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un site de Didier Moulinier |
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« Non-philosophie » : doctrine sans système, discipline scientifique et
philosophique sans synthèse. Elle se définit par une liste ouverte
d'aspects. Ontologique : l'homme comme vision-en-Un ou Ego-sans-Etre.
Subjectif : le sujet comme Etranger au Monde mais voué à le transformer.
Ethique : le malheur radical comme cause d'une non-éthique. Politique :
l'Etranger comme solution d'une démocratie réelle. Théorique : le sujet
comme force (de) pensée, explication de la philosophie hétérogène à la
suffisance philosophique. Pragmatique : comme usage en faveur de l'homme-Etranger
des sciences et des philosophies également inhumaines ; etc.
DNP-1.0.0. / THEORIE DU DICTIONNAIRE NON-PHILOSOPHIQUE autonomie relative - auto-position - autre - axiomatique transcendantale - chôra non-philosophique - coupure - décision philosophique - définition - démocratie - désir - détermination-en-dernière-instance - dieu-sans-l'être - distance - donné-sans-donation - dual - essence réelle - essence (de) science - étranger - être-en-Un - europanalyse - expérimentation - inconscient - force (de) pensée - fractalité généralisée - généralisation - hypothèse - immanence radicale - langage-univers - métascience - mixte - monde - multiple - mystique ordinaire - noème univers - noèse universelle - nom premier - non-dictionnaire - non-épistémologie - non-érotique - non-esthétique - non-éthique - non-intuitif - non-philosophie - non-psychanalyse - non-rhétorique - non-suffisance - non-technologie - (non-)Un - occasion - ontologie formale - ontologie matériale - pensée - pensée-monde - pensée-science - performativité - philosophie - pragmatique universelle - présentation - primauté - priorité - pulsion - réel - reflet - règle - réversibilité - science-des-hommes - science transcendantale - sens - solitude - temps-sans-temporalité - transcendantal - universalité - universion - vécu - vision-en-Un
DNP-0.0.1. / le double aspect de la non-philosophie : une pensée doctrinale d'apparence philosophique / une méthode et une discipline à vocation théorique DNP-0.0.2. / ce dictionnaire est moins récapitulatif que prospectif DNP-0.0.3. / les courtes références à l'histoire de la philosophie visent chaque doctrine comme Décision philosophique spécifique DNP-0.0.4. / le vocabulaire de la non-philosophie reste celui de la philosophie, retravaillé sémantiquement et formellement DNP-0.0.5. / chaque article comprend 1) une définition non-philosophique, 2) un aperçu du sens philosophique dominant/suffisant, 3) une explication de point de vue non-philosophique DNP-0.0.6. / proposés et discutés collectivement, les articles furent ensuite "harmonisés" et "ajustés" par F. Laruelle DNP-0.0.7. / le dictionnaire est précédé d'un essai de F. Laruelle : "Théorie du dictionnaire non-philosophque"
DNP-1.0.0. / THEORIE DU DICTIONNAIRE NON-PHILOSOPHIQUE
DNP-1.1.0. / le dict du dictionnaire
DNP-1.1.1. / le dictionnaire est un dispositif qui produit de la signification en ramenant le pouvoir des mots à une "définition" DNP-1.1.2. / la question de l'identité sous toutes ses formes (termes, définitions, etc.) travaille en profondeur tout dictionnaire DNP-1.1.3. / les identités linguistiques ou sémantiques postulées par le dictionnaire occultent et refoulent son identité propre - dans le pire des cas celle-ci est projetée sur la totalité encyclopédique, caricature de l'unité philosophique elle-même
DNP-1.2.0. / l'auto-diction philosophique et le paradoxe de Voltaire
DNP-1.2.1. / l'idée du dictionnaire philosophique est le résultat d'une triple généralisation DNP-1.2.2. / le concept pleinement philosophique du dictionnaire implique qu'il y aille du dictionnaire lui-même dans son déploiement DNP-1.2.3. / l'identité proprement "technique" du dictionnaire, en mode philosophique, oscille entre le scientifique régional et le philosophique fondamental - cette identité partagée vaut comme symptôme d'une "autre" identité, en mode non-philosophique DNP-1.2.4. / le langage-objet et le métalangage, le dict et le méta-dict sont reliées circulairement, en ce sens que les définitions d'objet peuvent fonctionner en même temps comme métalangage de l'ordre présidant apparemment à leur exposition DNP-1.2.5. / lorsque le dictionnaire se présente expressément comme "philosophique", il tombe sous le coup du "paradoxe de Voltaire", en ce sens qu'il ne possède pas de fait (dans le "rationnel") l'essence philosophique (le "raisonné") qu'il reçoit de droit DNP-1.2.6. / lorsque c'est la dimension scientifique qui est mise en avant, le méta-dict philosophique est projeté dans chaque dict-objet scientifique à la manière positiviste (ce qui n'en fait pas pour autant un dictionnaire scientifique de la philosophie) DNP-1.2.6. / un dictionnaire "gödelien" sera positiviste dans le pire des cas et déconstruit dans le meilleur DNP-1.2.7. / l'"auto-diction" peut désigner cette convertibilité philosophique du dit-objet et du méta-dict
DNP-1.3.0. / de l'auto-diction à la force (de) diction
DNP-1.3.1. / à l'auto-diction, le dictionnaire non-philosophique substitue l'identité de-dernière-instance du dict-objet et du méta-dict, chaque terme premier se trouvant déterminé en-dernière-instance par cette identité DNP-1.2.2. / cette "force (de) diction" ne se laisse pas elle-même déterminer par l'ordre lexical ou une quelconque articulation de type philosophique, dialectique ou différentielle - c'est l'identité-de-dernière-instance de l'identité réelle et de la pulsion de diction DNP-1.2.4. / le dictionnaire non-philosophique confère une universalité radicale et non-encyclopédique aux significations DNP-1.2.5. / il peut être à la fois "non-philosophique" et "de non-philosophie", au-delà de toute contradiction performative : il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait
DNP-1.4.0. / la décapitalisation des savoirs et les mots de l'Etranger
DNP-1.4.1. / substituer une théorie unifiée à la circularité unitaire de l'encyclopédie DNP-1.4.2. / substituer une force (de) travail (ici de diction) à la capitalisation du savoir DNP-1.4.3. / il s'agit de parvenir à une égalité-sans-hiérarchie des concepts, une équivalence "non-monétaire" ou leur valence non-philosophique DNP-1.4.4. / la non-philosophie utilise des symboles non-conceptuels qui sont autant d'identités déterminées en-dernière-instance par la non-suffisance du Réel DNP-1.4.5. / fonder une égalité démocratique des termes, plutôt qu'une hiérarchie politique des concepts, qui soit l'ordre non-politiuqe des sujets-Etrangers, un langage vraiment universel pour toutes les philosophies de ce Monde
