|
D'après une lecture de
- Principes de la Non-Philosophie
- de François Laruelle
P.U.F. coll. Epiméthée, 1996
|
 |
-
PNP-4.0.0.
/ DETERMINATION-EN-DERNIERE INSTANCE. THEOREME TRANSCENDANTAL DE LA
FORCE (DE) PENSEE
PNP-5.0.0.
/ LA METHODE DE DUALYSE (PERFORMATION, CLONAGE, A PRIORI)
PNP-6.0.0.
/ LA CONSTITUTION DE L'ORDRE NON-PHILOSOPHIQUE
-
PNP-0.1.0.
/ avant-propos
-
- PNP-0.1.1. /
la non-philosophie ne prétend pas succéder à la philosophie, la
dépasser ou la déplacer, mais simplement suspendre son autorité et sa
suffisance en l'utilisant autrement avec de nouveaux moyens théoriques
- PNP-0.1.2. /
la science première n'est pas une pensée de l'Un, lequel est
forclos à la pensée, mais une pensée en-Un ou selon l'Un
- PNP-0.1.3.
/ un panorama des six chapitres du traité : 1) les origines de la
problématique, 2) la non-épistémologie comme pensée identiquement pour
la science et la philosophie, 3) la primauté réelle de l'Un sur le
discours, la distinction unilatérale de l'Ego et du sujet de la pensée,
4) la forme de la pensée selon l'Un : théorie du clonage et théorème
transcendantal de la force de pensée, 5) les modalités théoriques de la
non-philosophie, comparées la forme philosophie, 6) les règles
explicites d'un usage non-philosophique de la philosophie, posant
l'identité du fondamental et du régional
- PNP-0.1.4.
/ la non-philosophie n'est pas réductible à une théorie de la
philosophie : elle est aussi bien une pensée pour la science et une
vision mystique en Un
-
- PNP-0.2.0. /
introduction
-
- PNP-0.2.1.
/ l'identité de la philosophie ne fait pas l'objet d'un questionnement
infini mais constitue un problème soluble pour la non-philosophie
- PNP-0.2.2.
/ l'identité théorique et pragmatique de la philosophie ne saurait être
reconnue par celle-ci
- PNP-0.2.3.
/ historiquement, le mot "non-philosophie" a toujours désigné l'Autre de
la philosophie, sous le mode d'un avant ou d'un après, ou bien d'une
exclusion interne
- PNP-0.2.4.
/ la philosophie use du non-philosophique pour circonscrire, et
finalement se réapproprier sa propre maîtrise
- PNP-0.2.5.
/ la pensée postmoderne accueille le non-philosophique pour mieux le
restreindre, le cheviller au philosophique par exemple au titre de
symptôme
- PNP-0.2.6.
/ la non-philosophie ne tient pas son nom de ces relations circulaires
intra-philosophiques, mais plutôt d'une tradition scientifique
puisqu'elle peut se dire (notamment) d'une généralisation
non-euclidienne de la philosophie
- PNP-0.2.7.
/ la critique le plus radicale de la suffisance philosophique n'émane
pas du point de vue de l'Autre ou de la Différence, toujours monnayable
avec l'Etre ou le Même, mais du point de vue du Réel comme Un ou
Immanence radicale
-
PNP-0.2.8. / l'expérience du Réel comme
Vision-en-Un détermine une pensée, une force (de) pensée, introduit à
une pragmatique (d'essence théorique) de la philosophie - soit une
discipline autonome avec ses règles universelles, ses objets
(globalement la philosophie), et ses fins
-
PNP-0.2.9. / il existe une matrice dite de la
"Décision philosophique" à 2/3 termes (ou 2/3 équivaut plus ou moins à
3/2), telle que la philosophie se donne synthétiquement une immanence et
une transcendance dans un rapport à soi de type auto-positionnel et
auto-donationnel - loin d'être simplement formelle, cette structure
dispose la philosophie à vouloir co-constituer le Réel, au moins
partiellement - contre ce fait de l'auto-position, on postule
une expérience de l'Un comme immanence radicale, l'Un-en-Un tel qu'il ne
peut unifier le Réel et la Pensée, l'Un et l'Autre, l'Un et l'Etre, etc.
-
PNP-0.2.10. / la non-philosophie se présente
comme une expérience de l'immanence radicale ou phénoménale, et traite,
non pas directement ou objectivement l'expérience elle-même, mais toute
transcendance et toute auto-position en fonction de cette expérience
réelle - celle-ci, dans le domaine de la pensée, ne peut donc plus être
posée qu'axiomatiquement ou nommée selon des termes "premiers" qui ne
contiennent (ou n'expriment) pas l'expérience (à la différence des
thèses ou des concepts philosophiques)
-
PNP-0.2.11. / la nouvelle matrice n'est plus
celle du 2/3 circulaire, ni celle du 1 métaphysique qui revient à 1/2,
mais celle du 1-en-1 immanent accompagné du 2-en-1 de la dualité unilatérale
-
PNP-0.2.13. / il y a donc trois termes, pour
peu qu'un terme=X venu de la transcendance s'ajoute au Réel lui-même,
par l'intermédiaire d'un clone transcendantal de celui-ci - car l'Un ne
compte dans aucune relation, sauf à répondre "fictivement" à la
transcendance, et uniquement pour elle, sous la forme d'une
Identité transcendantale - cette causalité non-dialectique (ou causalité
réelle) peut également être nommée "Détermination-en-dernière-instance",
dans la mesure où le Réel ne s'aliène pas dans X qui est pourtant
déterminé par le Réel, mais pas directement, en-dernière-instance
seulement - parce que l'Identité ne s'aliène jamais dans la dualité,
et parce que l'Un et le Deux font à jamais deux, précisément, on
parlera de "dualité unilatérale" (la dualité n'est jamais du côté de
l'Un, qui n'est d'ailleurs pas un côté, par contre il y a bien une
Identité (de) la dualité elle-même)
-
PNP-0.2.14. / la
détermination-en-dernière-instance prend la forme d'un organon
transcendantal, ou "force (de) pensée" qui, en tant qu'inférée depuis
l'Un et appliquée à l'expérience philosophique (avec ses savoirs
régionaux) comme apport et matériau, constitue la non-philosophie
-
PNP-0.2.15. / la non-philosophie est une
pensée transcendantale qui prend pour objet l'ensemble des savoirs,
régionaux et fondamentaux - son Réel n'est plus celui du sens commun
philosophique (une "mêmeté supposée", plus ou moins objective), mais
l'identité radicale, de sorte que son objet à elle serait précisément le
sens commun philosophique, le bricolage philosophique et ses divers
modes (une "technologie transcendantale")
-
PNP-0.2.16. / la non-philosophie ne prétend
plus soumettre les savoirs régionaux à l'autorité ou à la critique d'un
savoir fondamental - elle se contente de leur appliquer une réduction ou
une formalisation transcendantale, et de les généraliser, mais pas à la
manière philosophique - la philosophie prétend universaliser en
mélangeant acquisition et formalisation, selon une méthode
empirico-transcendantale qui se révèle autoritaire et déficiante ("coups
de force" théoriques, etc.) - la non-philosophie commence par distinguer
l'a priori (qu'elle applique aux savoirs-matériaux, locaux ou
fondamentaux, privés de toute réflexivité) et le transcendantal (la
pensée pure), et justifie ce dernier en-dernière-instance du seul Réel.
