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- D'après une lecture de :
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- La Lutte et l'utopie à la fin des temps
philosophiques
- De François Laruelle
-
- Kimé, 2004
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LU-0.0.0. / INTRODUCTION
: DE L'HOMME COMME ULTIMATUM ET COMME TESTAMENT
-
LU-1.0.0. / ABREGE DE LA
NON-PHILOSOPHIE
-
LU-2.0.0. /
ECLAIRCISSEMENTS SUR LES TROIS AXIOMES
-
LU-3.0.0. /
PHILOSOPHABILITE ET PRATICITE
-
LU-4.0.0. / DU FUTUR
FAISONS TABLE RASE OU DE L'UTOPIE COMME METHODE
-
LU-5.0.0. / L'ORGANISATION
NON-PHILOSOPHIQUE INTERNATIONALE (ONPHI)
-
LU-6.0.0. / LA DROITE ET LA
GAUCHE DE LA NON-PHILOSOPHIE
-
LU-7.0.0. / REBELLE DANS
L'AME. UNE THEORIE DE LA LUTTE FUTURE
LU-0.0.0. / INTRODUCTION : DE L'HOMME
COMME ULTIMATUM ET COMME TESTAMENT
LU-0.1.0. / l'homme, une réponse sans questions
-
LU-0.1.1. / lorsqu'elles se placent seulement sous le
signe du Nom-de-l'Homme, les questions "faut-il sauver l'humanité?"
et "qu'entendre par humanité ?" ne ressortissent plus à la
philosophie, car celle-ci les a toujours posées par rapport à elle-même
ou quelques uns de ses fétiches (Dieu, Etre, Pensée...)
-
LU-0.1.2. / la gnose et plus récemment la science-fiction ont
repris la question du destin de l'humanité, qui n'est plus celle de
l'histoire de l'Etre ou de la fondation du Monde, mais la possibilité d'un
Univers sans horizon pour l'homme en tant que "nomade du futur"
-
LU-0.1.3. /
l’Homme n’est pas
un ancien paradigme plus « performant » qu’il s’agirait d’exhumer, mais
bien le paradigme performé du futur-en-personne, c’est-à-dire qu’il
n’est pas le produit temporel d’une décision, mais le décidé même de
cette décision
-
LU-0.1.4. /
mais la
non-philosophie aurait tort d’imiter des discours finalement marqués par
la philosophie, fussent-ils plus « fictionnels » que celle-ci, et de
renoncer à la technologie conceptuelle, ne serait-ce que pour l’utiliser
et la transformer sous la dépendance exclusive de l’Homme, le seul qui
détermine en-dernière-instance la forme de toute question et de tout
discours – comme il est la réponse sans-question, l’Homme est le sauvé
sans-salut, donc celui qui précisément n’a pas à être libéré ou sauvé,
mais qui peut être une détermination négative et salutaire, sans
domination ni positivité, pour un sujet aux prises avec le Monde
LU-0.2.0. /
la messianité
humaine. Inversion de l’eschatologie
- LU-0.2.1.
/ le
futur a une portée d’ultimatum pour les temps et le monde présents – c’est
l’Homme-en-personne qui vient comme utopie au-devant de sujets destinés à
se sauver du Monde pour le Monde
- LU-0.2.2.
/
l’inversion non-philosophique de l’eschatologie correspond à une
uni-version du Monde par l’Homme-en-personne, et plutôt moins qu’une
inversion ou qu’une opération en général, son terrain déjà donné selon ce
qui n’a pu être l’objet d’aucune donation ni d’aucune transformation : le
Futur-en-personne
- LU-0.2.3. /
l’Homme est moins
l’en-vers du Monde que l’en-Un sans-Monde uni-versé pour
le Monde
LU-0.3.0. /
des philosophies
comme utopies du passé
- LU-0.3.1. /
la philosophie,
soi-disant chasseuse d’utopie, est elle-même une utopie du passé qui se
consacre surtout à sa propre survie en entretenant le mythe increvable de
sa propre mort – elle insiste sur son mode propre qui est le harcèlement
dans la pensée, le harcèlement pour se conformer à la production et à
l’histoire
- LU-0.3.2. /
cette utopie trop
mondaine et pas assez humaine, la non-philosophie veut la porter au rang
de philosophie-fiction rigoureuse, consistant à fabriquer des utopies avec
le matériel philosophique existant, mais des utopies négatives dépourvues
de toute détermination positive
- LU-0.3.3. /
les énoncés
non-philosophiques conjoignent un aspect d’axiome (mathématique) et un
aspect d’oracle (philosophique) – leur style général est celui de la
radicalité, c’est-à-dire les conditions minimales d’une pensée à la
fois rigoureuse et féconde
- LU-0.3.4. /
aux utopies-mondes,
la non-philosophie substitue des clones unilatéraux, les utopies-univers,
dont le but est l’inversion radicale de la philosophabilité et de la
forme-monde en général
- LU-0.3.5. /
c’est donc l’homme
qui, en tant que titulaire d’un futur a-temporel, peut déterminer ces
utopies – c’est le clone transcendantal qui en assume la mise en œuvre
discursive
- LU-0.3.6. /
mais si elle est
déterminée comme utopie, la non-philosophie se résout également à la
lutte : identifier ces deux aspects constitue la tâche ultime pour « la fin des temps philosophiques »
LU-0.4.0. /
la fin des temps
philosophiques
- LU-0.4.1. /
il faut distinguer
la philosophie comme discours ou institution et la pensée-Monde qui
présuppose la philosophabilité du Monde – la fin de la philosophie n’est
donc pas seulement la « sienne » perpétuellement fantasmée, mais bien
celle des temps ou des âges en tant que déterminée par le Futur seulement
- LU-0.4.2. /
l’enfer
désigne proprement le Principe de Monde suffisant, et nous devons,
nous-les-futurs, en réinventer l’usage
- LU-0.4.2. / les religions, les
morales et les théories politiques n’avaient imaginé que des définitions intra-mondaines de l’enfer
- LU-0.4.3. / nous
concevons maintenant l’identité déterminante de tous ces enfers, non plus
au nom du péché ou de l’Histoire mais au nom de la dernière-humanéité – un
seul terme réunit la philosophabilité et le capital universel, c’est
l’enfer du harcèlement
LU-0.5.0. /
le passé
philosophique de la non-philosophie
- LU-0.5.1. / ce livre s’annonce
comme travail de rectification et de recentrage de la non-philosophie sur
l’Homme-en-personne, et plus particulièrement sur sa vocation utopique
- LU-0.5.2. /
l’occasion en est
fournie par l’apparition récente d’un certain nombre d’interprétations ou
de déviations qui sont autant de normalisations – il s’agit à la fois de
défendre la non-philosophie contre les tentations conformistes des
non-philosophes, et d’introduire la philosophie à un futur rigoureux
LU-0.6.0. /
l’Homme-en-personne
comme suspens de la chôra philosophique
- LU-0.6.1. /
la philosophie
repose sur un effet général de chôra, un élément présupposé/oublié qui lui
donne lieu et qui la voue irrémédiablement à la transcendance – au nom de
l’immanence, la non-philosophie refuse la chôra et lui substitue l’Homme-en-personne
– encore faut-il qu’elle ne recueille pas, à son corps défendant,
l’héritage du présupposé méconnu, ce qui pourrait advenir si elle se
contente de spéculer ou si elle traite seulement les effets de
transcendance superficiels
- LU-0.6.2. /
on ne doit pas
confondre les effectuations légitimes de la non-philosophie en fonction de
ses différents matériaux, et celui de ses interprétations philosophiques,
qui entendent remettre en question les axiomes alors qu’il s’agit
simplement, à chaque fois, de les reformuler suivant la nature du matériau
– l’interprétation dite "unilatérale", en non-philosophie, se limite à
l’aspect "oracle" de celle-ci qui complète son aspect "axiome"
- LU-0.6.3. /
le fond de ces
interprétations qui se voudraient divergentes, c’est le parricide, lequel
n’est pas réitérable en non-philosophie
- LU-0.6.4. /
il faut défendre
l’hérésie et l’utopie non-philosophiques contre toutes les interprétations
précipitées, et préconiser la rigueur de la vision-en-Homme – en
particulier ses aspects de « discipline » et de « lutte » ne doivent pas
être caricaturés ni traités séparément
- LU-0.6.5. /
la
détermination-en-dernière-humanéité, qui n'a par elle-même aucun
contenu positif, est la faiblesse constitutive de la
non-philosophie - elle l'expose à toutes sortes d'attaques et de
dénigrements sur le
mode de la rétorsion
- LU-0.6.6. /
la rétorsion doit
être bannie des discussions non-philosophiques, du moins au
Réel-de-dernière-instance près
LU-0.7.0. /
l’arbre de la
sainteté philosophique
- LU-0.7.1. /
une Sainte Famille
des non-philosophes à l’image de la Sainte Famille de Marx ?