DNP-2.1.0. / AUTONOMIE RELATIVE
DNP-2.1.1. / désigne l'ordre des réalités transcendantes par opposition à l'autonomie radicale caractérisant l'immanence de l'Un-en-Un DNP-2.1.2. / ces notions d'autonomie relative et absolue trouvent un sens théoriquement (relativement) fondé dans le marxisme DNP-2.1.3. / la transcendance doit être donnée avec l'immanence - mais ce n'est pas le même mode d'être-donné DNP-2.1.4. / le Réel se définit aussi par une propriété transcendantale d'unilatéralité-de, qui se dit du donné empirique valant comme cause occasionnale et fonction-support de toute théorie possible
DNP-2.2.1. / acte décisionnel par lequel la foi philosophique se pose elle-même hallucinatoirement comme le Réel DNP-2.2.2. / déjà tout concept philosophique tend à se poser lui-même en se redoublant - dette séculaire de la philosophie envers la perception comme sa structure originelle, et au transcender comme son organon naturel DNP-2.2.3. / la vision-en-Un suspens la foi-au-réel et défait la suffisance des dyades philosophiques, au moyen d'une Identité transcendantale clonée à partir de l'Un divisé de la philosophie
DNP-2.3.0. / AUTRE (NON-AUTOPOSITIONNEL, TRANSCENDANCE NON-THETIQUE)
DNP-2.3.1. / mode de la force (de) pensée correspondant au matériau-symptôme de la transcendance philosophique DNP-2.3.2. / les trois époques de l'Autre comme 1) identique au pur Multiple (Platon), 2) existence irréductible au pur logique (Kant), 3) transcendance réelle ou altérité absolue (Lévinas) DNP-2.3.3. / distinguer entre une transcendance primaire de pure extériorité et une altérité de transcendance réelle DNP-2.3.4. / l'expérience de l'altérité est le symptôme d'une transcendance non-autopositionnelle, irréductible au renversement lévinassien ou à la différance derridienne DNP-2.3.5. / l'Un et l'Autre sont sans rapport d'appartenance ou de réciprocité - le contenu immanent de l'Un est seulement l'Un DNP-2.3.6. / la non-philosophie distingue (maintenant) trois couches dans la généralité de l'Autre, en rapport respectivement avec l'Un, avec la Distance non-thétique, et avec l'altérité comme dimension éthique de l'exister-Etranger
DNP-2.4.0. / AXIOMATIQUE TRANSCENDANTALE
DNP-2.4.1. / méthode de formation des termes premiers non-philosophiques à partir du vocabulaire philosophique DNP-2.4.2. / procédé plutôt scientifique que philosophique, l'axiomatique met en exergue la valeur logique d'une théorie au détriment de son contenu empirique - mais sous cet aspect formel, elle vient après-coup et reste limitée (Gödel) DNP-2.4.3. / l'axiomatique non-philosophique est transcendantale (ni formelle, ni ontologique) et radicalement universelle (sans distinguer entre généralité et totalité) - déterminée-en-dernière instance par le Réel, elle use aussi bien de la science que de la philosophie DNP-2.4.4. / il ne s'agit pas d'une réduction logiciste ou positiviste de la philosophie
DNP-2.5.0. / CHORA NON-PHILOSOPHIQUE
DNP-2.5.1. / désigne le lieu de la foi philosophique supposée le Réel après son unilatéralisation par la vision-en-Un DNP-2.5.2. / chôra signifiait chez les grecs l'espace ou la matière première, s'approchant du sens de "chaos" DNP-2.5.3. / il ne s'agit plus maintenant du Lieu naturel de la philosophie, mais de l'identité réduite de ce Lieu, premier corrélat de la vision-en-Un DNP-2.5.4. / c'est le Lieu donné par le sans-Lieu et non plus auto-donné par la philosophie, une position non-positionnelle (de) soi du Monde
DNP-2.6.0. / COUPURE (EPISTEMIQUE, NON-PHILOSOPHIQUE)
DNP-2.6.1. / le coupure épistémique (non-épistémologique) se dit de l'identité-en-dernière-instance, non-unitaire et sans synthèse, de science et de la philosophique DNP-2.6.2. / la coupure de type philosophique coupe "avec" un état antérieur et en conserve la structure de dyade et d'unité par synthèse DNP-2.6.3. / 1) en non-philosophie la coupure est seconde par rapport au Réel, 2) et même par rapport à la dualité du Réel et de la philosophie, 3) elle vaut de l'instance a priori mais non de l'instance transcendantale, 4) même intriquée à l'indécidable, la décision philosophique reste une coupure, à la différence de la décision non-philosophique déterminée-en-dernière-instance par l'Indécidé
DNP-2.7.0. / DECISION PHILOSOPHIQUE
DNP-2.7.1. / invariant structural principal de la philosophie synonyme de mélange et d'unité-des-contraires DNP-2.7.2. / dans la tradition philosophique la décision est un acte de jugement - elle mobilise des fonctions empirico-transcendantale hiérarchisées - partiellement déconstruits par les philosophies de la Différence DNP-2.7.3. / c'est une opération de transcendance hallucinatoire plaçant le réel-Un dans l'unité (plus ou moins différée) des contraires, et finalement dans la philosophie elle-même (principe de philosophie suffisante)
DNP-2.8.0. / DEFINITION (NON-PHILOSOPHIQUE)
DNP-2.8.1. / identité-en-dernière-instance d'un nom propre et d'un terme premier DNP-2.8.2. / en général une définition pose l'équivalence d'un terme et d'une suite suite de termes explicitant la signification du premier DNP-2.8.3. / la définition non-philosophique substitue à cette équivalence (toujours unitaire et visant un réel) une identité-de-dernière-instance entre le nom du réel et un nom premier formé à partir du matériau philosophique DNP-2.8.4. / l'Un réel n'est pas directement impliqué dans la définition qui se cantonne au niveau transcendantal : elle se dit selon l'Un à propos d'un Etant qui lui est rapporté en-dernière-instance - la définiton non-philosophique d'un terme philosophique lui offre une nouvelle effectivité grâce une plus grande traductibilité dans différents systèmes philosophiques
DNP-2.9.0. / DEMOCRATIE (DEMOCRATIE-DES-ETRANGERS)
DNP-2.9.1. / structure même de la pensée non-philosophique en tant qu'elle pose l'égalité transcendantale de deux termes unifiés (par ex. fondamental et régional, philosophique et scientifique) DNP-2.9.2. / la philosophie fait de la démocratie son objet ou son problème (et la manque pour cela), en termes de relations inter-individuelles mondaines et plus précisément "politiques" (dans la Cité) fondées sur les notions de réciprocité et de contrat (social) DNP-2.9.3. / comme mode de connaissances produites par la force (de) pensée, la démocratie se fonde sur une dualité unilatérale du type : je suis... donc je suis un Autre, ou Autrui-L'Etranger n'est que l'organon transcendantal de l'Ego, soit la multitude démocratique des Etrangers DNP-2.9.4. / l'Etranger dualyse et détourne toute forme de conditionnement autoritaire de la loi universelle - à la violence de la démocratie étatique il substitue le théorico-pragmatique humain-de-dernière-instance