-
PNP-0.2.17. / toute philosophie peut être
valoir comme méta-philosophie pour une autre philosophie, et annonce
potentiellement la "mort de la philosophie" - sous la raison de
l'immanence plutôt que de la transcendance, comme discipline minoritaire
plutôt qu'autoritaire (donc ni méta-science, ni méta-philosophie), la
non-philosophie se réalise comme théorie unifiée (et non unitaire) de la
philosophie et des savoirs régionaux - elle n'est pas non plus une
science positive de la philosophie, ni une science absolue, mais une
théorie qui s'appuie sur le seul organon transcendantal de la
force (de) pensée
-
PNP-0.2.18. / la non-philosophie est la
résolution réelle de l'antinomie de la science et de la philosophie, non
pas comme thèse philosophique sur l'essence du Réel, mais par la simple
hypothèse du Réel immanent, et par la constitution d'une
théorie-pragmatique transcendantale
-
PNP-0.2.19. / pour pouvoir transformer
l'expérience philosophique (son usage, mais pas sa nature, ni même son
histoire), la non-philosophie doit rester une hypothèse non
sanctionnable en retour par l'expérience - en tant qu'organon
universel de la pensée, elle remplit cet office sans se figer en système
clos
-
PNP-0.2.20. / la non-philosophie se veut
identiquement théorique et pratique, car elle ne se contente pas
d'expliquer ou de décrire le fonctionnement de la philosophie, elle
modifie et relance la connaissance même qu'on peut en avoir
-
PNP-0.2.21. / la non-philosophie est dépourvue
de finalité pour elle-même, et encore moins pour le Réel - elle vaut
juste pour la philosophie qu'elle parvient à généraliser par-delà ses
illusions sur soi-même et sa forclusion du Réel
-
PNP-0.2.22. / la "mort de la philosophie" est
l'affect principal de toute philosophie dans son rapport à tout autre,
soit la guerre de tous contre tous - il s'agit désormais d'introduire la
démocratie dans la pensée, d'unilatéraliser la loi du conflit qui
prévaut entre philosophies et entre celle-ci et les sciences - il y a un
type de multitudes qui ne dépend que de l'identité réelle, un respect
des minorités fondé sur la mise à distance (unilatéralisation) des
autorités sans retournement violent : justement parce qu'il y a un
ordre minimal (priorité...), non dominateur (...sans primauté), qui
préserve à jamais l'identité
-
PNP-0.2.23. / à la tradition hiérarchisante,
qui pose un mythique réel philosophique, on préfère la traduction
non-philosophique ou transcendantale des philosophies, désormais
équivalentes (et relativement autonomes) car tenues à égale distance du
seul Réel non traduisible
-
PNP-0.2.24. / la réflexivité philosophique,
considérée dans son autonomie relative plutôt que dans sa suffisance, a
besoin d'une pensée transcendantale qui sans se mélanger à elle puisse
la traiter dans son identité, et par-là reconnaisse l'existence
et la validité relative de chaque philosophie - le philosophe
s'identifie à l'homme qu'il prétend éduquer, mais c'est plutôt le sujet
de la pensée non-philosophique (la force de pensée) qui peut éduquer la
philosophie en fonction de l'identité humaine
-
PNP-1.0.0.
/ PROBLEMATIQUE DE LA NON-PHILOSOPHIE
-
-
PNP-1.1.0. / les "noms premiers" qui
distinguent la non-philosophie de la philosophie
-
-
PNP-1.1.1. / la conjoncture fait
apparaître un clivage entre des philosophies qui revendiquent soit des
formes radicales d'immanence, soit des formes exacerbées de
transcendance - mais le mixte de ces deux critères reste leur
dénominateur commun, tandis que la non-philosophie ordonne simplement la
transcendance à l'immanence et en modifie le sens irréductiblement
-
PNP-1.1.2. / le premier axiome ou "nom
premier" de la non-philosophie est l'immanence radicale du réel,
telle que celui-ci n'inclut aucune parcelle de transcendance (émanation,
réflexivité, etc.) - dans son être pur phénoménal, l'Un réel est un
"Donné-sans-donation" qui ne donne ou n'unifie rien, en lui ou hors de
lui
-
PNP-1.1.3. / le second axiome substitue
au paradigme du mixte le système de la "double autonomie", qui à côté de
l'autonomie radicale de l'Un postule l'autonomie relative de la
transcendance, ou de la philosophie par rapport à la non-philosophie -
cette syntaxe qui seule peut accompagner l'immanence radicale, se nomme
dualité elle-même unilatérale (ou détermination-en-dernière-instance) :
elle place, "à côté" de l'Un, un Deux irréductible dans lequel l'Un
n'intervient pas (d'où son autonomie) - à défaut de reconnaître cette
double autonomie, l'Un serait obligé de composer avec la
transcendance, fût-ce en la niant (problème des philosophies de
l'immanence)
-
PNP-1.1.4. / le troisième axiome
définit la non-philosophie, d'une part comme science-en-Un (ou -à
cause de l'Un) transcendantale, d'autre part comme théorie unifiée (et
non science, de ce point de vue), identiquement théorique (et)
pragmatique, de la philosophie et de la science (son matériau
objet)
-
PNP-1.1.5. / le quatrième précise
l'action de la non-philosophie sur la non-philosophie : 1) l'extraction
et la destitution du "principe de philosophie suffisante", 2) la mise à
plat de toutes les décisions philosophiques possibles, comme étant
équivalentes au regard du Réel, 3) la reconnaissance d'une "identité" de
la philosophie, comme a priori désignant un champ d'expériences
nouvelles, 4) l'usage théorique de l'identité de la philosophie et de
n'importe quelle autre science ou discipline régionale
-
PNP-1.1.6. / la non-philosophie n'est
en rien une critique "supérieure" ou une méta-philosophie, une revanche
ou un dépassement : plutôt une théorie et une pragmatique pour la
philosophie
PNP-1.2.0. / les trois découvertes qui fondent la non-philosophie
-
PNP-1.2.1. / le statut de la découverte
en non-philosophie s'oppose à celui de la décision en philosophie - il
ne s'agit plus de perpétuer une tradition jusqu'à un accomplissement qui
serait la "mort de la philosophie", mais bien d'inventer un nouvel usage
de la philosophie - cette invention suppose une triple découverte : 1)
l'Un comme immanence radicale, 2) la détermination-en-dernière instance
ou la causalité propre de l'Un, 3) un organon de pensée (plutôt que la
"pensée" problématisante et subjectivante) adéquate au Réel par
hypothèses ou par axiomes (plutôt que par thèses)
-
PNP-1.2.2. / 1) l'Un comme Réel
immanent a pour traduction possible le Donné-sans-donation, le donné qui
n'est pas déterminé par une donation mais qui détermine celle-ci
en-dernière-instance seulement (non objectivement ou directement) -
l'autonomie radicale de l'Un invalide les thèses classiques de sa
convertibilitié avec l'Etre (métaphysique) ou avec l'Autre
(déconstructions)
-
PNP-1.2.3. / si les philosophes ne
laissent pas de critiquer les amphibologies et les confusions qui
lestent la pensée, ils ne peuvent que les déplacer sans les résoudre
tant que l'Un n'est pas pensé dans son essence en-Un, et d'autre
part comme-dernière-instance (avec une causalité qui lui
est propre) pour l'Etre, l'Autre, le Monde, etc.