- LU-0.7.2. /
annonce du plan de
l’ouvrage, en particulier la quatrième partie Du futur faisons table
rase (la problématique utopique, la plus récente en non-philosophie)
et la septième Rebelle dans l’âme. Une théorie de la lutte future
(à partir d’une confrontation conjoncturelle, et peut-être à venir, entre
la gnose non-philosophique et la gnose non-religieuse)
- LU-0.7.3. /
le but de l’ouvrage
est d’établir le paradigme de l’Homme comme Futur-en-personne, et
d’expliciter l’humanéité comme utopie-pour-le-monde – testament et
ultimatum : ce doublet signifie que la philosophie est un « ancien
testament » pour celui qui transforme sa pensée par uni-version (et non
conversion) en fonction du Futur ultime que représente l’Homme-en-personne
- LU-0.7.4. /
les non-philosophes
sont les voisins de trois grands types d’humains : l’analysant, le
militant politique, et le « spirituel » (en tant qu’hérétique pour le
Monde)
LU-1.0.0. /
ABREGE DE LA NON-PHILOSOPHIE
LU-1.1.0. /
Les deux problèmes de la
non-philosophie
-
LU-1.1.1. /
c’est d’une part le
statut inélucidé de l’Un en son autonomie radicale, d’autre part celui de
la philosophie comme théorie/pratique inachevée, marquée par une dualité
constitutive
-
LU-1.1.2. /
sur le premier
point, on dira que la philosophie se contente d’une exploitation
ontologique de l’Un
-
LU-1.1.3. /
il faut penser
selon l’Un et non le prendre pour un objet plus ou moins voisin de
l’Etre, puis penser ce non-rapport à l’Etre et à la pensée depuis
cette cause immanente (Un-en-Un) et réelle, tout en se servant
matériellement de la philosophie
-
LU-1.1.4. /
sur le second
point, la philosophie est réglée par un Principe de philosophabilité
suffisante qui peut se décliner comme prétention à l’autonomie absolue
(auto-position, auto-donation, etc.), comme domination par rapport aux
sciences et disciplines régionales, ou comme co-détermination du Réel
globalement confondu avec l’Etre – en conséquence, la philosophie ne peut
être une pensée rigoureuse d’elle-même et ne connaît pour toute immanence
que celle de la conscience, de l’auto-réflexion et d’une subjectivité
élargie au Monde
-
LU-1.1.5. /
l’objectif est
d’élaborer, avec l’aide de la philosophie et de la science, mais sur la
base d’une pensée de l’Un, une connaissance théorique rigoureuse de
l’existence philosophique
LU-1.2.0. / L'identité du problème de la
non-philosophie ou la solution
-
LU-1.2.1.
/ le principe de la solution : c'est la même chose de poser l'Un comme
Réel non-philosophable et d'en faire la condition d'une connaissance
théorique de la philosophie
-
LU-1.2.2.
/ le style de la non-philosophie : c'est la logique uni-latérale, qui
consiste à traiter toute chose par une dualité (de problèmes) et une
identité (de solution), sans revenir au système ternaire et synthétique
de la philosophie
-
LU-1.2.3.
/ deux transformations s'imposent - 1) celle des usages traditionnels de
l'Un (comme absolu ou transcendantal) en Vision-en-Un, ou Un-en-Un
-
LU-1.2.4.
/ 2) celle de l'usage auto-référentiel et suffisant (théoriciste) de la
théorie en un usage pratique, pratique théorique admettant par définition
un présupposé irréductible - identité et dualité
unilatérale qui lui donnent un aspect axiomatique (réel) et
théorématique (transcendantal) - "transcendantal" se dit en un
sens nouveau, comme rapport à la philosophie selon-le-Réel
-
LU-1.2.5.
/ parler/penser selon l'Un ne reproduit pas le couple philosophique
ou dialectique de l'Un et de la pensée, comme si l'Un était un objet ou
une entité - tout rapport (philosophique) devient déterminé par un
non-rapport (non-philosophique), lui-même déterminé par le sans-rapport
du Réel
-
LU-1.2.6.
/ tout énoncé non-philosophique contient un aspect axiome (du côté de l'être-déterminé
réel) et un aspect théorème (du côté de la détermination
en-dernière-instance ou transcendantale) - les relations entre axiomes et
théorèmes sont réglées elles-mêmes par la
détermination-en-dernière-instance, selon des dualités unilatérales et
non-réciproques
LU-1.3.0. / De l'Un
philosophique à la Vision-en-Un
-
LU-1.3.1.
/ l'immanence par l'immanence - l'Un, ou l'Immanent-en-personne,
n'est pas pensable sur le mode de la transcendance (thématique ou
opératoire) et reste donc inaperçu des philosophies de l'immanence
(Deleuze) ou de l'auto-affection (Henry) - traiter l'immanence de manière
immanente, tel est l'impératif de la rigueur
-
LU-1.3.2.
/ l'Immanence radicale ou l'Un-en-Un - Un est d'emblée en-Un et
immanent plutôt que en-soi et intérieur - non convertible avec l'Etre ou
l'Autre, c'est l'immanence radicale et non absolue -
radicalité qui lui confère une plus grande universalité
-
LU-1.3.3.
/ l'Identité, l'Ego, l'Homme-en-personne - ce sont des noms
premiers possibles de l'Un-en-Un, qui doivent se dire eux-mêmes en-personne
et non comme sujets ou attributs - ils sont choisis en fonction de la
conjoncture philosophique apparaissant comme symptôme de la non-philosophie
-
LU-1.3.3.
/ l'Un qui n'est pas mais qui est réel - l'être-phénoménal
de l'Un est donné sur le mode de l'Un seulement et non sur le mode de l'Etre
ou du phénomène au sens phénoménologique - ni l'Un "est" ni
"il y a" de l'Un, deux solutions encore trop intuitives et
donc philosophables
-
LU-1.3.4.
/ (Non-) Un, Uni-latéralité ou Autre-que... - la Vision-en-Un
inverse ou plutôt uni-verse la transcendance : elle donne en-Un l'Un-en-Un,
sans altérité autre que celle d'un Autre-que (appelé aussi (Non-)
Un ou Uni-latéralité) exprimant l'essence d'immanence séparée de l'Un
mais non un quelconque rapport de l'Un avec l'Etre
-
LU-1.3.5.