DNP-2.10.0. / DESIR (NON-DESIRANT (DE) SOI)
DNP-2.10.1. / le désir est l'aspect de réalité de la jouissance, second par rapport à celle-ci (elle-même déterminée par le Joui-sans-jouissance) DNP-2.10.2. / désir-essence de l'homme en philosophie - désir triadique en psychanalyse - désir-créativité dans la schizoanalyse DNP-2.10.3. / la cause désir n'est plus le réel comme manque ou castration mais le joui-sans-jouissance DNP-2.10.4. / le désir non-psychanalytique est cloné du désir (de soi, de l'Autre...) pgilosophico-analytique
DNP-2.11.0. / DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE (DDI)
DNP-2.11.1. / causalité spécifique de l'Un (ou du Réel) en vertu de sa primauté radicale sur la pensée - elle s'exerce aussi bien sur les data philosophiques que sur les structures noématiques universelles qu'une pensée selon-l'Un est capable d'en tirer DNP-2.11.2. / la philosophie ne connaît que la détermination réciproque et les modes d'une causalité ontologique en général DNP-2.11.3. / comme causalité de l'immanence radicale, la DDI n'est jamais 1) divisée sur deux termes, 2) déterminée par son occasion, 3) à double sens (elle va à sens unique de l'immanence vers la transcendance, ou du Réel vers l'effectivité), 3) une continuité aliénante entre la cause et son effet (n'étant que condition négative universelle, elle suppose une instance transcendantale "intermédiaire" pour agir) DNP-2.11.4. / la causalité de l'Un suppose toujours une extériorité occasionnelle, tellement que la pensée selon-l'Un qui en découle est extérieure à lui tout en restant depuis toujours affectée par l'Un, c'est-à-dire causée par lui "en-dernière-instance" en tant que seule cause réelle - cause irréductible et inobjectivable, de sorte l'Un et un donné = X quelconque ne sont jamais le Même mais identiques en-dernière-instance "seulement" DNP-2.11.5. / la DDI a deux conséquences : 1) l'unilatéralisation, soit l'invalidation de toute pensée circulaire prétendant à la connaissance du Réel, 2) l'unidentification, soit la marque de l'Un laissée sur le divers philosophique lui-même : c'est proprement le clonage des Identités non-philosophiques, à partir de l'Un et sur la base du matériau philosophique
DNP-2.12.0. / DIEU-SANS-L'ETRE
DNP-2.12.1. / identité humaine en-dernière-instance (de) "Dieu" et symbole principal d'une non-théologie DNP-2.12.2. / en philosophie, Dieu est le principe d'une clôture du langage onto-théo-logique (Etre/Etant, Un/Multiple) - l'expression "Dieu sans l'être" (J.L. Marion) témoigne d'une tentative récente d'identifier Dieu à un Autre non-thétique DNP-2.12.3. / l'identité de Dieu dans une vision-en-Un est celle d'une transcendance absolue (hauteur et non seulement extériorité), dans laquelle Dieu ne se confond jamais avec l'Un
DNP-2.13.0. / DISTANCE (NON-PHENOMENOLOGIQUE OU NON-AUTOPOSITIONNELLE)
DNP-2.13.1. / la distance non-phénoménologique est le dernier a priori de la force (de) pensée extrait de la transcendance de type philosophique DNP-2.13.2. / en philosophie la "distance" est un concept critique servant à distinguer des types d'espaces, ou bien de façon non topologique, à distendre ces critères sur le mode du retard ou de la différance DNP-2.13.3. / en tant que non-autopositionnelle, la Distance ou l'Extériorité n'est plus que l'essence de la transcendance et plus particulièrement de l'apriorité qui donne son caractère d'organon à la force (de) pensée
DNP-2.14.0. / DONNE-SANS-DONATION
DNP-2.14.1. / l'Un ou le Réel vu sous l'angle de la donation, synonyme d'immanence (à) soi forclose à toute opération de manifestation ou même de pensée - la Donation est ensuite déterminée-en-dernière-instance par le Donné DNP-2.14.2. / en philosophie, la différence même du donné et de la donation sert à penser la manifestation du Réel, parfois identifié au don lui-même ou à sa possibilité originelle DNP-2.14.3. / l'amphibologie du donné et de la donation devient un simple matériau à dualyser pour la non-philosophie DNP-2.14.4. / le réel-Un comme Donné est le phénomène lui-même DNP-2.14.5. / la Donation qui succède au Donné est l'essence transcendantale de la penséee DNP-2.14.6. / la non-philosophie ne manifeste pas l'Un lui-même, mais l'essence (en-Un) de la pensée
DNP-2.15.1. / le dual définit l'ordre général issu de l'être-forclos de l'Un et l'irréversibilité qui en découle, générant dualité unilatérale et clonage - contraire par excellence du Mixte comme forme de la philosophie-Monde DNP-2.15.2. / la philosophie réduit le dual à un couple de contraires, généralement unifiables ou réversibles DNP-2.15.3. / le dual s'appuie avant tout sur la forclusion de l'Un : il signifie moins une double donation que la forclusion du donné-sans-donation à la donation-du-donné DNP-2.15.4. / la pensée du dual n'est pas décidable depuis la philosophie : son autonomie est radicale (sans être absolue) DNP-2.15.5. / le dual introduit une ouverture de pensée uni-verselle ordonnée au seul Réel DNP-2.15.6. / le dual se distingue évidemment du dualisme comme position philosophique, mais aussi de la dualité unilatérale qui s''établit non pas directement depuis l'Un mais entre le Monde et les clones de l'Un
DNP-2.16.1. / désigne l'instance des phénomènes radicaux tels qu'ils peuvent être saisis par la pensée DNP-2.16.2. / l'essence en philosophie renvoie à une idéalité, construite sur la différence de l'essence et de l'existence DNP-2.16.3. / il ne s'agit pas de la possibilité transcendantale mais, ici seulement, de la détermination-en-dernière-instance - mais toutes les formes philosophiques mixtes de l'essence (a priori, forme, sens, etc.) sont dualysables
DNP-2.17.0. / ESSENCE (DE) SCIENCE (LA SCIENCE)