-
PNP-1.2.4. / L'Un-en-Un n'est ni
transcendant ni transcendantal (à la manière des "transcendantaux"
philosophiques), mais seulement immanent (à) soi plutôt qu'à
l'Etre, la Substance, ou à toute forme de relation à Soi -
seule sa causalité ou force (de) pensée, en référence nécessaire à
l'Etre, peut-être dite "transcendantale"
-
PNP-1.2.5. / 2) la découverte de la
détermination-en-dernière-instance complète positivement celle de
l'immanence radicale, en attribuant à la force (de) pensée une syntaxe
strictement dualitaire (la dualité unilatérale)
-
PNP-1.2.6. / la dualité unilatérale ne
revient jamais à une unité-des-contraires, ou à une unité
inclusive/exclusive, car elle ne procède d'aucune division - l'Un admet
la dualité sans se diviser lui-même et sans l'opposer à soi
-
PNP-1.2.7. / comme il existe deux types
d'autonomie (radicale et relative), ils existe une dualité elle-même
unilatérale des causalités : la causalité transcendantale, qui provient
"du" Réel (ou "à cause" du Réel, sans que cette causalité soit l'essence
du Réel) vers la transcendance, et la causalité occasionnelle provenant
de la transcendance et des data philosophiques - ainsi la
causalité spécifique de l'Un laisse être l'Autre causalité, et déboute
la causalité unitaire traditionnelle de l'Etre
-
PNP-1.2.8. / d'essence transcendantale,
la dualité unilatérale ne touche absolument pas au Réel donné en-Un ni
ne modifie directement le matériau donné dans son effectivité
-
PNP-1.2.9. / 3) Reste le problème d'une
pensée effectivement adéquate au donné-sans-donation, sans qu'elle soit
présupposée comme c'est le cas de la philosophie par rapport à l'Etre -
plutôt que de pré-supposer une pensée de l'Etre, on doit en fonction de
l'Un et de la Vision-en-Un supposer simplement la philosophabilité d'un
matériau - soit le Réel ou l'Un, qu'en résulte-t-il pour la pensée et
l'Etre, autrement dit que devient la philosophie ? - il en résulte une
"théorie unifiée" de la philosophie et de la science déterminant leur
identité transcendantale, et prenant pour objet les représentations
méta-philosophiques ou méta-scientifiques (toujours hiérarchisées et à
ce titre philosophiques) de leur relation ou mixité
-
PNP-1.2.10. / les instruments de la
pensée en-Un (et non de l'Un), du moins sous son aspect concret
de force (de) pensée (et non comme Vision-en-Un), sont l'hypothèse et
l'axiome : ces outils transcendantaux résultent ici de la décision
(d')Un ou force (de) pensée et non d'une théorie épistémologique - une
décision est toujours nécessaire à la pensée, même en-Un, mais celle-ci
ne se prétend plus première et réelle (comme en philosophie, qui
commence par diviser) - une découverte comme telle (opération
principale de la pensée en-Un) est toujours déterminée
en-dernière-instance par un déjà-découvert réel
-
PNP-1.2.11. / la Décision en régime
non-philosophique ne revient jamais à une triade comme en philosophie
(où la décision et l'indécidable j'ajoutent à leur mixte), elle n'est
"liée" à l'Un que par la détermination-en-dernière-instance,
c'est-à-dire en fonction l'Un lui-même (indivis et indécidé)
PNP-1.3.0. / que veut dire "pensée (de) l'Un" ? solution du problème
d'une non-philosophie
-
PNP-1.3.1. / "en tant qu'Un" signifie
que l'Un tient son essence de lui-même seul, ou encore de son immanence
-
PNP-1.3.2. / les descriptions de l'Un
empruntent à la philosophie ses langages et ses modèles, mais si
l'Un doit être pensé il reste pensé en-Un
-
PNP-1.3.3. / l'Un étant d'abord en-Un,
la pensée est irrémédiablement seconde - quand bien même elle se pense
elle-même, par exemple en pensant l'Un, elle le fait toujours depuis
l'Un qui seul lui accorde son autonomie - elle ne peut se poser
elle-même comme réelle, par réflexion et abstraction, puisqu'elle est
déterminée en-dernière-instance par le Réel
-
PNP-1.3.4 . / la pensée n'est pas
prioritairement philosophique, car même en tant que philosophique elle
tient sa cause réelle (de-dernière-instance) en-Un - le matériau, lui,
reste philosophique puisque la philosophie (au sens large : sciences,
arts et techniques compris) représente la forme du Monde
PNP-1.4.0. / de la non-philosophie comme pensée-à-cause (sans objet)
et à-support (sans sujet)
-
PNP-1.4.1. / la philosophie décortique
la formule "en tant qu'Un" en lui appliquant son propre préjugé
ontologico-langagier : elle met l'Etre à la place de l'Un et la
détermination à la place de l'identité, au moyen d'une structure
prédicative de type : "l'Un (sujet déterminable) est (copule) Un
(attribut déterminant) - elle divise l'Un de son essence et de sa
causalité propres en l'affectant (du moins apparemment) d'une
transcendance factice, essentiellement formelle
-
PNP-1.4.2. / la non-philosophie utilise
la formule "en tant que" comme simple matériau et support pour de
nouveaux énoncés philosophiques ; mais quant à l'Un elle renvoie à
"l'Un-en-Un" et exprime l'identité - l'Un n'est plus divisé mais reçoit
également deux usages : comme cause réelle (ancien prédicat) et comme
matériau/support occasionnel (ancien sujet)
-
PNP-1.4.3. / l'ancien attribut ou
prédicat "en tant qu'Un" suffit à exprimer la cause "une", cause par
immanence décrite plus loin comme clonage
-
PNP-1.4.4. / l'Un-cause premier (ancien
attribut second) ne se déploie pas "tout seul" dans le langage, il a
besoin d'une occasion (ancien sujet premier), qui sera clonée par lui
comme Un second (et justement, comme sujet) - puisque la cause première
remplace l'attribut objectivé, on dira que la non-philosophie est une
pensée-sans-objet mais à-cause
-
PNP-1.4.5. / le sujet (l'Un
ontologique) de la prédication philosophique passe du statut de
suppôt-substance à celui de cause occasionnelle (support et matériau) de
la pensée
-
PNP-1.4.6. / on dira que la
non-philosophie est une pensée-sans-sujet mais à-support,
dont le contenu universel n'est autre que la philosophie
PNP-1.5.0.
/ théorie du clonage
-
PNP-1.5.1. / la théorie du clonage,
découverte majeure de "Philosophie III", permet de préciser le sens de
la "détermination-en-dernière-instance" et de la "dualité unilatérale",
soit une relation en 3 phases entre l'Un Réel d'une part et un terme X
transcendant d'autre part
-
PNP-1.5.2. / le premier stade est celui
de la dyade philosophique comme relation apparente, mais auto-suffisante
et négatrice du Réel-Un
-
PNP-1.5.3. / le deuxième stade résout
la contradiction entre l'immanence de la Vision-en-Un et la suffisance
du calcul philosophique qui n'en veut rien savoir, par la production
d'un clone du Réel-Un qui est l'"Identité transcendantale", l'essence
transcendantale de la pensée - il est soutiré au Réel pour le
représenter (sans double ni reflet) auprès de l'occasion X empirique ou
transcendante
-
PNP-1.5.4. / à partir de l'essence
transcendantale, le troisième stade extrait du terme X philosophique un
a priori non-philosophique, réduisant X à l'état de simple support
-
PNP-1.5.5. / les 4 instances
non-philosophiques apparaissent clairement désormais : 1) le Réel (ou
l'Un), 2) l'Empirique (ou le Mixte), 3) le Transcendantal (ou
l'Identité, ou l'en-Un), 4) l'A priori (ou Dualité unilatérale) - la
Dualité unilatérale (qui n'est pas la Dyade) peut se dire des relations
entre plusieurs de ces termes, mais s'applique plus justement à la
relation Transcendantal/A priori
-
PNP-1.5.6. / il faut distinguer la
"cause occasionnelle", qui est l'empirique suffisant ou spontané, de ce
même empirique réduit au "support" de l'a priori
-
PNP-1.5.7. / une théorie du clonage
s'imposait dans le cadre d'une théorie de l'Identité ou de l'Immanence
refusant les logiques philosophiques de l'immanence (comme inhérence à
soi, devenir-immanent, etc.), lesquelles confondent l'Auto- avec l'Un -
"en-Un" se dit évidemment du réel-Un lui-même, mais aussi du clone
transcendantal en tant que reçu sur le mode de l'Un, et à la rigueur des
autres représentations aprioriques mais seulement "en-dernière-instance"
(elles ne sont pas directement inhérentes à l'Un) - d'une part
"Vision-en-Un" dit exactement la même chose que l'Un (pour l'Un), et
d'autre part désigne toute représentation comme donnée-en-Un
(et non posée ou pensée) dans son état transcendantal -
"Détermination-en-dernière-instane" dit le rapport général de
l'empirique au Réel, en tant que lui-même forclos de ce rapport
-
PNP-1.5.8. / dans la dualité
unilatérale, le premier terme est dit pour le second (par exemple
l'a priori pour l'empirique) - mais rappelons que le Réel n'est
pas lui-même le terme d'une dualité, même unilatérale
-
PNP-1.5.9. / il y a irréductiblement
deux types de donné : le donné-sans-donation (le Réel) et le
donné-par-donation et position (l'empirique et le philosophique) - c'est
ce qui explique le clonage
-
PNP-1.5.10. / l'Un en tant qu'Un ne se
divise pas, pas définition, mais il admet le seul "autre" Un qui ne soit
pas issu d'une division : son clone - le clone transcendantal est
l'Identité, non pas de l'Un, mais du Double (identité sans synthèse)
-
PNP-1.5.11. / le clonage transcendantal
est moins mystérieux que le mystère de la Décision philosophique, qui
ajoute à ce premier mystère l'arbitraire d'une division de l'Un
PNP-1.6.0.