/ l'être-forclos de l'Un-en-Un - la non-consistance de
l'immanence radicale implique l'être-forlos du Réel à la pensée, même
s'il peut aussi la donner uni-latéralement - l'être-forclos n'interdit
donc pas toute causalité, ni même une effectuation de la Vision-en-Un par
la philosophie, il suspend simplement la causalité philosophique sur le
Réel
-
LU-1.3.6.
/ le donné-sans-donation et la donation de l'occasion - ce que
donne ou détermine le donné-sans-donation réel n'est rien moins la
non-philosophie considérée comme clone de la pensée-langue-philosophique
(Logos), donnée elle-même comme simple occasion délivrée du
Principe de Philosophie Suffisante
-
LU-1.3.7.
/ la non-consistance - l'Un n'est jamais que le nom
philosophique de l'Un-en-Un : il traduit mal l'inconsistance radicale du
réel, vide de toute détermination ontologique - cette inconsistance
(réelle) implique une sorte d'indifférence (transcendantale) au matériau
philosophique, dont il détermine toutefois l'usage comme occasion
-
LU-1.3.8.
/ la non-suffisance - le Réel est condition nécessaire
mais non-suffisante ... pour la philosophie-Monde, qu'il ne produit
en aucune manière
-
LU-1.3.8.
/ l'essence utopique ou messianique de la vision-en-Un - elle
découle d'une forme d'intentionnalité originale de l'Un pour le
Monde, telle qu'elle provient de l'en-Un immanent et non d'un excès de
transcendance
-
LU-1.3.9.
/ la phase réelle de la non-philosophie - le triplet formé
(par dualités unilatérales) des trois phases : 1) l'Un-en-Un immanent, 2)
son Autre-que séparé, avec son intentionnalité inversée ou de futur, 3)
l'occasion et le support fournis par la philosophie - cette phase est
nommée "réelle" par "opposition" à la phase
"transcendantale" commandée par l'occasion philosophique
LU-1.4.0. /
l'effectuation de la vision-en-Un par la philosophie
-
LU-1.4.1.
/ l'existence de la philosophie et sa contingence réelle comme
occasion - la vision-en-Un manifeste la philosophe dans son mode
d'existence propre, soit une auto-position/réflexion qui est
méconnaissance de soi et hallucination du Réel
-
LU-1.4.2.
/ l'effectuation de la vision-en-Un par la philosophie comme
occasion - non-suffisante en soi et insuffisante pour se manifester par
elle-même, la vision-en-Un ne peut être effectuée que par la philosophie
devenue occasion, passant ainsi de sa phase réelle à sa phase
transcendantale
-
LU-1.4.3.
/ de la non-philosophie comme dualité unilatérale - la
non-philosophie est un dispositif théorique à double entrée, dont l'une
est le Réel comme Autre-que, et l'autre la philosophie comme occasion, mais
aussi à double logique : l'uni-latéralité par son aspect réel, la
dualité unilatérale par son aspect transcendantal (qui suppose
justement la causalité occasionale) - ce dispositif reste toutefois
unilatéral, une dualité qui est une identité sans reformer une unité
comme en philosophie
-
LU-1.4.4.
/ contingence et nécessité de l'effectuation non-philosophique - la
non-philosophie est contingente du point de vue du langage-matériau
philosophique, mais nécessaire du point de vue réel de la vision-en-Un
-
LU-1.4.5.
/ l'autonomie relative de la philosophie - par illusion
transcendantale et surtout hallucination quant au Réel, la philosophie se
donne elle-même comme autonomie absolue - la vision-en-Un lui confère une
autonomie finalement plus positive, quoique relative, à savoir une
consistance structurale légitimée transcendantalement par le Réel
LU-1.5.0. /
le clonage de la non-philosophie à partir de la philosophie
-
LU-1.5.1.
/ la philosophie n'est pas seulement donnée réellement en-Un,
ce dernier assume également une fonction transcendantale, dite de
"clonage", qui permet de constituer le Sujet
non-philosophique à partir de la philosophie
-
LU-1.5.2.
/ ne pas confondre le clone-sujet-Etranger avec son essence (le Réel) ni
avec le matériel philosophique : il est une instance transcendantale, une
vision-en-Un appropriée à tel ou tel matériau
-
LU-1.5.3.
/ le clonage et la prise en compte de la philosophie n'excèdent pas l'Un en
pure extériorité, formant une dyade avec lui, puisqu'ils sont de toute
façon donnés en-Un
-
LU-1.5.4.
/ le clone transcendantal n'est pas lui-même un double (du Réel, ou d'une
identité transcendante), mais plutôt l'identité indivise d'un doublet
philosophique
LU-1.6.0. /
le sujet-Etranger et la pensée-monde (essence, existence, assistance)
-
LU-1.6.1.
/ la non-philosophie est une discipline transcendantale, l'unification
en-dernière-instance d'une théorie (sur le modèle de la science) et d'une
pragmatique (sur le modèle de la philosophie)
-
LU-1.6.2.
/ l'Homme (réel) et le sujet (transcendantal) forment une dualité
unilatérale, telle que le premier est réel sans-être et le second
existant pour-le-Monde, sur le mode d'une théorie-pratique de la
philosophie (et cloné à partir d'elle)
-
LU-1.6.3.
/ le sujet est la force (de) pensée, mais il n'existe-pour-le-Monde qu'en
fonction de la philosophabilité qu'il transforme : on appelle cette
structure de pensée assistance-pour-le-Monde
-
LU-1.6.4.
/ la non-philosophie réclame une unification de la philosophabilité (à
présuppositions) et des pratiques (à présupposés) qui n'est pas vraiment
unification mais identification-en-dernière-instance (par clonage), hors de
l'autorité et du théoricisme philosophiques
-
LU-1.6.5.
/ l'assistance non-philosophique doit se comprendre comme transformation du
Tout de la philosophie, mais non comme intervention directe sur les étants
ou les événements - comme effectuation, elle constitue l'apport (sans
rapport) à la fois théorique et pragmatique de la pensée-monde, elle lui
donne son identité (transcendantale) et la libère de sa suffisance
-
LU-1.6.6.
/ l'apport-sans-rapport du sujet assistant provient des conditions de
radicalité propres à l'Homme-en-personne
LU-1.7.0. /
les critères distinctifs de la non-philosophie
LU-1.7.1.
/ malgré la parenté du vocabulaire, aucune philosophie "de"
l'immanence n'a posé, comme la non-philosophie, le primat du Réel sur la
pensée, de l'Un sur l'Unilatéralité, du Radical sur la radicalité - les
huit traits distinctifs : 1) le caractère d'abord réel de
l'immanence, et seulement ensuite sa fonction transcendantale ; 2) la rigueur qui
consiste à traiter l'immanence par l'immanence ; 3) l'être-déjà donné
de la philosophie en-Un ; 4) l'Uni-latérité ou l'Autre-que... comme
structure de l'immanence réelle ; 5) la reprise du concept marxiste de
détermination-en-dernière-instance ; 6) la dualité unilatérale de
l'Homme et du sujet ; 7) la messianité humaine comme futur immanent, la
vocation à l'utopie et à la fiction ; 8) le sujet non-philosophique comme
théorie unifiée d'un aspect mathématique (axiomatique) et d'un aspect
philosophique ou oraculaire - la non-philosophie, une mathématique humaine
et une utopie pour l'Homme
LU-2.0.0. /
ECLAIRCISSEMENTS
SUR LES TROIS AXIOMES
LU-2.1.0. /
les trois axiomes ou la base structurale de la non-philosophie
-
LU-2.1.1.