DNP-2.17.1. / objet spécifique de la Science première ou Théorie unifiée de la pensée, tant qu'elle ne réduit pas la Science à une production de connaissances comme le fait la philosophie DNP-2.17.2. / la philosophie peut reconnaître une forme métaphysique et platonicienne de l'essence de Science (l'Idée de Science), voire sa négation nihiliste et post-moderne (les formations de pouvoir-savoir), mais dans tous les cas elle prétend légiférer sur cette essence DNP-2.17.3. / l'essence (de) science est étrangère à ce mixte typiquement philosophique de décision ontologique sur le plan général, et de fétichisation de certaines connaissances ou théories scientifiques locales DNP-2.17.4. / à la fois la science de l'essence (de) science préserve son objet réel et elle utilise les datas épistémologiques pour redéfinir cette identité à partir d'opérations théoriques de type "unifié" DNP-2.17.5. / du côté du Réel, l'essence (de) science apparaît comme "force (de) pensée", c'est-à-dire identité-en-dernière-instance de la théorie-science et de la pragmatique-philosophie - du côté de l'objet elle représente le sens(d')identité de la Différence épistémo-logique
DNP-2.18.0. / ETRANGER (SUJET-EXISTANT-ETRANGER)
DNP-2.18.1. / désigne l'homme en tant que sujet existant (pas seulement immanent-réel), en rapport occasionnal avec le Monde mais non "du" Monde, clone d'Autrui mais non opposé à lui DNP-2.18.2. / pour la philosophie, l'Etranger reste un autre que moi, un alter ego face à moi, foncièrement en manque ou en déficit d'identité, fût-il l'Autre homme radical à la manière de Levinas - jamais elle n'envisage que l'Homme ou le moi puisse être l'Etranger lui-même DNP-2.18.3. / le sujet n'existe dans sa fonction transcendantale (à partir de cette occasion qu'est le Monde) que déterminé-en-dernière-instance par l'Ego réel immanent DNP-2.18.4. / on comprend alors que le Moi et l'Autre, l'Ego et l'Etranger ne sont pas opposables, mais identiques -en-dernière-instance - la démocratie, donnée ainsi dans les conditions réelles de la pensée, forme une Cité transcendantale Etrangère au Monde (= hérétique), quoi que clonée à partir de ce Monde
DNP-2.19.0. / ETRE-EN-UN (ETRE-SELON-l'UN)
DNP-2.19.1. / l'Etre est une instance du (non-)Un venant "après" l'Identité transcendantale mais "avant" l'Etant que constitue le donné philosophique : c'est la transcendance ou la Distance non-auto-positionnelle de la force (de) pensée DNP-2.19.2. / d'où vient l'"Etre", classiquement, sinon de l'étant pensé comme meta (transcendance) auquel vient s'ajouter la thématisation (spéculative) du meta lui-même ? DNP-2.19.3. / l'Etre en tant qu'Etre reste l'horizon indépassable de toute philosophie - même quand elle thématise plutôt l'Etant, voire l'Un ou l'Autre - parce qu'il est son présupposé originel - l'Etre est langage, discours, auto-position de la philosophie elle-même DNP-2.19.4. / une non-ontologie prendra pour objet-matériau l'ontologie et la métaphysique traitées par la dualité spécifique du (Non-)Un entre une Identité transcendantale et une identité a priori, dualité unilatérale qui est la force (de) pensée en tant que Sujet, et qui désormais tient lieu de l'Etre DNP-2.19.5. / le Sujet peut se dire "Etre-en-Un" ou "donné en-dernière-instance-en-Un" ("en-dernière-instance" seulement puisqu'il est cloné de l'Etre métaphysique et non produit directement par l'Un).
DNP-2.20.1. / il s'agit moins d'une non-phénoménologie ou d'une non-philosophie de la phénoménologie que d'une méthode phénoménologique d'auto-analyse en l'Interne, soit une pensée de l'Un plutôt qu'une pensée selon l'Un DNP-2.20.2. / l'"Europe-philosophie" désigne toutes les approches réflexives et synthétiques du concept d'Europe DNP-2.20.3. / l'europanalyse inaugure un régime de pensée basé sur l'immanence de l'impression, une pensée de l'"In" surmontant la coupure de l'intérieur et de l'extérieur DNP-2.20.4. / à la dualité perceptive et au couple vicieux perception-conception qui caractérise la philosophie, se substitue le concept d'endoception comme intuition interne déspatialisée et désidéalisée DNP-2.20.5. / l'Univers interne se laisse décrire au moyen d'un langage lui-même impressif mais transmissible, et d'une méthode dite "en zigzag" DNP-2.20.6. / l'identité de l'analyse portant sur le réel et de l'autoanalyse du réel définit l'"homme immense" DNP-2.20.7. / la "science première" se fait ici préscience et généalogie de la science - au titre de l'induction analytique, elle elle affirme l'identité de dernière instance de la donation et de la réduction - elle radicalise aussi le concept d'Un-Multiple en incorporant l'Autre à l'Un, devenu par intégralisation l'Ouvert d'Homme ou af-fec
DNP-2.21.1. / la non-philosophie expérimente son propre système d'hypothèses via l'objet philosophie réduit à l'état d'occasion et de matériau DNP-2.21.2. / la philosophie, même lorsqu'elle veut penser "expérimentalement", ne peut que corréler dans un mixte unitaire l'hypothèse et l'expérimentation, sans reconnaitre l'identité de l'une et de l'autre DNP-2.21.3. / la forme hypothèse est conservée dans son identité, sans être convertie avec le Réel, et l'expérimentation est maintenue dans son autonomie relative et sa nécessité sans interagir en retour sur le transcendantal DNP-2.21.4. / une pensée transcendantale comme la non-philosophie ne peut se passer d'expérimentation, mais elle maintient la dualité unilatérale du transcendantal et de l'empirique, évitant ainsi le cercle épistémologique
DNP-2.22.1. / l'inconscient non-psychanalytique est la dimension syntaxique de la jouissance, dont le désir est la dimension de réalité DNP-2.22.2. / chez les philosophes, l'inconscient désigne premièrement un mode - négatif ou privatif - de la représentation (Descartes, Leibniz), quand ce n'est pas son corrélat opposé (Schopenhauer, Nietzsche) - en vertu de cette filiation philosophique du sujet de l'inconscient (affirmée haut et fort par Lacan), on se doit de considérer cette notion comme l'axe majeur du complexe philosophico-analytique DNP-2.22.3. / l'inconscient transcendantal de la non-psychanalyse n'est pas déterminé par le signifiant et l'autonomie du symbolique : il est l'identité de la jouissance et d'une dualité unilatérale DNP-2.22.4. / ici le signifiant étant dual ou unilatéral, il ne représente aucun sujet de l'inconscient mais la jouissance elle-même - une tel sujet ne ferait d'ailleurs que forclure la jouissance
DNP-2.23.0. / FORCE (DE) PENSEE (SUJET-EXISTANT-ETRANGER)
