF-6.9.0. /
performer le salut
- CF-6.9.1. / la non-religion n'admet
de primauté que celle de l'Homme-en-Homme et ne détermine la
priorité des décisions philosophiques, séparations gnostiques etc.,
qu'en fonction de celle-ci
- CF-6.9.2. / on ne justifie pas
extérieurement la foi et le savoir non-chrétien par l'homme, et au-delà
Dieu-le-Monde, mais l'homme intérieurement ou en-dernière-humanité comme
Juste-en-personne
- CF-6.9.3. / ce n'est pas l'Homme qui
a besoin de salut, mais l-homme philosophique et religieux, le Monde -
qui est le salut sinon ce sujet non-chrétien performant
défini comme Christ Futur ?