/ histoire de la non-philosophie : philosophies I, II et III
-
PNP-1.6.1. / philosophies I, II et III
correspondent en même temps à la découverte en trois phases de la
non-philosophie et aux trois faces constitutives de la philosophie
elle-même - philosophie I reste sous l'autorité du principe de
philosophie suffisante tout en apportant, dans un style nietzschéen, des
premiers éléments de non-philosophie (l'individu, l'expérience
transcendantale de la pensée...) - philosophie II marque la naissance de
la non-philosophie avec la subordination de la décision
non-philosophique à la Vision-en-Un, sa cause immanente, mais subordonne
aussi la philosophie à la pensée scientifique - philosophie III se
libère de cette conception encore "scientifique" du Réel et affirme la
forclusion radicale de celui-ci
-
PNP-1.6.2. / philosophie III affirme
(et suspend) le tout de la suffisance philosophique (science comprise)
-
PNP-1.6.3. / ce n'est plus la pensée,
notamment scientifique, qui détermine le "non-" de la non-philosophie
mais le seul Réel - les théories scientifiques peuvent maintenant servir
de matériau, comme n'importe quelle philosophie, à la non-philosophie
-
PNP-1.6.4. / les deux nouveautés de
philosophie III : 1) la distinction radicale de l'Un et de la pensée, ou
du Réel et du transcendantal, ou encore de l'Ego et du sujet, grâce au
concept de force (de) pensée comme organon transcendantal du Réel
- 2) à l'affinité supposée de l'Un et de la science, la non-philosophie
substitue désormais le concept de théorie unifiée, qui signifie
une égalité de-dernière-instance entre d'une part la philosophie la
science, très généralement, et d'autre part entre la philosophie et
chacune des sciences ou des pratiques qui la composent
-
PNP-1.6.5. / ne dépendant que du seul
Réel (sans "faire Un" avec lui : elle se distingue des "philosophies de
l'immanence", comme l'europanalyse) la non-philosophie peut d'autant
mieux accorder à la philosophie une autonomie relative, et se fait moins
critique à son encontre
-
PNP-1.6.6. / philosophie III apportent
3 autres concepts fondamentaux : 1) le Réel clairement distingué du
transcendantal, et de leur confusion dans la "Vie" ou l'"auto-affection"
; 2) un concept de "résistance philosophique" renouvelé, sur la base de
la forclusion du Réel imposée par lui-même, et par-là une autonomie plus
grande de la non-philosophie (hors polémique définitivement) ; 3) le
concept de "clonage transcendantal" qui reprend et améliore l'ancien
concept de "reflet non-thétique"
-
PNP-1.6.7. / avec ces "Principes" la
non-philosophie est désormais accomplie, gommant certaines abstractions
excessives des étapes antérieures (comme le thème des trois a priori
constitutifs de la "Transcendance non-thétique")
-
PNP-1.6.8. / que la non-philosophie se
laisse "historiciser" d'un certain point de vue n'a aucune incidence sur
constitution et sa validité interne
PNP-
2.0.0. / LA SCIENCE PREMIERE COMME THEORIE UNIFIEE DE LA SCIENCE ET
DE LA PHILOSOPHIE OU LA DEMOCRATIE DANS LA PENSEE
-
-
PNP-2.1.1. / la non-philosophie se
réalise d'abord comme théorie unifiée de la science et de la
philosophie, soit la recherche de l'Identité en-Un ou selon l'Un de la
science et de la philosophie - une pensée théorico-pragmatique qui ne
soit pas une science positive ou une contre-philosophie (de type
déconstructionniste par exemple)
-
PNP-2.1.2. / cette recherche ne
correspond ni aux objets (l'Un et non l'Etre) ni aux méthodes
(l'uni-fication et non la division-synthèse) propres à la philosophie -
elle ne recoupe pas davantage le concept scientifique (empiriste) ou
même philosophique (ontologie) de la science
-
PNP-2.1.3. / contrairement à toute
"philosophie première", la science première n'établit aucune primauté
entre science et philosophie - elle n'est pas la continuité de la
philosophie par des moyens scientifiques : donc ni une science de la
philosophie, ni une philosophie scientifique -
-
PNP-2.1.4. / la philosophie pratique
des découpages hiérarchiques sur son propre corps (science et
philosophie, système et existence, etc.) pour mieux revendiquer une
unité finale ou se poser comme principe ultime de ce démembrement, selon
une logique à 2/3 termes - la non-philosophie déduit l'identité de la
science et de la philosophie d'une simple dualité unilatérale entre la
détermination de la pensée par le Réel et la pensée elle-même - "science
première" indique ce départ de la pensée dans le Réel, qui lui
est à tout jamais forclos, tout en s'ouvrant à une "ontologie" seulement
"seconde"
-
PNP-2.1.5. / la non-philosophie comme
science première dualyse identiquement la science et la philosophie, et
notamment les deux couples philosophie/philosophie (relation
auto-suffisante) et philosophie/science (relation autoritaire) - elle
emprunte à la science son nom de "science" et à la philosophie son
objet-cause "premier" (mais dénié comme tel en philosophie), l'Un -
elle doit être suffisamment théorique et "transcendantale" d'un côté,
pragmatique et "positive" de l'autre, selon de nouvelles modalités
-
PNP-2.1.6. / sauver la science de la
domination philosophique et sauver la philosophie de sa propre
suffisance
-
PNP-2.1.7. / en généralisant le
théorème de Gödel, on dira que la science première est la science
particulière des énoncés métascientifiques de la philosophie (en tant
que fantasme de fondation scientifique), capable de les transformer en
énoncés sur l'essence (réelle)(de) science
-
PNP-2.1.8. / "généralisation
non-euclidienne de la philosophie" est une métaphore pouvant désigner -
d'ailleurs imparfaitement - le projet non-philosophique, lequel fait de
la décision philosophique un simple cas ou un simple modèle d'une pensée
plus universelle
PNP-2.2.0. / en quoi la science première est-elle première ? de la
priorité-sans-primauté
-
PNP-2.2.1. / l'Un étant donné en-Un, il est
également pensé en-Un : c'est pourquoi d'après l'ordre strictement
uni-latéral qui est le sien, l'Un précède absolument la pensée de l'Un
et a fortiori cette pensée (non-)Une du non-(Un) qu'est la philosophie
-
PNP-2.2.2. / "premier" n'a pas ici le sens
mathématico-ontologique que lui confère la philosophie, qui l'assimile
en outre à une hiérarchie - la pensée-science ne retient que
l'ordinalité irréversible de dernière instance, c'est-à-dire
transcendantale, en fonction du Réel et sans rien ajouter à celui-ci
-
PNP-2.2.3. / la primauté de l'Un (sans
priorité qui viendrait la redoubler ou la justifier) n'a de sens que
dans la détermination-en-dernière-instance qui manifeste la causalité
immanente de l'Un sur l'Etre ou la pensée
-
PNP-2.2.4. / l'ordre selon le Réel est d'abord
immanent (n'implique aucune domination sur) et se constitue
ensuite comme ordre-pour - l'Un possède bien la primauté
"sur" l'Etre ou la pensée, si ceux-là se présentent, mais c'est pour
accorder à l'Etre ou la pensée leur priorité dans l'ordre
philosophique
PNP-2.3.0. / théorie unitaire et théorie unifiée
-
PNP-2.3.1. / la théléologie la plus constante
de la philosophie, c'est la volonté d'unifier et de synthétiser
-
PNP-2.3.2. / l'invariant sous-jacent à toutes
les synthèses philosophiques demeure le cercle ou la détermination
réciproque : par exemple la philosophie est censée co-déterminer la
science, etc.