DNP-2.23.1. / instance transcendantale produite par clonage permettant à l'Un d'agir de manière unilatérale DNP-2.23.2. / le concept marxiste de "force de travail" est l'un de ses symptômes philosophiques : il désigne l'énergie humaine et individuelle irréductible à ses résultats ou à ses rendements DNP-2.23.3. / philosophiquement, la "pensée" reste une généralité induite empiriquement de diverses facultés allant de l'intuition à l'auto-réflexion - l'expérience de la pensée reste grevée par un dernier contenu intuitif, même assimilée à un acte ou dérivant d'une différance originaire (l'Impensé) DNP-2.23.4. / tandis que la-pensée est une généralité auto-fétichisée aliénant le réel, la force (de) pensée est la réalité de la pensée en tant que celle-là ne s'aliène pas dans celle-ci DNP-2.23.5. / la force (de) pensée est une extériorité universelle qui sert d'organon à l'Un - biface, elle comprend l'Identité transcendantale (clonée selon l'Un) et l'Identité apriorique (tournée vers l'expérience) - la "force" ne désigne ici rien d'énergétique mais simplement l'effectuation concrète de l'uni-versalité immanente de la vision-en-Un
DNP-2.24.0. / FRACTALITE GENERALISEE
DNP-2.24.1. / autre nom possible de la structure unilatérale des représentations non-philosophiques - en l'occurrence il s'agit d'une uni-versalisation radicale de la théorie physico-géométrique des "fractales" de Mandelbrot - elle dégage une identité factale de la philosophie, d'où s'ensuit l'invention et la pratique d'une "philosophie artificielle" DNP-2.24.2. / la philosophie a effectué sa propre généralisation (empirico-transcendantale) de la fractalité, comme toujours en isolant et en fétichisant certains acquis théoriques, présentés comme des "faits" transcendants DNP-2.24.3. / L'uni-versalisation de la fractalité doit être vue comme une modélisation théorico-expérimentale, comparable à celle de Mandelbrot mais sous condition de la vision-en-Un et avec un champ d'application élargi à la Philosophie elle-même DNP-2.24.4. / le principe mandelbrotien d'homothétie interne est remplacé par celui d'identité-de-dernière-instance, le concept d'irrégularité le cède à celui d'unilatéralité, et l'objet géométrico-physique s'étend au langage naturel dans "tous ses états" - il en résulte un ensemble ouvert, un uni-vers de connaissances fractales réellement universelle reflétant adéquatement l'Un
DNP-2.25.0. / GENERALISATION (GENERALISATION ET UNI-VERSALISATION)
DNP-2.25.1. / opération fondamentale de la connaissance non-philosophique qui consiste à remanier une structure de représentation philosophique en fonction du Réel de-dernière-instance DNP-2.25.2. / la philosophie généralise par autoposition et autoréflexion toutes les abstractions issues du sol gréco-occidental - dans sa vision unitaire et systématique, elle amplifie surtout les interactions réflexives - la philosophie moderne a mis en place deux simulacres de généralisation : 1) Hegel a extrapolé au maximum la logologie et les effets de symétrie, évinçant l'immanence réelle, 2) le 20è siècle a tenté au contraire d'interpoler ou de désintégrer, sous la guise de l'Autre plutôt que de l'Etre - mais parce qu'elle confond justement l'universalité avec généralité et totalité, la généralisation philosophique ne parvient jamasi à l'uni-versalisation DNP-2.25.3. / la généralisation non-philosophique n'est pas négation mais suspend unilatéralisant des prétentions de la philosophie sur le Réel - elle extrait des identités à partir de la philosophie, par un double procédé d'unilatéralisation et d'unidentification qui est uni-versalisation réelle - tout ce qui est donné-en-Un l'est sur le mode de l'uni-versalité immanente de l'Un, ou est donné en-dernière-instance, telle une identité tournée-vers... X (en tant que X est) - il est ainsi possible de constituer à partir des termes de la philosophie une axiomatique transcendantale de termes premiers uni-versels en-dernière-instance DNP-2.25.4. / la réflexion philolosophique avec ses références intuitives apparaît comme le symptôme d'une pensée atopique non-réflexive, uni-latérale - l'objectivité fractale-réelle rectifie et généralise les connaissances en réajustant leurs clôtures sur l'Autre uni-versel et son identité non-représentationnelle - il s'agit de simuler les énoncés philosophiques par les moyens non-philosophiques d'une fractalité généralisante, et de produire des "énoncés de synthèse" irréductibles aux synthèses réflexives et pour cela capable de les expliquer
DNP-2.26.0. / HOMME (LES HUMAINS)
DNP-2.26.1. / contrairement à l'Ego philosophique, l'Ego-homme est forclos aux sujets, mais ceux-ci, qui le pré-supposent, effectuent son uni-versalité pour le Monde DNP-2.26.2. / l'homme de la philosophie est un hybride qui doit autant à la dyade antropoïde grecque qu'à la "créature judéo-chrétienne - la philosophie méconnaît l'homme ordinaire, l'homme rien-qu'homme DNP-2.26.3. / la non-philosophie s'effectue aussi bien dans le langage d'une science-des-hommes, bien distincte des sciences-de-l'homme - mais le conflit de la philosophie et des sciences humaines ne peut trouver d'issue que dans une autre conception de l'homme - l'homme selon la non-philosophie est un être-Inséparé (de) soi, et donc Séparé-sans-séparation du Monde - l'homme n'est rien d'autre que le Réel forclos à la philosophie - l'humain contraint la pensée à se faire axiome et à renoncer à la suffisance
DNP-2.27.0. / HYPOTHESE (PHILOSOPHER-PAR-HYPOTHESE)
DNP-2.27.1. / désigne un usage de la non-philosophie prenant en compte la multiplicité de droit des décisions philosophiques DNP-2.27.2. / les historiens de la philosophie n'ont jamais fait qu'enregistrer et travailler sur l'hypothèse d'une multiplicité empirique des philosophies DNP-2.27.3. / une pratique de la philosophie "par hypothèse" fait de chaque position philosophique exclusive et suffisante une Identité transcendantale légitime en tant qu'hypothèse DNP-2.27.4. / la non-philosophie modifie bien la pratique de la philosophie elle-même comme celle des sciences connexes DNP-2.27.5. / la philosophie continue comme l'une des formes de la non-philosophie
DNP-2.28.0. / IMMANENCE RADICALE
DNP-2.28.1. / l'immanence radicale ou immanence (à) soi équivaut à l'Un-en-Un et implique la vision-en-Un uni-verselle en tant forclose à la pensée ou au Monde DNP-2.28.2. / la dyade immanence/transcendance, où chaque terme relativise l'autre, est l'un des opérateurs fondamentaux de la philosophie - tant que l'immanence n'est pas donnée comme un présupposé réel, toute tentative de réduire la transcendance à l'immanence souffre de réversibilité... et donc se fait à l'aune de la transcendance DNP-2.28.3. / les "philosophies" de l'immanence radicale (M. Henry par ex.) se posent justement comme pensées de l'immanence et font s'équivaloir pensée et immanence - or une pensée n'est réellement immanente que lorsqu'elle procède selon l'immanence (non pas d'elle-même mais du Réel forclos à la pensée), c'est-à-dire axiomatiquement et par clonage des éléments philosophiques