/ ce sont : 1) le Réel radicalement immanent, 2) sa causalité
uni-latérale ou la détermination en-dernière-instance, 3) la
pensée-Monde (philosophie + expérience) comme objet de cette causalité -
une résistance philosophique s'exerce, soit par une exploitation
insuffisante de ces axiomes, soit par des interprétations divergentes, des
bifurcations - en particulier celle qui voit dans les trois axiomes un
simple système formel ouvert à diverses interprétations, donc autant de
non-philosophies possibles
-
LU-2.1.2.
/ il existe une multiplicité ou une fausse liberté régressive (vers la
philosophie) et une multiplicité libératrice selon la rigueur
non-philosophique
-
LU-2.1.3.
/ les trois conditions nécessaires : 1) une distinction uni-latérale du
Nom-de-l'Homme et du sujet, 2) la compréhension de la
détermination-en-dernière-humanéité et de la syntaxe de l'uni-latéralité,
3) la prise en compte de la philosophabilité, ou pensée-Monde, dans sa
globalité - à ces trois axiomes sont liés trois grands types d'apparence
philosophique
LU-2.2.0. /
contre le chorismos platonicien
-
LU-2.2.1.
/ l'affect du Réel selon la philosophie se nomme transcendance, notamment
sous la forme du chorismos (séparer et placer) - à quoi l'on oppose
l'être séparé immanent ou sans-séparation, et l'uni-latéralité comme
type d'emplacement - même lorsqu'il parle d'immanence, le philosophe
continue de la contempler dans le Logos au lieu de la pratiquer de façon
immanente, ce qui peut induire par exemple un nouveau platonisme (théorisme)
au nom d'une dernière extériorité de la division
-
LU-2.2.2.
/ l'être-séparé de l'Un ne signifie nullement que séparation ou division
appartiennent à l'essence de l'Un, comme l'affirme un certain platonisme,
puisqu'il n'est pas séparé de soi mais seulement du Monde, et encore sur
le mode négatif de l'Autre-que... ou bien du Futur uni-latéral
-
LU-2.2.3.
/ le parricide perpétré par la philosophie porte moins sur le premier
non-philosophe que sur l'Un ou le Réel - il fallait bien tuer le Réel pour
placer la division dans l'immanence et y articuler une trinité constitutive
-
LU-2.2.4.
/ les deux opérateurs fondamentaux de la philosophie et de la
non-philosophie, respectivement le nouage et le clonage, forment une
dualité unilatérale - seul le clonage met en oeuvre la loi d'immanence
radicale
LU-2.3.0.
/ l'immanence traitée par l'immanence
LU-2.3.1.
/ le fait de traiter l'immanence par l'immanence signe l'aspect
pratique (ou performé) de la non-philosophie, qui promeut elle-même un
usage immanent du langage philosophique puisqu'il n'y en a pas d'autre pour
la dire
LU-2.4.0.
/ l'axiome et l'oracle, ou comment parle le futur. l'oraxiome
-
LU-2.4.1.
/ l'axiome transcendantal non-philosophique est un être-parlé, une
Réponse-en-personne sans question - pareillement l'oracle est une réponse
réelle, immanente de l'Homme par l'Homme - on peut donc parler d'un "oraxiome"
négatif, une parole première de l'Homme qui n'annonce rien d'autre sinon
que l'annonce est nécessaire
-
LU-2.4.2.
/ de même que l'axiome est une hypothèse sans-déduction, vide
formellement par son type d'abstraction spécifique, l'oracle est vide de
tout questionnement comme de toute décision - le vide étant ici celui de
la radicalité et de la non-détermination par le contenu logique ou
empirique
-
LU-2.4.3.
/ à la "différence" en vigueur dans la philosophie, la
non-philosophie substitue l'"uni-férence" et la dualité
unilatérale - l'uni-férence apporte non pas un objet à la pensée mais un
sujet, un théorème transcendantal pour l'autonomie relative du
Monde
-
LU-2.4.4.
/ le Futur parle dans l'axiome qui est hypothèse de théorèmes, comme il
parle dans l'oracle qui l'annonce - mais l'axiome est séparé comme un
présupposé non-consistant, alors que l'oracle est toujours engagé dans
une interprétation : la non-philosophie est l'identité
de-dernière-instance de ces deux aspects
LU-2.5.0.
/ qu'est-ce qu'une règle non-philosophique ?
-
LU-2.5.1.
/ la non-philosophie : une doctrine ouverte aux libres interprétations
ou une discipline anonyme et contraignante ?
-
LU-2.5.2.
/ elle est plutôt unification en-dernière-instance d'une discipline et
d'une oeuvre, d'une théorie et d'une pratique - ses règles sont rigides ou
invariantes lorsqu'elles dérivent de la logique ou d'une science à contenu
positif ; elles sont ludiques lorsqu'elles découlent des doctrines
philosophiques, combinant le primat de l'invariance et celui de la variation
; enfin les règles sont dites rigoureuses ou unilatérales en mode mixte,
soit invariantes négativement (sans contenu empirique), lorsqu'elles
déterminent en-dernière-instance le contenu contingent des précédentes
règles - au 3è sens, la discipline comprise négativement impose de se
soumettre au moins à la règle de l'unilatéralité
LU-2.6.0.
/ le problème du métalangage pour la non-philosophie
-
LU-2.6.1.
/ la non-philosophie n'est pas le méta-langage de la philosophie,
c'est plutôt la philosophie qui serait un métalangage mais
déterminé-en-dernière-instance pour la non-philosophie - en ce sens,
les règles et le matériau métalinguistique s'auto-affectent au Réel
déterminant près qui les unifie
-
LU-2.6.2.
/ l'évaluation des pratiques non-philosophiques peut s'effectuer en termes
de Vérité (Vrai-sans-vérité) quant à ses principes réels, ou de
Justice (Juste-sans-justice) et d'ajustement quant à ses effets sur le
matériau
-
LU-2.6.3.
/ la constitution historique de la non-philosophie est soumise au même
principe d'auto-affection par le matériau, à sa
détermination-en-dernière-instance près, ce qui devrait relativiser les tentations de type herméneutique en ce domaine
-
LU-2.6.4.
/ cette méthode vaut mieux que la critique ou que l'opposition au nom du
"tranchant" (théorisme), puisqu'elle se fonde sur la seule
rigueur des règles
LU-2.7.0.
/ discipline, interprétation, effectuation
-
LU-2.7.1.
/ la pluralité des effectuations de la non-philosophie selon le matériau,
compatible avec son identité interne, ne signifie pas une pluralité
d'interprétations ou même de non-philosophies
-
LU-2.7.2.
/ la pomme de discorde, c'est le traitement de la résistance philosophique,
qui donne lieu à toutes sortes de rétorsions
-
LU-2.7.3.
/ si une part d'interprétation paraît intrinsèquement liée à la
composante philosophico-transcendantale de la théorie unifiée, elle est
d'une part contrebalancée par sa composante scientifique et d'autre part
dualysée par la théorie comme telle qui interdit toute interprétation a
priori des axiomes
LU-2.8.0.
/ les deux fins de la philosophie. le Nom-de-l'Homme comme ultimatum
-
LU-2.8.1.
/ si la philosophie est globalement ennemie d'elle-même (toute philosophie
prenant à partie une autre philosophie), la non-philosophie crée le
concept de "la-philosophie" en tant qu'unique et indivisible, ce
qui ne revient pas à une généralité ou à une totalisation justement
parce que la forme même et les instruments de la lutte ne sont plus les
mêmes
-
LU-2.8.2.