-
PNP-2.3.3. / la décision philosophique
consiste à diviser pour rassembler et à ne concevoir la différence que
dans la simultanéité - elle se structure comme dyade hiérarchique ou
auto-positionnelle, toujours en état de survol par rapport à elle-même
-
PNP-2.3.4. / dans les hiérarchies mises en
place par la philosophie, celle-ci occupe toujours la position dominante
-
PNP-2.3.5. / en outre la philosophie assoit sa
dernière légitimité en s'exceptant partiellement des synthèses
autoritaires effectuées par ses soins
-
PNP-2.3.6. / la philosophie doit concilier sa
prétention à dominer la science et son besoin d'accueillir les data
scientifiques, synonymes de finitude
-
PNP-2.3.7. / il y a au coeur de la démarche
synthétique de la philosophie un impensé proprement irrationnel, une
identité supposée et donc inintelligible, qui l'incite à se développer
comme technologie aveugle (certes de type transcendantal)
-
PNP-2.3.8. / la décision philosophique est une
matrice à 2/3 termes, puisqu'elle inclut à la fois la Dyade et l'Un,
mais en redoublant l'un ou l'autre de ces termes de façon à ce qu'il
assume aussi l'unité de la matrice : ce procédé proprement
unitaire caractérise l'auto-position (auto-donation, etc.), le
rapport-à-soi, ou si l'on veut la subjectivité fondamentale de la
philosophie
-
PNP-2.3.9. / refusant le style autoritaire et
unitaire qui caractérise les relations de la philosophie et de la
science, toujours au profit de la première, la non-philosophie fait
valoir une matrice dite "duale" permettant plutôt une "théorie unifiée"
de la science et de la philosophie, rigoureusement égales en tant que
phénomènes sans prétention sur le Réel
-
PNP-2.3.10. / dans la théorie unifiée, la
philosophie et la science demeurent ce qu'elles sont, mais sans avoir à
déterminer leur essence par une quelconque relation mutuelle (de
domination, de fondation, etc.)
-
PNP-2.3.11. / philosophie et science sont
réduits à un usage purement phénoménal, hors téléologie
-
PNP-2.3.12. / l'usage désormais hétéronome de
la philosophie et de la science introduit la démocratie dans la pensée
-
PNP-2.3.13. / le Réel-Un ne pense pas par
lui-même ni n'agit sur la philosophie - ceci est le fait d'un organon
transcendantal, véritable identité-en-Un de la dualité unilatérale, qui
applique la détermination-en-dernière-instance à la la pensée mondaine -
cette "force (de) pensée" manifeste la transcendance selon l'Un
ou l'identité même de la transcendance
-
PNP-2.3.14. / du côté du matériau, la dualité
science/philosophie est régie désormais par une uni-lation qui ne
reconduit aucune hiérarchie, mais applique une forme de la
détermination-en-dernière-instance
-
PNP-2.3.15. / la non-philosophie fait usage
des apports philosophico-scientifique en fonction de la force (de)
pensée, c'est-à-dire en introduisant partout où il y avait relation
circulaire et autoritaire, une unilatation basée sur la
détermination-en-dernière-instance
-
PNP-2.3.16. / la philosophie devient un simple
a priori pour toute expérience possible et perd toute prétention
transcendantale sur le Réel - la dualité unilatérale de la philosophie
et de la science, du fondamental et du régional, assure l'autonomie
relative de chaque terme au regard de l'identité même de cette dualité,
mais sans confusion (science et philosophie sont enfin irréductibles) ni
égalisation abstraite (la philosophie demeure un a priori pour la
science, mais sans domination)
-
PNP-2.3.17. / toute théorie unitaire sera
utilisée par une théorie unifiée, toute synthèse sera défaite par une
détermination-en-dernière-instance, et toute encyclopédie sera dispersée
en chaos d'identités
PNP-2.4.0. / pour introduire la démocratie dans la pensée
-
PNP-2.4.1. / aucune des combinaisons de
la science et de la philosophie n'échappe à la "différence
épistémologique", selon laquelle identité et différence apparaissent
tour à tour comme déterminants ou simplement dominants, mais toujours
mélangés
-
PNP-2.4.2. / certaines épistémologies
(Meyerson, Thom) se fondent surtout sur l'invariant de l'identité
déterminante, en postulant une sorte d'identité "faible" de la
philosophie et de la science - ou encore certaines philosophies
assimilant l'ontologie avec une science par excellence (ex. les
mathématiques chez Badiou), sans pouvoir réduire cependant tout sursaut
réflexif et méta-théorique de la philosophie
-
PNP-2.4.3. / reste un troisième type
d'identité déterminante, purement transcendantale, qui porte sur la
dualité même de la science et de la philosophie et surmonte par
conséquent la différence épistémologique - la condition de cette théorie
unifiée (non-épistémologique) de la science et de la philosophie est
l'instance dernière du Réel qui chasse la différence épistémologique (et
d'abord ontologique), mais rétablit un type de rapport non-mixte entre
les deux formes de pensée
-
PNP-2.4.4. / comment penser l'égalité
entre science et philosophie sans revenir à l'une de ces relations
réciproques qui profitent toujours à la dernière, parce qu'à la fois
juge et partie elle (se) donne empiriquement cette différence et prétend
lui donner un sens
-
PNP-2.4.5. / il ne s'agit pas
d'inverser la hiérarchie en faveur de la science, et notamment de
remplacer l'épistémologie par une science de la philosophie, comme
Laruelle le suggérait à l'époque de "Philosophie II" en supposant une
affinité particulière entre pensée scientifique et Réel immanent (alors
que d'autres supposent pareille affinité entre immanence et philosophie
: M. Henry) - désormais le Réel n'est plus confondu avec l'instance
transcendantale qui le représente et la vision-en-Un est indifférente à
la science autant qu'à la philosophie
-
PNP-2.4.6. / l'égalité
non-philosophique ne peut être ce résidu abstrait concédé par l'ancienne
hiérarchie, pas plus qu'un telos auto-posé philosophiquement :
elle ne se réalise pas depuis un principe de différence mais comme
effet d'une identité transcendantale, celle qui peut se dire
non-philosophiquement à l'occasion de chaque antinomie philosophique -
cette égalité est foncièrement non-politique parce qu'elle ressortit
d'une pragmatique transcendantale pure, et rompt avec cette politique
transcendantale de la pensée qui caractérise la philosophie
-
PNP-2.4.7. / la philosophie et la science
n'ont plus d'existence "en soi" ou indépendante mais seulement
phénoménale, et elle ne peuvent interagir sur l'essence de cette
phénoménalité
-
PNP-2.4.8. / pourquoi faut-il parler de
"non-philosophie" et non pas en même temps de "non-science" (à quoi un
simple renversement de la hiérarchie philosophie/science conduirait
fatalement), et donc pourquoi évoquer une "science première" ? - dans la
mesure où la dualité philosophie/science recouvre à soi seul le champ
entier de la connaissance, on ne peut substituer à la domination
effective de la philosophie qu'une apparence de retournement en
faveur de la science, même si celle-ci ne constitue pas l'essence de la
force (de) pensée ni n'épuise le sens de la "théorie unifiée"
-
PNP-2.4.9. / l'expression "théorie unifiée"
n'évoque aucune synthèse supérieure, mais la légitimité d'un point de
vue transcendantal rompant avec les mauvaises généralisations
(empiriques ou transcendantes) de la philosophie - le terme
"non-philosophie" s'applique surtout à la production de nouveaux énoncés
universels ou dûment généralisés, à partir d'un matériau philosophique
privé de toute suffisance thétique à l'égard du Réel
PNP-2.5.0. / sens et limites de la formule : "nouvelle science"