DNP-2.29.1. / le langage-univers est l'identité (du) langage-monde ou Logos, c'est-à-dire la clone du mixte philosophique de la pensée et du langage DNP-2.29.2. / dans son usage philosophique le langage est doté d'une fonction d'ouverture ontologique DNP-2.29.3. / la non-philosophie traite le langage comme un matériau inerte quant à ses propriétés de Logos, puisqu'il est déterminé en-dernière-instancee par l'Un DNP-2.29.4. / s'il est nécessaire à la formulation axiomatique de l'Un et de la force (de) pensée, l'Un n'est pas constitutif de l'essence de l'Un - le langage est révélé par la non-philosophie comme un mode du (non-)Un, d'autant mieux capable de décrire l'Un de multiples façons qu'il n'intervient jamais dans son essence - les descriptions axiomatiques de l'Un et des instances du (non-)Un forment des "langages uni-vers", soit des clones produits à partir du logos ou du langage-monde
DNP-2.30.1. / ce sont les discours philosophiques ayant pour objet l'essence ou la fondation de la science, de même que les études critiques, épistémologiques et historiques des sciences, mais traités à leur tour comme objets-matériaux pour la Science première DNP-2.30.2. / toute philosophie se reconnaît le droit de légiférer sur la science et se définit au moins implicitement comme métascience DNP-2.30.3. / étant donné le contenu et le statut à la fois philosophiques et non scientifiques de la métascience, il est clair que l'approche non-philosophique de celle-ci suppose la priorité de la science sur la métascience DNP-2.30.4. / la généralisation non-philosophique se propose de révéler 1) la similitude entre les programmes de fondation formaliste et logiciste et ces programmes de fondation de la science en général que sont les classiques "philosophies de la science", 2) la similitude entre l'intervention gödelienne sur la métamathématique et la réduction non-philosophique des discours métascientifiques en général par une "science première", identiquement science de la métascience et de la philosophie, 3) le caractère finalement hallucinatoire de la métascience au regard de l'essence de la science DNP-2.30.5. / il ne s'agit plus de dénier tout "métalangage" : il y a une métascience et donc du métalangage (et pas seulement sous forme d'"effets" textuels) mais dont la suffisance (ou validité absolue) est d'emblée suspendue par une science non-suffisante de la métascience qui se justifie en-dernière-instance de l'immanence du réel
DNP-2.31.1. / autre nom premier pour la Décision philosophique en tant que fondée sur la réversibilité comme structure ou tendance-limite du mélange DNP-2.31.2. / le mixte n’est pas seulement la forme de tout objet ou de tout matériau pour la philosophie, il constitue aussi sa propre auto-position, son propre point de vue en général DNP-2.31.3. / la non-philosophie généralise et manifeste l’identité (de) mixte – elle montre que toute philosophie obéit nécessairement à une règle structurale et transcendantale qui est l’unité des contraire DNP-2.31.4. / des indications anciennes et contemporaines sur le mixte comme objet et comme forme de la philosophie, la non-philosophie fait des symptômes dont elle extrait l’identité (de) mixte DNP-2.31.5. / comme volonté de soi, le mixte philosophique croit pouvoir se penser lui-même – c’est donc le lieu par excellence de l’illusion transcendantale et même d’une « apparence réelle » encorfe plus profonde que l’apparence dialectique transcendantale (Kant) parce que c’est l’apparence de la philosophie elle-même et pas seulement celle de la métaphysique
DNP-2.32.1. / comme la philosophie est la forme pure et générale du Monde, le Monde est l’objet immanent de la philosophie – « pensée-monde » désigne l’identité de ce mixte (et plus seulement ce mixte pensé depuis lui-même, de manière intra-philosophique) DNP-2.32.2. / la philosophie a toujours eu une affinité spéciale avec le Monde comme sa dimension originaire (les Grecs et Kant) jusqu’à se réciproquer avec lui (Marx, le devenir-monde de la philosophie, le devenir-philosophie du Monde) DNP-2.32.3. / la distinction du Monde et de l’Un (ou de l’homme) est au cœur de la non-philosophie – sa dimension duale – le Monde est l’Autorité des Autorités alors que l’Un définit l’ordre des Minorités ou des Etrangers – en ce sens, le Monde est radicalement transcendant à l’essence-Un de l’homme, et nous ne sommes pas au-monde DNP-2.32.4. / dual(ité) unilatéral(e) : cette expression signifie qu’il n’existe pas de réversibilité de la donation du Monde et du donné de l’Un, contrairement au postulat de la pensée unitaire DNP-2.32.5. / la vision-en-Un manifeste la pensée-monde comme une sorte de forclusion du Réel qui ne saurait oublier celui-ci mais seulement l’halluciner et du coup halluciner son rapport de forclusion comme simple « oubli » DNP-2.32.6. / ainsi la non-philosophie échappe à la haine fascinée du Monde (la philosophie) qu’elle prend « tel quel », lui reconnaissant un « droit d’exister » au moins « occasionnal »
DNP-2.33.1. / caractère de l’instance apriorique, la dernière dans la constitution de la force (de) pensée, comme transcendance ou Distance non-autopositionnelle – l’Extériorité, ramenée à son identité-de-dernière-instance-en-Un, est l’élément d’un multiple radical ou sans multiplicité (sans Unité pour le recouvrir ou l’ « ensembler ») DNP-2.33.2. / toute théorie philosophique du Multiple ou bien de l’Un est structurée comme un mixte métaphysique d’Un et de Multiple – le multiple est aussi amphibologique que l’Un et pour les mêmes raisons, la dyade Un/Multiple, l’axe vertical croisant dans la métaphysique celui, horizontal, de l’Etre/Etant DNP-2.33.3. / lorsque l’Un est reconnu lui-même comme « séparé », sans autre abstraction qu’axiomatique, de la structure à doublets croisés de la métaphysique, comme « séparé-sans-séparation », il n’est ni qualitatif (Plotin), ni quantitatif (Pythagore) ni qualitatif et quantitatif (Platon) – tout ce qui subit sa marque en tant que clone est pareillement protégé de ces aventures – c’est le cas du Multiple qui apparaît au dernier niveau de la force (de) pensée, après l’Un réel et l’Identité transcendantale, sous la forme d’une Extériorité non-autopositionnelle