/ la philosophie est "forcée" de se rassembler autour du
Nom-de-l'Homme qui est aussi son Futur, de trouver son identité (nommée
philosophabilité ou pensée-Monde) en fonction de ce seuil à la fois
premier et dernier-pour-elle - cette "fin des temps
philosophiques" ou cet ultimatum tranche avec l'éternelle "fin de
la philosophie" qui est l'autre nom de la guerre civile, puisqu'elle la
force à un traité de paix avec elle-même et avec les sciences
-
LU-2.8.3.
/ contrairement à la fin toujours continuée de la philosophie, la fin
comprise comme ultimatum du Nom-de-l'Homme correspond à un commencement
radical... qui continuera et transformera la première sous forme de
matériau
LU-2.9.0.
/ premier axiome. il n'y a d'Homme que l'Homme
-
LU-2.9.1.
/ avant la question kantienne Qu'est-ce que l'homme ?, se tient
la réponse oraculaire : Il n'y a d'Homme que l'Homme
-
LU-2.9.2.
/ sa forme théorématique complète serait : il n'y a d'Homme qu'en
vue de la science de l'homme
-
LU-2.9.3.
/ jusqu'à sa forme d'oracle transcendantal pour-le-Monde : il
n'y a d'Homme que pour un sujet humain de la science des hommes
LU-2.10.0.
/ théorie du double symptôme (le symptôme et son identité)
-
LU-2.10.1.
/ la symbolisation du Réel par le Nom de l'Homme-en-personne ne
signifie pas un retour à l'humanisme, mais répond, depuis Une
biographie de l'homme ordinaire, à l'occasionalité même du
matériau
-
LU-2.10.2.
/ l'Homme ou le Réel n'est pas une "Raison suffisante" (la
non-philosophie combat justement la suffisance philosophique), ou un mixte
de Raison suffisante et de nécessité, mais une nécessité vide (non
formelle) unilatérale dont l'effet n'est pas le renversement local mais
l'uni-version globale de la philosophie
-
LU-2.10.3.
/ il y aurait bien des arguments ou des raisons humanistes
(phénoménologiques, mystiques, etc.) pour renverser l'autorité de la
philosophie, mais ils n'atteignent pas la radicalité de l'inversion par l'Homme-en-Homme
-
LU-2.10.4.
/ l'Homme comme présupposé de la connaissance du monde répond à une
double nécessité symptômale - l'Homme est d'abord l'instance symptômale
la plus générale de la philosophie, dans le rapport à son propre concept
d'Un - il est ensuite traité comme le symptôme le plus approprié de la
philosophie dans son rapport à la non-philosophie, il est ce rapport
même
-
LU-2.10.5.
/ mais en tant que Nom premier, l'Homme-en-personne n'est pas réductible à
un symptôme ou une occasion qui se présenterait de façon systématique,
pain béni de l'humanisme - le Nom-de-l'Homme s'impose à chaque fois, une
seule fois, à l'occasion du Monde ou plus exactement d'un
sujet-en-monde faisant symptôme
-
LU-2.10.6.
/ la non-philosophie est une preuve en acte de fidélité à l'Homme (le
Nom-de-l'Homme ou l'In-hommé), comme un ultimatum adressé à la
philosophie et à l'humanisme
LU-2.11.0.
/ l'argument du Troisième homme
-
LU-2.11.1.
/ l'argument du Troisième homme, qui résume la confusion philosophique de
l'Un et de l'Unité, peut être lu inversement comme un symptôme de l'être-donné
ou -performé du Nom-de-l'Homme
-
LU-2.11.2.
/ la pensée commence de toute façon par un vocable unique, symbole de
l'Un, comme le "Dieu" des mystiques - il y a un commencement
radical en-dernière-instance de la pensée, axiomatique-réel plutôt que
logique ou ontologique, qui précède tous les ternaires de la philosophie
(Troisième homme, Cogito, etc.)
-
LU-2.11.3.
/ la pensée en-Un et son style d'axiomatisation propre nous affranchit de la
primauté de l'Etre en inversant littéralement son mode d'accès intuitif :
l'Homme-en-personne n'est le siège d'aucune intuition (catégoriale,
temporale, affective, etc.) ou réappropriation, étant plutôt
intuitionné-sans-intuition et hérétique ou utopique plutôt que
originaire
LU-2.12.0.
/ réel et pensée-langue ne sont pas des en soi
-
LU-2.12.1.
/ la matière peut être traitée comme l'un des symptômes de l'immanence
produite par la philosophie
-
LU-2.12.2.
/ le vide structural comme élément de l'abstraction symbolique reste pris
dans la positivité et la transcendance de la forme, tandis que la puissance
du Réel = X est celle d'une quasi-formalisation qui ne repose pas sur
l'immanence de la langue ou l'en soi de la forme
-
LU-2.12.3.
/ X = Homme-en-personne n'est pas plus un signifiant pur qu'un signifié
transcendantal, il est un Nom transcendantal c'est-à-dire réel
en-dernière-instance
-
LU-2.12.4.
/ l'invention de l'oraxiome à partir de la Vision-en-Un résout ou plutôt
écarte les difficultés de l'idéalisme comme du matérialisme
LU-2.13.0.
/ la re-nomination non-philosophique
-
LU-2.13.1.
/ le nom de "Réel" s'impose comme l'un des symptômes majeurs de
la philosophie en tant que pensée de l'Etre, mais il n'est pas le seul
propre à désigner la cause : on peut lui préférer le "Nom-de-l'Homme"
-
LU-2.13.1.
/ à condition de ne pas confondre l'Homme avec le sujet
philosophico-humaniste
LU-2.14.0.
/ l'Homme comme paradigme de l'uni-latéralité ou de l'ultimatum
-
LU-2.14.1.
/ une pensée à présupposé comme la non-philosophie se définit par
le paradigme de l'uni-latéralité
-
LU-2.14.2.
/ une pensée unilatérale ne distingue par définition qu'un seul
côté, l'identité ou le Réel n'étant pas un côté justement - au
contraire une pensée à présupposition comme la philosophie se
caractérise par sa bilatéralité di-rectionnelle
-
LU-2.14.3.
/ à la pensée procédant par survol et par transcendance, nous
opposons la force de pensée, ou la pensée comme force de l'immanence,
utopique en son origine et tournée vers le Tout
-
LU-2.14.4.
/ au lieu de le viser comme un objet, la pensée uni-rectionnelle
détermine le Tout comme sujet
-
LU-2.14.5.
/ la pensée unilatérale se définit par une simplicité qui la
distingue des unilatéralités philosophiques, comme les perspectives
nietzschéennes, les dispositifs pulsionnels et autres machines désirantes
qui atomisent la décision philosophique plus qu'elle ne la réduisent
vraiment
-
LU-2.14.6.
/ l'intentionnalité uni-latérale prend une dimension utopique de
"venue pour..." ou de messianité immanente
-
LU-2.14.7.
/ le terme de "praticité" désignera tout savoir ayant une
forme-présupposé
-
LU-2.14.8.
/ les parenthèses entourant le (de) expriment en principe l'uni-latéralité,
bien qu'une seule parenthèse ouverte serait plus appropriée
LU-2.15.0.
/ la carte forcée ou l'ultimatum du Réel
-
LU-2.15.1.
/ c'est la "carte forcée" (l'Homme-en-personne, une force
toute négative) qui fait le forçage, c'est-à-dire cette fois le sujet
comme force (de) pensée
-
LU-2.15.2.
/ la carte forcée du Réel est elle-même sans opération externe de
forçage, c'est pourquoi elle n'entache pas la liberté du sujet - seule
manière de comprendre la formule ambiguë de Rousseau : "on les
forcera à être libre", où le "on" incarne une volonté
générale encore trop positive et/ou trop abstraite
-
LU-2.15.3.