plutôt que "nouvelle philosophie"
-
PNP-2.5.1. / la philosophie se définit et se
constitue, jusque dans ses plus hautes sphères, comme
philosophie-de-la-science ou métalangage de la science - c'est parce que
ce mixte apparaît déjà hiérarchisé et soumis à la loi unitaire de la
philosophie, qu'il n'est pas égal de parler de "non-philosophie" ou de
"non-science", et c'est pourquoi en revanche on peut parler de "nouvelle
science" mais non de "nouvelle philosophie" : bien que nouvelle,
celle-ci resterait toujours une philosophie, tandis qu'une nouvelle
science (en tant que nouvelle, justement) ne serait plus pensable
philosophiquement
-
PNP-2.5.2. / inverser la hiérarchie ou
le mixte, ce serait encore opérer philosophiquement (comme le font les
positivismes)
-
PNP-2.5.3. / identifier logiquement ou
abstraitement la science et la philosophie, ce serait confondre leur
identité avec le résultat d'une opération de réduction - l'Un en
fonction duquel elles se trouvent unilatéralisés puis
unidentifiées (par l'entremise du clone transcendantal de l'Un, la
force (de) pensée) n'est justement pas une abstraction mais le Réel
-
PNP-2.5.4. / brouiller ou déconstruire
la hiérarchie au nom de la différ(a)ance, revient à souligner l'identité
logique tout en la relevant métaphysiquement, voire métaphoriquement, et
donc à libérer la science pour l'enfermer dans un enclôt plus large ou
simplement entr'ouvert
-
PNP-2.5.5. / l'unilatéralisation et
l'unidentification non-philosophiques portent sur le mixte
philosophie/science en tant qu'unitaire, c'est-à-dire aussi bien sur la
structure de hiérarchie profitant à la philosophie (à la fois juge et
partie) - pour ce faire elles produisent une apparence objective de
renversement science/philosophie, qui devient le nouveau support et
matériau de la dualysation non-philosophique (mais l'identité
scientifique devient un vecteur unidentifiant et non plus un pôle
simplement unifiant et dominant)
-
PNP-2.5.6. / renversement et
déplacement restent des opérations philosophiques, tandis que la
détermination-en-dernière-instance, comme causalité transcendantale
dérivée de l'Un, en maintient une forme d'apparence et d'effectivité au
sein du matériau
-
PNP-2.5.7. /
l'identité-de-dernière-instance est le seul "critère" réel permettant de
redéfinir science et philosophie et de relancer entre elles un débat,
sur la base d'une neutralité elle-même de-dernière-instance qui n'efface
certes pas les différences
PNP-2.6.0. / le philosophique, le scientifique et le mystique
-
PNP-2.6.1. / la mystique décrit
traditionnellement une identification de l'âme avec la transcendance,
une transcendance vécue en mode d'immanence, voire l'immanence d'une
certaine transcendance, mais elle n'est jamais l'expérience d'une
immanence vécue comme telle - au contraire le mystique exclut
radicalement la transcendance, elle est expérience de l'identité telle
quelle, immanence pure et non immanence à quelque chose
-
PNP-2.6.2. / le mystique peut être dit du Réel
en tant qu'Un, distinct de toute effectivité empirico-idéale ou même de
toute auto-affection : il est Affecté-sans-affection,
Donné-sans-donation, expérience (de) soi irréfléchie se confondant avec
la Vision-en-Un - le mystique n'est pas seulement indifférent au Monde
mais à toute représentation (philosophique ou scientifique) du monde,
indifférence qui appelle le clonage comme l'Un-Réel appelle le sujet
transcendantal pour faire face aux représentations
-
PNP-2.6.3. / le mystique détermine
en-dernière-instance seulement (non directement) le philosophique et le
scientifique, dans leur relation elle-même unilatérale, et exclut de ce
fait tout mysticisme spéculatif comme tout fantasme
épistémo-encyclopédique de collusion entre science et philosophie
-
PNP-2.6.4. / si le mystique ne se surajoute
pas synthétiquement au philosophico-scientifique, en invalidant par
avance tout horizon téléologique, il implique cependant leur
généralisation à travers un usage purement transcendantal (c'est la
force (de) pensée) de leurs formes et caractéristiques logiques - il
unilatéralise aussi bien cette nouvelle dualité, elle-même unilatérale,
du transcendantal et du logique
PNP-2.7.0. / de la philosophie comme résistance et comme référence
nécessaire de la non-philosophie
-
PNP-2.7.1. / il y a nécessité de formuler les
règles d'un usage théorico-pragmatique du matériau philosophique (où
elle prélève des "noms premiers" et des structures a priori),
précisément pour éviter d'introduire la pensée de l'immanence radicale
à même la philosophie, sous la forme d'une Nième "philosophie de
l'immanence" - ceci implique la reconnaissance de deux ordres
d'autonomie bien distincts : l'autonomie relative de la
philosophie et l'autonomie radicale de la Vision-en-Un, sans
compter l'originalité irréductible de l'ordre transcendantal permettant
de penser un matériau identiquement philosophique et scientifique - la
non-philosophie ne conserve la philosophie que pour mieux analyser sa
résistance à la Vision-en-Un
-
PNP-2.7.2. / la double antinomie habitant les
rapports de la science et de la philosophie (science de la philosophie
et/ou philosophie des sciences), doit servir de fil conducteur à la
non-philosophie - mais celle-ci ne peut les traiter séparément, elle
doit nommer et identifier avec ses moyens propres l'antinomie
épistémo-logique en général et lui conférer par là même une forme
d'autonomie
PNP-2.8.0. / comment la science vient à la philosophie. le paradigme
non-husserlien
-
PNP-2.8.1. / 1) une théorie de la philosophie
- a) doit être induite des sciences elles-mêmes et non d'une quelconque
métaphilosophie
-
PNP-2.8.2. / b) mais cette théorie doit
préserver l'intégrité de son objet, et donc être aussi fondamentale que
régionale, aussi philosophique que scientifique - l'identité de la
philosophie tient dans sa manière spécifique de diviser l'identité,
au profit d'une forme supérieure de subjectivité : elle s'identifie
elle-même par auto-position et auto-représentation
-
PNP-2.8.3. / c) la solution au problème de
l'essence de la philosophie n'appartient plus à la philosophie, et pour
sortir de l'antinomie philosophique (essentiellement celle de la
philosophie avec sa propre théorie) il faut ne jamais y être entré
-
PNP-2.8.4. / une simple déconstruction
épistémologique de la philosophie accréditerait la priorité de
l'opération (technicienne) sur l'identité (transcendantale), celle de la
dualité science/philosophie sur l'essence non-philosophique de la
philosophie, et finalement la priorité de l'Autre sur l'Un
-
PNP-2.8.5. / en régime philosophique, une
identité transcendantale surmonte certes une division, mais non sans
être affectée en retour par celle-ci ou sans tirer d'elle sa
justification - comme dans la philosophie de l'immanence de M. Henry,
l'identité transcendantale supposée réelle adhère encore à une division
constituante (relevant de la pensée) : elle n'est pas écartèlement de la
dyade comme dans les déconstructions mais écrasement de celle-ci sur
l'Ego (Descartes lu par Henry) et reforme une triade, elle n'est pas
fondée sur une distance phénoménologique assumant la transcendance comme
dans les philosophies modernes mais sur une immédiation de pensée, qui
n'est cependant qu'une demi-immanence
-
PNP-2.8.6. / la solution de l'antinomie est
donc clairement donnée : il faut distinguer l'identité comme immanence
radicale et l'identité transcendantale, le première étant radicalement
autonome et précédant la seconde (et a fortiori toute dyade, même
réduite)
- PNP-2.8.7.