DNP-2.34.0. / MYSTIQUE ORDINAIRE
DNP-2.34.1. / usage de la mystique en fonction de l’instance d’immanence radicale, de l’Un-en-Un, dite elle-même « le » mystique – le mystique, quoique forclos à la pensée, est la condition universelle négative de l’homme comme Etranger DNP-2.34.2. / au sens philosophique courant, « mystique » désigne l’expérience d’un accès supposé immédiat et rationnellement impénétrable à une réalité d’ordre transcendant, une expérience de la transcendance donnée « en personne » sur le mode de l’immanence DNP-2.34.3. / la non-philosophie réduit le mystique à désigner la seule immanence, mais devenue à elle-même sa propre donnée phénoménale ou le Réel même – la réduction de la transcendance, de son essence extatique et de ses modalités religieuses ne suspend que la mystique et le mysticisme, mais sauve le phénomène qu’est l’expérience mystique, et le fait déployer son universalité au cœur de la pensée – l’usage non-philosophique du langage n’aboutit pas à une hénologie négative, la négation ou le suspens du logos n’appartenant plus à l’essence de la cause réelle ou du mystique DNP-2.34.4. / tandis que la philosophie appelle « mystique » le réel qu’elle approche sans pouvoir le pénétrer, la non-philosophie prend son départ dans le Réel même comme mystique donné-sans-donation et entreprend sur cette base, universelle quoique non-suffisante, de transformer notre rapport à la philosophie, à la science, à l’art – à la mystique elle-même
DNP-2.35.1. / objet immanent de la force (de) pensée ou du sujet-Etranger qui, univerti vers et par celui-ci, s’y rapporte de manière non-intentionnelle comme son corrélat (unilat) de sens – la forme noématique universelle est une identité (en-dernière-instance) de sens DNP-2.35.2. / dans la phénoménologie, le noème est le sens intentionnel d’un objet dans le Monde, pas encore le sens uni-versel (par universion) du Monde lui-même ou son identité pour le sujet-Etranger DNP-2.35.3. / la réduction « réelle » de la suffisance philosophique transforme la pensée-monde en simple occasion du clonage par l’Un – l’état de « cause occasionnale » est ainsi le sens noématique en personne qui se dit de la pensée-monde
DNP-2.36.0. / NOESE UNIVERSELLE
DNP-2.36.1. / dimension non-réelle du sujet-Etranger, constituée de deux identités fonctionnelles (transcendantale et apriorique) clonées de la phénoménologie et supposant leur universalisation par l'Un - la noèse n'est pas, dans son essence, de la nature de la transcendance objectivante ou intentionnelle, mais de la nature uni-verselle d'un être-tourné-sans-retour-vers... (le Monde) DNP-2.36.2. / la corrélation ou la semi-circularité de la noèse et du noème, c'est la dyade fondamentale de la décision phénoménologique DNP-2.36.3. / le caractère fonctionnel et universel attribué à l'intentionnalité de conscience par Husserl est d'autant radicalisé que l'intentionnalité est ainsi originairement orientée vers le Monde lui-même en son identité noématique plutôt que vers l'objet dans l'horizon-de-monde, et déterminée par la dernière-instance de l'Un qui seule lui donne cette amplitude de l'uni-versalité - on substitue ainsi une noèse-univers à l'intention-monde de la phénoménologie en même temps qu'un noème-univers au noème-monde
DNP-2.37.1. / élément symbolique de l'axiomatique transcendantale, formée à partir d'un concept philosophique et entrant dans la constitution des axiomes qui décrivent l'Un DNP-2.37.2. / un terme premier est ce qui résiste à toute régression conformément à l'exigence d'Aristote - par exemple le cogito - mais ces tentatives relèvent d'une axiomatique ontologique - en effets le terme premiers de la philosophie restent finalement intuitifs (intuition intellectuelle) et peuvent à tout instant être ré-introduits dans le cercle philosophique du donné et du démontré, des prémisses et des conséquences DNP-2.37.3. / les termes premiers de la non-philosophie, qui décrivent l'Un principalement et le sujet-force (de) pensée, sont premiers au double titre de leur abstraction, seulement axiomatique, et de leur statut transcendantal DNP-2.37.4. / ce sont des noms premiers, mais en-dernière-instance seulement, au sens où il n'y a pas de noms absolument propres - n'importe quel terme philosophique peut être traité comme un nom premier et inséré dans des axiomes - ce ne sont plus des mixtes de langage et d'Etre se disant de l'Un métaphysique à l'enseigne de la réversibilité des mots et des choses
DNP-2.38.0. / NON-DICTIONNAIRE
DNP-2.38.1. / collection d'univers non-auto-positionnels obtenue par la réitération d'une pragmatique universelle à un matériau de vocables philosophiques et régionaux DNP-2.38.2. / alors que les dictionnaires philosophiques constituent un recensement, au nom de l'unité, des opinions multiples au sujet d'un présupposé-Etre ou (variante psychanalytique) d'un supposé-Autre, un dictionnaire non-philosophique traduit sans autre supposition la multiplicité réelle inhérente à la force (de) pensée à partir de la pluralité empirique des concepts
DNP-2.39.0. / NON-EPISTEMOLOGIE
DNP-2.39.1. / théorie unifiée de la science et de la philosophie en tant qu'elle prend pour objet et pour matériau le discours qui revendique un mixte particulier de science et de philosophie : l'épistémologie DNP-2.39.2. / la philosophie reconnaît l'épistémologie de deux façons, qui ne sont pas toujours exclusives - elle peut la traiter comme une continuation de la philosophie des sciences classique, cristallisée autour de la question kantienne de la possibilité de la science - elle peut aussi la considérer comme une discipline relativement autonome, à la fois plus régionale et plus technique, extrêmement variée et multiforme quant à la nature et à l'ordre de grandeur de ses objets et de ses méthodes - l'avenir de l'épistémologie sous ces hypothèses apparaît comme devenir-réseau de son concept de science dans un système complexe, non-linéaire et instable DNP-2.39.3. / la non-philosophie admet que l'on ne peut prendre pour objet la science à la façon dont le fait l'épistémologie qui lui impose une objectivation et une réduction philosophiques, parce que l'inexplicitation de ses concepts et une compréhension trop étroite, peu universelle de la philosophie, fait qu'elle travaille toujours sous les mêmes hypothèses livrées à la suffisance philosophique DNP-2.39.4. / la dualysation de l'épistémologie en fonction de ses deux sources permet la libération de celles-ci comme ordres transcendantaux, leur unification sans hiérarchie ou non unitaire - en la transformant en matériau, la non-philosophie pourra faire usage de ces discours comme source de problèmes et de connaissances scientifiques et philosophiques nouveaux à l'occasion desquels philosophie et science travaillerons sur un pied d'égalité