/ à son tour la force (de) pensée force négativement le Monde à se
transformer, s'inventer, se libérer en fonction du Futur
-
LU-2.15.4.
/ la force (de) pensée peut aussi bien s'écrire "force de
laisse", puisqu'elle laisse être-donné-en-Un le Monde
LU-2.16.0.
/ le commencement ou le saut unilatéral
-
LU-2.16.1.
/ l'Homme n'est pas un saut, mais l'identité (d')un saut ou (d')un
futur qui fait "verser" le Monde
-
LU-2.16.2.
/ l'Homme n'est pas en lui-même un commencement mais le primat réel qui
rend nécessaire un commencement radical de la pensée
-
LU-2.16.3.
/ il n'y a pas de saut "dans le Réel" et "en
dehors" de la philosophie, mais une performativité propre à la
non-philosophie telle que la solution (le Nom-de-l'Homme) est donnée avant
le problème - pas de passage vers la non-philosophie à partir de la seule
philosophie et de ses marges
LU-2.17.0.
/ le second axiome ou le sujet. la multiplication des effectuations
-
LU-2.17.1.
/ répétition transcendantale des problèmes déjà examinés
-
LU-2.17.2.
/ unicité de la non-philosophie et pluralité de ses effectuations par
les non-philosophes
-
LU-2.17.3.
/ la non-philosophie est sous-conditionnée par un matériau chaque
fois différent, de sorte qu'aucune effectuation de la non-philosophie ne
parvient à épuiser son identité et son pouvoir universel
-
LU-2.17.4.
/ la philosophie constitue le matériau le plus universel, celui qui
fournit l'essence et le total des apparences
LU-2.18.0.
/ la confusion du Nom-de-l'Homme et du sujet
-
LU-2.18.1.
/ la pratique non-philosophique n'engage pas l'Identité réelle
directement mais un sujet qui, sans être lui-même divisé, a affaire avec
la division, de sorte que la fonction négative du Réel risque de se
retourner en négation, ou ce qui revient au même, en position du Réel
dans la transcendance
-
LU-2.18.2.
/ le sujet non-philosophique assume en-Un tout ce qui se donne en
général sur la forme sujet à-forme-monde - au contraire toute théorie du
sujet de type philosophique se meut dans le chorismos platonicien et peut à
la limite interpréter la détermination-en-dernière-instance en
extériorité, en terme de nouage plutôt que de clonage
-
LU-2.18.3.
/ le sujet existe comme transformation de la division
bilatérale ou mondaine en dualité unilatérale
LU-2.19.0.
/ du nouage au clonage
-
LU-2.19.1.
/ le nouage est la mise en place d'instances relatives-absolues selon
une logique ternaire-quaternaire, telle que l'instance nouante se noue
également aux autres
-
LU-2.19.2.
/ le clonage n'est pas une opération plus simple que le nouage, il est
d'abord un cloné-sans-clonage réel réduisant toute opération à une
dualité unilatérale, puis une détermination-en-dernière instance de type
transcendantal
-
LU-2.19.3.
/ le nouage du Tout exige l'auto-englobement du Tout, tandis que le clonage
du Tout revient une fois chaque fois au clonage de l'un-dividu - le nouage
fait Monde tandis que le clonage reste une pensée et une pensée
individuale pour le Monde
LU-2.20.0.
/ la non-philosophie et les non-philosophes
-
LU-2.20.1.
/ toute manière de caractériser la non-philosophie par division ou
par choix doit être invalidée
-
LU-2.20.2.
/ même si elles ont une apparence théorique objective, les scissions
intra-non-philosophiques ont une cause spécifiquement philosophique
-
LU-2.20.3.
/ rappelons que la non-philosophie distingue une cause (le Réel), une
essence (l'identité transcendantale du sujet comme clone), puis des aspects
qui sont le contenu du sujet transformé en a priori du matériau du Monde -
les non-philosophes peuvent se dire au pluriel seulement en fonction des
aspects qu'ils choisissent
LU-2.21.0.
/ l'indifférence de-dernière-instance au langage
-
LU-2.21.1.
/ l'indifférence du Réel au langage se dit de-dernière-instance
parce qu'elle comprend deux phases distinctes en droit, réelle et
transcendantale - la non-philosophie est une langue transcendantale à
présupposé réel pour la philosophie
-
LU-2.21.2.
/ dans la première phase, le langage est de toute façon déjà donné
en-Un, simultanément et uni-latéralement
-
LU-2.21.3.
/ la seconde phase manifeste le langage plus positivement, par la
sollicitation et le clonage du langage philosophique pris cette fois comme
référence
-
LU-2.21.4.
/ c'est seulement dans cette seconde phase transcendantale que le le
Réel peut être nommé correctement dans la langue de la non-philosophie,
c'est-à-dire selon la référence et jamais comme un en soi absolu - dans
cette langue la distinction de l'énoncé et de l'énonciation n'est pas
pertinente, elle est identiquement théorique et pragmatique
LU-2.22.0
/ le matériau. allusion, mention, référence
-
LU-2.22.1.
/ on peut distinguer 3 moments abstraits du matériau : la philosophie
ou le Monde comme allusion (platonicienne), comme mention
occasionnelle et comme référence ou cause du transcendantal -
l'allusion ne se dit pas exactement du matériau, c'est la manière
classiquement transcendante de traiter le Monde - la mention de la
philosophie est inévitable et immédiate puisque celle-ci est de toute
façon déjà donnée en-Un : la mentionner, c'est reconnaître que la
"lutte" avec la philosophie prend sa source dans le Réel, non
dans le transcendantal (thèse encore platonisante), même si l'essence du
Réel n'est pas la lutte
-
LU-2.22.2.
/ la mention de la philosophie doit se poursuivre par une prise en
compte au niveau transcendantal, qui est celui de la non-philosophie
proprement dite - c'est le stade de la référence où la philosophie
intervient comme objet d'expérience
LU-2.23.0
/ le troisième axiome. la langue philosophique comme symptôme
-
LU-2.23.1.
/ le Réel est certes indifférent à la langue-matériau, mais celle-ci
n'est pas indifféremment philosophique, religieuse, artistique, etc.
-
LU-2.23.2. / cette indifférence "donatrice" concerne le Réel, mais étant
uni-latérale et radicale, elle n'a pas d'existence en soi ou absolue
-
LU-2.23.3. / dire que la philosophie est le langage-symptôme du Réel
n'est pas une décision arbitraire - d'une part c'est une constatation
puisque ce langage précisément prétend dire le Réel, d'autre part son
traitement comme symptôme est déjà l'effet d'une détermination
en-dernière-instance d'ordre non-philosophique
LU-2.24.0
/ l'élection de la langue philosophique comme Prétendante
-
LU-2.24.1.
/ le discours-matériau "élu" est en même temps le plus halluciné quant
au Réel
-
LU-2.24.2.
/ la domination de fait de la philosophie sur les autres savoirs fait
au moins symptôme, et on ne peut pas s'en libérer simplement au nom
d'une indifférence absolue du Réel à l'égard des langages, justement
parce que l'indifférence ne saurait être absolue ou en soi
-
LU-2.24.3.
/ l'apparence transcendantale dans sa plus grande universalité et dans
sa plus grande prétention, c'est la philosophabilité, et si les autres
savoirs y participent bon gré ou mal gré, le discours "philosophique" en
est de fait et de droit le titulaire désigné (le seul qui prenne en
charge consciemment la question du Réel) - le point de vue
non-philosophique utilisera à son tour les savoirs régionaux et les
pratiques, mais dans un autre type de relation (non-aliénant) avec la
philosophabilité générale
-
LU-2.24.4.