/ 2) le Réel détermine les pôles scientifiques et philosophiques de la
théorie unifiée comme identiques en-dernière-instance - si la science
assume désormais plutôt une fonction théorique et la philosophique une
fonction pragmatique de rapport transcendantal au monde, la
non-philosophie se définit identiquement comme un usage théorique
et une pragmatique théorique de l'antinomie épistémo-logique -
"paradigme non-husserlien" : cette expression fait allusion une
intentionalité philosophique en général visant et refoulant en même
temps l'identité transcendantale, et surtout niant toute identité réelle
- en un sens, la non-philosophie est remplissement phénoménal de cette
intentionalité, formalisée comme "science rigoureuse", mais en
circonscrivant sa forme philosophique téléologique dans le seul matériau
PNP-2.9.0. / comment la pensée vient à la science. le paradigme
non-gödelien
-
PNP-2.9.1. / comment déceler que la "science
pense" en dehors de toute réduction épistémologique (réservant in
fine la pensée à la seule philosophie) ? - la solution
non-philosophique consiste à reconnaître une autonomie de pensée
relative à la science, comme elle accorde une forme de rigueur à la
philosophie elle-même - sous réserve de leur identité radicale
en-dernière-instance, la hiérarchie philosophie/science peut être
stratégiquement inversée, ne serait-ce que pour faire droit au problème
d'une pensée scientifique autonome, ou d'une autonomie de la science
pour penser et réduire à sa manière la différence épistémo-logique - à
cet égard, le modèle gödelien peut évidememnt être utilisé et surtout
généralisé, jusqu'au paradigme "non-gödélien" qui inscrit les fameux
théorèmes ainsi que leur généralisation (l'idée d'une science des
méta-sciences) sous les conditions transcendantales de la théorie
unifiée de la science et de la philosophie
-
PNP-2.9.2. / traditionnellement, toute
philosophie s'auto-interprète comme méta-philosophie et méta-science,
voire prétend représenter le réel pour tout autre philosophie et
globalement pour la science - une théorie gödélienne généralisée permet
d'opérer une critique scientifiquement pensée (en tant que rapportée au
sujet de la théorie unifiée, soit la force (de) pensée elle-même) de ces
"méta-prétentions"
-
PNP-2.9.3. / soit la distinction de type
scientifique entre langage-objet et métalangage, on la généralise en
l'appliquant à la philosophie comme méta-science objectivante - la
différence épistémo-logique, en tant que réglée par la philosophie,
tient précisément dans cette corrélation supposée entre le
méta-discursif en général (qu'il soit -physique, -philosophique, ou même
-scientifique - cf. le logicisme de Hilbert et Russell) et l'objet du
discours
-
PNP-2.9.4. / les démonstrations de Gödel
suggèrent un changement complet de perspective, soit la détermination du
point de vue méta-scientifique par une science particulière qui, ayant
la différence épistémo-logique pour objet, reste naturellement à
constituer
-
PNP-2.9.5. / cependant cette référence
gödélienne avoue ses limites, car cette nouvelle science devra
s'affranchir d'un mode d'objectivation scientifique relevant encore de
l'antinomie - seule une science postulant l'identité radicale sera
elle-même suffisamment autonome pour identifier en-dernière-instance la
science et la philosophie, pendant qu'une pensée non-gödélienne pourra
universaliser le paradigme gödélien, lié lui-même à l'antinomie et
unilatéralisé comme tel
-
PNP-2.9.6. / l'identité (de) la science, à la
suite de l'identité (de) la philosophie, devient donc pensable depuis la
science elle-même et en dehors de toute épistémologie
-
PNP-2.9.7. / la théorie unifiée, en tant
qu'elle a pour objet l'essence (de) science, n'est pas plus une science
des sciences qu'une philosophie des sciences, ou même une science de la
philosophe - elle ne cherche pas, comme cette dernière, à profiter d'un
savoir constitué empiriquement (datum) sont elle tirerait le fait
rationnel (faktum) ou l'existence en soi de la science : science
(d') essence et non science du savoir, foncièrement non-encyclopédique,
elle ne prétend établir des invariants, définir un concept de la
science, et encore moins constituer un système
-
PNP-2.9.8. / Gödel n'a pas seulement fait
barrage aux prétentions du logicisme, en soulignant le caractère
index sui de la pensée-science (en l'occurrence les mathématiques),
il a positivement ouvert la voie vers une science des méta-sciences,
philosophiques et épistémologiques - cependant l'essence (de) science
n'est définissable comme telle que depuis le "non-gödélisme" qui relève
de la non-philosophie, d'abord parce qu'il faut préciser l'identité
radicale de la science, ensuite parce qu'il faut étendre les fameux
théorèmes d'impossibilité aux rapports entre la science et la
philosophie : aucune de ces deux pensées ne peut déterminer l'essence de
l'autre et prétendre ainsi la dominer
-
PNP-2.9.9. / le réel-Un apparaît bien comme le
refoulé de la méta-science philosophique, car depuis la différence
épistémologique qui la structure, la notion d'identité transcendantale
entre science et philosophie lui apparaît insoutenable
-
PNP-2.9.10. / il reste que l'idéalisme
congénital de la philosophie, laquelle a forclos le Réel, n'est pas
analysable philosophiquement mais intelligible au contraire pour une
science qui, enfin, ne confondrait le Réel avec son objet (ou pire, à la
manière philosophique, avec elle-même)
PNP-2.10.0. / procédés de la théorie unifiée
-
PNP-2.10.1. / hypothèses et termes premiers
- si une philosophie s'exprime couramment par une répétition fondatrice
et vise une identité de synthèse, une théorie unifiée en revanche
exprime l'identité une et constitutive par une équation transcendantale
-
PNP-2.10.2. / en tant qu'éléments de la dyade
épistémo-logique, prenant tour à tour un rôle dominant (même si le
système ressortit globalement à la pensée philosophique), la science et
la philosophie nouent des relations d'interdépendance sans instaurer
entre elles de véritable démocratie - seule la théorie unifiée apporte
en même temps une rigueur scientifique dans la pensée et une exigence
transcendantale dans la science, et ceci de façon définitoire, non dans
un souci d'équilibre ou de synthèse quelconque : leur identité nouvelle
relève d'une équation transcendantale (philosophie = science) instaurant
au lieu de l'antinomie une relation unilatérale décidée en amont, depuis
la force (de) pensée
-
PNP-2.10.3. / dans la théorie unifiée, le
statut du transcendantal est tel qu'il ne fait plus cercle avec les
objets empiriques et même avec l'a priori - c'est pourquoi, même
traitant de philosophie, la non-philosophie n'emprunte aucun caractère à
la philosophie, notamment la circularité de ses décisions - en tant que
théorie scientifique, elle procède par hypothèses axiomatisées afin
d'expliquer les ressorts de la différence épistémo-logique
-
PNP-2.10.4. / mais en tant que science
transcendantale, elle se rapporte aux conditions de la connaissance
plutôt que directement aux objets à connaître, c'est-à-dire simplement
aux a priori structurant la différence épistémologique
-
PNP-2.10.5. / l'hypothèse en quoi consiste
pour l'essentiel la théorie non-philosophique ne fonctionne qu'à moitié
comme une hypothèse, c'est-à-dire qu'elle résulte bien des données
empiriques par une forme d'induction et s'y applique en retour, voire se
transforme par le jeu des vérifications/falsifications, cependant elle
demeure inentamable dans son statut d'hypothèse ou plutôt d'essence
d()hypothèse, ne pouvant absolument pas être transformée par les objets
(comme c'est le cas des hypothèses scientifiques "classiques", qui se
voudraient des thèses, et c'est le cas naturellement des thèses
philosophiques elles-mêmes) - la théorie unifiée ne voit dans
l'expérience qu'une occasion et un support, certes nécessaires, mais
sans "rapport" avec la couche transcendantale qui génère l'hypothèse, ou
plutôt qui est l'hypothèse (la pensée) elle-même
-
PNP-2.10.6. / de même que l'organon de pensée
possède la structure d'une hypothèse, les "termes premiers" de la
théorie unifiés sont des vocables philosophiques dé-conceptualisés ou
neutres - cependant les relations existant entre les structures (force
(de) pensée et différence épistémologique) d'une part, et celles