DNP-2.40.1. / ensemble des modes d'approche et formulations non-philosophiques de la dualité et qui constituent le sujet-Etranger en sujet uni-sexe DNP-2.40.2. / l'érotique philosophique tend à sexualiser la dualité, en lui imposant la forme dyadique de l'union des contraires DNP-2.40.3. / de son côté, la psychanalyse promeut l'érotique du rapport-sans-rapport ou l'érotique de la contradiction DNP-2.40.4. / comme Joui de part en part, donc sans l'arrière-monde de la jouissance, l'Un est (non-) érotique DNP-2.40.5. / la vision-en-Un n'ignore certes pas l'horizon du Deux et du Multiple - c'est pourquoi elle s'apparaît comme Joui et détermine-en-dernière-instance la "différence sexuelle", clonant à partir de celle-ci un non-érotisme qui n'est pas la négation d'Eros mais la constitution de chaque humain en sujet uni-sexe - en ce sens tout sujet non-érotique est sexe-Etranger ou existe-sexuellement-Etranger - l'uni-sexe n'est pas l'indifférence marchande des sexes mais le sexe en tant qu'il fait de chaque sujet un Etranger
DNP-2.41.1. / se dit de l'application, sous plusieurs formes, de la démarche non-philosophique à la matière esthétique elle-même DNP-2.41.0. / non-esthétiques : le pluriel désigne la fragmentation du grand texte traditionnel de la pensée de l'art, et l'extraction éventuelle d'esthétiques possibles, issues de généralisations particulières (non-bachelardienne, non-kierkegaardienne, non-baudelairienne, etc.) qui sont les symptômes encore philosophiques d'une non-esthétique universelle au sens radical de ce mot
DNP-2.42.1. / effectuation de la non-philosophie dans l'éthique-mond ou philosophique : c'est la théorie et l'usage de l'éthique adéquats à l'essence de l'homme comme immanence radicale ou malheur radical DNP-2.42.2. / traditionnellement, l'éthique est soit science théorique du jugement moral, soit science pratique enseignant ce qu'il faut vouloir DNP-2.42.3. / la non-éthique se présente identiquement comme une théorie ou une science et comme une pragmatique portant sur les doctrines, philosophiques et régionales, de la morale ou de la pratique - sur l'éthique-monde DNP-2.42.4. / l'éthico-philosophique est mensonger, léthico-religieux anti-démocratique - d'autre part ils empêchent l'éthique de parvenir à poser un impératif réellement inconditionné puisque celui de la philosophie et celui du religieux-transcendant sont encore plus inconditionnés que celui de l'éthique - enfin ils subordonnent partiellement l'homme à l'éthique, à la philosophie et à la Loi - l'implication de l'éthique philosophique en particulier, c'est que la Loi est faite circulairement par et pour l'homme, donc réciproquement que l'homme est fait par et pour la Loi - cet idéalisme et ce volontarisme culminent dans la "vision morale du monde" (Kant et Fichte) où l'être de l'homme se résorbe dans l'obéissance au commandement ou bien dans le projet de la liberté DNP-2.42.5. / la non-philosophie pose en revanche que l'homme est la cause immanente de l'éthique ou qu'il la détermine-en-dernière-instance - l'essence de l'homme agit comme cette cause lorsqu'elle prend la forme non pas de la volonté, mais du sujet-existant-Etranger, de la force (de) pensée dont la modalité éthique est ici non pas la Loi mais la force (de) loi - le malheur radical, le sujet-Etranger, la force (de) loi sont les concepts majeurs de la non-éthique, ils déterminent l'usage des éthiques théoriques et pratiques - cette formule étant déterminée par la seule essence réele de l'homme, la non-éthique est la limitation de la Loi et de l'éthique inhumaines au profit de l'homme, qui n'est plus défini comme être raisonnable c'est-à-die ultimement comme philosophe, mais comme "homme ordinaire" ou Etranger DNP-2.42.6. / une seule chose est bonne, c'est-à-dire humaine et seulement humaine, dans le Monde et surtout hors du Monde, c'est-à-dire pour le Monde, c'est la force (de) loi exercée par l'Etranger
DNP-2.43.0. / NON-INTUITIF (NON-SPATIAL ET NON-TEMPOREL)
DNP-2.43.1. / mode d'être de la pensée produite par la force (de) pensée à partir des matériaux des représentations scientifiques et philosophiques, intuitives ou spontanément spatialisées et temporalisées DNP-2.43.2. / l'ensemble de la philosophie renforce l'intuitivité spatiale de la pensée par son intuitivité temporelle (l'interaction redoublante du Chaos et du Logos), jamais complètement éradiquée dnas la mesure où la philosophie reste essentiellement une oeuvre de langage-monde DNP-2.43.3. / la non-philosophie abandonne l'esprit différe(a)ntialiste, lequel ne sort pas réellement du doublet de l'empirique et du transcendantal ou du doublet de l'espace et du temps - le langage prend un rôle fonctionnel et non plus originaire, au service de la force (de) pensée - le langage est porté à l'état dit "non-conceptuel" du "mot-sans-langage" - il ne sert plus à nommer l'Etre et à faire apparaître son sens ultime universel (qu'il soit topologique ou temporal), mais il est transformé en réserve de termes ou de "noms premiers"qui entrent dans les axiomes formés sur les objets de la philosophie - la non-philosophie est le "choix" du Réel contre le choix philosophique de l'espace et du temps c'est-à-dire finalement de l'Etre
DNP-2.44.1. / discipline autonome et spécifique de type identiquement scientifique et philosophique, qui décrit en-dernière-instance selon le réel-Un et au moyen de la philosophie et de la science considérées comme matériau, d'une part la force (de) pensée ou le sujet-existant-Etranger, d'autre part l'objet de celui-ci, l'identité (de) la pensée-monde DNP-2.44.2. / la non-philosophie est considérée par la philosophie soit comme l'état d'immédiateté de l'opinion naïve et sensible (les jugements du sens commun), soit comme son autre qu'il reste à penser (les sciences, les technologies, la politique, les arts...), soit comme les présuppositions du philosophique lui-même (les innombrables "impensés") qui sont à leur tour philosophables DNP-2.44.3. / la vision-en-Un est le "fil" transcendantal d'une pensée non-philosophique consistante et positive distincte de ce non-philosophique flottant |