/ c'est le Réel "lui-même" qui donne uni-latéralement ou qui détermine
la forme d'une langue-symptôme
LU-2.25.0
/ la philosophabilté comme structure cogitative
-
LU-2.25.1.
/ la philosophie est ce qui opère le passage des doctrines ou des
savoirs particuliers à la philosophabilité universelle du Monde - elle
possède une structure cogitative universelle, c'est-à-dire
qu'elle réduit aussi bien toute tentative de métalangage : elle est
toujours la mieux placée pour parler d'elle-même, elle parle toujours en
premier et en dernier, même (d'autant plus) lorsqu'elle accorde la
parole aux autres discours : elle est auto(/hétéro)-décisionnelle - le
"cogito" n'est qu'une forme réduite de cette subjectivité universelle de
la philosophie
-
LU-2.25..
/ elle est auto-spéculaire et pas seulement spéculative (posant un objet
à refléter), mais elle est mondaine (c'est la forme-Monde) et pas
seulement idéale ou abstraite
LU-2.26.0
/ le Nom-de-L'Homme comme méta-langage négatif pour la philosophie
-
LU-2.26.1.
/ en tant que structure essentiellement systématique, la philosophie est
un invariant à variations, ou pour mieux dire l'invariance de la
variance et de l'invariance
-
LU-2.26.2.
/ credo philosophique : il n'y a pas de métalangage... parce qu'il y a
de la philosophie
-
LU-2.26.3.
/ credo "déconstructif" : il y a du métalangage... parce que La
Philosophie n'existe pas
-
LU-2.26.4.
/ la non-philosophie pose la nécessité d'un métalangage pour identifier
(en-Réel) la philosophie et pour lutter contre son idéalisme
auto-positionnel - un métalangage négatif, c'est-à-dire
nécessaire et non-suffisant, qui emprunte à la fois à la
philosophie et à la science
LU-2.27.0
/ récapitulation. la puissance relative de la philosophie
-
LU-2.27.1.
/ la puissance auto/hétéro-analytique de la philosophie ne saurait-être
remise en cause, même conjoncturellement, par la religion (plus
aliénante, mais plus faible)
-
LU-2.27.2.
/ la domination de la philosophie sur les savoirs fait symptôme d'une
prétention plus vaste de la philosophie sur le Tout de l'expérience,
soit sur ce qu'elle appelle le Réel
-
LU-2.27.3.
/ le Réel, auquel prétend la philosophie, est cela même qui peut
déterminer en-dernière-instance l'échelle des prétentions et des
apparences de la philosophie, sur les savoirs et sur elle-même
LU-3.0.0. /
PHILOSOPHABILITE ET PRATICITE
LU-3.0.1 / entre les trois matrices d'axiome de la non-philosophie (le Réel,
la DDI, la Philosophabilité), le troisième est celui qui occasionne le plus
de confusions, à cause justement de la part de détermination occasionale de
la philosophie
LU-3.1.0. / ecce
homo philosophicus
-
LU-3.1.1. / toute mésinterprétation du troisième axiome se traduit par une
déviation, qui est une privation, de l'essence et de la finalité de la non-philosophie
-
LU-3.1.2. / deux types d'interprétation : celle de la précipitation
gauchisante et celle du conformisme droitier
-
LU-3.1.3. / l'élargissement à l'infini du cogito philosophique (dérivant
structurellement de cette forme cogito) en fait le matériau dominant,
sinon unique, de la non-philosophie
LU-3.2.0. / l'opinion
du système des opinions
LU-3.2.1. / les deux symptômes de la pensée-philosophie sont 1° un
devenir-opinion effréné (sophistique et communication) et 2° la
conflictualité des systèmes, sans doute parce que ces derniers conservent la
structure d'opinion sur laquelle repose toute philosophie, soit la structure
d'une décision indécidable à 2/3 ou 3/2 termes
LU-3.3.0. / la
philosophie mise à nu par elle-même
-
LU-3.3.1. / la philosophie comme hallucination et illusion transcendantale :
un principe d'auto-dissolution du Monde qu'elle a confondu avec le Réel
-
LU-3.3.2. / ce mécanisme d'auto-dissolution n'est rien d'autre que la
dialectique avec son principe invariant, selon lequel le Deux et le Un
se déterminent réciproquement
-
LU-3.3.3. / la pulsion auto-dissolvante de la philosophie se manifeste dans
la communication médiatique
-
LU-3.3.4. / la philosophie voudrait changer le Monde, mais ne parvient qu'à
"faire-Monde" toujours davantage
-
LU-3.3.5. / sauver ce simulacre qu'est devenu la philosophie-Monde en lui
reconnaissant une teneur de-dernière-instance, telle est le dernier
service que peut lui rendre la non-philosophie
LU-3.4.0. /
pensée-monde. philosophabilité. praticité
-
LU-3.4.1. / ne pas confondre l'affirmation d'existence de la philosophie
qu'inclut son cogito avec une détermination réelle
-
LU-3.4.2. / le concept de pensée-monde exprime l'extention et
l'intensification maximales de la philosophie, jusqu'à inclure de
nouvelle pratiques, de nouvelles empiricités prétendument indépendantes
-
LU-3.4.3. / la philosophie est la condition formelle de la constitution d'un
Monde et pas seulement une représentation particulière du Monde
-
LU-3.4.4. / la pensée-monde réside dans une dualité d'essences entre la
philophabilité et la praticité, dont la philosophie proprement
dite et les pratiques constituées des savoirs régionaux ne sont
que des formes particulières
LU-3.5.0. / l'Identité
transcendantale du système (de) l'opinion
-
LU-3.5.1. / l'Identité indivise du Tout se définit comme le clone (et
non comme l'unité) des mélanges philosophiques, de même que la
non-philosophie se définit comme la théorie unifiée de la philosophie
et d'un savoir ou d'une pratique
-
LU-3.5.2. / pour cela il faut se donner l'Identité et son
uni-versalité, pas une fausse Identité découlant d'une forme
d'universalité - l'Identité uni-verselle détermine d'ailleurs
l'universalité transcendante de la philosophie
LU-3.6.0. / primat de
la philosophabilité sur la philosophie
-
LU-3.6.1. / la philosophabilité désigne la prétention de la philosophie
à penser le Tout de la réalité et donc à se penser elle-même
-
LU-3.6.2. / la philosophie s'auto-affecte par principe, elle se définit
toujours elle-même en tant qu'objet philosophique et au moyen d'une
opération philosophique
-
LU-3.6.3. / les philosophies posent une philosophabilité soit univoque
et idéale, soit équivoque et partielle lorsqu'elle semble limitée par
une détermination empirique - mais justement la mise ne place du
matériau philosophique doit tenir compte de cette dualité intrinsèque
entre le noyau formel de la philosophie (l'univocité de la
philosophabilité) et l'apport empirique
-
LU-3.6.4. / la primat de la philosophabilité sur la philosophie, au
niveau du matériau, définit la rigueur non-philosophique comme "non-philosophabilité",
bien que le primat inverse soit occasionnellement possible au titre
d'une non-philosophie "régionale" ou "spéciale"
-
LU-3.6.5. / on distingue une non-philosophie "longue" ou universelle
d'une non-philosophie "par provision", reflétant encore plus ou moins
volontairement les positions philosophiques doctrinales qu'elle se
propose de traiter
LU-3.7.0. /
philosophabilité et pratique
LU-3.7.1. / il importe
d'exhiber, en tout matériau, la dualité ou la contradiction entre la
philosophabilité spéculaire et les pratiques non-spéculaires, sous peine
d'ignorer l'essence de l'une comme celle des autres (oubli plus grave et
plus systématique que celui de l'Etre ou de l'Autre)
LU-3.8.0. / la praticité
comme pensée-à-présupposé