existant entre les termes ("premiers" et concepts) d'autre part, ne sont
pas homogènes : le domaine du sens (structures et significations)
relève d'une stricte unilatéralité (ou "sens unique") de l'organon vers
le support, tandis que celui des désignations maintient une forme de
continuité signifiante entre philosophie et non-philosophie, qui permet
justement de varier et de moduler les énoncés non-philosophiques - le
domaine intermédiaire concernant les relations entre structures et
termes non-philosophiques connaît sans doute un fonctionnement mixte
(unilatéralité et continuité)
-
PNP-2.10.7. / le rôle de support que tient en
général un terme pour une structure donnée se double ici, dans le sens
philosophie/non-philosophie, d'une fonction de surdétermination
qui est la cause occasionnelle de l'apparence transcendantale affectant
justement la philosophie
PNP-2.11.0. / induction et déduction transcendantales
-
PNP-2.11.1. / induction et déduction
transcendantales (rapportés à des objets de connaissance) sont les
procédés communs à la science et à la philosophie en ce qu'elles entrent
toutes deux dans une théorie unifiée - conditionnées par l'universel,
l'une renonce à ses lois générales et régionales, l'autre à ses
interprétations circulaires
-
PNP-2.11.2. / la science et la philosophie
sont unifiées et maintenues par une Distance dite "non-phénoménologique"
causée par leur identité transcendantale, soit la force (de) pensée
elle-même
-
PNP-2.11.3. / la force (de) pensée ne
peut opérer "scientifiquement", par induction et déduction, que sur un
mode universel et transcendantal - l'induction transcendantale qui porte
sur le mixte épistémologique dégage un a priori lui-même
non-épistémologique, non co-déterminé par l'expérience (et opposé
à celle-ci, comme la philosophie le déduit alors métaphysiquement) : de
ce fait, elle autonomise non seulement l'a priori mais aussi
l'expérience
-
PNP-2.11.4. / la déduction transcendantale
déduit à son tour des a priori d'autres a priori, mais de manière
axiomatique ou vraiment scientifique, en fonction d'une identité (de)
pensée, contrairement à la déduction kantienne dont la valeur est
davantage psycho-juridique que théorique (c'est le droit opposé au fait,
et l'a priori en vue d'une expérience possible qui n'est jamais que ce
mixte-ci) - la finalisation pratique est l'alibi de toute circularité ou
impuissance de pensée, tandis que la validité pratique des a priori
non-philosophiques, dans une démarche théorique rigoureuse, est
immédiate
-
PNP-2.11.5. / comme identité transcendantale,
la force (de) pensée représente cette faculté résiduellement
philosophique, pour la Distance non-autopositionnelle, de se rapporter à
l'expérience-support, mais aussi aux a priori philosophiques qui en sont
extraits, et enfin aux a priori non-philosophiques comme connaissance
des précédents
-
PNP-2.11.6. / comme transcendance
non-autopositionnelle, la force (de) pensée représente cette faculté
résiduellement scientifique, pour l'identité transcendantale, d'agir par
induction et déduction d'a priori, certes à partir d'une expérience
nécessaire mais sans se plier de fait à celle-ci - pour être
essentiellement théorique, l'expérimentation n'en est que plus
rigoureuse et concrète, davantage qu'avec tout empirisme philosophique
-
PNP-2.11.7. / la non-philosophie n'est pas une
théorie de la science ou de la philosophie "en soi", ni même leur
refondation, mais bien leur théorie unifiée et une pragmatique nouvelle
basée sur des connaissances a priori identiquement scientifiques et
philosophiques
-
PNP-2.11.8. / le recours à l'axiomatisation ne
signifie pas (essentiellement) le projet de rendre plus scientifique ou
théorique la philosophie, il dépend des conditions intrinsèques de la
théorie unifiée, qui prescrit aussi bien d'introduire la pragmatique au
coeur de la science - l'axiomatique transcendantale n'est donc
rigoureusement qu'un aspect de la non-philosophie, qui renouvèle certes
le concept de mathesis transcendantalis, mais en l'intégrant dans
l'élément de l'identité réelle puis transcendantale
PNP-3.0.0.
/ THEORIE UNIFIEE OU "NON-CARTESIENNE" DU SUJET. DUALITE DE L'EGO ET DU
SUJET
PNP-3.1.0. / de la dialectique du sujet à la théorie unifiée du sujet
-
PNP-3.1.1. / les théories philosophiques du
sujet sont utilisées et traitées ici comme un simple matériau
-
PNP-3.1.2. / suite à Descartes qui le premier
concéda au Sujet une autonomie principielle, la philosophie moderne et
contemporaine s'est constituée dans sa quasi-totalité comme une vaste
"antinomie du sujet philosophique", voire sa "dialectique
transcendantale" généralisée - s'affrontent (et souvent se mélangent
selon des modalités variées et complexes) une théorie du sujet à
tendance scientifique, objectivante ou disséminatrice (jusqu'à Lacan,
Althusser), et une philosophie du sujet mettant plutôt en exergue
l'immanence de l'Ego (comme Husserl, Henry)
-
PNP-3.1.3. / une théorie du sujet en tant
que sujet (donc une théorie transcendantale) se donne cette
antinomie et la résout par son explication a priori, sans la
discuter ni prendre parti, en adoptant une posture identiquement
scientifique et philosophique ou encore identiquement théorique et
pragmatique
-
PNP-3.1.4. / en réalité les philosophies
post-cartésiennes ne parviennent à penser ni l'Ego ni le sujet dans leur
identité respective (réelle puis transcendantale), car l'Ego se trouve
toujours en position d'objet (sa priorité n'est alors que supposée) par
rapport à un sujet qui le vise en le prédéterminant de sa structure
(réflexive, noético-noématique, etc.) - l'Ego reste ignoré dans son
identité et son immanence de réel tant que sa nature amphibologique
reproduit la confusion de l'être et de la pensée, voire plus
généralement celle de l'Ego et de la philosophie (fût-elle de style
égologique) - la théorie non-cartésienne et non-philosophique du sujet
commence donc par se donner un Ego réel-sans sujet et répartit
différemment les trois termes Ego-sujet-être
-
PNP-3.1.5. / l'amphibologie de l'Ego et du
sujet constitue la Modernité même, le principe d'une auto-référence
devant sans cesse répondre d'elle-même
-
PNP-3.1.6. / la théorie non-philosophique du
sujet est une science trasncendantale au sens où elle ne porte pas
directement sur les objets à connaître (ici, les "philosophies du
sujet") mais sur les conditions de leur connaissance a priori
-
PNP-3.1.7. / une théorie unifiée suppose
quatre conditions : 1) une cause de la théorie dans les termes du
réel-Un ou de l'Ego , 2) un matériau, en l'espèce les philosophies du
sujet, 3) un organon universel, d'où se déduiront les structures a
priori, 4) les opérations de ce sujet transcendantal par lesquelles il
accède au matériau philosophique
PNP-3.2.0. / l'égologie comme décision philosophique du "cogito"
-
PNP-3.2.1. / l'élaboration cartésienne et
post-cartésienne du sujet, condensée dans le "cogito", se donne en
réalité trois termes - ego, cogitatio, esse - plus ou moins
interchangeables dans le cadre d'une structure unique : la Décision
philosophique
-
PNP-3.2.2. / le premier élément de la Décision
est formé par la dyade du "cogito", soit la liaison nécessaire de
la pensée et de l'être (au profit de la pensée, dans le contexte
"moderne") - ce qui peut apparaître une liaison "contre nature" devient
évidence à l'aune de la Décision philosophique, dont la fonction
première est d'opposer et d'attirer les contraires
-
PNP-3.2.3. /le second élément est l'Un en tant
que synthèse de la dyade, c'est-à-dire l'Ego maintenant posé
comme troisième terme - étant d'abord relié à la pensée, son essence
(divisée) n'est rien d'autre que la fameuse autoréflexivité (je sens
bien que je sens, etc.) en guise de pseudo Un
-
PNP-3.2.4. / le troisième élément est formé
par la mise en mouvement et l'unification des deux précédents (Dyade +
Un) par la philosophie elle-même, la philosophie du sujet qui
doit se penser et exister elle-même, etc. - les trois termes "ego,
cogitatio, esse" sont agencés/interprétés selon une axiomatique à la
fois égologique et ontologique qui laisse certes une sorte de primauté
(métaphysique) à l'Ego, mais non par une axiomatique
transcendantale-pure (identiquement philosophique et scientifique) qui
ferait d'eux des termes réellement premiers
PNP-3.3.0. / typologie des critiques philosophiques du "cogito"
-
PNP-3.3.1.