-
LU-3.8.1. / la pensée
philosophique, que l'on dit "à présupposition", est une apparence
transcendantale objective - la pensée pratique, dite "à présupposé", est
la seule pensée effective sans apparence, non en tant que "technique"
mais en tant que dualité de dimensions (langage + réel) irréductibles
l'une à l'autre dans un Logos, et qui entourent un noyau de procédures
techniques
-
LU-3.8.2. / le
présupposé pratique se répartit en une face "langage" et une face
"réel", dualité que dissimule le seul terme de "pratique"
LU-3.9.0. / une équation
non-parménidienne, Pratique = Pensée
LU-3.9.1. / la
non-philosophie inverse radicalement la thèse philosophique selon laquelle
une pratique "ne pense pas", c'est-à-dire qu'elle modifie en même temps la
structure de l'équation qu'on appellera maintenant non-équation ou
équation non-parménidienne - la non-équation "pratique = pensée"
contient seulement deux termes, et donc sa propre solution comme inconnue et
non comme troisième terme englobant - deux théorèmes non-théoricistes et
non-idéalistes : pratique et pensée sont identiques en-dernière-instance
et la pratique est le présupposé qui détermine la pensée
LU-3.10.0. / structure de
la praticité (OC, ML, OR)
-
LU-3.10.1. / le
contenu opératoire d'une pratique définit l'objet de connaissance (OC)
sous forme de ternaire (la matière de la réalité, les moyens techniques
ou théoriques, la connaissance ou l'oeuvre produite), qui s'ajoute à la
structure du présupposé (le métalangage (ML) et l'objet réel (OR)) pour
former la structure complète de la praticité
-
LU-3.10.2. / un
métalangage remplit une fonction de constitution unilatérale pour
la pratique et par rapport à un autre langage formel ou naturel
-
LU-3.10.3. / on ne
confondra pas la simple matière transformée (idéalisée) et l'objet réel
(présupposé) qui détermine la pratique elle-même comme réelle
LU-3.11.0. / pratique
philosophique et pratique à présupposé
-
LU-3.11.1. / la
division pratique de type uni-latérale relève de la seule immanence,
elle s'oppose à la pratique comme division en général, de type
philosophique et théoriciste
-
LU-3.11.2. / en tant
que théorie unifiée, la non-philosophie fusionne la praticité (d'abord
scientifique) avec la philosophabilité en-dernière-instance par le Réel
LU-3.12.0. / la
non-équation Pratique = Ontologie
LU-3.12.1. / en tant
qu'elle postule une hypothèse sur le Réel, chaque pratique possède une
quasi-ontologie, spécifique et autonome, sans rapport avec ces illusions
transcendantales que sont l'esthétique ou l'épistémologie
LU-3.13.0. / des
pratiques à la non-philosophie
-
LU-3.13.1. / les
pratiques fournissent un réel à la philosophie qui n'est pas encore le
réel immanent - objet réel et métalangage restent séparés selon la
dualité propre au présupposé, sans recomposer un Monde
-
LU-3.13.2. / la
science comme ontologie déphilosophée fraye la voix vers la
non-philosophie théorique, mais l'on ne peut utiliser la pratique en
elle-même, il faut passer par la philosophie ou par le langage
méta-pratique
-
LU-3.13.3. / la
quasi-ontologie constitutive des pratiques n'est pas la pratique en
elle-même, ni une théorie déterminée (comme la théorie des ensembles),
mais sa structure pratique de présupposé
-
LU-3.13.4. / la
science est la "première" pratique, la plus décisive et la plus efficace
dans son rapport à la philosophie, bien que cette primauté ne vaille que
dans le champ des pratiques et non du point de vue des structures
non-philosophiques elles-mêmes
LU-3.14.0. /
Unilatéralité pratique et Différence ontologique
-
LU-3.14.1. / la
"différence ontologique" illustre le mécanisme typiquement philosophique du
renversement, lequel s'appuie une forme d'unilatéralité du type
"altérité" plutôt que "présupposé", combinée avec une réversibilité
dominante
-
LU-3.14.2. / à la
structure quaternaire ou même pentadique des pratiques (les trois aspects de
l'OC + les deux présupposés) s'oppose la structure simplement ternaire ou
quaternaire de la philosophie (une dyade de base + un double Un,
transcendant et transcendantal comme l'est une Apparence)
-
LU-3.14.3. / la
philosophie n'est pas une pratique (bien qu'elle prétende donner sa forme au
Monde), sinon une pratique de langage, plus exactement une méta-pratique
refusant tout métalangage
-
LU-3.14.4. / la
philosophie ramène le présupposé des pratiques à une simple présupposition,
sous la forme d'un ternaire qui simplifie mais prétend assumer néanmoins le
telos de ces pratiques
-
LU-3.14.5. / la
différence philosophique masque la disjonction entre objet réel/pratique et méta-langage
-
LU-3.14.6. / en tant
qu'utopique, l'unilatéralité pratique (à présupposé) vise d'emblée le
Tout de la pensée-monde
-
LU-3.14.7. /
contrairement aux pratiques comme la science, la philosophie efface la
distinction de l'opératoire et du thématique-objet, de l'objet de
connaissance et de l'objet réel - mais d'une part la non-philosophie ne
fait pas du réel l'objet d''une visée opaque, comme la science, d'autre
part l'usage immanent du langage dans sa pratique relève d'une autre
unilatéralité que dans tout métalangage
-
LU-3.14.8. / la
non-philosophie veut-elle détruire les structures aliénant les pratiques
à la philosophabilité, et constituer de nouveaux sujets pour elles ? -
elle veut surtout aider à les modéliser autrement en réduisant les
prétentions de la philosophie
LU-3.15.0. / indifférence
et combinaison de la philosophabiltié et de la praticité
-
LU-3.15.1. / la structure
de la philosophie comme pensée-monde est celle d'une division entre la
philosophabilité et une pratique (ou un savoir) autonome
-
LU-3.15.2. / cette
dualité n'est pas une contradiction toujours passible d'être résolue ou
renversée, car la forme-philosophie implique justement le primat du
renversement - "préférer" une pratique autonome à la philosophie reste
une solution courte et inadéquate, toujours empreinte de
philosophabilité
-
LU-3.15.3. / la dualité
devient une antithétique à l'occasion des mélanges de la philosophie
avec certaines pratiques, soit parce qu'elle entend les nommer et les
dominer, soit parce que les pratiques acquièrent un rôle déterminant -
mais ces diverses solutions demeurent philosophiques et en tout cas
philosophables
-
LU-3.15.4. / toute
solution idéaliste de l'antithétique conduisant à une dissolution des
pratiques dans ces formations néo-philosophiques que sont l'esthétique,
l'épistémologie ou la théologie, se paye d'une tentative de renversement
non moins idéaliste à partir de ces pratiques, qui limite la critique de
la philosophie et finit par ignorer l'autonomie spécifique des pratiques
elles-mêmes
LU-3.16.0. / le langage
méta-pratique et l'appropriation philosophique des pratiques
-
LU-3.16.1. / observons un
"principe de précaution" contre les risques inhérents aux langages
méta-pratiques (épistémologie, etc.), sur lesquels vient se greffer et
se ressourcer toujours la philosophie
-
LU-3.16.2. / accordons
aux pratiques leur autonomie spécifique maximale, sans les poser comme
des "en soi", donc sans les couper des méta-pratiques associées
(théologie, épistémologie, esthétique)
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